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COMMUNISTES |
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Hebdo |
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N°59
Semaine du 19 au 25 mai 2008 Ça remue en bas
dans l’Education nationale Le Gouvernement s’attaque directement au
statut des salariés actuels et notamment à celui de la fonction publique.
Ainsi, la loi de mobilité des fonctionnaires, déjà votée, prévoit que les
"titulaires remplaçants" de l’éducation nationale devront chercher
eux-mêmes leur poste, alors qu’aujourd’hui, c’est l’administration qui en est
responsable. Il leur faudra donc quêter auprès des directions
d’établissement, mendier en quelque sorte, et si, dans les deux ans, ils
n’ont pas trouvé de poste, ils perdront le statut de fonctionnaire.
Les directions syndicales, que ce soit celle de la CGT ou
celle de la FSU, ne réagissent pas en conséquence. De
temps à autres, devant la pression des salariés, elles sont obligées de
décider de journées de grève et encore pas toujours, il peut s’agir, comme le
22 mai, de journées d’action. La riposte qu’ils proposent n’est certes pas à
la hauteur de l’enjeu, et de plus en plus d’enseignants s’en rendent compte.
La grève longue, reconductible, semble désormais de manière plus importante
la mesure à prendre. Mais elle est compliquée à construire, contre
l’idéologie dominante, contre certains réflexes corporatistes, contre les
directions syndicales et la peur de l’inconnu.
Pourtant des enseignants du premier comme du second degré sont en grève
reconductible depuis la puissante journée de grève du 15 mai dans le nord du
département des Hauts-de-Seine. Leurs rangs grossissent jour après jour. Leur
grève est une riposte pas seulement à tel ou tel décret du ministre de
l’Education nationale, mais à l’ensemble de la politique du gouvernement au
service du Capital, dirigée contre l’ensemble des salariés. Bien sûr, ils ont
tout de même comme objectif immédiat de gagner le retrait des mesures
concernant l’Education nationale : — les
attaques contre le statut ; — les
décrets visant à punir les élèves «en difficulté» en les faisant travailler
deux heures de plus que les autres ; — les
programmes de l’école primaire faisant la promotion des méthodes les plus
abrutissantes ; —
les suppressions massives
de postes.
Tous les jours, ils rencontrent des collègues des écoles ou des
établissements, gagnent des collègues à la grève. Ce travail de fourmi a
permis de faire de la journée du 22 mai une réussite malgré le refus des
syndicats de la FSU d’appeler à la grève ce jour-là, malgré même leurs
manœuvres visant à dissuader les collègues de s’engager.
Dans d’autres départements, cette grève reconductible est également engagée : — A
Nantes, plus de 300 instituteurs sont en grèves depuis jeudi 15 — A
Toulouse, les enseignants des lycées et de quelques écoles sont en grève
depuis jeudi 15, les lycéens ont bloqué la rocade ; —
A Paris, des instituteurs du XXème sont en grève depuis jeudi, rejoints
depuis lundi par d’autres du XVIIIème ; — à
Perpignan, en Seine-Saint-Denis, dans la Haute-Loire, dans le Maine et Loire,
il y a aussi des grévistes.
L’action entamée n’est pas sûre d’aboutir, ne serait-ce que parce qu’elle
n’est pas encore assez massive et que tous, du gouvernement aux directions
syndicales, en passant par les hommes politiques de droite et de gauche
feront tout pour que ça s’arrête. Les pressions, notamment de la hiérarchie,
sont multiples. Mais il ne s’agit pas non plus d’un baroud d’honneur de
quelques illuminés. La colère est profonde, mais le chemin de la lutte est
difficile à trouver. En tout cas, malgré lui, Sarkozy, en annonçant au soir
de la journée du 15 mai son projet de service minimum, a confirmé, si besoin
était qu’une seule chose le gêne : la grève des salariés. http://www.sitecommunistes.org |