|

1946-1947 1949-1967 1967-2013 depuis
2013
Cartes
montrant l’occupation progressive de la
Palestine par Israël
L’état général du Proche Orient
Plusieurs éléments dans
l’Histoire récente ont permis à l’impérialisme
US de marquer des points. D’abord, les
USA ont armé et soutenu toutes les
bandes possibles d’intégristes
musulmans sunnites, avec notamment pour
instrument le prince saoudien Bandar
Ibn Sultan et ses mercenaires. Ensuite
ils ont appuyé les organisations
politiques comme l’ultra réactionnaire
Ennahda en Tunisie et surtout
l’organisation fasciste panarabe par
excellence, les Frères Musulmans.
Par-delà la destruction des
régimes nationalistes arabes, les
impérialistes poursuivent un objectif
économique. Depuis 1991, les
résistances grandissent rapidement.
Tout recul est extrêmement grave pour
une puissance impérialiste. Il lui faut
détruire toutes les limites que
l’histoire a permis d’installer, tout
ce qui fait baisser le taux de profit
des multinationales US et UE.
Cela passe par des conquêtes
militaires (la guerre n’est jamais que
la poursuite de la politique par
d’autres moyens, disait Clausewitz),
des destructions, l’appui sur des pays
amis (Israël, la Turquie) et la
balkanisation des territoires ennemis.
Ainsi, l’explosion de l’Irak, la guerre
civile en Libye ne sont pas un échec
pour la stratégie US, du moins tant que
leurs sbires contrôlent l’énergie ou
les matières premières de ces pays.
Les impérialismes se heurtent
forcément à des bourgeoisies nationales
dont les intérêts étaient plus ou moins
portés par les Baasistes, par exemple,
mais il y a aussi un aspect de guerre
de position inter impérialiste.
Derrière l’Iran toujours ciblé, il y a
la Chine ; derrière la Syrie, la
Russie.
L’opération "printemps
arabe" présente de nombreux
avantages pour l’impérialisme. L’armée
syrienne, si elle remporte des succès,
est encore bloquée et ne peut être
d’aucun secours aux Palestiniens, de
même le Hezbollah combat dans son pays
les amis des intégristes Syriens. Le
passage au pouvoir des Frères Musulmans
ou de leurs amis a bien permis de
comprendre qu’ils se moquaient de la
cause palestinienne et
qu’au contraire ils
étaient prêts à s’entendre avec Israël.
Le nouveau régime égyptien, s’il repose
sur une base complexe, dépend
financièrement de l’Arabie Saoudite.
Enfin, en Iran, le laïc
Ahmadinejad a été remplacé par
un religieux, plus compréhensif
vis-à-vis des impérialismes US et UE.
Donc plus personne ne peut soutenir
militairement les Palestiniens.
Le plan US pour le Proche Orient
Dès le début des années 90, les
dirigeants de l’Impérialisme dominant
avaient ciblé cinq Etats
« voyous » à envahir et
détruire dans le monde arabe et le
Moyen Orient : la Libye, la Syrie,
le Soudan, l’Irak et l’Iran. Outre
l’Iran, la cible était clairement les
régimes nationalistes arabes. L’enjeu
global du Proche Orient est à la fois
économique et politique.
L’impérialisme dominant a pour
but de détruire les Etats existants
surtout ceux qui lui résistent, de
les émietter et d’installer à la tête
des restes de cette atomisation des
hommes à sa solde, inoffensifs pour son
lieutenant israélien... Tout cela pour
mettre la main sur les ressources de la
région notamment pétrolières mais aussi
l’or, le gaz, l’aluminium. Dans la concurrence
mondiale inter-impérialiste effrénée,
l’objectif de l’impérialisme américain
avec ses alliés occidentaux, face au
développement de la chine, à la Russie
est d’étendre son hégémonie sur le
Moyen-Orient.
La fin de l’URSS et ses
conséquences
Privés de soutien par la
disparition de l’URSS et des pays
socialistes d’Europe, les dirigeants de
l’OLP acceptèrent de faire des
concessions. Ils abandonnèrent leur
revendication d’un Etat unique laïque,
reconnurent l’existence d’Israël et
négocièrent sous l’égide des USA une
paix avec Israël avec la perspective
d’établir deux Etats voisins.
Rabin et Peres, qui dirigeaient
le gouvernement israélien ne cédèrent
rien ni sur les réfugiés ni sur
Jérusalem-Est, ni sur l’arrêt de
l’implantation des colonies : ils acceptèrent
l’implantation dans la Bande de Gaza et
une partie de la Cisjordanie d’un
pseudo Etat palestinien coupé en deux
et sans possibilité de disposer d’une
armée. Il s’agissait d’accorder des
miettes à la bourgeoisie palestinienne
car le rôle de lieutenant de
l’impérialisme dominant dévolu à Israël
se précisait dans la perspective du
« nouvel ordre mondial » cher
à George Bush senior et de la mise à
feu et à sang du Proche Orient qui en
découlait.
