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N°46  Semaine du 18 au 24  février 2008

 

Non, la désindustrialisation n‘est pas inévitable !

50.000 emplois industriels ont été encore détruits en 2007. En même temps, les grandes entreprises françaises annoncent pour 2007 des profits records : Michelin + 35%  TOTAL 12,5 milliards d’euros – Arcelor Mittal 7,1 milliards + 30% - L’Oréal 2,6 milliards etc… ( les profits avaient déjà augmenté de 21% en 2006), chaque semaine la liste de fermeture de sites industriels, de licenciements, de réductions emplois s’allonge : Arc International (Pas de Calais) 560 suppressions d’ici 2010 – Michelin annonce la Fermeture de Kléber à Toul 826 emplois, pour 2009 – Arcelor Mittal annonce la fermeture de Gandrange en Moselle, 600 salariés – Kodak à Chalons sur Saône – fermeture de Baxter 112 emplois à Orléans – Charles Jourdan chaussures à Romans 139 emplois- Sony à Dax 331 emplois- Sanmina-SCT à Tourlaville 300 emplois - Unilever annonce 250 suppressions d’emplois sur 492 chez Miko à St Dizier -…Les fermetures de sites et les suppressions d’emplois les plus récentes touchent  16 entreprises et chaque mois la liste s’allonge. Déjà en 2006 des dizaines de milliers d’emplois industriels avaient été supprimés, chez EADS, Chaussons, PSA …

 

Depuis 25 ans, le bilan de la politique  industrielle de la France est désastreux. Les gouvernements de droite et de gauche en concordance avec le MEDEF ont fait disparaître les entreprises publiques dirigées par l’Etat au profit du capitalisme en privatisant à tour de bras.

Ils ont contribué à la liquidation de pans entiers de l’industrie : la sidérurgie, le textile, l’industrie de la machine-outil, les forges et les fonderies ; au recul  des industries agro-alimentaires, de la construction navale, de la construction automobile.

 

L’avenir économique de la France est en cause. Ce n’est pas seulement catastrophique pour l’emploi ; quand des milliers de salariés sont jetés au chômage, la croissance et l’avenir même du pays sont en cause.

 

L’industrie est le moteur de l’activité économique, créateur de richesses, de valeur ajoutée et d’emplois (emplois directs et emplois indirects). C’est l’industrie qui tire l’ensemble de l’activité du pays, les capacités de recherche, les innovations technologiques et leur diffusion à l’ensemble de l’économie.  La désindustrialisation permanente et progressive de la France depuis 25 ans conduit à un recul de la recherche et du développement. Cela met en cause les capacités nationales, la croissance intérieure et la compétitivité de la France.

 

Pourquoi la désindustrialisation ? C’est la loi du capitalisme. La concurrence mondiale capitaliste, c’est une lutte féroce pour se placer, conquérir des marchés, c’est une course aux profits toujours plus poussée. Le journal économique « Les Echos »  écrit à propos de la désindustrialisation « Pour préserver leur part de marché, les grandes entreprises doivent bien gagner en compétitivité ». Pour être  « compétitif » dans le cadre capitaliste, il faut baisser  les coûts (bloquer les salaires, augmenter la productivité) créer des géants européens et mondiaux toujours plus gros.

 

Que font les capitalistes ?

*Ils pratiquent la politique des bas salaires d’où les revendications salariales qui montent de plus en plus et des luttes importantes (voir nos articles sur ces questions)

*Ils suppriment massivement des emplois : exemple : Arcelor Mittal décide fermer Gandrange (en Moselle). A la question, « vous avez fait des profits énormes ( 7,5 milliards d’euros) et  l’usine est rentable », on répond « il y a la compétitivité mondiale, on doit augmenter la productivité ».

*ils délocalisent dans les pays à bas coûts : Exemple: Schneider-Electric, 200 sites industriels dans le monde, 120.000 salariés dont 14.500 en France. Le groupe qui a nettement amélioré ses performances financières ces dernières années (13% en moyenne annuellement) craint un plafonnement, aussi il «  va mettre l’accent sur la rentabilité » déclare J.P. Tricoire président du directoire. Pour cela, il accélère ses délocalisations et la part des effectifs industriels délocalisés à l’étranger est déjà passée de 14% à 54% en 4 ans (de 2003 à 2007).

