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COMMUNISTES |
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Hebdo |
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N°54
Semaine du 14 au 20 avril 2008 Elections
législatives italiennes : Une nouvelle
alternance sans risque pour le capital Un vrai parti
révolutionnaire reste à construire Annoncée par tous les sondages, la victoire
de Berlusconi marque le retour au pouvoir d’une coalition de droite et d’un
homme qui avait déjà exercé la fonction de président du Conseil. Coalition
assurée d’obtenir la majorité des sièges à la Chambre et au Sénat. La bipolarisation de la vie politique
italienne se confirme puisque les deux principales coalitions ont réuni 85%
des suffrages exprimés pour une participation s’élevant à 80%. Les commentateurs ont insisté sur la
similitude des programmes présentés par ces deux coalitions. Bipolarisation
ne signifie surtout pas rupture avec la politique menée par son prédécesseur
Romano Prodi lequel s’appuyait sur une large coalition allant du centre droit
à Refondation Communiste. Le secrétaire général de Refondation Communiste
occupait même le siège de président de l’Assemblée nationale ! De 2006 à 2008, la politique de
Romano Prodi a été marquée par la poursuite de l’intégration du pays à
l’Europe capitaliste et à la mondialisation : Libéralisation de
l’économie, remise en cause des acquis sociaux conquis de haute lutte par les
travailleurs italiens, politique de rigueur sur les dépenses publiques de
l’Etat. En Italie comme en France, bas salaires, pensions amputées, précarité
sont devenus le quotidien de millions d’Italiens. C’est cette même politique que
Berlusconi entend poursuivre et accélérer en favorisant les intérêts
capitalistes des multinationales italiennes dans la concurrence mondiale qui
s’exacerbe. C’est ainsi qu’il faut comprendre sa position concernant le
devenir de la compagnie aérienne Alitalia, suspendue à une offre de rachat
par le groupe Air France-KLM, à laquelle il s’oppose. A gauche, la politique menée par
Prodi n’a pas fait l’unanimité. La gauche est en pleine recomposition. Le
parti démocratique emmené par Walter Veltroni, ancien maire de Rome, a fait
ouvertement campagne au centre. Refondation Communiste a formé une coalition
Arc en Ciel, comprenant le parti des communistes italiens, les Verts et le
parti de la Gauche Démocratique. Fausto Bertinotti, secrétaire de Refondation
Communiste, a même déclaré pendant la campagne électorale qu’il rêvait d’un
congrès d’Epinay à la Mitterrand pour la gauche ! Le constat est amer pour les
salariés italiens désireux de pouvoir compter sur un vrai parti révolutionnaire
pour les défendre. Il y a quelques années, on
aurait pu espérer la reconstruction d’un parti révolutionnaire en Italie.
L’hétérogénéité idéologique des mouvements politiques existants, l’absence de
stratégie claire fondée sur une analyse de lutte de classe et la recherche à
tout prix d’un rassemblement électoraliste faisant fi du contenu ont abouti
une impasse politique lourde de conséquences pour les salariés. Les deux
coalitions « Gauche Critique » et le parti communiste des
travailleurs veulent désormais s’affirmer comme la véritable alternative à
gauche. Ils se situent en opposition avec la politique menée en alternance
par la droite et la gauche depuis plus de quinze ans en Italie mais les
contours de ces deux formations restent très imprécis, du fait là aussi de
l’hétérogénéité de ceux qui la composent. C’est le cas en particulier de
« gauche critique » qui voudrait fonder un pôle comparable à
l’ambition de la LCR en France. On peut donc affirmer que la
création d’un parti révolutionnaire sur des bases comparables à celles qui
ont guidé la création de « Communistes » en France reste à faire. Ce chemin est forcément difficile, semé
d’obstacles (nous en savons quelque chose à Communistes), mais il a le mérite
d’ouvrir une véritable perspective politique, loin des rassemblements sans
contenu clair qui mènent toujours à des impasses pour le mouvement social. http://www.sitecommunistes.org |