N°375 Semaine du 27 octobre au 02
novembre 2014
26 octobre
2014
Des loups dans
la bergerie
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La question énergétique est au cœur de la
concurrence que se livre les
puissances impérialistes. Les multiples conflits au Moyen Orient si riche en
pétrole en témoignent. Il en est de même avec l’énergie électrique dont
l’ouverture à la concurrence sous la
pression des grands groupes capitalisme est à l’ordre du jour. Particulièrement préoccupantes sont les
nominations décidées par Hollande-Valls au Conseil d’Administration d’EDF à
compter du 21 novembre en remplacement du PDG actuel H. Proglio (pour lequel
nous n’avons aucune sympathie particulière). Rappelons que EDF est côté en bourse à hauteur de
20%, l’Etat y est actionnaire majoritaire Comme PDG ils ont décidé de nommer Jean Bernard Lévy. Qui est
il ? Il commence sa carrière en 1979 chez France
Télécom qu’il quitte très vite pour le privé. Il est tour à tour Directeur ou
PDG de Matra (groupe Lagardère) de Vivendi, de SFR, de Thales (un des
principaux constructeurs d’armement français). Il tâte aussi de la finance en tant qu’associé
gérant d’Oddo Pinaton Corporate. Il est appelé au cabinet de Gérard Longuet en
1986, puis de 1993-94 avant d’occuper le même poste auprès de son successeur
José Rossi. Travailleur infatigable il siège dans les Conseils
d’Administrations de NBC Universal, de l’Institut Pasteur, de la Société
Générale. Deux autres membres du Conseil d’Administration ont aussi été nommés : Laurence Parisot, ex présidente du Medef, qui dirigea pendant toute
sa présidence l’action du patronat contre le service public et pour la
privatisation afin d’ouvrir de nouveaux débouchés au privé. Philippe Varin, ex PDG de Peugeot-Citroën jusqu’au printemps dernier et qui s’illustra
dans la fermeture d’usines du groupe et la suppression de 10.000 emplois
avant de conduire l’entreprise au bord de la faillite avant son sauvetage par
l’Etat qui y injecta 800 millions d’euros. Peut on faire confiance à de tels hommes et femmes
pour défendre l’entreprise publique de production et de distribution de
l’électricité en France ? La réponse est NON. En les nommant Hollande et
Valls prennent la responsabilité d’introduire les loups dans la bergerie pour
le plus grand profit du privé et des profits. Le retour d’EDF
dans le secteur public, sa gestion dans le seul intérêt de la population
devient une question d’intérêt national. Cocorico Un Français vient de recevoir le prix Nobel
d’économie. Une salve de cocoricos l’a salué. Qui est il et pourquoi a-t-il
obtenu ce prix? Pour son travail sur l’analyse du pouvoir du
marché et de sa régulation. Le pouvoir du marché nous connaissons et nous le
combattons, quant à sa régulation dans la pratique personne n’en a jamais vu
la couleur. Par contre il a fait un certain nombre de
déclarations qui donnent une claire vision de ses opinions. Dès 2003 il préconise dans un rapport de « supprimer
les CDD et les CDI pour les remplacer par un contrat unique avec une
augmentation progressive des droits de salariés en fonction de l’ancienneté ».
Idée reprise avec enthousiasme par le patronat. Depuis sa nomination il multiplie les déclarations
sur la nécessité de rendre plus flexible le travail et de porter l’âge de la
retraite à 65 ans Alors prix Nobel ou militant patronal ? Militant
patronal est la bonne réponse |
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