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N°55 Semaine du 21 au 27 avril 2008

L’action grandit en France

Le pouvoir d’achat recule

Une statistique récente de l’INSEE montre qu’un ménage de quatre personnes (2 adultes et 2 enfants) dont le revenu mensuel est de 2.110 euros, consacre les trois quarts de cette somme (74% exactement) à régler des « dépenses contraintes » comme le logement et les emprunts (53%), les impôts et assurances (21%). Il leur reste 548 euros pour se nourrir, s’habiller, payer l’essence etc… Il en restera 246 à une personne seule touchant mensuellement 950 euros,  370 à un couple sans enfants et 470 à un couple avec un enfant.

 L’étude montre qu’il y a cinq ans, cette population pouvait disposer de 48% de son salaire, retraite ou indemnités pour ses dépenses de nourriture, d’habillement, de transport etc… Cette part est tombée à 24% aujourd’hui.

 Ces chiffres concernent 20% de la population. Le principal enseignement de ces données statistiques c’est d’abord la confirmation éclatante de la situation actuelle d’un cinquième de la population, mais pour la grande masse des salariés aussi les conditions de vie se sont  considérablement dégradées.

 Les actions revendicatives qui se développent dans le pays reflètent directement cette situation. Les travailleurs sont de plus en plus nombreux à ne plus l’accepter. Dans l’industrie électronique, les 2.800 ouvriers et techniciens de Microélectronic à Rousset dans les Bouches-du-Rhône qui ont fait grève ont obtenu 3,6% d’augmentation. C’est une avancée estime la CGT, mais le compte n’y est pas, en particulier le paiement des jours de grève. Mégotage humiliant quand on connaît les dividendes versés aux actionnaires : 285  millions de dollars l’an dernier et une nouvelle hausse de 20% annoncée pour cette année. La plupart des postés gagnent moins de 1.500 euros par mois. Comparez.

 A la Redoute de Roubaix, ce sont 1.500 salariés qui sont dans l’action depuis deux semaines avec des débrayages quotidiens. Ils réclament une augmentation de 150 euros nets et l’embauche de 300 intérimaires. La direction accorde 1,2% et 40 intérimaires. Insuffisant ont répliqué les salariés, l’action continue. Virginie, emballeuse de 33 ans dont 15 à la Redoute gagne 990 euros nets, elle était à la réunion de négociations salariales qu’elle et ses camarades ont interrompue, la lutte continue.

 Mouvement de protestation chez Picard, dans les magasins de la chaîne pour exiger une augmentation des salaires. A l’issue d’une cinquième réunion, la direction a proposé une augmentation de 3%. Insuffisant ont dit les salariés, la hausse des prix est bien supérieure. « Avec 1.000 euros pour les vendeurs, 1.100 pour les assistants et 1.200 pour les responsables de magasin, notre portefeuille se rétrécit de plus en plus » explique une employée parisienne. La lutte continue.

 Quatrième jour de grève chez Mondial Assistance où 80% des salariés des plates-formes téléphoniques réclament 150 euros et des salaires d’un minimum de 1.500 euros nets. « Les plus bas salaires tournent à 961 euros nets par mois en temps complet » précisent les syndicats. La lutte continue.

 Dans les boîtes d’intérim, les anciens disent n’avoir jamais vu ça. Les syndicats de Manpower ont appelé à la grève les 2.500 salariés permanents des agences pour exiger des augmentations de salaires. Une manifestation est prévue devant le siège à Paris. Des dizaines de salariés intérimaires ont occupé plusieurs agences basées aux abords de l’aéroport de Roissy ainsi qu’à Villepinte  (Seine-Saint-Denis). Une occupation jour et nuit jusqu’à jeudi 17 avril pour demander une prime exceptionnelle pour l’ensemble des intérimaires qui représentent 95% de la masse salariale.

Selon une étude de l’UNEDIC du mois de janvier, le nombre d’intérimaires sur le marché du travail a augmenté de 6,6% en un an, toutes catégories professionnelles et tous secteurs confondus. Pour eux aussi la lutte continue.

 Le mouvement lycéens monte en puissance. « C’est une vraie réussite, après trois semaines de mobilisation, cela ne fait que s’accroître » convenait une jeune responsable syndicale lycéenne. De puissantes manifestations ont eu lieu dans toute la France. En région parisienne le SNES et le SNEF (FSU), la CGT, FO, SUD et la CNT ont décidé d’appeler à la grève en convergence avec les lycéens de la FILD et de UNL. La FCPE s’était associée à cette journée d’action et à la manifestation qui a rassemblé plus de 20.000 participants.

Dès le retour des vacances de printemps, l’action reprendra.

 Rappelons pour terminer la lutte des sans – papiers dont nous rendrons compte dans un autre article.

 Les salariés pour leurs salaires, les lycéens pour leurs études et leur avenir, les sans papiers pour le droit de vivre dignement en travaillant, l’action s’étend. Dans des entreprises la lutte a déjà fait reculer le patronat. C’est le moment de développer partout la riposte tous ensemble pour imposer nos revendications.  

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