La droite israélienne combattit
au début les accords d’Oslo,
revendiquant toujours comme territoire
le Grand Israël correspondant au
mythique royaume de David. Mais,
parvenu au pouvoir en 2001, Ariel
Sharon puis ses successeurs qui
quittèrent le Likoud (Olmert, Livni) se
montrèrent plus pragmatiques. Ils avaient
compris que la croissance démographique
des Palestiniens ou des arabes
israéliens, plus forte que celle des
populations de colons jouait contre
eux. Dans un Grand Israël le temps
viendrait où les Arabes seraient
numériquement
majoritaires, malgré l’apport de
Juifs ashkenazes venus de Russie ou
d’Europe de l’est en général.
C’est pourquoi ils acceptèrent le
statu quo (le principe du soi-disant
Etat palestinien) tout en continuant
d’implanter des colonies ce qui
amputait le territoire dirigé par
l’OLP. Ils inaugurèrent en même temps
la "politique du bulldozer",
notamment à Jérusalem-Est : il
s’agissait de raser les maisons des
Arabes israéliens. N’ayant plus de
domicile ces derniers perdaient la
nationalité israélienne, devenaient
donc des "Palestiniens" et étaient
expulsés vers la bande de Gaza ou la
Cisjordanie. Netanyahu a depuis
perfectionné le procédé en expulsant
dans les zones proches de l’Etat
Palestinien, notamment au moment de la
construction du Mur, pour permettre
l’installation de colonies.
Le Hamas
Comme partout, les USA et ici,
plus spécifiquement Israël ont tenté
d’utiliser le fascisme religieux pour
combattre les marxistes et les
nationalistes arabes. Le Hamas a été
créé à la fois par les Frères Musulmans
égyptiens et par les services secrets israéliens
afin de rivaliser avec le Fatah et le
FPLP. Mais l’instrument a partiellement
échappé à ses créateurs. Les dirigeants
du FPLP, du FDLP et les plus remuants
du Fatah (Marwan Barghouti) sont morts
ou croupissent dans les geôles
israéliennes. La direction du Fatah,
après la mort d’Arafat est apparue pour
ce qu’elle était, un conglomérat de
représentants des banquiers
palestiniens et saoudiens, prêt à la
compromission avec Israël. Du coup, on
l’a vu il y a longtemps, lors des
dernières élections, le Hamas a été
perçu comme étant la seule organisation
forte de résistance à la colonisation
et à l’oppression israéliennes. Et
objectivement, on peut admettre que le
Hamas a vraiment résisté, que ce soit
lors de l’opération "Plomb
durci" ou de la dernière en date
"Bordure protectrice".
Pourquoi Israël a-t-il attaqué
maintenant ?
Certaines bonnes âmes de gauche
pensent que l’attaque est liée à la
perspective d’un accord entre toutes
les organisations palestiniennes, y
compris le Hamas en vue des
"négociations"
israélo-palestiniennes. Cela donnerait
notamment plus de force à l’OLP à qui
Netanyahu répond souvent :
« Vous ne contrôlez pas la Bande
de Gaza, vous n’êtes pas
représentatifs ». Il s’agirait
donc simplement d’un acte cynique pour empêcher
« la reprise du processus de
Paix ». Mais le gouvernement
réactionnaire de l’Etat d’Israël sait
bien que ces négociations sont de la
poudre aux yeux.
Les adversaires d’Israël, nous
l’avons dit, n’ont jamais été autant en
difficulté. La Syrie est occupée
ailleurs, les généraux égyptiens n’ont
pas manifesté de solidarité excessive
avec les Palestiniens et doivent lutter
contre les Frères Musulmans. Et le
Hamas est très affaibli. Même dans la
Bande de Gaza, son organisation n’a pas
survécu au "Printemps arabe"
et à la guerre de Syrie. En effet,
l’organisation s’est quasiment scindée
en deux ; les uns ont choisi de
soutenir les opposants fascistes au
régime baasiste en Syrie, les autres
sont restés liés à Damas. Ainsi, Khaled
Mechaal, l’un de ses principaux leaders
a quitté Damas pour le Qatar, au moment
du déclenchement des attaques
intégristes contre l’Etat syrien. Le
seul pays qui soutenait militairement
le Hamas est devenu son principal
ennemi. Pas question de compter
sur les Saoudiens ou les Frères
Musulmans d’Egypte : leur ennemi
aussi c’est la Syrie baasiste.
L’objectif est d’en finir avec les
Palestiniens
Netanyahu
a en tête de porter des coups
définitifs au Hamas et aux Palestiniens
de Gaza. Les dirigeants israéliens sont
obsédés par la menace démographique que
représente pour eux les Palestiniens.
La société israélienne a évolué depuis
1948. Ceux qui dirigent aujourd’hui ne
sont pas seulement des opportunistes
qui utilisent les croyances
superstitieuses liées au monothéisme et
à la Bible. Beaucoup d’entre eux pensent
aujourd’hui clairement, que
seule l’éradication des Palestiniens,
sous une forme ou sous une autre, peut
permettre la survie de l’Etat d’Israël.
