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88 Semaine du 05 au 11 janvier 2009

 Universités :

« Chronique d’une crise annoncée

dans les universités. »

C’est le titre alarmiste de la lettre adressée par les Présidents et vice-Présidents de la « Conférence des Présidents Universités ».au Président de la République. Les auteurs de cette lettre commencent leur courrier par un cri d’alarme : « Les Universités débutent l’année 2009 dans un grand état de tension et d’inquiétude….. ». D’où vient donc une si grande inquiétude ? On pourrait s’attendre  à trouver une critique de la politique gouvernementale ,  mais pas du tout, les Présidents apprécient hautement les orientations politiques en cours qu’on en juge : «  La volonté politique (du gouvernement) est clairement exprimée, l’élan collectif est manifestement engagé, les défis sont propres à susciter l’enthousiasme ». Il est difficile d’être plus explicite sur l’accord profond des signataires de la lettre avec la loi dite de responsabilité des Universités.

 

D’ailleurs  « Comment expliquer alors le malaise grandissant et les mécontentements accumulés… » se sont demandé les signataires qui ont trouvé trois raisons. La première se résume dans l’écart entre les promesses de financement et leur réalité sur le terrain, sans pour autant remettre en cause les super-campus et l’autonomie.

 

La deuxième raison tient dans la volonté du pouvoir de modifier le statut des enseignants chercheurs de 1984. Cette transformation vise en fait à liquider le statut de la fonction publique en multipliant les dérogations au statut général en ce qui concerne à la fois les fonctions d’enseignement et les salaires au mérite et sur objectifs. Ces mesures qui visent à alourdir les charges de travail font plus que grincer des dents les intéressés qui commencent à se rebeller. Si les Présidents ne sont pas contre la modulation des services, ils préféreraient gérer ce problème eux-mêmes localement. Cependant, ils sont obligés de se poser la question de : « l’avenir de la fonction publique d’Etat dans les établissements ». C’est bien là le fond de la question. Mais comment soutenir les orientations de la politique gouvernementale et en même temps faire semblant de craindre une atteinte au statut de la fonction publique ?

 

La troisième raison c’est l’accord passé avec le Vatican – Eh oui - et qui reconnaît les diplômes des Universités dépendant du Vatican y compris quand il s’agit de diplômes non directement liés aux questions religieuses. Un tel accord prépare la reconnaissance de tous les diplômes privés au même titre que celui des Universités publiques.

 

Ainsi, ce faisant les soi-disant porte-parole des mécontentements les Présidents d’Université manoeuvrent-ils pour empêcher une explosion de colère tournée contre la politique du pouvoir. A leur façon, ils tentent de désamorcer l’action qui se fait jour.

 

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