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L’Argentine
n'a pu éviter le défaut de paiement,
treize ans après sa
« faillite » de 2001, elle se
retrouve confrontée aujourd’hui à une
situation financière très difficile.
En
2001, l'Etat avait surmonté la crise
économique en refusant le paiement
d'une partie de sa dette et avait, sous
la pression des luttes populaires donné
satisfaction à de nombreuses
revendications en matière de salaires
et d'emploi redonnant ainsi de
l'oxygène à une économie exsangue.
Dans
cette période, au plan de sa politique
internationale, l'Argentine a donné une
tournure plus critique vis-à-vis de
l'impérialisme US et s'est rapproché du
groupe des Etats progressistes de la
région.
Tout
cela est évidemment positif. Cependant
aucun changement notable des rapports
sociaux ne s'est produit dans la même
période et le capitalisme y domine
toujours la société avec une
bourgeoisie aux penchants
pro-américains.
C'est
dans ces conditions que les fonds qui
spéculent sur la dette ont exigé son
remboursement. Ces fonds que la presse
qualifie de « Vautour », ce
qui dédouane la logique capitaliste
elle-même, s'attaquent aux pays les
plus faibles et lourdement endettés.
Ils
rachètent des créances à bas prix et
les utilisent pour spéculer sur le
marché financier. Le moment venu, avec
l'aide de la « justice »
américaine, ils obtiennent des
jugements sur les remboursements qui
leur donnent des plus-values énormes.
L'impérialisme
utilise cette stratégie pour
contraindre la politique des Etats à
une soumission aux marchés dominés par
les monopoles, en l'occurrence des USA.
C'est ce chantage qu'a justement refusé
l'Argentine. Il n'y a donc à proprement
parler pas de défaut de paiement, mais
le refus à se soumettre au chantage
politique d'un impérialisme de plus en
plus agressif.
On voit bien
en même temps qu'une politique qui ne
change rien à la logique de domination
du capital crée les conditions d'une
faiblesse structurelle face aux
monopoles. Cette leçon ne concerne pas
que l'Argentine, elle doit donner à
réfléchir au mouvement révolutionnaire
sur la nécessité absolue de poser la
question de l'expropriation du capital
monopoliste et des changements
indispensables de l’État en se donnant
les moyens politiques de résister à la
contre-offensive du capital et de la
classe qui le sert.
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