![]()
![]()

![]()
![]()
Comité National 03-02-2007 – rapport
introductif
Pour retrouver rapidement quelques chiffres ou éléments du
texte :
Ce que dit le PS à propos de
l’Europe
Le MEDEF se lance dans la
bataille électorale
Ce que disent les partis de
droite et de gauche…
Chères, chers camarades,
Nous allons aujourd’hui établir notre plan de
travail jusqu’aux vacances. Quatre mois qui seront de plus en plus marqués par
l’élection présidentielle et les législatives qui suivront. Ces élections
seront un moment important de la lutte que mènent les salariés et le peuple
contre les attaques du patronat et du gouvernement à son service, pour la
satisfaction de leurs revendications.
Des actions ont lieu dans telle ou telle entreprise
contre les licenciements, les délocalisations, pour l’augmentation des
salaires… Le 20 janvier, 25.000 enseignants ont manifesté à Paris et jeudi
prochain, 8 février, des grèves et manifestations auront lieu dans tout le pays
avec les cheminots, fonctionnaires, enseignants… D’autres suivront car
l’exploitation accrue de la classe ouvrière et de la masse des salariés de
notre pays rencontre une résistance qui s’élargit.
En France comme partout dans le monde l’antagonisme
de classe entre les exploiteurs capitalistes et les exploités s’est
considérablement approfondi depuis la disparition de l’URSS et des pays
socialistes. Les salariés de notre pays sont de plus en plus nombreux à vouloir
comprendre quelles sont les raisons profondes de la dégradation de leur situation. Même si – pour des
raisons que nous avons analysées – il leur est plus difficile, voire même très
difficile dans les conditions actuelles, de remonter jusqu’à une analyse de
classe du régime capitaliste, il reste que le désir de changement est très fort
et qu’il s’exprime sur des questions importantes.
Un sondage de la SOFRES pour « Le Monde »
du 29 janvier annonce que 81% des Français s’intéressent « d’une manière
générale » à l’économie. (26% beaucoup -42% assez – 23% peu – 9% seulement
ne s’y intéressent pas du tout).
« N’oublions pas que les préoccupations majeures des Français
restent le chômage et le pouvoir d’achat même si, de temps en temps,
l’insécurité remonte dans les sondages. Du coup ils prêtent une oreille
attentive à la chose économique parce qu’ils considèrent qu’elle joue un rôle
primordial dans leur existence … Quelles questions mobilisent le plus
l’attention économique des Français ? La politique économique du gouvernement
(59%) ; suivie par la vie des entreprises (48%) qui fait évidemment écho à
leur quotidien au travail ; les échanges économiques internationaux (33%).
En queue de peloton… la Bourse, qui ne recueille que 18% des voix en moyenne,
le meilleur chiffre étant celui des artisans-commerçants (26%).
Et le journal conclut : « Au moins les
candidats à l’élection présidentielle auront-ils été prévenus. 81% des Français
pensent que les décisions économiques prises au niveau national ou
international ont un impact sur leur vie quotidienne. D’où l’importance des
politiques publiques mises en avant ».
Un autre sondage CSA/ l’Humanité réalisé les 17 et
18 janvier est encore plus explicite. Le commentateur parle d’une campagne
électorale « à côté de la plaque » pour une majorité de l’opinion.
Ces deux sondages confirment fortement que les
Français sont en recherche et qu’il y a de la place pour nous, une place
infiniment plus grande que celle que nous sommes en mesure d’occuper
aujourd’hui. Imaginons un instant les résultats que nous pourrions atteindre si
nous avions accès aux médias !
Comment mettre à profit cette
période électorale pour élargir notre audience et renforcer notre parti ? C’est la première question qui vient à l’esprit.
Notre CN lui accordera la plus grande importance.
D’abord, en liant étroitement les questions
économiques et les solutions politiques que nous proposons. Bien évidemment il
ne peut y avoir de solution définitive en dehors de l’abolition du
capitalisme et la construction d’une société socialiste, propriétaire des
grands moyens de production et d’échange, débarrassée de l’exploitation de
l’homme par l’homme » comme l’indiquent nos statuts. La différence fondamentale
entre un parti révolutionnaire et tous
les autres est là. Nous ne manquerons
pas de dire que nous sommes le seul parti du changement. Il est indispensable
de le faire, tout particulièrement quand on s’adresse à la jeunesse, à tous
ceux qui ne supportent plus la société actuelle.
