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L’Etat est souvent présenté comme
une institution au dessus des classes
sociales, jouant un rôle de
conciliateur entre elles et assurant
l’intérêt général de la société. En
réalité il n’en est rien.
De tout temps l’Etat a représenté
les intérêts économiques de la classe
dirigeante, au service de celle-ci aux
travers des institutions politiques,
sociales, judiciaires qu’il a mises en
place.
Par son action - et en particulier
en France pour des raisons qui tiennent
à notre histoire - il a toujours joué
un rôle très important dans le domaine
économique. C’est sous impulsion et son
financement qu’au lendemain de la
seconde guerre mondiale il lance de
grands programmes d’investissements
avec EDF et GDF dans l’énergie, la SNCF
dans les transports, la santé, le
Commissariat à l’énergie atomique, le
secteur industriel. Il faut donner au
capitalisme la base française pour
participer à la concurrence mondiale.
Dans le même temps il oppose aux
revendications ouvrières et populaires
une résistance acharnée sur
l’augmentation des salaires et les
avancées sociales.
Tous les acquis de cette période
l’ont été par la lutte, entre autre
1968,
contre le patronat ET le pouvoir
d’Etat.
La
réforme de l’Etat au Conseil des
Ministres du 2 juillet 2014-07-15
Aujourd’hui les exigences du
capitalisme ont changé. S’il a toujours
besoin du rôle régalien de l’Etat -
armée, police, justice, diplomatie -
pour réprimer les exigences du peuple,
l’Etat devient un frein dans la
recherche du profit en conservant un
trop large champ d’intervention dans le
domaine économique.
Dans une interview au journal « les
Echos » du 4 juillet le nouveau
Secrétaire d’Etat à la réforme de
l’Etat, Thierry Mandon lâche le morceau.
A coté du bla bla habituel il
déclare sur la redéfinition des
missions de l’Etat : Nous
allons lancer des chantiers afin
d’identifier les orientations
essentielles sur ce qui relève des
missions de l’Etat, des besoins
collectifs à satisfaire ou encore du
niveau territorial. Cela jusqu’à
Janvier 2015. Et il ajoute : A
ce moment là, nous définirons une
cartographie complète des missions de
l’Etat dont certaines devront
être transférées ou abandonnées.
Tout est dit dans ces quelques
phrases. Le capitalisme exige, l’Etat
exécute. Après avoir obtenu une série
de privatisations avec Chirac et Jospin
(1986-2002) il veut mette la main sur
ce qui reste du secteur public.
Avec la loi sur la SNCF, c’est
l’ouverture à la concurrence pour le
trafic voyageur, avec la proposition de
liquidation judiciaire de la SNCM c’est
la continuité territoriale avec la
Corse qui est mise en cause au profit
du privé. Et puis dans cette
orientation pourquoi l’Etat devrait- il
continuer à s’occuper de la santé, de
la protection sociale, de
l’enseignement, des forêts domaniales,
etc… ? Ce
sont des secteurs de la vie sociale qui
sont source de profits énormes, ils ne
doivent pas échapper aux
multinationales, peu importe les
besoins sociaux du peuple.
Pour le capitalisme le rôle de l’Etat,
des collectivités locales consiste à
supprimer tout ce qui pèse sur le
profit en cotisations sociales, impôts,
taxes, sans oublier de liquider le Code
du travail et les statuts, à lui verser
le maximum de subventions sous diverses
formes, à réprimer les luttes sociales
et à lui laisser le plus vaste champ
économique pour réaliser le plus de
profit possible dans le minimum de
temps.
Une
« réforme » à combattre,
développer les services publics passe
par la maitrise et une gestion par le
peuple pour répondre aux besoins
sociaux, c’est ce que Communistes
défend.
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