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COMMUNISTES |
N°372 Semaine du 05 au 12 octobre 2014
06 octobre 2014
Transports
Pour stopper la casse
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Depuis le
début de l'année 2014, trois conflits majeurs se sont déroulés dans les
transports. La grève des travailleurs de la SNCF, de la SNCM et dernièrement
des pilotes d'Air France soulève des questions essentielles sur la politique
des transports. Ces trois conflits majeurs touchent trois types de transports
différents : terrestres, maritimes et aériens. Le besoin de circuler, de se déplacer, transporter des marchandises,
est devenu aujourd'hui un besoin fondamental. L'organisation des transports
doit répondre à ces besoins qui ne cessent d'évoluer. C'est pour ces raisons
que dès 1945, l'ensemble des transports et de ses industries de construction
ont été nationalisés : les chemins de fer sont devenus société nationale, Air
France, Air Inter, la RATP bus et métro, le transport maritime, le réseau
autoroutier, tous ces types de transport ont été développés sous statut
national. Rappelons également que la fabrication des moyens de transport :
bateaux, avions, métros et infrastructures a également été développée par des
entreprises nationales. Cette situation était à l’époque le résultat du rapport des forces
politiques d'après-guerre mais le capital en tant que systémique économique
n'a pas été remis en cause. Au contraire, il a tiré profit du développement
phénoménal des transports nationaux. Depuis il poursuit son offensive pour
s'accaparer la maîtrise totale de l'ensemble des transports et augmenter ses
profits. Il bénéficie pour cela de la
complaisance de l'action des gouvernements qui se succèdent. Le capital n'a qu'un seul but : développer ses profits, c’est son mode
même d’existence. Il doit y parvenir à tout prix quelles qu'en soient les
conséquences. Aucun secteur d'activité ne doit lui échapper. Satisfaire les
besoins n'est pas ce qu'il recherche. Les transports représentent depuis longtemps une possibilité pour les
multinationales capitalistes de réaliser d'énormes profits mais il faut pour
cela des rapports de force politiques et syndicaux qui soient favorables, un
pouvoir aux ordres du patronat et des grandes sociétés, c'est le cas
aujourd'hui. Petit à petit la fabrication des moyens de transport a été livrée au
capital : Alstom pour le matériel roulant, le métro, Airbus pour la
fabrication des avions, les chantiers de l'Atlantique pour les bateaux,
Renault, Saviem, Berliet, Chausson pour la fabrication de bus... (aujourd’hui disparus). Les travailleurs de l'ensemble de la filière des transports ont arraché
à l'époque des nationalisations, un statut social qui leur a garanti (encore
actuellement mais qui disparaît) des conditions d'emploi et d'évolution de
carrière favorable, favorisant en même temps un développement constant du
secteur. Après avoir mis la main encore plus étroitement sur l'industrie de
fabrication des moyens de transport (privatisation de l'industrie
aéronautique, Chantier de l'Atlantique, Alstom, Renault etc.) pour en tirer
des profits considérables, le capital remet aujourd'hui en cause le statut des travailleurs. Il est entrain
de casser les contrats de travail qu'il considère comme étant un «
privilège" insupportable. Les trois conflits cités démontrent bien les buts poursuivis. D'un côté
les multinationales qui sous prétexte de la« crise » suppriment massivement
des emplois, bloquent les salaires s'attaquent aux conventions, aux droits
acquis par les travailleurs, et de l'autre côté des travailleurs qui luttent
pour maintenir leur statut social empêchant ainsi le démantèlement des
entreprises. Air-France a supprimé 10 000 emplois depuis 2004, elle veut en
supprimer 2 800 supplémentaires en développant ses filiales à bas prix
appelées low-cost, modifier en profondeur les conditions de travail des
personnels, casser les contrats de travail. Le but: augmenter ses profits de
8 à 10% par an jusqu'en 2017. La SNCF, après avoir divisé la société en deux unités distinctes, ce
qui a aggravé les conditions de circulation et met en cause la sécurité des
voyageurs, poursuit la privatisation de ses lignes. Dans le même temps où des
milliers d'emplois ont été supprimés avec la disparition des transports
marchandises par rails ou par routes, le statut des cheminots est menacé de
disparition (retraite, garanties, temps de travail etc...) Les patrons de la SNCM (transport maritime) veulent liquider
l'entreprise depuis longtemps, ils en sont empêchés par les luttes constantes
et déterminées des travailleurs qui demandent eux le développement de la
société, l'embauche de personnel pour assurer un service public de qualité.
