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l’initiative du Parti du Travail de
Belgique (PTB) s’est tenu à Bruxelles,
du 26 au 29 juin, un forum qui a
regroupé 43 partis communistes et
mouvements progressistes venus des cinq
continents. Notre parti, représenté par
notre secrétaire national Antonio
SANCHEZ et Michel GRUSELLE membre du
bureau national, a apporté sa
contribution à cette initiative par une
communication et il a participé aux
débats sur les problèmes posés par la
crise du capitalisme, les affrontements
impérialistes et sur les questions de
stratégie et de tactique qui se posent
aux partis révolutionnaires
aujourd’hui.
Nous
avons noué de
nombreux contacts au
cours de discussions bilatérales. Elles
ont permis une meilleure compréhension
des positions des uns et des autres et
aussi de nouer des liens avec des
partis ayant une approche voisine de la
nôtre. Cette initiative nous a permis
de mesurer l’importance du
développement de notre activité et de
notre solidarité internationaliste.
C’est aussi dans ce cadre que nous
avons rencontré récemment à Paris un
représentant du Parti Communiste
Brésilien. Ci-dessous l’intervention
qu’Antonio Sanchez a prononcée à ce
forum au nom de notre Parti.
Chers camarades,
Ce qui a marqué fondamentalement
le dernier siècle, c'est la grande
révolution d'octobre 1917.
Le peuple russe avec Lénine à sa
tête allait se débarrasser du Tsar,
chasser les propriétaires des moyens de
production et d'échange et construire
une société socialiste.
L'existence de l'Union des
Républiques Socialistes Soviétiques va
marquer profondément les rapports
politiques entre les peuples du monde.
Le rôle positif que l'URSS a joué
pour libérer les peuples de la
domination capitaliste est
incontestable. En Afrique, en Asie, au
Moyen-Orient, en Amérique du Sud, des
peuples ont lutté, et luttent encore
pour se libérer de l'impérialisme.
Dès sa naissance, l'URSS est
attaquée de toutes parts par
l'impérialisme mondial dominé par les
USA. C'est une lutte à mort qui est
menée contre l'Union Soviétique pour
l'abattre.
La deuxième guerre mondiale est
l'occasion rêvée par l'impérialisme
pour se débarrasser de l'Union
Soviétique. En France, la bourgeoisie
déclare « plutôt Hitler que le Front
populaire », en Angleterre, Churchill
souhaite voir « Hitler à la morgue et
Staline à l'hôpital ».
Dès 1941 l’Union Soviétique
demande l'ouverture d'un nouveau front
pour combattre l'Allemagne nazie.
Malgré son insistance, les USA et
l'Angleterre laisseront les peuples d’
l'Union Soviétique seuls face à 170
divisions de l'armée allemande.
Cela coûtera 23 millions de morts
à l'Union Soviétique.
Ce n'est qu'au moment où l'armée
rouge a considérablement avancé sur le
front de l'Est que les Américains ont
décidé d'intervenir massivement. C’est
le cas du débarquement du 6 juin 1944
en Normandie
Il fallait sauver le capital dans
l'urgence pour empêcher l'Union
Soviétique d'étendre son influence aux
peuples d'Europe de l'Ouest.
Après la victoire de l'Union
soviétique sur l'impérialisme allemand,
les grandes puissances capitalistes
forment des 1945 un front uni pour
abattre l'URSS. C’est ce qu’ils
appellent la « guerre
froide ».
L'impérialisme mène des guerres
partout où les peuples luttent pour
leur libération : au Vietnam, en Corée,
en Palestine, en Algérie, à Cuba… Ces
guerres étaient destinées à détruire
toutes les idées révolutionnaires, à
dominer les peuples pour les exploiter
et s'accaparer les richesses des pays.
Elles ont eu aussi pour but
d'affaiblir le développement économique
des pays socialistes et d’abord l’Union
Soviétique qui devaient s'armer pour se
défendre.
– L'ONU est créée en 1945, elle
n'a jamais exercé sa mission originelle
définie dans sa charte en 1945 :
maintien de la paix dans le monde,
défense des droits de l'homme. De 1945
à 1990, elle joue un rôle très
important dans l'organisation de la
guerre froide dirigée par les USA
contre l'URSS et les pays socialistes.
