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N°98 Semaine
du 16 au 22 mars 2009 L’OTAN :
Une machine de guerre
dangereuse pour l’humanité Dès après la 2ème
guerre mondiale, les USA organisent la lutte contre le développement de l’URSS et des pays socialistes en
formation en Europe. Ils adoptent une stratégie économique et militaire
propre à isoler l’URSS et ses alliés. Sur le plan
économique,
le plan Marshall est soumis à l’émergence d’une entité économique en Europe,
qui sera la préfiguration de l’Europe actuelle. Sur le plan militaire, l’OTAN (Organisation
du Traité de l’Atlantique Nord) est créée le 4 avril 1949. Elle permet la
présence de troupes américaines en Europe et l’intégration des forces
anglaises et françaises dans un commandement qui de fait est soumis à la
stratégie des USA. La création
de l’OTAN, bras armé de l’impérialisme américain, est saluée par toutes les
forces politiques en France sauf par le PCF qui le combat. L’OTAN est
l’instrument militaire de la « guerre froide » dirigée contre
l’URSS et ses alliés. Le traité permet une assistance mutuelle en cas
d’agression, de fait, il soumet les pays de l’Europe à la stratégie
américaine et en fait un marché pour leur industrie militaire. Le pacte de
Varsovie sera la réponse à cette politique. En 1966, le Général De Gaulle qui veut faire jouer à la France,
disposant maintenant d’une force de frappe nucléaire autonome, une partition
particulière dans les relations avec l’URSS et en tirer des bénéfices
économiques aux profits des trusts à base française décide de quitter le
commandement intégré de l’OTAN ce qui a pour conséquence le départ des
troupes américaines (environ 25.000 hommes) stationnées en France mais la France ne quitte pas l’OTAN, elle en
reste membre. Elle reste une alliée fidèle des USA. Possédant l’armement
atomique, la France estime son espace vital protégé dans le cadre d’un
équilibre des forces nucléaires. Cette politique est vivement critiquée par
la SFIO (l’ancêtre du PS), qui dépose même une motion de
censure, à laquelle se joint F. Mitterrand député de la Nièvre. La Motion
sera rejetée du fait de l’abstention des députés gaullistes et communistes. Dès après le retrait du commandement de l’OTAN, les gouvernements
successifs vont s’attacher à réduire les divergences qui se sont fait jour du
fait de la décision de 1966. La France est de plus en plus présente dans
l’alliance. Elle participe à la constitution d’une force franco-allemande
d’intervention et des mécanismes de consultation de plus en plus serrés sont
mis en place qui préparent le retour complet dans le dispositif de
commandement militaire. Cette politique est le fait aussi bien des
gouvernements de droite que de gauche. Mitterrand lorsqu’il était Président
de la République a joué un rôle actif dans le processus pour réintégrer le
commandement de l’OTAN. Après la disparition
de l’URSS en 1991 et des pays socialistes de l’Est Européen, le pacte de Varsovie est de fait
dissous. L’OTAN ne disparaît pas pour autant. Au contraire, l’alliance
atlantique devient une force de projection assurant par ses interventions la
présence militaire américaine dans les zones les plus stratégiques pour la
« protection » des intérêts des l’impérialistes et en premier de
l’impérialisme américain. Les interventions et les conflits armés se
multiplient en Yougoslavie dépecée, en Irak, en Afrique. L’Afghanistan est
occupé au nom de l’ONU dont l’OTAN devient le mandataire. La France est, en
général, le principal contributeur de troupes dans toutes ces opérations (1.600 militaires au Kosovo,
3.000 en Afghanistan) et si elle ne participe pas directement à l’occupation
de l’Irak, elle ouvre des facilités techniques aux troupes américaines. Le
pouvoir met ainsi la France au service d’intérêts qui n’ont rien à voir avec
la défense du pays. L’OTAN a des centaines de bases militaires en Europe,
dans les Ex pays de l’URSS, au Moyen-Orient. Elle a étendu sa zone
d’influence vers les anciennes républiques soviétiques de la Baltique et les
pays d’Europe centrale et vise à de nouveaux élargissements. Pourquoi ce remue-ménage à propos de la réintégration totale mais
déjà largement amorcée, dans le commandement intégré de l’OTAN ? Les
cris d’orfraie du PS, du MODEM (et de certains députés UMP) laissent sourire
quand on se rappelle le rôle qu’ils ont toujours joué quand ils étaient au
gouvernement dans le soutien à l’alliance atlantique et pour la création de
l’Europe militaire. Ils savent d’ailleurs, comme d’habitude, que c’est une
agitation sans conséquence. Les objectifs que se fixent l’Europe, ses États,
et les forces du capital qui la dirigent sont la « protection » des
intérêts capitalistes, qui appellent la capacité de contrôler les sources
d’approvisionnement en matières premières aussi bien que les voies
commerciales stratégiques de même qu’à la maîtrise de conflits dans sa zone
d’influence. Une stratégie
militaire européenne se dessine autour de ces enjeux avec la création
de la force d’action rapide prête à intervenir partout. Elle n’en est qu’à
ses débuts et elle est centrée sur l’accord franco-allemand. Rappelons que la France et le
Royaume-Uni sont les deux seuls États qui possèdent l’arme nucléaire en
Europe de l’Ouest et des forces tactiques d’une puissance significative bien
que très largement inférieures à la puissance américaine (sous-marins
porteurs d’engins, porte-avions, fusées…). Prenant en compte que 21 des 27 États membre de l’Union Européenne
sont membres de l’alliance atlantique, il apparaît clairement aux forces
dirigeantes que le processus d’intégration militaire en Europe passe par l’OTAN. C’est le sens de la
décision prise par le pouvoir. S’agit-il, comme le dit Sarkozy, d’un acte qui
rend l’Europe plus indépendante des USA ? Au contraire, il s’agit de
l’intégration des forces en Europe dans la stratégie impérialiste dominée par
les USA. En étant plus présent dans le commandement, Sarkozy pense quand même
en tirer quelques avantages pour participer à la co-domination mondiale du
capitalisme dans un contexte de concurrence exacerbée pour la conquête de
nouveaux marchés. C’est un calcul dangereux pour la paix mondiale car la
relance et le développement des alliances militaires qui se traduit par une
relance de la course aux armements pèsent sur la stabilité d’un monde en
proie aux appétits des monopoles capitalistes. Exiger une politique de paix et de désarmement est donc une
impérieuse nécessité. Elle passe en France par le retrait de l’alliance
atlantique et l’exigence de sa dissolution.
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