N°376 Semaine du 03 au 09 novembre
2014
05 novembre
2014
Une autre
actualité : les luttes
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A Caen depuis
des semaines les 37 salariés de la biscuiterie
Jeannette
refusent la disparition de leur entreprise. Ils et elles occupent jour et
nuit les locaux pour empêcher les tentatives de coupure de gaz et
d’électricité et le déménagement – ou plutôt le vol de leurs outils de
travail par des vautours à l'affût.
Déjà au cours des différentes interventions du tribunal de commerce plusieurs
d'entre eux ont pointé leur nez. Leurs propositions de reprise situent bien
les méthodes et appétits. L'un d'entre eux a proposé de reprendre la marque
(très connue régionalement), les machines, licencier le personnel, le tout
pour un euro. Qui dit pire ? A ce jour un repreneur est sur
les rangs. Et comme toujours pour ce genre d'opération et d'opérateur, avec
des licenciements importants. Une
nouvelle étape est prévue le 13 novembre devant le tribunal de
commerce. Communistes y sera. Depuis le début par notre présence et des
soutiens financiers Communistes soutient sans réserve cette lutte de salarié
(es) qui se battent pour conserver leur outil de travail et leur entreprise
sans s'engager dans une négociation sur le montant des primes de
licenciement... Comme des milliers de licenciés ils veulent du travail. Dans la région caennaise
également une entreprise de
peinture en bâtiment (Lainé)
a été purement et simplement liquidée et ses 91 salariés licenciés. Leur
réaction a été à la hauteur de l'agression : création d'un syndicat CGT
et occupation des locaux. Ils organisent des initiatives en direction des
pouvoirs publics et de la population. Ils ont aussi rencontré les Jeannettes
et échangé sur leurs expériences. Là aussi Communistes soutient ces salariés
qui sont confrontés à ce qu'ils appellent un patron voyou. Ils savent que
leur combat sera difficile. Enfin à Renault-Trucks de Blainville (une entreprise dont nous
avons évoqué la situation dans notre journal). Entreprise du groupe Volvo
dont le PDG était l'un des 25 patrons de multinationales invités par
Hollande à l'Elysée il y a 15 jours.
PDG qui a distribué 700 millions d'euros à ses actionnaires en 2013 soit 1,5
fois la masse salariale des 9000 salariés de Renault-Trucks. Aujourd'hui c'est l'OTT
(organisation du temps de travail) que le patron met en cause dans une « négociation »
où les premières propositions patronales ont fait réagir spontanément les
salariés qui ont cessé le travail ce jour là plusieurs heures. Une deuxième réunion a amené
les organisations syndicales du site de Blainville dont la CGT, a rassemblé
500 salariés et à bloquer les accès de l'usine. Opération renouvelée mardi
toujours en bloquant les accès à l'usine. Ils refusent la flexibilité que
veut imposer la direction et qui se traduirait par des semaines de 42h de
travail (l'été) et de 22h (surtout l'hiver). Ils refusent également de
prolonger leur journée de travail de 30 minutes pour assurer la production du
nombre de camions fixé par le patron (42 véhicules en ce moment). D'autres
dispositions du même acabit sont « proposées » à la négociation. La CGT et les salariés en lutte
raisonnent différemment. Depuis 2009 la moyenne du temps de travail
hebdomadaire est de 32h à cause du chômage imposé (avec perte de salaire).
C'est donc logiquement que les salariés revendiquent les 32h sans perte de
salaire ce qui permettrait l'embauche de 1000 intérimaires constamment
présents dans les entreprises du groupe. La prochaine confrontation avec
le patron aura lieu le 19 novembre. Les salariés sont déjà mobilisés pour ce
jour là. Ce qui se passe dans le Calvados
n'est pas exception. Devant les coups du MEDEF et du gouvernement la
situation des salariés et de la population s'aggrave, le mécontentement est
profond, partout dans le pays les salariés agissent. Les médias se taisent. Les luttes des salariés tiendront une place
centrale dans la discussion de notre 7ème congrès. |
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