– L'OTAN est créée en 1949 par
les USA et les pays de l'Europe
occidentale.
Dès sa création, c'est
l’instrument armé de la guerre froide
qui a pour but de s'opposer à l'Union
Soviétique et aux pays socialistes.
La frénésie anticommuniste
atteint des sommets aux USA, toute idée
progressiste est condamnée, c'est la
chasse aux sorcières, des milliers
d'Américains sont arrêtés et
emprisonnés sous prétexte de divulguer
des idées communistes. En Allemagne de
l'Ouest l'embauche de travailleurs
soupçonnés d'être communistes est
interdite dans la fonction publique. Ce
ne sont là que quelques exemples de la
bataille idéologique que mène
l'impérialisme.
Cette lutte à mort amène la
défaite de l'URSS et sa disparition.
C'est ce qui fait dire à la propagande
capitaliste que le socialisme ne peut
pas exister, qu'il n'est pas viable,
qu'il s'est effondré de l'intérieur ce
qui est faux bien entendu, nous venons
de le démontrer, sans nier que certains
dirigeants de l'URSS ont trahi.
Tout ceci est orchestré pour
faire croire qu'il n'y a qu'un seul
système économique possible dans le
monde : le capitalisme.
La première révolution socialiste
est vaincue, mais la lutte de classe à
l'échelle internationale continue et
grandit, les peuples luttent partout
contre l'exploitation capitaliste. Sur
tous les continents la classe ouvrière
revendique de meilleures conditions de
vie : en Inde, en Chine, en Europe, en
Amérique du Sud etc.…
Mais depuis la disparition de
l'URSS et des pays socialistes de l’Est
européen et l’affaiblissement
considérable du mouvement
révolutionnaire mondial, le monde est
dominé par le capitalisme avec à sa
tête les USA et l’Union Européenne qui
cherchent par tous les moyens y compris
la guerre, à s'accaparer les richesses mondiales.
Les idées développées par Marx et
Engels dans le manifeste communiste de
1848 sont toujours d'actualité. Ils
écrivaient : « poussée par le
besoin de débouchés nouveaux, la
bourgeoisie mondiale envahit le monde
entier. Il lui faut s'implanter
partout, exploiter partout ». La
mondialisation, c'est cela. C'est la
domination économique et politique de
grands groupes capitalistes et de leurs
états serviteurs. C'est l'organisation
du monde pour la course au profit à
l'échelle mondiale. Dans cette course
aux profits, tous les moyens sont
utilisés, les conséquences sont
catastrophiques :
– guerres, génocides, misère,
immigration massive, déplacements de
population, montée des intégrismes de
toutes natures, utilisation des
religions, racisme etc.… Tel est le
monde d'aujourd'hui.
Ce qui menace le monde, ce qui
met les peuples et les pays à feu et à
sang, ce qui alimente l'intégrisme
religieux, le nationalisme, ce qui
maintient deux milliards d'êtres
humains dans la misère (y compris dans
les pays industrialisés), c'est le
capitalisme.
– 60 pays sont aujourd'hui plus
pauvres qu’en 1990
– 2,8 milliards de personnes ont
moins de 600 € par an pour vivre, une
sur cinq ont moins d'un euro par jour.
– 33 000 enfants meurent
chaque jour de maladie, de soif ou de
faim.
– aux USA 36 millions de
personnes vivent sous le seuil de
pauvreté, elles sont 8 millions en
France.
– Dans les pays
"développés" apparaît une
nouvelle catégorie de salariés : les
travailleurs pauvres, dans l'incapacité
d'assurer en travaillant les besoins
élémentaires de tout être humain.
Le capitalisme a besoin de se
développer par n'importe quel moyen et
de plus en plus vite.
Ce sont les multinationales qui
sont aux commandes du monde
capitaliste. Elles possèdent les grands
moyens de production et d'échange.
Elles détiennent le pouvoir économique
et financier, elles détiennent donc le
pouvoir politique. En France elles ont
la main sur les partis dits « de
droite » comme l’UMP, sur le Parti
Socialiste, sur le Front National.
