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N°48 Semaine du 03 au
09 mars 2008 Tout
changer pour que rien ne change Tel pourrait être le titre de la
mauvaise pièce que nous jouent le MEDEF et l’UIMM. Les portes
claquent, les noms d’oiseaux fusent, mais à la fin les deux acteurs se
réconcilient sur le dos d’un personnage qui n’est pas sur scène, les
salariés. C’est, peut être, le dernier épisode de l’affaire de la caisse
noire de l’UIMM et d’un de ses dirigeants, Denis Gautier-Sauvagnac, grand
distributeur d’enveloppes bourrées de billets destinées à fluidifier le
dialogue social. Les
fausses colères de Madame Parisot. Comme à
chaque fois que la cupidité du patronat apparaît sur la place publique, la
présidente du MEDEF, Madame Parisot se croit obligée de nous faire une grosse
colère devant les caméras de TV aux heures de grande écoute. Rappelons nous.
Elle a la nausée lorsqu’elle apprend le parachute doré de
l’ex-PDG de Vinci,
elle est fumasse pour ceux de Forgeard et de Gut (EADS), en état
de choc avec la caisse noire, indignée lorsqu’elle a
connaissance de l’augmentation de 40% en un an du salaire des plus grands
patrons et annonce qu’elle va réunir le comité d’éthique du patronat pour
examiner la question. Pour quels résultats ? Aucun. Comme elle a un
riche vocabulaire, cette fois-ci elle nous dit (samedi 1er mars sur France 2)
que trop c’est trop, que tous les patrons sont indignés et elle
ajoute : Ce genre de comportement est méprisant et
méprisable, ça abîme l’image des entreprises, du MEDEF et mon image. C’est vrai
que ces pratiques habituelles du patronat tombent pour elle à un mauvais
moment. Celui où les salariés qui n’en peuvent plus des bas salaires, des
délocalisations et des suppressions d’emplois (1), des conditions de travail insupportables, sont
de plus en plus nombreux à entrer dans l’action et à gagner sur leurs
revendications, à remettre en cause la loi sacrée du
capital, le profit. Qu’il y ait
des divergences entre les deux organisations du patronat n’est pas une chose
nouvelle, elles trouvent leurs solutions dans les salons feutrés de même que
celles qui sont portées au grand jour. Dans tous les cas elles trouvent vite
leurs solutions. Les divergences, toutes secondaires s’effacent pour
présenter un bloc uni face aux salariés, pour préserver et accroître les
profits capitalistes. C’est ce qui vient de se passer entre Madame Parisot et
F. Saint Geours de la métallurgie (et de Peugeot). La
démagogie des politiques. Tous les
partis politiques se sont crus obligés de donner de la voie, mais tous votent
des cadeaux sociaux et fiscaux au patronat et ils netaxent pas les profits
scandaleux qui grandissent année après année, ils laissent faire les
délocalisations au nom de la compétitivité. Mais à quelques jours d’une
élection, il faut bien avoir l’air de condamner les pratiques patronales.
Pour tous, de l’UMP au PS, un Denis Gautier-Sauvagnac, pour lequel nous
n’avons aucune sympathie, est bien commode en affreux à jeter aux chiens. Réaction
surprenante des confédérations syndicales. Les
confédérations syndicales ont fait connaître leurs réactions. Toutes vont
dans le même sens, F. Chérèque en tête qui se réjouit qu’enfin il allait
pouvoir négocier avec un patronat propre. Négocier quoi ? De nouveaux
reculs sociaux comme l’exige le patronat et son pouvoir politique ?
C’est propre ça ? D’ici
quelques jours, cette mauvaise pièce aura disparu de l’actualité. Il ne
restera que la réalité, la lutte quotidienne des salariés contre le patronat,
la lutte de classe dont certains voudraient nous faire croire qu’elle
n’existe plus. (1)
Au
moment où les représentants du patronat tiennent caméras et micros, aucun
journaliste ne pose la question des suppressions d’emplois. Pour la seule
journée du 3 mars, on en compte 600 chez Smoby, 62 chez New Man (textile)…,
la liquidation de Novel Vision (Moselle), tandis que ceux de Lenoir et
Mernier réclament leur dû après la faillite frauduleuse de leur patron qui a
touché 300.000 € de fonds publics. Sans commentaires.
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