Ce n'est évidemment pas dans les plans des actionnaires qui développent eux
aussi des filiales à bas prix pour augmenter leurs profits. 90% du transport maritime (voyages et marchandises) est aujourd'hui
réalisé sous "pavillon de complaisance", autrement dit en
exploitant des travailleurs sous-payés, non formés, avec des conditions de
travail dignes du temps de l'esclavage, au détriment de leur propre sécurité
et celle des biens transportés. Comme on le voit, on est très loin de satisfaire aux besoins de
transports modernes et accessibles à tous. Que dire du réseau routier français ? Développé par des milliards
de fonds publics, il a été cédé au capital privé par les pouvoirs en place et
il se livre aujourd’hui à un véritable pillage des usagers en réalisant des
profits énormes. Les sociétés d’autoroute annoncent un taux de rentabilité de
20 à 24% de leurs chiffres d’affaires. Les routes nationales sont dans le
collimateur du profit, des péages routiers commencent à être installés un peu
partout en France notamment dans le sud-ouest à titre
« expérimental ». La « nationalisation » des autoroutes
qui devait intervenir après l’échéance des contrats privés a été abandonnée
au plus grand bonheur des multinationales de la route. Quelle politique ? Les nationalisations ont permis de
développer l’ensemble des moyens de transport et leur
industrie, mais sans remettre en cause le capital, c’est la question
fondamentale. La mainmise des multinationales sur l’ensemble du secteur, aidées en
cela par les pouvoirs en place, a entraîné une concurrence acharnée,
compétitivité, rentabilité, profitabilité, employabilité sont les maîtres
mots utilisés par les actionnaires pour justifier la casse des statuts, la
suppression des droits des travailleurs, le démantèlement d’entreprises de
haut niveau technique. Les moyens de production, les secteurs d’activité vitaux doivent
appartenir à la Nation,
au peuple, et non pas à un Etat à la solde du capitalisme. On le voit aujourd’hui, l’état capitaliste n’hésite pas à prendre une
part du capital d’entreprises privées telles que Peugeot, Alstom, Renault
etc… pour les aider à résoudre leurs « difficultés » en leur injectant
massivement des fonds publics. Cela n’empêche pas les suppressions d’emplois,
la baisse continuelle des salaires, la suppression des droits. Une fois les
problèmes résolus, l’état restitue ses parts, les profits des entreprises
sont assurés, l’exploitation des travailleurs n’a pas cessé. Les entreprises doivent être propriété de la Nation, les moyens de
production et d’échanges doivent être mis au service de la satisfaction des
besoins de la société, propriété de la
Nation, maitrisés par le peuple. Les actionnaires doivent être chassés sans
aucune condition, sinon le mot nationalisation n’a aucun sens. Ce mot aujourd’hui
est employé à toutes les sauces, dénaturé, vidé de son sens. Il est employé
par la bourgeoisie pour justifier l’intervention d’un Etat à sa solde afin de
« nationaliser » les « dettes » et
« privatiser » les profits. Les luttes sont indispensables pour
stopper les mauvais coups des multinationales, les cheminots, les marins, les
personnels des transports aériens montrent la voie pour construire des
transports publics modernes et efficaces. Les moyens existent, les 2 130
milliards de richesses créées en France sont accaparées par les multinationales, il
faut lutter avec détermination, tous les jours pour les reprendre et les
utiliser pour développer et construire un véritable service public des
transports pour répondre aux besoins du peuple. |
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