---

 

 

 

 

COMMUNISTES

 

Hebdo

 

---

 

 

 

Retour ACCUEIL

 

 

 

 

 

N°57 Semaine du 05 au 11 mai 2008

La recherche médicale en souffrance

Depuis septembre 2006, les personnels travaillant dans un bâtiment du CHU de Nantes et dépendant des 4 tutelles: INSERM, CNRS, CHU, Université signalent des émanations diverses et variées qui les rendent malades: rhinites à répétition, brûlures de la bouche, troubles digestifs, nausées, insomnies, migraines, vertiges…. Les premiers touchés furent des femmes. Autant dire que leur souffrance a été largement minimisée, voire dénigrée. Finalement, une vingtaine de déclarations d'accident du travail a été effectuée, une vingtaine de personnes ne peut plus travailler dans les locaux, plusieurs travaillent en alternance entre leur domicile et l'unité. Cinq agents ont été vus par un expert en toxicologie ; diagnostic : troubles dus à une exposition à une ou plusieurs substances dangereuses, exclusivement liés aux conditions  d'exercice des fonctions des agents dans ces laboratoires.

Comment en est-on arrivé là?

A la suite d’un premier pic de pollution en janvier 2007, une première expertise initiale a fait état de la défaillance du système de ventilation qui n'avait pas été contrôlé ni nettoyé depuis la construction du bâtiment en 1990 ! Il pointait aussi l'inefficacité de l'évacuation des émanations issues d'un automate utilisant en autres du formol, du toluène et du xylène.

 18 octobre 2007: nouveau pic de pollution, nouvelle évacuation. Et on "découvre" que le sol ressemble à « du gruyère » et permet donc aux émanations provenant des cuves à effluents de circuler dans l'unité. Des travaux en urgence sont à nouveau effectués.

 Des émanations sont à nouveau ressenties en mars dernier. Les mesures de contrôle n’auraient rien révélé « d'anormal ». D'autre part, l'unité doit emménager fin 2008 dans un autre bâtiment actuellement en construction, pas de précipitation « donc circulez !… »...

 Cette unité vient d'être reconnue centre de recherche en cancérologie par l'Inserm. Il n'était donc pas question de révéler des « soucis d'intendance » Voilà comment un laboratoire de recherche médicale, réputé d'excellence scientifique, hébergé dans un CHU qui réclame le titre « fort chercheur », néglige la santé et la sécurité de ses personnels, des doctorants, des étudiants...

 La pression s'exerce avant tout sur la main d'œuvre taillable et corvéable à merci que sont les étudiants, les thésards et les très nombreux CDD.  Depuis janvier 2008, la direction de l'unité en accord avec la direction régionale de l'Inserm demande aux étudiants de signer une attestation indiquant qu'ils acceptent d'effectuer leur stage dans l'unité en toute connaissance des problèmes de santé existants. Une jeune femme contractuelle  est remerciée à la fin de son contrat sans autre formalité parce qu'elle présente les symptômes d'intolérance aux produits chimiques.

 Les ministères de l'enseignement supérieur et de la recherche, du travail, de la santé ont été alertés à maintes reprises par la CGT. Alerté aussi le Maire socialiste de Nantes Jean Marc Ayrault (président du conseil d'Administration du CHU) et  le Procureur de la République. Personne ne veut prendre la responsabilité de la fermeture de ces labos,  car « il aurait fallu re-localiser l’ensemble des équipes » !!!

 Faites des publications, décrochez des contrats, établissez des brevets, contribuez à la renommée de la recherche française et de ses mandarins. Innovez pour l'industrie pharmaceutique afin qu'elle engrange le plus de profits. Toute une politique!

   Envoyer cet article à un(e) ami(e)

Haut de page

 

http://www.sitecommunistes.org