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N°79  Semaine du 20 au 26 octobre 2008

 

Nationalisations et … petites affaires

Depuis que les interventions des États se multiplient pour voler au secours du capital en garantissant les institutions financières privées et en injectant des milliers de milliards dans les circuits financiers, une expression revient souvent dans la bouche des commentateurs : nationalisation. À les entendre, les États nationaliseraient à tout va les banques, il n’y aurait donc aucune différence entre les politiques dites de gauche ou de droite, Sarkozy lui-même devenant le prototype du social-démocrate moderne comme l’est Gordon Brown en Angleterre et même G.W. Bush aux USA.

 

Cette unanimité à louanger la sociale démocratisation des dirigeants politiques a plusieurs fonctions.

La première, c’est qu’elle soutient l’idée d’union nationale face à la crise. Cette union nationale, c’est-à-dire l’accord de fond pour voler au secours du capitalisme, est une réalité. Il suffit d’écouter les déclarations des dirigeants socialistes pour s’en convaincre. D’ailleurs, si les députés socialistes et verts se sont abstenus à l’Assemblée Nationale ce n’est pas par opposition au plan proposé par le gouvernement, ce sont eux-mêmes qui l’affirment, mais surtout pour ne pas trop donner l’impression d’approuver une politique dont les conséquences vont êtres terribles pour les salariés. Dans le même temps, Jospin l’ancien Premier Ministre de l’Union de la Gauche explique que lui-même n’a rien privatisé mais simplement fait injecter du capital privé dans les entreprises publiques pour s’adapter à la concurrence capitaliste mondiale. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître la symétrie de ces politiques d’intervention de l’État, ce dernier apportant dans chaque cas son secours à la course aux profits.

 

La deuxième raison, c’est qu’en réalité, il ne s’agit pas de nationalisations, ces dernières sont fondamentalement l’appropriation publique des moyens de production et d’échange sans indemnisation des actionnaires, mais d’une socialisation des pertes : les salariés payeront la note ! Les bénéfices eux restent privés et c’est bien là l’essentiel pour le capital. C’est si vrai que pendant que l’on s’éreinte à nous présenter ces interventions comme des nationalisations, les privatisations continuent. C’est le cas avec la « Société Nationale des Poudres et Explosifs (SNPE) » qui va former avec Thalès le groupe privé le plus important en Europe dans le domaine militaire. C’est aussi le cas avec la « Compagnie Nationale du Rhône » producteur hydroélectrique, de la Poste privatisation annoncée etc…

 

Et puis dans cette période où il vaut mieux éviter de parler économie et politique, les spécialistes du nuage de fumée recentrent leurs activités sur les scandales. Jospin, sort de sa réserve pour dénoncer Chirac dans une affaire trouble de renseignements généraux qui conduit Sarkozy à porter plainte contre un ex-des services secrets. Strauss-Kahn aurait fait dans la promotion canapé, Dieuleveut était un agent secret etc. Et, pendant ce temps, la crise étend ses ravages. Il est grand temps de balayer tout cela !

 

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