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N°376 Semaine du 03 au 09 novembre 2014

 

04 novembre 2014

Communistes Université Recherche

Une initiative anti-impérialiste

le 6 décembre à Paris

 

 

Depuis la défaite de l'URSS, un nouvel espace s'est dégagé qui conduit les forces impérialistes à s'affronter entre elles dans une bataille pour un nouvel ordre politique et économique mondial.

La formation de l’impérialisme par la concentration du capital, la fusion du capital industriel et du capital bancaire en capital financier (caractérisant la phase impérialiste, depuis la fin du 19ème siècle) et le rôle des États capitalistes ont créé les conditions qui ont conduit au partage et au repartage (le partage n’étant précisément pas définitif) du monde pour les ressources naturelles, les voies de communication et l’exploitation de la force de travail. Ces partages et repartages ont conduit à deux guerres mondiales qui ont eu comme résultat l’affaiblissement de certaines puissances impérialistes autrefois dominantes dont la France, l’Angleterre et l’Allemagne et la montée hégémonique de l’impérialisme États-unien, aujourd’hui toujours dominant bien que contesté par des puissances émergentes comme nous le verrons plus loin.

La montée des mouvements révolutionnaires, la révolution en Russie tsariste ont profondément modifié les conditions des luttes  inter impérialistes. Après la défaite de l’URSS, alors que les idéologues bourgeois proclamaient la fin de l’Histoire et des affrontements, le monde n’a jamais été autant secoué par des crises profondes et des conflits armés qui sévissent dans un contexte de crise approfondie du système capitaliste.

La multiplication des conflits armés, la croissance des moyens militaires mis en œuvre ainsi que leur production et leur commerce sont les indices indéniables de l’aggravation de ces tensions. Ces dernières sont présentées, par les grands pays capitalistes et en particulier par les USA, comme le résultat de la lutte nécessaire contre le terrorisme dont évidemment rien n’est dit sur la nature, les financements, les objectifs et les intérêts qu’ils servent. C’est au nom de cette lutte contre le terrorisme, le choc des civilisations, cher aux dirigeants américains, que les USA et leurs alliés, mais à la fois rivaux, sont intervenus et interviennent directement ou indirectement partout dans le Monde. Ils parlent même aujourd’hui d’une guerre mondiale et de longue durée contre ce terrorisme.

Cette rhétorique du terrorisme qui masque l’ingérence impérialiste dans les affaires des États n’est pas nouvelle. Déjà à l’époque de l’URSS, le Monde, selon les adversaires du camp socialiste, se divisait en démocraties et dictatures. Les « démocraties » étant par définition les alliés de l’impérialisme dominant, celui des USA, même si beaucoup des États concernés étaient des dictatures sanglantes issues de coups d’État. A l’opposé les « dictatures » étaient composées par les États qui avaient liquidé la propriété privée et le capitalisme.

Dessinons les lignes de force qui permettent de comprendre l’état de cet affrontement pour ce nouvel ordre mondial.

Un rapide tour d’horizon du monde, des forces en présence et de leur évolution, permet de mieux situer la question. Pour une analyse plus détaillée, il est possible de consulter notre brochure publiée en 2014: « Abattre le capitalisme, construire le socialisme, tous ensemble pour que ça change ». Depuis qu’il a vaincu l’URSS, le capitalisme domine le Monde et dans le même temps est entré dans une crise profonde et durable. Le développement même du capitalisme est inégal, son développement et sa crise représentent des différences notables d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre.  À côté des trente pays les plus riches de la planète, il y en a cent cinquante dits en voie de développement. Parmi eux on remarque les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). A eux seuls, ces pays représentent 42% de la population mondiale, 25% du produit intérieur brut mondial et 15% du commerce mondial. Les trente pays les plus riches ne sont pas non plus à égalité et forment des strates de nature différentes. Le plus important et le plus puissant d’entre eux est les USA. Au-delà de leur richesse propre, de la puissance de leurs monopoles, les USA possèdent les moyens militaires  les plus importants au plan mondial ainsi que des bases d’interventions sur les cinq continents. Ils dirigent les alliances militaires dont ils ont créé l’ossature à savoir l’OTAN et l’ASEAN pour l’Asie, alliances militaires qu’ils utilisent pour servir leurs intérêts. Si l’Union Européenne représente une part importante de la richesse mondiale, elle est globalement en pleine récession et n’a pas de capacité militaire comparable à celle des USA. Ses forces sont intégrées dans les forces de l’OTAN sous domination américaine.

Depuis que Lénine a publié son ouvrage : « L’impérialisme stade suprême du capitalisme », les processus de concentration des monopoles industriels et bancaires, leur fusion dans une économie mondialisée et financiarisée se sont profondément accentués sans pour autant constituer un super impérialisme sans base nationale. Aujourd’hui les grands systèmes de monopoles contrôlent des pans entiers de l’économie mondiale. Ils possèdent une puissance supérieure à de nombreux États, ils se caractérisent par une interpénétration des capitaux. Pour autant, ils restent largement dominés par le capitalisme Étasunien, le capitalisme japonais et en Europe par le capitalisme allemand. Même s’ils ont une certaine autonomie vis-à-vis des États, même s’ils agissent pour la mise en place de superstructures sous leur contrôle, les États constituent le cadre qui leur est nécessaire pour réguler l’exploitation de la force de travail et contrôler les moyens de l’expression de la domination intérieure et extérieure.