Mais pour autant il ne sera
jamais question de nous réfugier derrière un « grand soir » qui
règlerait d’un coup tous les problèmes. C’est tous les jours que des questions
se posent. C’est au quotidien que l’exploitation capitaliste est vécue. C’est à partir de là que nous donnons notre point
de vue, que nous participons aux actions, que nous nous efforçons d’élever la
conscience de classe, l’esprit révolutionnaire. Nous ne serons jamais des
« doctrinaires » abstraits, coupés du monde réel.
Le vote NON du 29 mai 2005 a été un vote de classe,
l’occasion de dire NON d’abord au gouvernement français et à sa politique.
L’année 2006 a été celle du grand mouvement social, avec les jeunes à sa tête,
qui a remporté la victoire contre le CPE. Contraindre le gouvernement au recul,
mettre en échec les manœuvres d’un Chérèque, vaincre les atermoiements des
autres syndicats, fut une victoire
des travailleurs et des jeunes de grande portée. Quant à l’année 2007, elle
commence bien aussi.
L’exploitation capitaliste fait des ravages.
Rappelons simplement que chaque année 40% des salariés voient leur salaire
diminuer, que la moitié des personnes dispose d’un revenu brut de 1315 euros
par mois, que 17% des salariés sont smicards ( 1.254 euros soit 986
net) que 61% seulement des demandeurs d’emploi touchent une allocation,
que 19% des jeunes sont au chômage. Le gouvernement oblige les enseignants du
secondaire, dont le pouvoir d’achat a baissé de 20% depuis 1981, à travailler
1h. de plus par jour mais ce même gouvernement et les médias condamnent leur
grève !
A l’autre pôle de la société, les profits des
firmes du CAC 40 ont cru de 71% en cinq ans pendant que leurs investissements
chutaient de 42%. Où sont passés ces centaines de milliards ? Dans les
poches des actionnaires. Plutôt que d’investir dans l’appareil productif
français, ils préfèrent aller au plus sûr, entre autre en achetant des
concurrents, ou en investissant là où les profits sont les plus élevés. C’est cette course capitaliste
aux profits qui sacrifie l’emploi et le développement national.
En France les entreprises industrielles et de
services à elles seules (en dehors des banques et assurances) ont eu en 2005,
567 milliards d’euros de moyens financiers à leur disposition. On mesure
l’importance d’une telle somme quand on sait qu’elle est supérieure aux budgets de l’Etat et des
collectivités territoriales confondus (360 milliards pour l’Etat - + 180
milliards pour les collectivités). Comment ces ressources sont-elles
utilisées ? Voilà une question très importante pour le mouvement social.
« Pour les entreprises du CAC 40 cela va de
mieux en mieux » commentait « Le Figaro », plus de 50 milliards
d’euros de bénéfices pour les six premiers mois de 2006, soit 23% de mieux
qu’il y a un an. Cette hausse « surprenante » ont dit les médias
vient après une année 2005 marquée elle aussi par une forte hausse des
bénéfices des entreprises (+50%).
Répétons-le les profits ont augmenté mais aux
dépens de l’emploi et l’investissement. En 1991, les dividendes versés aux
actionnaires étaient de 48 milliards d’euros et l’investissement productif de
107 milliards. En 2005 les entreprises ont distribué aux actionnaires 153
milliards d’euros de dividendes mais l’investissement n’a été que de 163
milliards d’euros.
En 15 ans les dividendes des actionnaires ont rattrapé l’investissement.
Ces chiffres mettent en évidence
la financiarisation accélérée de l’économie. Financiarisation qui se réalise au détriment de l’emploi, des
salaires et de l’investissement productif. Cerise sur le gâteau, la part de la
rémunération directoriale est passée en quelques années de 3% à 10% de la masse
globale des salaires dans les grands groupes.
