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N°44 Semaine du 28
janvier au 03 février 2008 Pourquoi une nouvelle crise financière mondiale ? Le
développement de la sphère financière Dans les années quatre-vingt, sous l’effet des politiques de privatisation
du secteur public qui se sont développées, la sphère financière se développe
de plus en plus au détriment de l’investissement productif, de l’emploi et
des salaires. Les fruits de la croissance vont à la spéculation financière et
dans la poche des actionnaires. En mars 2006, la revue financière « L’expansion »
écrit : « Attention il y a trop d’argent dans le monde. Jamais
autant d’argent n’a circulé sur la planète. Au total, la masse monétaire
mondiale a doublé entre 2000 et 2006, progressant trois fois plus vite que la
production. Résultat : en six ans, 2.165 milliards de dollars de trop se
seraient accumulés dans la machine économique globale. Tout cet argent
entraîne le gonflement de bulles financières ». Depuis, les fusions-acquisitions se sont accélérée créant des géants
de plus en plus puissants. La financiarisation, la spéculation,
l’accumulation se développent. Fin 2007 la sphère globale de la finance
pesait trois fois plus lourd que le PIB mondial ( 50.000 milliards de dollars
soit 34.100 milliards d’euros) alors qu’en 1980 le total des actifs
financiers et de PIB était équivalent. Le capitalisme, c’est ça : * A elles seules, les opérations boursières représentent 3.000
milliards de dollars par jour (2.046 milliards d’euros). C’est
l’équivalent de 315 fois le montant de la masse salariale, primes comprises
versée par le pétrolier TOTAL (6,5 milliards d’euros) pour une année entière
aux 113.000 salariés, cadres – ingénieurs techniciens, ouvriers, du
groupe. *80 à 85%, au bas mot, de ces sommes sont engloutis dans la
spéculation. *Ainsi, chaque jour en moyenne, 85 milliards de dollars (59
milliards d’euros) qui pourraient être consacrés à la production de biens
matériels, sont confisqués par les spéculateurs. Qu’en pense le socialiste STRAUSS-KAHN, l’actuel président du FMI ? Selon le FMI, face au risque d’extension de la crise, il importe de
rétablir au plus vite la confiance. D. Strauss-Kahn dans une tribune parue ce
matin dans le « Financial -Times », plaide pour « des
mesures de stimulation budgétaires temporaires pour les pays qui peuvent se
le permettre ». Le FMI garant de la stabilité financière mondiale, vous
y croyez vous ? Comment fonctionne la Bourse : La Bourse c’est : *Un marché d’actions et d’obligations. Acheter une action ou une
obligation, c’est acquérir une partie du capital d’une entreprise et des
droits de vote dans les décisions. *Un marché de produits dérivés. Là on n’achète pas directement un
produit (une action ou une obligation), on spécule. Ces spéculateurs parient
sur le risque de baisse ou de hausse des prix (c’est ce que font les
traders dont celui de la Société Générale sur le devant de la scène
aujourd’hui). Depuis les années 1970, le rythme de ces produits spéculatifs (dits
« dérivés ») connaît un essor spectaculaire. En 2002, alors que la
richesse mondiale s’élevait à 32.200 milliards de dollars, les transactions
des marchés dérivés se montaient, elles, à près de 700.000 milliards de
dollars ! Depuis, le rythme s’est accéléré. La concurrence mondiale capitaliste est rude, le développement du
capitalisme est inégal, les pays dits émergents occupent une place
toujours plus grande sur le marché mondial, la Chine 11,5% de croissance,
l’Inde, le Brésil, la Russie. Les contradictions s’aiguisent entre les
groupes capitalistes. Elles s’aiguisent toujours plus. A Davos a eu lieu le 38ème sommet du forum économique mondial. 2.400 dirigeants économiques, 27 chefs d’Etat y ont participé.
Il s’est tenu sur fond de crise financière aiguë, avec une Amérique en recul
et une Asie en plein développement. Au cœur de ce sommet : le fantastique
rééquilibrage économique du monde capitaliste. De l’an 2000 jusqu’à cette année, les pays dits développés ont accru
leur production de 19% alors que les pays émergents ou en développement ont
augmenté le leur de 69%. Cette année, la moitié de la progression du PIB
mondial viendra de quatre d’entre eux : la Chine, l’Inde, le Brésil, la
Russie. Cela donne une petite idée de l’avenir que nous prépare le
capitalisme à l’échelle de la planète. Les fonds souverains : On en a beaucoup parlé à Davos. Ils représentent une masse financière
de 2.035 milliards d’euros, l’équivalent du PIB de la France. Qu’est-ce qu’un fond souverain ? Il s’agit de fonds
d’investissement dont les revenus sont propriété de l’Etat. Leur objectif est
de faire fructifier des excédents budgétaires, dopés par les revenus
pétroliers (pays du Golfe…) ou par les excédents commerciaux (la Chine…). Ils
multiplient les participations directes dans des grands groupes
internationaux. Actuellement ils se lancent à l’assaut des banques
occidentales fragilisées par la crise : L’américaine Morgan-Stanley a
été renflouée par le fonds chinois CIC, la Suisse UBS a sollicité celui de Singapour (GIC)… Ces fonds arrangent les financiers capitalistes occidentaux ,
mais leur développement suscite en même temps de l’inquiétude. La concurrence
mondiale est féroce. Ce 29 janvier, à Londres, s’est tenu un mini sommet européen avec N. Sarkozy, Angela Merkel, Gordon Brown et Romano Prodi. Au-delà de leur concurrence « nationale » ce qui a dominé
c’est leur intérêt politique commun. Leur objectif est d’assurer la meilleure
rentabilité des capitaux au détriment des investissements dans la
production, l’emploi, les salaires, le développement social, pour mieux
placer le capitalisme Européen dans la concurrence mondiale. Les crises financières, c’est dans la logique même du système
capitaliste. La crise financière n’est pas le résultat des excès de jeux de hasards
financiers d’un monde capitaliste qu’il suffirait de «
moraliser ». Elle est le résultat du système lui-même, basé sur la
recherche du profit maximum par une surexploitation sans cesse accrue des
peuples. Le monde capitaliste a connu d’autres crises dont celle de 1929 a fait
date. Depuis il y en a eu d’autres et il y en aura d’autres tant que le
capitalisme existera C’est inévitable. MARX, il y a 150 ans, a
démontré que l’élément moteur de l’accumulation du capital est avant tout la
course permanente à l’augmentation du profit. Il a mis en évidence que la
part du capital reposant sur le travail produit recule alors que la
concentration du capital, et la spéculation progressent. Avec la mondialisation capitaliste, ce phénomène s’accélère. Il
se construit des bulles financières qui durent plus ou moins longtemps et à
un moment donné éclatent (exemple : le déclenchement en Août de la crise
actuelle partie des USA. Surendettement des familles, impossibilité de
rembourser, les banques ont transféré les dettes à des investisseurs,
faillites etc… La Bourse chute, entraîne les bourses européennes…). Ce sont
toujours les peuples, les plus pauvres, qui en paient le prix. Le système capitaliste est un frein au développement de la société. Il ne peut pas répondre aux défis de notre époque pour développer le
monde. Réorienter la manne financière vers l’investissement, l’emploi,
l’innovation, la recherche, l’éducation ne peut se faire que par la lutte
anticapitaliste jusqu’à sa disparition. Il faut changer de société.
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