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N°99 Semaine du 23 au 29 mars 2009

G20 : Il se réunit à Londres le 2 avril

Il vient après le 1er sommet de novembre 2008 qui était une réponse immédiate du capital aux premiers effets de la crise.

  Le G20, c’est la réunion du gratin des pays capitalistes pour confirmer leur emprise comme système économique sur l’ensemble des pays du monde. Une fois cela assuré, et c’est l’essentiel, les représentants des capitalismes les plus puissants vont aborder le problème de leurs intérêts contradictoires qui s’expriment de plus en plus, notamment depuis le début de la crise.

 

On voit d’ailleurs bien s’affirmer les divergences et les prétentions dans la préparation politique et médiatique de ce sommet. Ainsi Obama en bon représentant du capital US qu’il est, et pour lequel il a été élu, vient d’affirmer son objectif « l’Amérique est prête à affirmer son leadership ». Pour les « Européens » (eux-mêmes très divisés) il s’agit disent-ils de  « réguler le capitalisme financier ». Pas moins !  La Chine elle propose « d’aller vers l’adoption d’une devise mondiale fondée sur un paquet de devises pour stabiliser les échanges internationaux » ! Bref chacun a son idée !

 

Mais ces désaccords sur fond de concurrence capitaliste mondiale, concernant les objectifs et les moyens peuvent s’amplifier et déboucher sur des affrontements comme on l’a vu récemment. De toutes manières, le capitalisme entend faire payer sa crise aux peuples comme il l’a toujours fait.

 

Ainsi, à aucun moment à travers tous les plans de tous les pays, il n’est question d’augmenter les salaires et de relancer l’emploi. NON. Leur seul impératif est de maintenir le taux de profit. Les mesures en faveur des banques, des industriels, bref l’aide au capitalisme tombe à coup de centaines de milliards. En France, cela renforce  la colère et le rejet des mesures gouvernementales. On l’a bien constaté dans les mobilisations et l’aspiration à poursuivre la lutte.

 

Le G20 est donc un instrument de régulation du capitalisme pour coordonner ses actions pour mieux exploiter les peuples et ses réponses face au mécontentement de ceux-ci. C’est une réalité que les organisations syndicales de notre pays connaissent.

 

Il est donc  étonnant  que dans la déclaration commune des organisations syndicales françaises du 20 mars, un appel soit lancé à Sarkozy pour qu’il intervienne et pèse dans ce G20 pour « obtenir de nouvelles régulations financières et sociales internationales » et que les centrales syndicales  rencontrent N. Sarkozy lundi 30 mars pour une « réunion préparatoire » au G20. Peut-on espérer du capitalisme « de nouvelles régulations financières et sociales internationales » dans l’intérêt des peuples, alors que, et sa raison d’être est basée sur le profit, qu’il vit de l’exploitation des salariés ? Demander à Sarkozy et  aux représentants du capitalisme international d’être « raisonnables » c’est demander au loup de se limer les dents.

 

Le G20 nous dit-on se propose de « réformer le système financier international » ? Quant à penser que ce G20 prenne des mesures pour moraliser le capital personne n’y croit, même pas Bayrou fin connaisseur en la matière. C’est dire ! Quelle moralité peut sortir d’un système social et politique basé sur l’injustice et l’inégalité qui asservit les peuples, les affame et cela depuis si longtemps ?

 

Mais loin d’être naïfs, ceux qui ont défilé le 29 janvier et 6 semaines plus tard le 19 mars se rendent bien compte que cet appel syndical à Sarkozy et  au capitalisme réuni en G20 le 2 avril, ou encore la décision des organisations syndicales de se revoir le 30 mars ne sont que des manières de temporiser et de calmer un mouvement qui ne cesse de grandir, répondant par la lutte aux coups contre les salaires et l’emploi du MEDEF et du gouvernement.

 

Cette stratégie des organisations syndicales est contraire aux intérêts des salariés de toutes catégories qui s’expriment dans la rue ou dans les sondages. Des millions de salariés, de chômeurs, de retraités,  ont compris que seule la lutte pourra faire aboutir leurs exigences. Les organisations syndicales existent pour organiser et amplifier ces luttes. Chacun d’entre nous doit s’exprimer et peser sur la sienne pour qu’elle joue son rôle afin d’imposer des conquêtes sociales.

 

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