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N°41  Semaine du 07 au 13 janvier 2008

 

2008, nouvelle attaque sur le droit de départ à la retraite

Nous avons droit aux scénarios catastrophes pour faire passer le mauvais coup. Comité d’experts qui annonce qu’il faut porter la durée de cotisation à 41 ans, conflit de génération entre retraités et actifs, faillite du système de retraite faute d’un nombre suffisants de cotisants, argument qui ont l’air de tenir du bon sens tel que : comme la durée de vie augmente, il est normal que la durée du travail augmente elle aussi. Dans le même temps, les banques et les compagnies d’assurances qui voient dans l’affaiblissement du système de retraite par répartition un bon moyen de proposer – pour ceux qui le peuvent – la constitution d’une retraite individuelle multiplient les offres, sources de nouveaux et juteux profits.

 

En réalité ce qui se prépare c’est une nouvelle étape de la réduction du coût du travail pour placer le capitalisme installé en France dans les meilleures conditions possibles dans la compétition mondiale.

 

Salaire direct et salaire socialisé. Cette idée est apparue et mise en place au lendemain de la seconde guerre mondiale. Elle a consisté à créer à côté du salaire direct un salaire socialisé, financé par les richesses issues du travail, pour la retraite, les soins de santé, l’enfance, périodes de la vie qui ne sont pas, qui ne peuvent pas être travaillées. Idée et pratique qui n’ont jamais été acceptées par le patronat et qui l’a combattue dès sa conception.

 

Depuis des années l’écrasement du salaire direct est une réalité. L’écart entre la rémunération du capital et celle du travail ne cesse de se creuser, au détriment des salaires qui ont perdu 10 %. ce qui explique les profits patronaux. Mais cela ne leur suffit pas. Après s’être attaqué aux régimes de retraites du privé du public, aux régimes spéciaux, c’est  l’ensemble qui est à nouveau mis en cause, avec comme objectif de diminuer les pensions, donc  les cotisations patronales, pour augmenter les profits. C’est la mise en pratique des exigences du Medef qui veut que soit différencié ce qui relève de la solidarité (retraite, sécurité Sociale) et  ce qui relève de la responsabilité individuelle (assurance). C’est toute la politique de Sarkozy avec l’ensemble des mesures qu’il a prises et celles qu’il annonce.

 

Une batterie de mesures.

L’allongement de la durée de cotisations : Elle a augmenté de 2 ans 1⁄2 pour tous, il est prévu de l’allonger d’une année de plus ce qui la porterait à 41 ans,  repoussait d’autant l’âge effectif de départ pour une retraite à taux plein. A condition que le salarié soit en capacité de travailler, qu’il ne soit pas licencié parce que trop usé.

  

La décote : Avec l’entrée dans la vie active plus tardive, les périodes de chômage, les petits boulots et la précarité, le temps partiel, il sera de plus en plus difficile pour un salarié d’avoir la totalité de ses années validées pour toucher sa retraite à taux plein. D’où la diminution de celle-ci dans des proportions importantes pouvant atteindre 40% du montant de la pension.

 

L’augmentation du plafond de la S.S. (2276 € par mois) : Les cotisations prélevées sur un salaire supérieur au plafond donnent droit à la pension maximale soit la moitié de ces 2276 €. En freinant l’augmentation des salaires, en multipliant les primes non soumises à cotisations (intéressement, participation) des salariés cotisant au plafond il y a une quinzaine d’années n’y parviennent plus et y parviendront de moins en moins. Là encore diminution de la pension.

 

L’augmentation des retraites alignée sur la hausse des prix : elle est fixée à 1,1% pour cette année, c’est très  loin de la réalité de l’inflation. Cela permet de laminer le montant réel des retraites qui perdent chaque année du pouvoir d’achat, aux caisses de retraites de faire des économies sur leurs dos. Ainsi est mis en place un ensemble de mesures qui ont un seul unique but : aller toujours plus loin dans la diminution du salaire direct et du salaire socialisé pour permettre au capital d’être mieux à même d’affronter la concurrence mondiale, d’augmenter ses profits en lui faisant toujours plus de cadeaux sur les cotisations sociales. ( 32 milliards € pour 2008). Dans un pays riche comme la France les moyens existent pour payer une retraite digne de ce nom. Les 32 milliards de cadeaux  au patronat représentent trois fois le déficit de la protection sociale de 2007.

 

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