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comporte des caractères illisibles, cliquer sur ce lien COMMUNISTES N°470 Semaine du 22 au 28 août 2016 30 août 2016 |
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Contre la
casse de la production laitière française |
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Après
celui du blé en juillet, c’est celui
du lait qui menace la survie de
milliers d’exploitations laitières. Cette récurrence s’inscrit dans la
logique de la financiarisation croissante de l’agriculture. Tant que les « solutions » imposées
continueront dans cette même logique capitaliste, la situation s’aggravera. Combien
de fermes laitières auront disparu, combien d’agriculteurs auront cessé de
produire voire n auront vu d’autre issue que le suicide ? Et nous pourrons
encore mettre en parallèle, l’augmentation éhontée des profits des plus
grands groupes de ce secteur. C’est spécifiquement sur le groupe
capitaliste Lactalis que s’est focalisée cette année la colère des paysans.
Premier groupe laitier mondial, suivi de Danone, Sodiaal, Bel, Laïta entre
autres, c’est le plus emblématique de la structure de cette filière. Avec un
chiffre d affaires annuel de plus de 17 milliards d euros, 229 sites
industriels et 75 000 salariés dans le monde, 63 sites et 15 300 salariés en
France, il est livré en lait par 11 000 exploitants soit 1 sur 5. Il est
aussi celui qui verse le prix le plus bas et en baisse constante. De 365 € la
tonne à l’ été 2014, le prix s’ est effondré à 254 € en juillet 2016, soit
100 € en-dessous du tarif considéré acceptable pour couvrir les frais de
production et des revenus décents, soit de près de 15% en deux ans. Il y aurait
paraît-il à cette baisse spectaculaire, des causes conjoncturelles dont les
experts des médias nationaux se satisfont : stagnation de la consommation de
produits laitiers en Europe, embargo russe, baisse des achats chinois captés
par la Nouvelle-Zélande. La fin des quotas mise en œuvre par l’Union
européenne au 1er avril 2015 en libérant les quantités mises sur le marché a
généré une augmentation remarquable de la production en Irlande, aux
Pays-Bas, dans les pays scandinaves,
en France aussi sous les encouragements des transformateurs qui ont
bien vu la possibilité de peser sur les prix. Les encouragements à investir dans
les robots et accroître leur cheptel donc à s’endetter sont venus eux du
secteur bancaire. Mais il y
a, avant tout, un mode d’organisation capitaliste avec des profits mirifiques,
avec la complicité assurée du principal syndicat du secteur, la FNSEA et son
antenne le CNJA. Son président, Xavier
Beulin, est lui-même un magnat de l’industrie
agro-alimentaire à la tête de la
multinationale AVRIL (ex-Sofiprotéol). Ces dernières années ont vu une
accélération rapide de la concentration des laiteries avec des rachats
multiples. Lactalis en est un fleuron.
Affaire dite " familiale", elle accumule les profits et s est
structurée en holding dont BSA, son bras armé installé curieusement en
Belgique. Emmanuel Besnier, petits fils du fondateur, serait, par
caractère très enclin au secret. Cette
discrétion le conduit même à préférer payer des amendes plutôt que de publier
ses résultats ! Personne ne le connaît, nul ne sait où le joindre, pas même
le ministre de l’Agriculture. Sic ! On l’a
pourtant trouvé à maintes reprises pour le faire bénéficier d’un " joli
coup de pouce" selon la presse lorsqu' il a succédé à son père, en 2003.
On l’a trouvé aussi pour le faire bénéficier du CICE et autres largesses
versées par les gouvernements successifs. Chaque année, la production agricole de l’Union
européenne génère 14.000 milliards ! Les 50 milliards que représente le
budget annuel de la PAC (Politique Agricole Commune) ne s’appuient que sur
0,35% de ces richesses créées ! Il aura
fallu une semaine d’actions des paysans pour que Lactalis condescende à réviser ses tarifs en portant le prix de
la tonne à 290 €, en moyenne, d’ici la fin de l’année, ce qui représente
encore une baisse de 13% sur 2016. L’objectif des groupes capitalistes de la filière, soutenus par le
gouvernement vise à la concentration des fermes, jusqu’à ce qu’elles aient
atteint la taille voulue (1000 vaches étant un minimum) et que ce qui n’est
rien d’autre qu'un énorme plan de licenciements soit totalement réalisé dans
la profession. Parallèlement, l’ Union Européenne annonce une prime à la
" non-production " de 150
000 €. Les
agriculteurs redescendront dans la rue sans tarder coincés qu’ils sont
par les banques, laiteries et autres
transformateurs, par la grande distribution. Il n’y a rien d’autre que la
lutte pour changer leur situation. La terre doit revenir au
peuple, ceux qui la travaillent doivent en vivre correctement, elle doit
revenir à sa fonction première : nourrir les peuples et non engraisser les
capitalistes. Lire, enregistrer et/ou imprimer cet article au format
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