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COMMUNISTES |
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Hebdo |
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N°76 Semaine du
22 au 28 septembre 2008 Moraliser
le capitalisme : mission
impossible Après avoir nié son
existence même, plus personne ne minimise l’ampleur de la crise. Il est vrai
qu’avec les faillites de deux des principales banques d’affaires aux USA, des
nombreuses autres qui se préparent, des centaines de milliards de fonds
douteux détenus par les banques, d’une récession aux conséquences ravageuses
pour l’emploi, il est bien difficile de nier l’évidence. Du coup, le débat se
déplace sur l’origine et les causes de cette crise. À en croire
les « spécialistes » de l ‘économie, ceux qui défendent
bec et ongle le capitalisme, l’origine de cette crise prend sa source dans le
capitalisme financier cette verrue du capitalisme industriel qui aurait la fâcheuse tendance à
réaliser des profits sur le dos des producteurs de biens et de services.
Ainsi Sarkozy, enfourchant cette thèse, vient de se livrer à l’ONU à un exercice de bravoure qui mérite d’être souligné.
Il se prononce pour la moralisation du capitalisme, l’adoption de règles
universelles de bonne conduite et même pour des sanctions à l’encontre des
responsables. Ainsi, il y aurait un bon capitalisme et un mauvais. En stigmatisant le capital financier,
qui en tremble d’effroi, il s’agit de sauver l’idée que la seule société
c’est le capitalisme tout court qui ne peut être que bon. Cela nous ramène donc
à la question centrale : « quelle est l’origine de la
crise, son ampleur et comment en sortir ? ». L’origine de la crise,
qui touche au cœur même du système - les USA -, prend sa source dans la suraccumulation de capital qui ne
trouve pas d’emploi à des taux de profit jugés suffisants par les détenteurs
du capital. Ce phénomène qui a pris une ampleur inconnue jusqu’alors n’est
pas dans son principe nouveau. Le capitalisme en a déjà connu, rappelons la
crise de 1929 et les conséquences tragiques qui en ont découlé. Le système
bancaire n’est qu’un instrument financier du capitalisme. Rechercher les
causes dans ce segment du système revient à nier que le développement même du
capitalisme repose sur l’exploitation du travail salarié et demande pour
réaliser la plus-value un système de marché dans lequel le capital est
lui-même est une marchandise, sinon à quoi serviraient les bourses de
cotation ? La crise est donc intrinsèque au système, elle est
une crise du système capitaliste dans son ensemble. Quelle en est la
profondeur ? Cette question est difficile à apprécier. Si l’on en juge
par les milliers de milliards qui sont en jeu, et cela semble bien-être la
partie apparente de l’iceberg, par les tensions sur les cours des matières
premières, par la récession qui touche de nombreux pays dont les USA, il est
possible de dire que sans nul doute nous sommes à un moment
d’approfondissement de cette crise. Ce processus est à l’œuvre dans le
système économique mondial depuis plusieurs décennies et prend tout à coup
une telle ampleur que des économistes américains (voir le journal « Les
Echos » du 25-09) prédisent une décélération drastique de l’activité
économique mondiale avec les conséquences humaines que l’on peut imaginer.
Pourtant dans le même temps, on assiste à un développement du capitalisme dans
le monde et tout particulièrement en Asie. Cette crise dans un Monde où les
tensions s’exacerbent pour le contrôle des sources d’énergie, d’eau et des
matières premières est porteuse de dangers d’affrontement ce d’autant que
l’impérialisme assoit sa puissance sur sa capacité militaire. Face à cette situation,
deux attitudes fondamentales sont possibles. La première qui va de
Strauss-Khan Directeur du FMI à G. W. Bush en passant par Sarkozy consiste à
faire payer la note aux salariés par des plans de rigueur extrêmes. Certes
les uns et les autres peuvent se différentier sur des aspects techniques du
processus, mais tous veulent se
porter au secours du capitalisme. Il en est de même de ceux qui pensent qu’un
simple rééquilibrage de la répartition de la plus-value serait susceptible de
redonner des marges de manœuvre. La seconde, c’est la nôtre, organiser la
lutte à partir des besoins des salariés pour abattre le système capitaliste
lui-même et lui substituer une société socialiste de coopération des
producteurs capables de répondre aux besoins de l’ensemble de l’humanité.
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