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La
réforme de l’enseignement supérieur et
de la recherche (ESR) qui est présentée
comme une simplification des structures
et leur renforcement par la
constitution de 25 pôles universitaires
de taille internationale est en fait
profondément liée à la réforme
territoriale que nous analysons dans
l’article (semaine
N°362) : « Réforme
territoriale : la mise en œuvre de
la structuration Européenne au service
du grand capital et du démantèlement de
la Nation ».
En effet dans la loi Fioraso (du
nom de la Ministre de l’enseignement
supérieur et de la recherche), les
régions et les métropoles se voient
dotées de compétences en matière d’ESR.
Elles auront pour responsabilité
d’élaborer un schéma régional de
l’enseignement supérieur, de la
recherche et de l’innovation. Elles
participeront à la définition du
contenu des formations et des
stratégies de recherche pour contribuer
au développement des entreprises de
leur territoire.
Toute cette politique sera
concrétisée par un contrat avec l’État.
Les formes de regroupement des
établissements qui vont de
l’association à la fusion, génèrent des
ensembles de plusieurs dizaines de
milliers d’étudiants et de milliers de
salariés. Par exemple : la
communauté « Sorbonne
Universités » comptera 60.000
étudiants et 15.000 personnels. En
regroupant les établissements dans une
zone régionale, le pouvoir vise à ce
que leur orientation soit en lien
direct avec les entreprises dominantes
du secteur ce d’autant que le
financement de l’État en diminution
constante ne suffira pas à faire vivre
ces nouveaux regroupements.
La gestion de l’austérité passera
alors par des restrictions dans les
filières et une aggravation de la
précarité pour les personnels. À terme
ce qui est visé, c’est la disparition
des statuts nationaux qui fondent
l’unité de la recherche et de
l’enseignement supérieur français pour
des statuts régionaux précaires.
La question politique qui se pose,
c’est : « pourquoi ces
réformes qui depuis quarante
années redessinent le paysage
universitaire et de la
recherche ? ». Certains y
voient une volonté de donner à la
recherche française une visibilité
internationale (le fameux classement de
Shanghai), d’autres y voient
l’incompétence des pouvoirs politiques
à réformer de manière « intelligente »
l’Université française. Si ces
pseudo-explications ont l’avantage de
faire un nuage de fumée sur les raisons
profondes de ces transformations, elles
ne correspondent en rien à la réalité
et aux objectifs que ce fixe un pouvoir
politique à la solde du capitalisme
monopoliste.
La réalité, c’est que les grandes
entreprises monopolistes
multinationales ont un besoin impérieux
de la recherche et de l’enseignement
supérieur pour participer à la
concurrence mondiale et s’inscrire dans
le
pillage des territoires et des
peuples.
Cependant, la tendance à
l’élévation des moyens techniques et
des compétences nécessaires pour les
mettre en œuvre nécessite des moyens de
plus en plus importants qui pèsent sur
les profits.
Dans ces conditions, il faut
privatiser les acquis de la recherche.
C’est à quoi se livrent les monopoles
en contrôlant de manière de plus en
plus serrée les objectifs de recherche
et leurs résultats. L’État est là pour
maintenir la profitabilité des
entreprises capitalistes, il met l’ESR
à leur disposition et leur fait
bénéficier d’avantages substantiels au
travers du crédit impôts recherche
(CIR) et d’autres comme le crédit
impôts compétitivité emploi (CICE). Par
exemple le groupe Sanofi (Pharmacie),
qui a licencié des milliers de salariés
et ferme ses sites de recherche en
France a bénéficié en 2012 de 130
millions d’Euros au titre du CIR et de
20 millions au titre du CICE. Le PDG de
Sanofi a lâché le morceau en
déclarant : « la France
sait convertir l’argent en science mais
pas la science en Argent ».
Voilà qui est clair, dans le
système capitaliste, seule compte la
loi du profit le reste n’est que
littérature.
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