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COMMUNISTES |
N°370 Semaine du 22 au 28 septembre
2014
24 septembre 2014
Le patronat en
veut beaucoup plus
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Au moment ou de nouvelles discussions
syndicats-patronat-gouvernement doivent s’ouvrir sur la ‘modernisation du fameux
« dialogue social » le patronat a fait connaître ses
exigences : dérogations au Smic, augmentation de la durée du travail,
travail le dimanche, suppression de deux jours fériés, disparition des seuils
sociaux, création un « contrat de projet » à durée limitée en
remplacement du CDI, transformation du CICE (crédit impôt compétitivité
emploi) en baisse des « charges » Le journal ‘les Echos’ du 15. 09 qui détaille
ce plan patronal, assure que ce massacre des droits des salariés permettrait
de créer en cinq ans de 690.000 à 1.590.000 emplois. Une attaque en règle contre le Code du Travail. L’accent est mis sur les « accords
d’entreprises » au détriment de la loi et du Code du Travail. Le
patronat, le gouvernement, les « experts »
comme Mr Soubie ex conseiller social de N. Sarkozy sont tous d’accord. La loi, le Code protègent l’ensemble des
salariés du pays. L’accord d’entreprise aujourd’hui n’est valable que s’il
est supérieur à ce que propose la loi. Patronat et gouvernement veulent inverser cette situation. Dans leur esprit,
l’accord d’entreprise doit remplacer la loi et le Code du travail, pour tirer vers le bas, salaires, temps de
travail, avantages acquis. C’est ce qu’ils appellent la « souplesse »
qu’ils estiment indispensable pour faire face à la situation économique
disent-ils. Ceci
au détriment des salariés pour plus de profit pour le capital. L’état donne l’exemple de sa conception du « dialogue social ». Dans toutes les entreprises publiques
telles la Poste, la SNCF, ou il est le seul actionnaire l’état donne
l’exemple. C’est le refus systématique de discuter des revendications des
personnels. D’où des grèves de longues durées pour maintenir un emploi de
postier ou le statut des cheminots qui pourtant ont fait la force de ces
entreprises au service du public. Avec des poursuites judiciaires dans de
nombreux cas pour faire passer ceux qui luttent pour des voyous. Là où l’Etat est présent de façon
minoritaire c’est l’alignement systématique sur les positions des
actionnaires. Citons la SNCM, Renault, Air France et toutes les autres. C’est aussi le soutient total aux
directions lors des conflits des cheminots en juin, de la SNCM en juillet,
d’Air France aujourd’hui. A chaque
fois le gouvernement dénonce l’action des personnels, la « prise en
otage des usagers », « le danger que la poursuite de la lutte
fait courir à l’entreprise » comme si la direction de celle-ci n’était
pas la seule responsable de cette situation. Ces manœuvres sont facilitées
par l’attitude de syndicats, la CFDT
et d’autres, qui condamne à chaque fois l’action engagée. Le patronat veut aller très loin. Dans un article des ‘Echos’ du 9 septembre,
J-C. Sciberras, DRH de Solvay et président de
l’association nationale des DRH, écrit : « notre mille
feuilles social est unique au monde, ça ne peut plus durer ». Il propose sournoisement de supprimer, les
délégués syndicaux dans les ateliers et bureaux, tous ceux qui sont au plus
près des salariés, recueillant leurs revendications, organisant leurs actions
pour les faire aboutir. Ces représentants du personnel seraient remplacés
dans l’entreprise par un représentant unique de chaque organisation
syndicale. Ces fonctionnaires syndicaux payés par
l’entreprise suffiraient largement au dialogue social et à la signature
d’accords pour le plus grand profit du patronat. C’est ce que le Medef appelle la
suppression des « seuils sociaux »
qui doit être discutée lors de ces prochaines rencontres. Une fois de plus la CFDT se dit ouverte à la discussion sur
ces seuils, d’où de nouvelles capitulations de sa part. La défense des droits acquis est une chose trop sérieuse pour la
laisser entre les mains du patronat,
de l’Etat et des syndicats à leur botte. Là comme partout l’intervention des
salariés est indispensable. Communiste est aussi dans ce combat. |
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