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N°51  Semaine du 24 au 30 mars 2008

 

Le patronat nouveau n’est pas arrivé

Fin de la fausse dispute au patronat. L’UIMM promet de se refaire une conduite, d’être une fédération patronale exemplaire mais toujours à la pointe de l’action pour le bénéfice de l’ensemble des exploiteurs. D’ailleurs, pendant ces quelques jours, le front patronal a été sans fissure pour refuser les revendications de salaires, poursuivre les annonces de suppressions d’emplois, et avancer  leurs exigences au cours des discutions avec les syndicats.

 

Droite et gauche sur la même position.

Une nouvelle fois, droite et gauche ont dans cette affaire une attitude similaire. Normal, puisque ni les uns ni les autres ne contestent le capitalisme.

 

Des patrons ont toujours siégé sur les bancs de la droite. La famille Dassault poursuit la tradition, le père au Sénat, le fils à l’Assemblée Nationale. L. Parisot a adressé un message de félicitations à Sarkozy dès le 6 mai pour se féliciter de l’élection d’un président qui comprend les entreprises. Celui-ci ne la déçoit pas en faisant la politique du patronat.

 

Au PS, le temps est loin où, dans le discours, il était question de rupture avec le capital. Rupture qui n’a jamais eu lieu, bien au contraire. En déclarant le 15 décembre dernier que l’économie de marché est la forme la plus efficace pour produire de la richesse (pour qui ?) F. Hollande illustre le ralliement de son parti au capitalisme.

 

Les partis politiques ne représentent plus un danger pour le capital, l’alternance sans risque  est possible.

 

L’enjeu, intégrer les syndicats aux objectifs du patronat.

Madame Parisot ne s’en cache pas. Elle a affirmé, dans son livre « Besoin d’air » ce qu’est une entreprise : la définition même de l’entreprise est d’être une association pour le profit. C’est sa nature, son but, c’est même son honneur. Patronat et salariés « associés » pour le profit d’un seule, le patronat.

 

Dans un entretien au journal « Libération » (13. 03. 08) elle fixe cet objectif aux syndicats, à propos  de la durée légale du temps de travail qu’il faut supprimer et  remplacer par un accord d’entreprise : c’est très cohérent dans une démarche de confiance… la durée du travail doit être définie par un accord avec les syndicats… il faut passer du dialogue social à la construction sociale. Dans pratiquement tous les pays d’Europe, la durée du travail n’est pas prévue par la loi, mais définie contractuellement avec les syndicats… Dire que ce sont les syndicats, par accord avec le patronat, qui contribuent à fixer la durée du temps de travail, c’est leur conférer une vraie responsabilité. Cela leur permettra d’évoluer clairement vers un syndicalisme réformiste à l’allemande ou à la scandinave.

 

Tout est dit en quelques mots, les syndicats ne sont plus là pour représenter les intérêts des salariés mais pour répondre aux besoins et aux exigences du patronat à un moment donné. Ils sont devenus partenaires.

 

Les « négociations » syndicats-Medef qui se déroulent donnent un avant-goût amer de cette volonté patronale. Les intérêts des salariés sont laminés au seul profit de ceux du patronat.

 

De la coupe aux lèvres.

Cet objectif patronal se heurte à une réalité que vivent tous les jours salariés et syndicalistes dans les entreprises. Celle de l’exploitation, celle de la lutte de classe.  Les mots nouveaux qui alimentent le discours patronal comme partenaires sociaux, dialogue social, rôle environnemental  et social de l’entreprise, transparence, etc, etc ne changeront rien à la réalité de l’exploitation patronale.

 

Les luttes quotidiennes qui se déroulent dans les usines et les services, pour l’augmentation des salaires, l’emploi, les conditions de travail  sont la meilleure réponse au patronat et à tous ceux qui prétendent qu’il a changé.

 

Le syndicalisme appartient aux syndiqués et aux salariés, pas au Medef. Dans ce combat pour un syndicalisme de classe et de masse leur intervention sera déterminante. 

 

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