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N°55 Semaine du 21 au 27 avril 2008

Sarkozy : on continue et on accélère

Au cours de son entretien télévisé de jeudi dernier, Sarkozy a déclaré tranquillement : « Je crois au capitalisme, à la mondialisation, il n’y a pas d’autre alternative possible ». La France doit donc s’y adapter, je suis là pour procéder aux ruptures nécessaires, je le ferai, a-t-il martelé pendant toute l’émission.

 Il veut le faire en accélérant  l’allure. 55 « réformes » sont envisagées, toutes convergent vers un seul objectif : faire baisser le coût du travail en France, le rapprocher de plus en plus vite de celui des salariés des pays de l’Est européen pour commencer.

 Surtout pas question de toucher aux puissances industrielles et financières qui dirigent le pays par Sarkozy interposé. Elles accumulent des centaines de milliards d’euros de profits sur le dos des salariés et qui investissent partout où cela rapporte plus que dans notre pays. Elles  délocalisent à tour de bras et ont liquidé en  France 500.000 emplois industriels en dix ans.

Ce sont justement celles-là que Sarkozy veut « secourir » en allégeant encore plus leurs « charges ». « Il ne faut pas tuer la compétitivité des entreprises » a-t-il eu le culot  d’affirmer.

 Car pour lui, les responsables de la situation ce sont les salariés et le peuple. On ne travaille pas assez, les retraités coûtent trop cher, les « assistés » sont trop nombreux, la santé est trop bon marché. Il n’y a pas assez de « concurrence » entre les salariés, beaucoup trop d’entre eux sont protégés par des statuts et des conventions collectives, par le code du travail.

 Les « 55 réformes » ont été élaborées pour en finir avec tout ça. C’est tout au moins l’espoir que nourrissent Sarkozy et ses maîtres ainsi que beaucoup d’autres plus discrets.

 Mais les salariés ne l’entendent pas ainsi, le mécontentement grandit et les actions, grèves, manifestations se développent dans tout le pays. C’est cela que le gouvernement redoute par-dessus tout.

D’où les rapprochements de toutes sortes qu’il multiplie vis-à-vis des syndicats. Sarkozy les a remerciés publiquement : « grâce à eux la démocratie sociale est en train de bouger. On n’a pas vu ça depuis la Libération ». Il a même parlé du « comportement responsable » de la CGT.

 Ce qu’il ne dit pas et que pourtant il sait, c’est qu’il y a dans la CGT des dizaines de milliers d’adhérents et de responsables qui luttent pour que leur syndicat demeure le seul syndicat français de lutte de classe et qu’il se développe sur cette base. Les salariés vont en avoir de plus en plus besoin pour soutenir leur action, la porter au niveau national et arracher des revendications.

 Les réactions de la gauche ? Ségolène Royal a finalement bien résumé ce que pensent les autres, dans une interview à la TV : « les Français sont prêts à accepter des réformes qui sont indispensables, à condition qu’on leur explique. Autrement dit, Sarkozy plus de pédagogie, ça passe ! Il n’y a rien à attendre de ces serviteurs du capital drapés dans leur déguisement de gauche. Mitterrand, Jospin, Lang, Attali, Fabius, Strauss-Kahn l’homme du FMI etc…. Rien à attendre de ces gens-là et de leurs alliés, Verts, PCF ou autres.

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