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N°47  Semaine du 25 février au 02 mars 2008

 

Le rapport Attali et les réformes en cours

dans l’enseignement supérieur et la recherche, ou

le programme commun de la droite et de la gauche

Parler d’un programme commun de la droite et de la gauche au service du capital n’est  pas une vue de l’esprit! Nous nous limiterons ici aux aspects concernant l’enseignement supérieur et la recherche, mais chacun pourra trouver d’autres similitudes entre le rapport Attali et la politique du pouvoir.

 

Le pouvoir et Attali ont sur l’avenir de la recherche des points de vue identiques. Ainsi après la loi dite de « responsabilité des Universités » (LRU) qui organise la privatisation partielle du service public en ouvrant les financements directs du secteur privé et élargie la voie du recrutement de contrats à durée déterminée pour les enseignants et les personnels techniques, un nouveau coup d’accélération est donné. Il s’agit de démanteler les organismes de recherche et renforcer le contrôle de l’Etat. Comme dans le rapport Attali, l’accent est mis sur la compétitivité, la mise en concurrence des Universités et des centres de recherche pour attirer « les meilleursenseignants et chercheurs, les meilleurs étudiants » et sur l’individualisation des carrières.

 

       Pour les auteurs du rapport Attali, la LRU n’est qu’une étape, ils proposent comme le fait le gouvernement la création de dix pôles universitaires de taille mondiale. Ces pôles étroitement contrôlés par le pouvoir politique et le patronat, seront prioritaires en termes de financements.  Il n’est donc pas étonnant que dans le comité de sélection de ces   pôles, on retrouve Anne-Marie Idrac ex-PDG de la SNCF (une adepte des privatisations) et Gilles Pelisson PDG du groupe ACCOR. Ces Universités devront privilégier les partenariats public-privé en matière d’investissements et de gestion du patrimoine. Ils pourront sélectionner les étudiants et embaucher largement sur contrat sans tenir compte du statut de la fonction publique.

 

       Ces mêmes pôles seront à terme les opérateurs de recherche et ils seront évalués par l’obscur comité appelé Agence de l ‘Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, comité entièrement nommé par le pouvoir, qui se substitue progressivement au comité national de la recherche scientifique, qui lui comporte une majorité d’élus de la communauté scientifique. Tout cela a pour conséquence la disparition à terme des Etablissements publics de recherche (CNRS, INSERM, INRA…).

 

       Ainsi, sont mises en place par le pouvoir et le patronat, sous la co-tutelle, idéologique du rapport Attali, les bases d’une recherche et d’un enseignement supérieur fonctionnant suivant les règles du privé (déclaration récente du secrétaire général du CNRS) et au service exclusif de la stratégie des grands groupes capitalistes. En pratique la majorité des Présidents d’Université comme des directions d’organismes apportent leur concours à ce plan. Il en est de même des forces de droite et de gauche qui participent à la co-gestion de cette politique. Ainsi les régions, dont la quasi-totalité sont dirigées par l’union de la gauche (PS, PCF, Verts…), ont toutes apportées leur appui et leurs financements à la réalisation de ces projets.

 

       Malgré cette pression énorme, les choses bougent et les opposants à cette politique de liquidation du service public commencent à faire entendre leur voix. Cela se traduit dans les résultats des élections qui se déroulent en ce moment pour renouveler les conseils d’administration des Universités. Des listes « anti-LRU » voient le jour et réalisent comme à l’Université P.M. Curie de Paris, à Rennes, à Marseille, à Paris-Dauphine… des résultats qui montrent que le mouvement de rassemblement pour le service public prend de la force et peut modifier le rapport des forces.

 

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