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N°60
Semaine du 26 mai au 01 juin 2008 Grève à la SNCF le
10 juin «L’Etat a
perdu sa pudeur d’actionnaire » (les Echos 20-05-08). Ce commentaire du
journal est parfaitement justifié. Il va empocher 5,1 milliards € en
provenance des entreprises dans lesquelles il a des participations. Et le
journal ajoute que les entreprises publiques sont complètement converties
à la culture de la performance et de la profitabilité. Sans se poser la question au détriment de
qui ? L’exemple de la SNCF éclaire la
réponse. Avec un profit de plus d’un milliard €, la
SNCF va verser 134 millions à l’état. Ce profit a été obtenu par les méthodes
capitalistes les plus classiques. Compression des salaires directs et
sociaux- la « réformes » des régimes spéciaux va économiser 40
millions € dans quatre ans, 500 en 2020-, augmentation des tarifs,
financement massif par les régions. Les régions, vaches à lait de la
SNCF. Les lois de décentralisations ont donné aux
régions, la responsabilité des transports régionaux. Avec bien sûr la
responsabilité pour elles de trouver les financements correspondants. Elles
payent la réfection et l’entretien du réseau, l’achat du matériel. Ainsi la
région Ile de France va investir UN milliard € dans la modernisation du RER. Le Limousin, 65 millions € pour entretenir et
moderniser un réseau qui ne lui appartient pas, le Languedoc pour installer
un centre de maintenance va investir 10 millions et 211 dans du matériel
roulant. La Haute-Normandie va payer 218 millions pour moderniser la ligne Le
Havre- Paris. Il serait possible de multiplier de tels exemples qui se
pratiquent dans toutes les régions. Mais la SNCF va plus loin dans le
chantage à la desserte des régions par le TGV. C’est le gouvernement de la gauche
plurielle qui a mis au point ces financements qui ne relèvent pas des régions
mais de l’entreprise et de l’état avec le TGV Est. C’est devenu une pratique
courante : 630 millions pour la Bretagne, un milliard pour l’Aquitaine,
etc. Tu veux un TGV, tu payes. Ainsi les usagers des chemins de fer payent
trois ou quatre fois : comme usagers, comme contribuables de l’état et
de la région et même du département ceux-ci étant mis aussi à contribution. Dans ces conditions, ce n’est pas un
exploit de réaliser du profit. La SNCF dans la course pour
l’achat de réseaux étrangers. L’ouverture à la concurrence décidée par
l’Europe du capital a ouvert l’appétit des sociétés de chemin de fer. La SNCF
ne fait pas exception à la règle. Elle a acheté en Allemagne le réseau Kéolis
pour 220 millions en 2007, elle vient de faire de même avec ITL dans le but de se positionner en Europe de
l’Est. C’est à cela que servent ses profits, pas à améliorer le confort, la
régularité, la sécurité du transport des voyageurs. Revers de la médaille, son réseau est
ouvert à la concurrence dans le fret, ce qui conduit la direction à des
suppressions d’emplois et à exiger une productivité accrue des conducteurs,
avec pour 2009 la même ouverture pour le trafic voyageur. La aussi, il
s’agit d’une gestion capitaliste ordinaire. Faire payer les salariés.
Les cheminots seront dans l’action le 10 juin pour défendre le fret,
contre les régressions qu’on voudrait leur imposer. La CGT et Sud Rail ont déposé un préavis de
grève reconductible à partir du 9 juin. http://www.sitecommunistes.org |