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Hebdo |
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N°62
Semaine du 09 au 15 juin 2008 N ous ne cessons de l’écrire
depuis des mois, les luttes se développent dans de nombreuses entreprises,
sur des revendications qui tournent autour du pouvoir d’achat, de l’emploi et
des conditions de travail. Ces actions paient. Par exemple à la SBFM dans le Morbihan, la direction a cédé après une grève
de 24 heures, 5 % de rattrapage des salaires. Pourtant, lors des différentes
réunions de négociation, rien, aucune avancée possible. Là encore, la lutte a
démontré qu’elle était la seule solution. Le 17
juin prochain, après celle du 10 juin, une journée d’action est annoncée à
l’appel de la CGT, de la CFDT
et de la FSU mais FO, CFE-CGC,
CFTC, Solidaires, l’UNSA
n’appellent pas à la mobilisation. Pourquoi ?
Chacun est à même de se poser la question. Le mécontentement est quasi
unanime, notamment sur la question du pouvoir d’achat des salaires et cela
grogne sur les retraites, sur la durée du travail et les conditions de travail.
Le 17 juin, les mots d’ordre
portent sur la retraite, les 35 heures et la déréglementation de la durée du
travail. Pourquoi ne pas y adjoindre la question des salaires ? Concernant
les retraites, la réalité est simple, c’est la pension des futurs retraités
qui est dans la ligne de mire. La création d’une décote dès lors que l’on n’a
pas le nombre de trimestres nécessaires donne la réponse. Agression des
salaires pour faire baisser le coût du travail, recours à l’intéressement, à
la participation qui ne supporte pas de cotisation sociale. Hors de question de
revenir sur la durée légale du temps de travail dit Sarkozy; pourtant les 27
Ministres du travail de l’Union Européenne ont pondu un texte qui prévoit une
durée du travail pouvant aller à 60 - 65 heures et même par dérogation à 70
heures hebdomadaires. Cela
correspond à la volonté de Sarkozy avec son slogan, travailler plus pour
gagner plus. Il devrait ajouter, à moindres frais pour les entreprises. C’est
la seule raison, car le mensonge qui consiste à dire qu’il faut sortir du
carcan que représentent les 35 heures pour y parvenir n’existe pas. La notion de durée
légale, au-delà des majorations, a un autre rôle. Le SMIC, qui est faut-il le
rappeler est le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance, est déterminé
mensuellement au regard de la durée hebdomadaire du travail. Si demain cette
garantie saute, le SMIC sera vidé de son contenu et deviendra un simple taux
horaire. Rappelez vous le slogan
« Le MEDEF ne chausse pas du 35 ». Des entreprises
comme BOSCH à Villeurbanne et bien d’autres affirmaient que pour sauvegarder
les emplois et les investissements, les salariés devaient accepter de revenir
à 39 heures sans majoration de salaire. Mais cette même entreprise BOSCH
implantée dans l’Oise décide de fermer le site. Les salariés, en désespoir de
cause, proposent de travailler pendant les 12 jours de RTT annuels et acceptent même le gèle de leur salaire
pendant deux ans. La réponse de BOSCH est claire : C’est un non
catégorique. Nous sommes confrontés à
une volonté de briser toutes garanties collectives, de mettre les salariés en
difficulté et les isoler face à leur employeur. Avec l’invention
de la séparabilité amiable, les salariés n’ont même plus de recours contre
l’arbitraire patronal. Pour toutes ces
raisons, le 17 juin doit être une puissante journée d’action. Les salaires manquent à
cet appel à l’action, rajoutons le mot d’ordre : augmentez les
salaires ! Il nous faut avoir pour
ambition de créer les conditions pour que cette action soit suivie d’autres
actions, toujours plus fortes et rassembleuses. Le capital ne compose
pas, il gagne ou il est battu, c’est l’enjeu de la bataille qui est lancée. http://www.sitecommunistes.org |