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Hebdo |
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N°43 Semaine du 21 au
27 janvier 2008 Marché du travail : Nouveaux droits pour les employeurs L’accord sur
la modernisation du marché du travail est aujourd’hui signé. Que le Medef
soit pleinement satisfait, on le comprend c’est du gagnant/gagnant. Mais que
toutes les organisations syndicales (CFDT – FO-
CFTC- CFE-CGC), à l’exception de la CGT,
le ratifient est pour le moins choquant. D’autant que celui-ci doit être intégré à une loi qui a montré par le
passé que le législateur pouvait prendre de grandes libertés avec le texte
signé. Que peut bien comporter cet accord qui motive les organisations
signataires. *La période d’essai qui est portée de deux à trois mois selon la
catégorie de salariés concernés ? Certainement pas, puisque le
renouvellement est également prévu, ce qui transforme cette période de quatre
à six mois. En fait, cette période est un véritable CDD qui ne dit pas son nom, puisque, pendant cette période, la rupture
peut intervenir à tout moment. Une période d’essai d’un mois, pour le personnel ouvrier, est largement
suffisante pour vérifier la compétence professionnelle d’un salarié. *Un nouveau contrat « à objet défini » ? Celui-ci,
s’adressant au personnel d’encadrement, est un contrat tout ce qu’il y a
d’aléatoire. Trente-six mois maximum et sans aucune garantie. De
l’intérim, qui ne dit pas son nom non plus. D’ailleurs, à la fin de ce contrat, quelle qu’en soit la durée, le
salarié percevra une indemnité de 10% comme n’importe quel intérimaire. *La formation et la prévoyance qui deviendraient portables ?
C'est-à-dire que les droits seraient maintenus en changeant
d’entreprise ? Pendant combien de temps ? Cela n’est pas prévu,
cela renvoie à de nouvelles négociations. Donc un vœu pieux en l’état. *Alors, ce serait la « séparabilité à l’amiable » ?
Comme n’importe quel divorce comme le dit Parisot du Medef. De quoi
s’agit-il ? Un employeur et un salarié pourraient s’entendre pour se séparer à
l’amiable !! Pour l’employeur, c’est le rêve, d’autant que cette
séparation ne pourra pas être contestée devant les tribunaux. Pour le salarié , c’est autre chose. Cela nous ramène avant
1950, date des premières conventions collectives, dont le but était la
protection collective et individuelle du salarié, notamment lors de
suppression d’emplois. C’est pour les employeurs, la possibilité de ne plus respecter les
conventions collectives et le code du travail concernant ces protections. Ils
feront ce qu’ils veulent, quand ils le voudront. Combien de salarié sont armés ou simplement en situation d’affronter
leur employeur ? Si c’était le cas, les conseils de prud’hommes ne
seraient pas surchargés de dossiers demandant réparation pour
« l’indélicatesse » des employeurs. *Alors, il ne reste que la promesse d’aller vers le doublement de
l’indemnité de licenciement. Mais de l’indemnité légale bien sûr, pas
celles prévues par les conventions collectives. De qui se moque t-on ?
Où est le positif ? *Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il s’agit d’un nouveau recul des
droits collectifs et individuels des salariés. A la cadence où nous allons,
les salariés, qui sont une variable d’ajustement des coûts à travers les
plans sociaux, seront bientôt corvéables à merci pour le plus grand bonheur
du Medef et de ses adhérents. C’est cela la modernité ? Dans ce cas, il vaudrait mieux rester
ringard ! Non ?
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