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N°48  Semaine du 03 au 09 mars 2008

 

Hausse des prix

Ils nous prennent vraiment pour des demeurés

      

Tout est organisé par le capital, le gouvernement et les media qui sont à ses ordres afin de ne pas aborder les sujets importants qui préoccupent les salariés de ce pays. Tout y passe, des coucheries du président à ses rencontres malheureuses au salon de l’agriculture en passant par les confidences d’une de ses collaboratrices sur les sectes.

 

       Tout cela est savamment orchestré afin de ne pas prononcer les mots qui fâchent : salaire, retraite ou même grève. Malheureusement pour tout ce beau monde, il y a forcément des moments où il faut parler de la vie des salariés.

 

Ainsi le gouvernement vient de découvrir la hausse des prix. Et, à en croire les journalistes de la télévision, ses larbins, il «prend le problème à bras-le-corps». Mais oui, il diligente une enquête pour savoir d’où vient la hausse des prix. On croit rêver. Les Maigret en herbe vont pouvoir se réjouir et participer à l’enquête, puisqu’on nous abreuve tous les jours des progrès de l’instruction.

 

Le "marché" naturel ?

 

Néanmoins, il est intéressant d’étudier les tenants et les aboutissants de cette soi-disant enquête. Un haut fonctionnaire de la concurrence expliquait que « le marché est naturel » et que cette hausse est artificielle, il s’agit donc de trouver qui a exagéré, des industriels comme Danone ou des distributeurs comme Auchan. Cela fait partie des éléments idéologiques les plus importants de la stratégie des capitalistes, le "marché", c’est-à-dire le capitalisme serait l’état de nature. Allant dans le même sens, le directeur de "Que choisir", une officine de la CFDT, indiquait lui aussi qu’il fallait rétablir une vraie concurrence afin de retrouver le "marché naturel". Et d’épingler au passage les multinationales des produits d’entretien qui se sont entendues pour maintenir un niveau de prix élevé depuis des lustres.

 

       En même temps, on nous prévient que l’Etat ne peut pas grand-chose, à part fustiger les responsables, qui se défaussent sur d’autres. A droite comme à gauche, on le dit bien, le gouvernement n’est pas responsable de la hausse des prix. Peut-être va-t-on écouter le PCF qui propose de baisser la TVA ? Cela pourra alimenter les gazettes, puisque Fillon n’est pas d’accord. Mais  surtout, ne touchons ni au marché ni au capital, puisqu’ils sont "naturels" ; on sent qu’il y a quelque chose de religieux dans cette impuissance avouée.

 

Des contes à dormir debout

      

Et pourtant, c’est bien ce système lui-même qui est responsable. Le "marché" n’a rien de naturel, il est organisé. Croire que la "concurrence libre et non faussée" va permettre aux prix de baisser, que le "marché" va se réguler de lui-même pour le plus grand bonheur des consommateurs, c’est de la science-fiction tout juste bonne à être enseignée dans les facultés d’économie ou les écoles de journalisme.

 

       Ce qu’ils appellent "l’économie de marché", c’est la liberté des capitalistes de faire du profit, d’augmenter leurs profits. Le problème, Marx l’avait mis en évidence, c’est que le taux de profit a tendance à baisser. Pour le maintenir, il leur en faut toujours plus. L’argent ne tombe pas du ciel : si les capitalistes font plus de profits, ils prennent l’argent ailleurs, chez leurs ouvriers et chez les consommateurs des produits que ces ouvriers fabriquent. Tous les moyens sont bons pour augmenter les profits, notamment celui de faire payer les consommateurs au plus haut prix, ou celui de s’entendre entre gens bien pour maintenir les prix élevés. Ce n’est pas, comme voudraient nous le faire croire les hommes politiques de droite et de gauche, une perversion du système, mais le système lui-même qui provoque ces phénomènes.

 

Plus de capitalisme, plus de hausse des prix

      

Tant que la production et la vente de produits de consommation ne seront que prétexte pour qu’une poignée d’actionnaires fassent des profits, il en sera ainsi. La seule solution, c’est de se débarrasser du "marché" et des capitalistes. Rappelons par exemple, qu’entre 1934 et 1989, le ticket de métro à Moscou, dans l’URSS, n’avait pas augmenté d’un centime ! Intéressant, non ?

 

 

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