---

 

 

 

 

COMMUNISTES

 

Hebdo

 

---

 

 

 

Retour ACCUEIL

 

 

 

 

 

N°80  Semaine du 27 octobre au 02 novembre 2008

 

Chérèque est moins sûr de lui

  Le patronat et le gouvernement ont toujours pu compter sur le secrétaire de la CFDT. Que ce soit pour faire passer la réforme des retraites, les attaques contre la sécurité Sociale ou pour freiner en permanence l’action des salariés.

 

L’homme est aujourd’hui moins sûr de lui. Il vient de l’expliquer longuement sur une page entière au journal financier « Les Echos » (tiens, tiens !) du 20 octobre. Sous le titre « La colère va monter dans les entreprises » Chérèque annonce que si ça continue comme ça, il ne pourra plus empêcher l’action de se développer.

 

Extraits de l’interview :

 

*Quelle leçon tirez-vous de la crise » ?

« Cette crise est née d’une dérive totalement immorale du capitalisme ». (pour Chérèque ce n’est pas le capitalisme lui-même qui est « immoral », c’est simplement ses « dérives ».

 

* Faîtes-vous confiance à N. Sarkozy pour changer les règles du capitalisme  ?

« Je lui reconnais le mérite de l’action… Je suis heureux qu’il trouve enfin des vertus à l’euro et à la Banque Centrale Européenne ».

 

*Craignez-vous une réaction du corps social» ? (vous avez bien lu, on lui demande s’il craint la réaction populaire !!).

« …Les salariés estiment que les efforts ne sont pas vraiment partagés …» C’est à fleur de peau, les militants sont dans une colère comme j’ai rarement vu… On verra la colère monter dans les entreprises au fur et à mesure ».  « Cela dit il ajoute « je suis d’accord sur le fait qu’il faut sauvegarder les banques ».

 

*Avec la crise, quelle va être l’attitude de la CFDT dans les entreprises  ?

« Nous ne sommes pas là pour mettre de l’huile sur le feu (on s’en doutait !) mais pour assurer un service de proximité… Je pense que N. Sarkozy va enfin se rendre compte que l’Etat a besoin des syndicats pour trouver des solutions avec les employeurs ».

 

*Etes-vous prêt à l’unité nationale appelée de ses vœux par F. Fillon ?

« Elle ne peut se faire que si les efforts sont équitablement partagés ».

 

Pour résumer

*Oui, Chérèque craint le développement de l’action des salariés, c’est l’essentiel de son interview. D’ailleurs, précise-t-il « il n’est pas là pour mettre de l’huile sur le feu » .

 

*Oui, il veut « sauvegarder les banques » et reconnaît des « mérites » à un ennemi avéré des travailleurs.

 

*Oui, il renouvelle ses offres de service pour améliorer très fortement le « service de proximité » avec l’Etat pour « trouver des solutions » avec les employeurs (lisez capitalistes).

 

L’interview confirme

*L’interview confirme ce que nous savons depuis longtemps du secrétaire de la CFDT et de l’orientation de collaboration de classe de cette centrale syndicale. Le plus important n’est donc pas là.

 

*Mais quand Chérèque avoue qu’il craint « une colère comme il en a rarement vue », il confirme que le mécontentement est très profond, que des actions sont en train de se développer dans tout le pays et qu’il devient difficile de s’y opposer.

 

*Il confirme que ses propres efforts, ceux de la CFDT et ceux des dirigeants des autres syndicats pour cantonner l’action dans des « limites acceptables » pour tous (surtout pour le patronat) se heurtent de plus en plus au besoin et à la volonté d’agir contre cette politique.

 

*Raison de plus pour décider partout, démocratiquement, à la base, dans chaque entreprise, des actions à entreprendre et à développer  pour faire payer la crise aux capitalistes qui en sont responsables.

Des directions syndicales traînent les pieds ? Il faut passer outre. Quand les travailleurs sont unis et déterminés, les directions doivent suivre, de gré ou de force.

 

Envoyer cet article à un(e) ami(e)

Haut de page

 

http://www.sitecommunistes.org