 

Michelin, qui a supprimé des milliers d’emplois ces dernières années et engrangé + 35% de profits en 2007 et annonce la fermeture du site de Toul, 826 salariés, va augmenter de 60% ses capacités  dans les pays émergents. Renault ou EADS n’ont pas seulement transféré leurs usines en Chine ou en Inde mais  aussi  la recherche et le développement ; Renault quatre technocentres avec 3100 emplois, EADS qui veut à réaliser 10% de son  activité d’ingénierie en Inde, demande à ses prestataires d’en faire autant.

 

Dans les entreprises, priorité est donnée à la rentabilité du capital et vite. Les entreprises engrangent des profits de plus en plus élevés, les gros actionnaires en empochent une part substantielle, en moyenne 1/3. Elles investissent de moins en moins dans la production, l’emploi et les salaires; depuis l’année 2000 les investissements ont reculé de plus de 45%.  Elles développent la financiarisation, la spéculation. Elles achètent des concurrents, fusionnent pour créer de grands groupes mondiaux.

Ils vont continuer et même accélérer ces orientations dans les années à venir.

 

Que faut-il faire face à cela ? On nous annonce  qu’ on supprime des emplois industriels mais qu’en revanche, la France a créé 300.00 emplois en 2007. Ces derniers sont en grande majorité des emplois précaires, dans les services à la personne et dans les services aux entreprises. « Les économistes restent sceptiques pour 2007 » écrit encore le journal « Les Echos ». Ce n’est pas ça qui va faire reculer le chômage massif et développer la croissance de la France.

 

Sarkozy a beau aller discourir à Gandrange « je vais sauver votre site », ses propos sont vite corrigés par la Ministre de l’Economie « l’Etat ne peut pas forcer un industriel à investir ». On ne peut pas faire la politique du capital, ce pourquoi Sarkozy a été élu, et défendre les emplois contre le capital.

 

« Corriger la mondialisation » « moraliser le capitalisme » proclament tous les esprits bien pensants dans un beau consensus droite - gauche ? D’après eux ce serait possible.

C’est ce qu’écrit un certain Bernard Marois, professeur émérite à HEC (école des Hautes Etudes Commerciales) écrit « …Il faut indiquer qu’il y a forcément des gagnants et des perdants au jeu de la mondialisation…La bonne attitude consiste donc à « accepter » la mondialisation, tout en essayant de corriger ses effets négatifs ». Ce n’est pas de ce côté-là qu’il faut se tourner. Au « jeu » de la mondialisation capitaliste, les gagnants sont ceux qui possèdent tout et dirigent le pays, les perdants sont les salariés et le peuple toujours plus exploités. L’antagonisme entre le capital et le travail est irréductible.

 

Il n’y a pas d’aménagement possible avec le capitalisme. La mondialisation capitaliste, on est pour ou on est contre.

 

Pour défendre les emplois, empêcher les fermetures d’entreprises, les délocalisations, pour arracher de meilleurs salaires, il faut lutter, lutter contre le capital pour le faire reculer.

Aujourd’hui des salariés de plus en plus nombreux luttent  dans les entreprises. (voir nos articles sur ce site). Les conditions existent pour une lutte de grande ampleur, tous ensemble, secteur privé et public. Le patronat n’a jamais rien lâché de bon gré. Mais il a été obligé  de lâcher sous la pression des luttes, les conquêtes sociales en sont la preuve.

 

Le capitalisme et tous ceux qui le soutiennent cassent l’industrie, l’emploi. Ils mettent  en cause l’avenir économique, technique, scientifique et culturel de notre pays,  ils mettent son avenir de grande nation.

 

La désindustrialisation inévitable ? NON.  La France dispose des moyens financiers, économiques, scientifiques  pour faire une politique d’investissement industriel, de recherche et de développement, de création d’emplois.

 

Mais pour cela il faut une volonté politique.  Il faut s’attaquer au capital, il faut enlever le pouvoir au capital financier qui gouverne.

Il faut développer la lutte anticapitaliste pour changer de politique et de société.

 

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