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N°55 Semaine du 21 au 27 avril 2008

Monsieur Mittal parle

Monsieur Mittal vient d’accorder un entretien au journal « les Echos ».

Avant d’en examiner les principaux points, quelques brefs rappels sur le premier groupe sidérurgiste mondial : une production de 110 millions de tonnes, des acquisitions pour 12,5 milliards de dollars en 2007 (usines, mines de fer et de charbon), un groupe intégré qui a dégagé 10 milliards de dollars de profit distribué pour un tiers aux actionnaires. Monsieur Mittal ne s’oublie pas, sa fortune personnelle est estimée à 45 milliards de dollars.

 Au court de cet entretien, après avoir affirmé son attachement à la Lorraine et à la France (nous voila rassurés), son souhait d’être un ami de Sarkozy, il en vient aux choses sérieuses.

 Nous voulons rendre la sidérurgie européenne la plus compétitive possible. A partir de là, les choses sont simples. Une partie de l’usine de Gandrange n’était plus assez productive et ne créait plus de valeur pour l’entreprise. Pas de sentiment, on ferme. L’outil de production usé jusqu’au bout, il le jette et les hommes avec. Pas question d’investir dans l’usine et dans la formation. Les profits risqueraient d’en souffrir.

 Monsieur Mittal est aussi un écologiste affirmé. Les émissions de CO 2 le préoccupent, à condition d’avoir de larges subventions de l’Etat français ou d’un autre, l’argent n’a pas d’odeur c’est bien connu. A une question sur ses projets d’installation de captage-stockage de CO 2 en Lorraine il répond : Si nous pouvions travailler avec le gouvernement français, nous pourrions réaliser cet investissement… D’autres gouvernements souhaitent participer à un tel programme, mais si la France veut participer… C’est la mise en concurrence des gouvernements pour qu’ils payent avec l’argent du peuple la pollution dont Monsieur Mittal est responsable.

 On est loin dans cet entretien des discours que tient le patronat sur l’entreprise responsable socialement et écologiquement. Au moins Monsieur Mittal parle et agit comme un capitaliste qu’il est. Pas de fioriture, le profit, toujours le profit, rien que le profit. Cela a le mérite de la clarté.

 PS : Les journalistes des « Echos » n’ont pas posé une question : que pense Monsieur Mittal d’une grève qui vient de démarrer dans une des usines du groupe en Roumanie et va-t-il donner satisfaction aux revendications des salariés ?

Dommage, la réponse aurait été intéressante.

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