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N°58
Semaine du 12 au 18 mai 2008 la révision des
programmes La victoire de la droite est une victoire
idéologique vient de
déclarer Fillon. Mais il faut la consolider, la rendre définitive. C’est tout
le sens des efforts fait par le patronat dans le domaine de l’éducation, en
particulier dans le domaine de l’enseignement des sciences économiques et
sociales. Madame Parisot et le Medef y consacrent beaucoup de temps et de
moyens, avec le concours actif du ministre de l’éducation X. Darcos. A Carcassonne, en novembre dernier,
L. Parisot accompagnée du ministre déclare lors de la semaine école
entreprise qu’il faut tisser des liens entre le monde de l’éducation et le
monde professionnel. Elle soutient la « réforme » des universités,
le financement privé et déclare : n’ayez pas peur des entreprises… et
des modes de collaborations que nous pouvons établir ensemble. Dans la même semaine, elle déjeune au ministère
avec 22 recteurs d’Académie, visite un IUT, rencontre le président de la Sorbonne,
etc, etc… Ce n’est pas tout. Un institut de l’entreprise
composé de 115 grandes sociétés intervient directement dans la rédaction des
manuels d’économie. Il vient d’en écrire un baptisé Melchior. A notre avis
« le patronat vous parle » aurait mieux convenu. Mais cet institut
ne s’en tient pas seulement là. Chaque année, il organise à Paris, au lycée
Louis le Grand, une université d’été où enseignants et dirigeants
d’entreprises se rencontrent. Il vient de mettre sur pied un stage en
entreprises pour les profs. Dans son intérêt, cela va de soit. Mais cela n’est pas encore
suffisant. Une commission
a été chargée de plancher sur cette question de l’enseignement. Deux
officines patronales, Ethic et Positive Entreprise, ont rappelé leurs
exigences. Les jeunes n’entendent parler de l’entreprise qu’à travers du
taux de chômage ou de
l’exploitation de l’homme par l’homme. (quelle horreur, c’est pourtant une vérité
première !). Ou encore le contenu des cours reflète des visions
dépassées… Résultat, les jeunes arrivent sur le marché du travail avec un
sentiment de défiance encore plus fort qu’en 1980. Le rapport doit être remis dans quelques
semaines. Il est déjà prévu que les modifications dans cet enseignement ne
feront pas l’objet de mesures législatives mais de décrets. Les mauvais coups
se passent dans l’ombre. La pression ne s’arrête pas là. Dans
un article du 5.03.08 Y. Gattaz, ancien président du patronat fulmine contre
l’enseignement dispensé dans ce domaine. Pour justifier sa hargne, il
rapporte l’anecdote suivante. A la question: Réponds-moi immédiatement :
quel est le plus grand
économiste mondial ?
un élève répond : Karl Marx. (il s’agit d’un élève de première d’un lycée
privé). Et Y. Gattaz d‘exiger le retrait de Marx et son remplacement
par de « bons » économistes. Dans le même journal, une professeure
de la London Business School (une référence ?) reprend une argumentation
identique, proteste contre le fait que les manuels scolaires s’étendent sur
les effets pervers de l’économie de marché. Elle proteste parce qu’à Science
Po, les adjectifs pour caractériser le capitalisme sont brutaux, sauvages,
libéraux. Il faut mettre
bon ordre à tout cela pour que la qualité du dialogue social continue d’être
amélioré. De son côté, le PS qui vient de réaffirmer haut et fort qu’il est
pour l’économie de marché ne dit mot sur cette question, tout occupé
qu’il est à « polémiquer » avec le ministre pour savoir dans quelle
classe il faut apprendre la division ou l’imparfait du subjonctif. Il n’a pas
contredit la déclaration de M. Rocard qui voit dans la manière dont est
enseignée l’économie « une catastrophe ambulante…. responsable du blocage du dialogue
social dans notre pays ». Une obsession pour tous ces idéologues au
service du capital. Les autres partis de gauche, voire d’extrême, sont eux
aussi aux abonnés absents. Le poids mis par le capitalisme,
le pouvoir politique,
pour modifier les programmes, les pressions sur le corps enseignant, montre
l’importance de l’enjeu. L’enseignement n’est pas neutre, il participe à
la bataille idéologique pour faire accepter dès l’école le système
capitaliste présenté comme le seul possible. http://www.sitecommunistes.org |