  Mais à côté de ces monopoles qui se sont constitués dans l’histoire du capitalisme, émergent de nouveaux concurrents tout particulièrement dans le domaine énergétique et des communications avec ceux constitués en Russie, en Chine en Inde au Brésil... Ces monopoles sont organisés et soutenus par les États qui interviennent vigoureusement pour soutenir leurs propres capitalistes et monopoles. Ainsi l’accès aux ressources naturelles, leur exploitation, leur transport, l’ouverture de nouveaux marchés, la possession de terres comme sources nouvelles de profit et enjeux stratégiques deviennent-ils l’objet d’affrontements violents exacerbés par une crise d’accumulation qui implique pour le capital monopoliste et l’impérialisme dominant de s’accaparer des ressources et des moyens des États mineurs ou en développement en créant les conditions de leur soumission. Il est évident que dans ces affrontements les puissances régionales ont besoin de l’appui de l’impérialisme dominant tout en essayant de préserver une part de gâteau suffisante pour les exigences de leurs propres capitalistes.

C’est dans ce contexte que l’on peut comprendre la nature des affrontements en cours, Si l’impérialisme US domine encore aujourd’hui, il est de plus en plus contesté par des impérialismes émergents. Et c’est aussi parce que les Peuples luttent pour leur émancipation et pour l’indépendance nationale que les impérialistes ont le besoin absolu de maîtriser ces luttes et de les annihiler.

L’impérialisme, qui n’est pas unifié, veut une domination absolue sur les peuples et dans cette voie celui qui domine cherche à écraser les autres pour s’assurer la conquête du Monde. C’est cette loi qui a prévalu dans les partages successifs du Monde, dans les processus de colonisation et dans le déclenchement des guerres mondiales et régionales. L’existence de l’URSS et des pays socialistes a considérablement modifié la donne pour l’impérialisme lui restreignant le champ de l’action contre les peuples. Rappelons-nous les luttes pour la décolonisation et l’indépendance, la victoire des peuples chinois, cubain, vietnamien... C’est pourquoi la lutte pour abattre l’URSS a été menée, dés sa naissance en 1917, par les États impérialistes et au tout premier rang les USA.  Ces derniers dés la de la deuxième guerre mondiale ont poussé à la constitution d’une alliance militaire, l’OTAN, alliance destinée à combattre l’URSS et à s’approprier son espace, objectif devenu particulièrement clair depuis la chute du système soviétique. Ils ont conduit à la formation d’une entité socio-économique, l’Union Européenne, capable d’ouvrir un nouvel espace aux monopoles tout en muselant les Peuples.

Pour illustrer nos propos prenons quelques exemples. La récente intervention israélienne à Gaza, soutenue entre autres par les USA et la France, a été « justifiée » par la volonté de détruire le Hamas considéré comme une organisation terroriste. Si elle visait la rupture de l’accord OLP-Hamas pour permettre à Israël de continuer sa politique coloniale expansionniste, il faut aussi noter qu’à la veille de l’intervention israélienne, l’Autorité palestinienne (aujourd’hui reconnue comme État) a signé un important contrat avec le russe Gazprom pour la prospection et l’exploitation gazière au large de Gaza. Les monopoles du gaz et du pétrole, les majors américains, se sont évidemment empressés de contrer cette opération et la guerre d’Israël contre Gaza est aussi une guerre économique pour la domination de ressources énergétiques. Israël est le bras armé de l’impérialisme américain au Moyen-Orient.

En Ukraine, le mécontentement populaire lié à la politique de l’oligarchie qui pille le pays depuis deux décennies a été mis à profit pour mettre en place un pouvoir fantoche à la solde des USA et de l’UE avec le but avoué d’étendre le champ d’action de l’OTAN aux frontières de la Russie. Chaque jour, les Occidentaux avec l’aide des milices fascistes aidées, entraînées et conseillées par des forces spéciales formées en Lituanie et en Pologne, font monter la pression. Jamais la mer Noire n’a été aussi fréquentée par des navires de l’US Navy et de bateaux espions français. Des manœuvres de l’OTAN menées en Ukraine ont pour objectif d’entraîner la Russie à un affrontement. C’est que la politique russe de développement économique d’un axe euro-asiatique avec la Chine, les ex-Républiques soviétiques d’Asie centrale et l’Inde, constituent aux yeux de l’impérialisme dominant un danger pour sa puissance dans une zone en pleine expansion et qui entend défendre ses propres intérêts.

En Irak et en Syrie, il s’agit pour l’impérialisme dominant de détruire les États pour réduire les résistances à la pénétration des monopoles du gaz et du pétrole et de s’en assurer le contrôle complet. Dans ce sens, les interventions contre le groupe de l’Etat Islamique (EI) ne sont qu’un prétexte pour continuer l’intervention US en Syrie et en Irak. Il est intéressant de noter que l’EI a été financé, équipé par tous les alliés des USA au Moyen et Proche-Orient.

Il est possible de continuer à citer des exemples en Afrique, en Amérique Latine où l’impérialisme entend maintenir sa férule sur les Peuples.

Face à cette situation redoutable d’un affrontement inter impérialiste qui ne se limiterait plus à des guerres régionales, les forces politiques révolutionnaires doivent porter une attention soutenue à la question de l’impérialisme aujourd’hui, à celle de la paix et du désarmement. La liquidation de nombreux partis communistes de par le Monde en même temps que la disparition de l’URSS ont porté un coup terrible au mouvement révolutionnaire. Mais les choses bougent à nouveau. En Europe et aussi dans le Monde de nouvelles organisations politiques révolutionnaires voient le jour.

En France, notre parti COMMUNISTES construit patiemment cette organisation nécessaire pour mener le combat. Notre septième congrès de novembre fera le point sur nos avancées et permettra de mesurer la nécessité de notre démarche. Communistes Université Recherche  organise le 6 décembre à Paris une initiative anti-impérialiste où nous exprimerons le point de vue de notre parti en faisant aussi, avec nos invités historiens et acteurs des luttes anti-impérialistes, la part à l’histoire et aux luttes en cours dans le Monde.

 

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