Les moyens de contraindre Israël
Cette année, au mois de mars,
l’impérialisme dominant a consacré 34
millions de dollars au système
balistique israélien Arrow (missiles à
courte portée), 117,2 millions pour un
autre système du même genre, les
Frondes de David et 22 millions pour le
système à longue portée.
Le 15 juillet, alors que
l’opération "Bordure protectrice »
avait commencé, le Sénat états-unien a
accordé 351 millions de dollars
destinés à financer le "Dôme de
fer", le bouclier anti-missiles et
anti-roquettes qui protège des attaques
balistiques, alors qu’Obama avait
seulement demandé 179 millions. A la fin
du mois de juillet, les USA ont
complaisamment fourni des munitions en
tous genres à l’armée israélienne en
rupture de stocks.
Depuis 1987, les USA donnent en
moyenne 1,8 milliards de dollars par an
à l’Etat israélien, sous forme
d’aide exclusive à des
programmes militaires. Aujourd’hui,
alors qu’Obama a annoncé une rallonge
de 3,1 milliards pour 2015, Israël est
le principal bénéficiaire de l’aide de
l’impérialisme US. L’Union européenne,
elle, aide pendant ce temps l’Etat
capitaliste colonial israélien dans les
domaines de l’économie non militaire.
Lancé au début des années 2000, un
programme de coopération économique
permet de traiter Israël comme s’il
s’agissait d’un pays membre de l’UE.
Israël est peu à peu intégré dans les
politiques économique, sociale,
scientifique et technologique
(officiellement dans le civil, mais…)
de l’Union. Cette aide va évidemment
aux capitalistes israéliens, tandis que
la population, comme celle des pays de
l’UE, subit une politique d’austérité.
Outre les questions stratégiques, la
guerre est toujours un bon moyen que
les gouvernements au service de la
bourgeoisie utilisent pour « faire
oublier » les conséquences d’une
politique d’austérité.
Si cette aide financière,
notamment dans le domaine militaire,
cesse, cela serait, à n’en pas douter,
un énorme moyen de pression contre
Israël. Les bonnes âmes de nos
télévisions, notamment, qui nous
racontent que tout ce qui était
possible a été fait se moquent
complètement de nous. Il est largement
possible de mettre à genoux les massacreurs,
en arrêtant de financer leur
perpétuelle entreprise de mort. Voilà à
quoi peut servir la mobilisation
solidaire, à peser pour que USA et UE
coupent les vivres à l’armée
d’invasion. Cela met devant leurs
responsabilités les impérialismes qui aident
au massacre des Palestiniens.
Il faut couper Israël de ses
soutiens en pesant sur les
gouvernements impérialistes avec deux lignes directrices,
celle de la rupture des relations
diplomatiques, comme l’ont fait
plusieurs pays d’Amérique latine, pour
mettre Israël au ban des nations et
celle de la fin de l’aide financière à
l’armée d’invasion. .
La position de Communistes
Notre Parti demande depuis
longtemps un véritable Etat palestinien
indépendant et souverain, qui passe
par
la fin de la colonisation,
l’évacuation des territoires
palestiniens, des mesures fortes contre
l’Etat d’Israël à commencer par la
rupture des relations diplomatiques que
nous demandons depuis des années. Le
gouvernement français doit cesser de
participer aux opérations de guerre avec
les USA au Moyen-Orient, il doit agir
auprès des autres Etats occidentaux
pour contraindre Israël à accepter un
Etat Palestinien.
Aujourd’hui Plus que jamais la
solidarité doit s’exercer partout dans
le monde avec les Palestiniens de Gaza
et de Cisjordanie et avec les réfugiés.
Les manifestations qui ont eu lieu dans
notre pays et ailleurs (en Grande
Bretagne par exemple) ont montré que
contrairement aux gouvernements, les
peuples ne sont pas dupes, ils savent
ce que fait Israël et le condamnent.
Mais le mot d’ordre de paix ne peut
suffire. La paix se fait aux conditions
du gouvernement de l’Etat d’apartheid
israélien qui ne subit aucune pression
et fait ce qu’il veut. Ce
que Netanyahu et les siens n’avaient
pas prévu c’est la résistance du peuple
de Gaza, et non pas, comme on nous le
dit, seulement celle du Hamas.
L’ensemble de la population gazaouie a
compris l’enjeu, a perçu qu’il
s’agissait d’une question de vie ou de
mort et a résisté. L’opération pour en
finir avec Gaza a échoué, de même celle
pour en finir avec le Hamas, qui a
récupéré dans l’affaire une part de sa
légitimité perdue. Un peuple, tout
petit, seul a fait reculer la terrible
armée israélienne
Plus que jamais nous appelons à
exiger la création d’un Etat
Palestinien.
www.sitecommunistes.org
|