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N°41  Semaine du 07 au 13 janvier 2008

 

A propos de l’exposition au grand Palais :

Courbet, la peinture et la Commune de Paris

Dans son édition du 21 décembre, la « NVO » inaugure une nouvelle façon d’évoquer la période révolutionnaire que fut la Commune de Paris, et cela au travers de l’évocation de la peinture de Courbet.

 

Le journaliste commis pour la circonstance fait parler un historien de l’art, de surcroît élève de Vovelle (ouf on a craint le pire). Et tout de suite de s’interroger : « une révolution ou une insurrection, un moment de construction ou de destruction ? », Thiers lui a pourtant répondu voici 1 siècle et demi, qu’il s’agissait d’une révolution qu’il fallait abattre au plus vite, et il s’est associé à l’envahisseur pour l’exécuter. Pourtant pendant 70 jours, les communards « sont montés à l’assaut du ciel » et ont fait la preuve que le capitalisme n’est plus indispensable à la société.

 

Gustave Courbet a joué un rôle particulier, comme peintre nommé à la commission de l’enseignement de la Commune de Paris en 1871, « il prend tout de suite parti pour la Commune », comme le rappelle Bernard Noël (1).

 

Le même Courbet avait refusé la légion d’honneur que lui proposait Napoléon III un an plus tôt. Si ce n’est pas un choix politique, de quoi s’agit-il ? Rappelons aussi que Courbet n’a pas seulement « déboulonné la colonne Vendôme », il a participé à la réquisition des biens de Thiers décidée le 12mai 1871 (2) , par une délibération qui décide que ces biens seront transférés dans les Musées, de quoi fâcher la bourgeoisie ! Cette opération fut menée avec la rigueur qu’on lui connaissait. On ne peut pas en dire autant du vol de la montre d'Eugène Varlin (3) par un certain lieutenant Sicre après son exécution à Montmartre.

 

L’historien d’art, toujours lui,  évoque l’exil auquel fut contraint Courbet « N’exagérons pas les affres de l’exil en Suisse, à vol d’oiseau, la frontière est proche… ». Là, nous sommes atterrés. Que pensez de l’exil de Victor Hugo à Guernesey et en Belgique, de Marx et d’Engels en Angleterre et des milliers de Communards qui se sont réfugiés en Belgique, en Angleterre, en Suisse, pour échapper à la police ? « N’exagérons pas les affres de l’exil ».

 

Cette période, encore vivace de l’histoire, restera durablement marquée par la décision du 21 mai 1871, « …la fin dans le combat, sans négociation ni capitulation avec les Versaillais (4). »

  

Voilà ce que l’histoire retiendra, n’en déplaise à l’historien d’art.

 

Quant on examine sa critique de la peinture de Courbet, nous ne sommes pas mieux servis. Il ignore doctement que Gustave Courbet exécuta les plus beaux nus de la peinture française entre 1864 et 1870,  que les « académiciens » ont rejeté Courbet avant de rejeter les impressionnistes. Un Courbet qui n’hésite pas à défier le jury en 1855 en construisant « un pavillon du réalisme » à côté de l’exposition officielle, et renouvellera chaque année cette initiative.

 

Courbet, un peintre dans la contestation de l’ordre établi, voilà ce que nous retenons...

 

(1) Bernard Noel, dictionnaire de la Commune, Mémoire du Livre 2000

 

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(2) Procès verbaux de la Commune de Paris, tome 2, édition Lahure 1945, Page 367

 

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(3) Bernard Noel

 

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(4) PV Commune de Paris, page 517

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