Pour accroître leurs profits,
elle s'affrontent dans une lutte sans
merci : OPA, fusions- acquisitions,
délocalisations, démantèlements,
licenciements massifs, fermetures
d'entreprises, atteintes aux droits du
travail, aux droits à la santé, à la
retraite, baisse des salaires, casse
des services publics, privatisation de
la recherche, de l'enseignement… Rien
ne doit échapper à la loi du profit.
C'est ce que nous vivons en
France.
Le développement du capitalisme
mondial depuis la disparition de l'URSS
entraîne une concurrence entre
multinationales de plus en plus
dangereuse. Les conflits armés, les
tensions internationales se
multiplient. L'impérialisme dominant
(les USA) et ses satellites dans le
monde sont à l'origine de ces conflits
: démantèlement de la Yougoslavie,
guerre en Centrafrique, au Mali, en
Irak, Afghanistan, Libye, Sud Soudan,
Pakistan, Moyen-Orient, Corée, et
dernièrement l'Ukraine. Tous ces conflits,
ces tensions sont attisés par la guerre
économique entre les multinationales
pour accroître leurs profits.
Après la disparition de l'URSS,
la propagande capitaliste avait promis
le bonheur aux peuples du monde. On
voit ce qu'il en est aujourd'hui.
En France les rapports de force
ont été profondément modifiés suite à
la disparition de l'URSS.
Le parti communiste français
n'est plus un parti révolutionnaire, il
a fait le choix d'abandonner le terrain
de la lutte de classe, il se prononce
aujourd'hui pour une « Europe sociale
», pour le « partage des richesses » et
pour donner un autre rôle à la banque centrale
européenne. Il n'est plus question
d'abolir le capital.
Du point de vue des syndicats :
la confédération générale du travail
(CGT) a également abandonné le terrain
des luttes. L'appropriation sociale des
moyens de production et d'échange n'est
plus à son ordre du jour. Elle s'est
engagée dans un « dialogue social »
avec le patronat français. Actuellement
elle mène une campagne pour
le « partage des richesses ». Elle se
prononce pour un « syndicalisme
rassemblé » et recherche en permanence
l'unité avec des
centrales syndicales réformistes plutôt
que l'unité des travailleurs dans la
lutte pour satisfaire leurs
revendications. Ils sont tous adhérents
à la Confédération Européenne des
Syndicats (CES) et à la Confédération
Syndicale Internationale (CSI) qui
gèrent avec complaisance les intérêts
des multinationales.
Mais malgré ces handicaps, il y a
des luttes en France, de plus en plus
nombreuses, elles démontrent qu'il y a
des forces révolutionnaires dans ce
pays, des forces qui résistent malgré
les obstacles.
Cet état des forces politiques
nous a amené à créer un parti
révolutionnaire en 2002 que nous avons
appelés « Communistes ». Nous
sommes
aujourd'hui le seul parti
révolutionnaire en France. Toutes les
forces politiques et syndicales sont
engagées dans la collaboration de
classe, ce qui nous laisse donc tout le
champ révolutionnaire à investir. Nous
avons fait en 12 ans d'existence
beaucoup de progrès du point de vue de
notre organisation et de notre
propagande.
Nous avons participé aux
sélections européennes, nous n'avons
pas pu faire imprimer nos bulletins de
vote et nos circulaires électorales,
faute de moyens. Nous avons dû faire
face également à l'obstruction générale
des médias. Mais malgré tous ces obstacles
nous avons fortement progressé et renforcé
notre organisation. Ce sont des signes
très encourageants.
Nous concentrons notre activité
sur les entreprises, les quartiers, les
établissements d'enseignement, nous
multiplions les réunions, nous
distribuons des tracts dans toutes les
manifestations et bien entendu, nous
soutenons toutes les luttes
revendicatives.
Nous nous sommes créés sur la
base du marxisme- léninisme, nous
refusons toute collaboration de classe,
toutes les unions politiques qui
mènent
à des impasses et qui ont
toujours un but contre
-révolutionnaire. Nous travaillons à
l'union du peuple dans les luttes
contre l’exploitation capitaliste et
pour pour supprimer le capitalisme.
Nous souhaitons vivement
consolider nos liens avec les partis
révolutionnaires partout dans le monde.
La classe ouvrière internationale, les
peuples en ont fortement besoin.
www.sitecommunistes.org
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