N°374 Semaine du 20 au 26 octobre 2014
23 octobre
2014
Enseignement Supérieur et Recherche
9000 scientifiques et personnels dans la rue
pour l'emploi et les moyens de travail
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Vendredi 17
octobre l’association Sciences en marche et les organisations syndicales de
l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR), avaient appelé à une
manifestation à Paris sur des revendications communes : pour un plan
pluriannuel de créations d’emplois et l’augmentation des crédits des
laboratoires. Pour cela, le mouvement réclame le transfert d’au moins une
partie du Crédit Impôt Recherche (CIR) qui atteint 6 milliards d’euros et
n’est qu’une aubaine fiscale pour le patronat, qui n’augmente pas l’effort de
recherche dans les entreprises et même parfois le diminue. Ces revendications
se fondaient en particulier sur l’explosion de l’emploi précaire dans l’ESR,
qui touche toutes les catégories de personnels. Il prend aussi appui sur le
chômage massif des docteurs formés dans les laboratoires et sur la difficulté
pour les laboratoires de trouver des financements, du fait de la politique
d’austérité et aussi d’un mode de financement tourné vers les créneaux qui
intéressent les entreprises. La
mobilisation a été très forte, ce qui
montre bien la gravité de la crise qui touche ce secteur. Un autre aspect
encourageant de la mobilisation du 17 octobre est qu’elle marque une
évolution positive dans les revendications exprimées. Par exemple, il y a
quelques semaines, pour obtenir plus d’emplois, le milieu de la recherche
était dominé par l’idée d’augmenter les dérégulations vers plus de CDD(contrats
à durée déterminée) sans limite, voire à vie. La bataille menée par le
SNTRS-CGT, pour en finir avec les CDD et réclamer des postes de titulaires
avec un recrutement principalement à proximité des diplômes, a fait son
chemin et ce point de vue a été largement repris par ceux qui ont pris la
parole à la fin de la manifestation. Il n’en reste
pas moins que les organisations et courants d’opinions qui ont convergé ce 17
octobre représentent une grande diversité. Une partie de ces forces est prête
à chercher des arrangements « a minima » avec le gouvernement et ne
posent pas réellement la question de sa responsabilité du fait des cadeaux
fiscaux multiples faits au patronat et à la politique d’austérité qui en
résulte, même si maintenant ces forces dénoncent toutes le CIR, au moins dans
sa forme actuelle. L’association Sciences en marche,
qui regroupe des scientifiques d’opinions diverses, illustre bien les
ambigüités du mouvement. Cette association a été déterminante dans le
démarrage de la mobilisation mais elle a plusieurs fois tenté de marginaliser
les syndicats. Elle fait l’impasse sur la politique d’austérité qui touche
tout le secteur public et fait beaucoup d’efforts pour défendre le principe
du CIR en cherchant seulement à en modérer les aspects les plus choquants. C’est
une démarche similaire à celle de plusieurs organisations
syndicales notamment la CFDT, l’UNSA et le syndicat étudiant UNEF. Bien des partis politiques, qui annoncent leur soutien au
mouvement, manquent aussi de clarté et ont soutenu des réformes de l’ESR qui
ont conduit à la situation actuelle. N’ayons pas d’illusions, ces forces politiques ne
sont pas dans une lutte anti capitaliste mais donnent des gages pour engager
le mécontentement dans des limites « supportables » pour la
politique du capital. Cette
mobilisation du 17 octobre ne peut être suffisante pour faire céder le
gouvernement. Il faut donc aller plus loin et
prévoir des initiatives dans la durée et si possible une nouvelle étape dès
le mois prochain. La question se pose également de faire converger les luttes menées
dans différents secteurs. C’est là que les syndicats de la CGT et leurs
militants devraient avoir un rôle décisif pour pousser cette fédération
syndicale à prendre les initiatives de convergences des luttes. COMMUNISTES
soutient l'action des salariés de l'ESR. Ils ont raison de lutter, comme l'on
fait ou le font les cheminots, les personnels d'Air-France, les salariés de
Good-Year, de la SNCM, les postiers,
les fonctionnaires, les salariés de l'industrie automobile, de l'hôtellerie
de luxe, de l'agroalimentaire…….Leurs revendications sont légitimes. Elles
peuvent être satisfaites immédiatement car il y a les moyens de le faire. Pour
cela, il faut s'attaquer à la politique du capital, reprendre ce qu'il vole
tous les jours aux salariés sur leur travail, mais cela n'arrivera pas sans
des luttes unies et convergentes, des luttes porteuses de la seule alternative
possible : celle de mettre fin au système d'exploitation capitaliste. |
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