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COMMUNISTES |
N°369 Semaine du 15 au 21 septembre
2014
16
septembre
2014
Appeler un
chat un chat
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Le poids des mots. Lorsqu’en 1998 le Conseil National du Patronat
Français (CNPF) décide de se transformer en Mouvement des Entreprises
Françaises (MEDEF, ses adhérents, ses structures, son but restent les mêmes.
Le but de l’opération est de faire disparaître un mot : PATRONAT, mot
qui est trop lié à l’idée
d’exploitation, de profit, de classe dominante. Il en est de même pour le mot capitalisme. Il a
disparu du vocabulaire au profit des mots « libéralisme » voire
pour les plus audacieux « ultralibéralisme ». Les choses sont encore poussées plus loin. Les
Ouvriers Spécialisés (OS) sont remplacés par des « opérateurs » qui
travaillent comme avant sur des chaînes. Les cotisations sociales qui sont du
salaire socialisé qui sert à couvrir toutes les périodes d’inactivité de la
naissance à la mort sont transformés en « charges » biens sûr
insupportables pour les malheureuses entreprises et qu’il faut
supprimer dans les meilleurs délais. Bref, tous ces changement
de mots, martelés jour après jour par le patronat, les gouvernements
successifs, les médias, ne sont pas innocents. Ils visent à ancrer
dans les consciences que la lutte de classe a disparu, que la collaboration
entre patronat et salariés est une
nécessité pour solutionner les problèmes partout dans le monde et en France. Comme
l’entreprise est devenue un terrain neutre cela amène à une série de
déclarations très éclairantes. Passons sur le « J’aime les entreprises »
de M. Valls qui manifeste son amour en leur versant cette année 20 milliards
d’euros au titre du Cice (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi)
et 41 milliards supplémentaires en diminution de cotisations sociales et
d’impôts *E. Macron, ministre de l’économie, ancien
dirigeant de la banque Rothschild déclare à « Ouest France » :
« L’entreprise est une
collectivité humaine qui est la
propriété de ceux qui la font ». *L. Berger, secrétaire de la CFDT, à France Inter
le 8 octobre, invite le patronat à : « faire sa révolution
culturelle en considérant que l’entreprise a une responsabilité sociale ». *T. Lepaon, secrétaire de la CGT, au journal « le
Nouvel Economiste » : « l’entreprise est une communauté
composée de dirigeants et de salariés et ces deux composantes doivent pouvoir
réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté ». Arrêtons là les citations, Mais elles permettent à
P. Gattaz Président du Medef de déclarer à son université d’été 2014 : « l’entreprise
n’est ni de gauche ni de droite, elle est là pour l’emploi ». C’est
faux. L’entreprise n’est pas là pour l’emploi mais pour le profit des
actionnaires (1) Sinon il n’y aurait pas en France 7 millions de
chômeurs, 500.000 de plus en deux ans. Des pans entiers de l’industrie ont
disparu (textile, chaussure), les délocalisations vers les pays à bas coûts
se sont multipliés (Peugeot Citroën, Renault et tous les autres) pour une
seule raison et cela bien avant la crise : le profit capitaliste Cette réalité est dénoncée par un patron de
l’imprimerie JP Maury. Il explique qu’il a perdu un marché de livres au
profit d’un concurrent d’un pays d’Europe du Sud qui offrait 2% moins cher.
Ce patron imprimeur appelle au civisme industriel !
Appel qui a peu de chance d’être entendu au vu de la réalité. Appelons
un chat un chat. L’entreprise reste ce
qu’elle a toujours été : un lieu d’exploitation des ouvriers, des
salariés où se créent les richesses
confisquées par le patronat à son seul profit. Par exemple, aujourd’hui la direction d’Air
France veut baisser les salaires des
pilotes et aggraver leurs conditions de travail pour sa compagnie low-cost,
d’où la grève actuelle des pilotes. Cela pour lui permettre de porter le taux
de profit à 8-10% d’ici à 2017. De cette exploitation naît une autre
réalité : la lutte de classe. Tous les rideaux de fumée tendus par le
patronat, le pouvoir politique et tous ceux qui partagent leur point de vue
ne changeront rien à cette réalité. Elle se manifeste tous les jours dans les
luttes quotidiennes que mènent les travailleurs dans leurs entreprises pour
les salaires, l’emploi, leur santé. (1)
Voir nos explications détaillées dans notre
brochure « Abattre le capitalisme, construire le socialisme ». |
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