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N°45  Semaine du 04 au 10  février 2008

 

Des moyens pour soigner

la maladie d’Alzheimer

Le peuple vit plus vieux, quel malheur !

Pour le patronat et les gouvernements qui se succèdent, l’augmentation de l’espérance de vie est considérée comme une très grave contrainte nationale qui coûte énormément cher. Puisque le peuple vit plus longtemps (encore que les statistiques montrent que les ouvriers et les employés vivent moins longtemps que les patrons et les professions libérales) il faut lui faire payer les « conséquences » de l’allongement  de sa durée de vie.

 

Depuis l’instauration de la CSG par M. Rocard, puis le CRDS, les prélèvements sur les assurés sociaux et les malades, n’ont cessé d’augmenter : le forfait hospitalier, le forfait de 1 euro sur les consultations médicales, le forfait de 18 euros pour les actes hospitaliers de plus de 91 euros… La Sécurité Sociale rembourse de moins en moins de médicaments :  moins 156 en 2005, 41 en 2006…

 

Les franchises médicales pour financer le « plan Alzheimer » ?

N. Sarkozy a annoncé un  « plan Alzheimer », le 3ème en sept ans élaboré par les gouvernements de gauche et de droite, mais rien ne s’est amélioré pour les malades et leurs familles. Un plan en cinq ans qui coûtera 300 millions d’euros pas an.

 

Des mesures nouvelles bien insuffisantes déclare dans un communiqué « l’ UNIOPSS qui regroupe les principales associations du secteur socio sanitaire.

 

Il faut savoir que :

Au 31 décembre 2006 le nombre de personnes affectées ou atteintes de syndromes apparentés a atteint 1 million. L’INSEE  estime que globalement le nombre de malades sera de 1.200.000 en 2020 et environ 2.100.000 en 2040. C’est une maladie qui touche essentiellement des personnes âgées de plus de 65 ans. 90% des personnes atteintes ont plus de 75 ans.

 

Mieux soigner les malades, avoir les structures nécessaires, aider les familles, développer la recherche pour faire reculer cette maladie, est urgent.

 

Les moyens manquent cruellement. Cette maladie dégénérative demande des moyens pour la prise en charge. Elle est  très lourde moralement et matériellement pour les familles. Les financements actuellement sont très insuffisants. Dans les institutions de retraites, les moyens en personnel qualifié  sont bien en dessous des nécessités. Cela aboutit parfois à des drames comme dans cette maison de retraite « La Pergola » de Bourg-en-Bresse ou un octogénaire malade a frappé une autre malade qui est décédée. Le Président  de l’association « Alzheimer » du département de l’Ain,  J.M. Fonquernie, explique dans le journal « Le Progrès » : « A la Pergola, deux personnes sont en charge de 18 malades ». Il insiste  sur la formation de ceux qui doivent entourer des malades d’une très grande affectivité «  qui souffrent d’une angoisse d’abandon, qui ont un comportement proche de l’enfance ».

 

« 60% du coût financier d’une personne touchée par la maladie d’Alzheimer est aujourd’hui à la charge de sa famille » rappelle Mme Meyrieux présidente de « France Alzheimer ». (1)

 

Un plan Alzheimer  du gouvernement payé par qui ?

Par les malades. Les franchises médicales sur les boîtes de médicaments, en application depuis le 1er janvier  rapporteront 850 millions d’euros par an. 300 iront à la maladie d’alzheimer, le reste pour la lutte contre le cancer et l’amélioration des soins palliatifs.

 

Il y a de l’argent.

La commission des comptes de la Sécurité Sociale a publié au dernier trimestre 2007 son rapport annuel. Elle a estimé à 31,75 milliards d’euros la somme des déductions de cotisations offertes au patronat pour 2008 (soit 4 milliards de plus qu’en 2007). Cela représente plus d’un cinquième du budget de la Sécurité Sociale. C’est trois fois le déficit annoncé pour la Sécurité Sociale cette année.

 

Si les stocks-options étaient assujettis aux cotisations sociales normales, cela rapporterait 3 milliards d’euros annuels (la moitié du déficit de la branche maladie de la Sécurité Sociale estimée à 6 milliards).

 

Pour combattre fermement la maladie d’Alzheimer, comme pour permettre à toutes et à tous l’égalité des soins, répondre aux besoins desanté qui sont en augmentations, il faut prendre l’argent où il est. Faire payer leur dû aux entreprises. Il faut arrêter de fermer les hôpitaux, de casser notre système hospitalier public au profit du développement du privé. Il faut revenir au principe de solidarité nationale instauré à la fondation de la Sécurité Sociale en 1945. 

 

(1) Selon  l’étude de l’OPEPS (Office Parlementaire d’Evaluation des Politiques de Santé), 22% du coût financier d’une personne touchée par cette maladie est payé par l’Assurance maladie, 16% par les Conseils Généraux et 60% reste à la charge des familles.

Le coût d’une personne malade placée en Institution va de 1.700 euros jusqu’à plus de 3.000 euros.

 

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