Les moyens de faire une tout autre politique au
service des travailleurs et du peuple sont là, détenus par le capital financier
particulièrement protégé par les
gouvernements, qui se succèdent à son service.
On pouvait-on lire dans « le Figaro » du
27 janvier: « L’économie internationale n’a jamais été aussi prospère et
le monde aussi dangereux. Tel est le constat paradoxal que les 2400
participants au forum économique
mondial de Davos ont été amenés hier à dresser. A une majorité de 92%,
les 1094 patrons de multinationales, se déclarent « confiants » ou
« très confiants » sur leurs perspectives 2007, au plus haut depuis
10 ans. Cet optimisme est d’autant plus spectaculaire qu’en même temps les
« risques globaux », géopolitiques, environnementaux même sociaux,
atteignent eux aussi des records : la plupart des 23 « risques
globaux » recensés par le groupe d’experts continuent de s’aggraver… Le
panel d’économistes réuni à Davos confirme le diagnostic des chefs
d’entreprises : la croissance mondiale 2007 s’annonce brillante… La clé du
climat quasi euphorique, c’est la montée en puissance de la
mondialisation : elle a démultiplié les échanges, généralisé la
concurrence… A plus
long terme, le diagnostic devient évidemment plus difficile. C’est là
qu’entrent en compte « les risques globaux » dont l’économie mondiale
semble ignorer la gravité…On constate « une déconnexion fondamentale entre
la montée de ces risques et leurs remèdes ».
A Davos, les multinationales ont étalé leur
confiance dans l’avenir du capitalisme surtout depuis qu’il domine le monde
mais aussi leur préoccupation quant à l’avenir. Car ces multinationales sont
bien placées pour juger des ravages de plus en plus énormes, de plus en plus
graves que l’exploitation capitaliste cause dans le monde entier.
La disparition du socialisme
existant, grave défaite pour le mouvement révolutionnaire mondial n’a jamais
signifié la fin de la lutte des classes.
Celle-ci, nous le savons, ne disparaîtra qu’avec le capitalisme lui-même. Cette
lutte continue dans le monde entier, elle a déjà acquis des conquêtes
remarquables en Amérique du Sud où
les peuples, à Cuba, au Vénézuela, en Bolivie, au Nicaragua et ailleurs luttent
aujourd’hui avec succès contre l’impérialisme US. Pensons aussi aux
contradictions entre ces groupes impérialistes qui se disputent férocement
l’accès aux sources de profits, la mainmise sur les zones qui leur apparaissent
décisives.
La Chine capitaliste est déjà la troisième économie
mondiale, l’Inde, autre grande puissance capitaliste la suit de près. On voit
déjà se développer tous les jours les rivalités qui opposent ces deux puissances entre elles
et surtout celle qui oppose la Chine aux Etats-unis. Ces deux exemples ne
représentent qu’une partie des rivalités qui secouent le monde capitaliste
aujourd’hui.
Encore quelques mots sur cette question, à propos
de l’ensemble capitaliste européen. Pour jouer un rôle plus important sur la
scène capitaliste mondiale, cet ensemble veut accélérer sa construction. D’où
les manœuvres qui se succèdent sans interruption pour arriver rapidement à la
mise en place d’un pouvoir politique plus contraignant qu’aujourd’hui, pouvoir
légalisé par une constitution. D’où les multiples tentatives de recycler le
traité. Angela Merkel dont le pays assure depuis le 1er juin dernier
la présidence de l’Union a déclaré : « Avec les règles actuelles,
nous savons que l’Union Européenne n’a pas la possibilité de prendre les
décisions nécessaires ». S.
Royal et Sarkozy sont d’accord.
Normal puisque les deux soutenaient le OUI au référendum.
Que dit S. Royal ? « Il faut un traité
qui permette aux institutions de fonctionner », jugeant indispensable que
« des solutions soient trouvées » au premier semestre 2008 alors que
la France assurera la présidence de l’Union Européenne. Elle est sur la même
longueur d’onde que le Parti socialiste européen, qui souhaite que la
« substance » du traité constitutionnel soit sauvegardée et que le
« oui » des pays qui l’ont ratifié soit respecté. La candidate
socialiste a même ajouté qu’elle ne souhaitait pas voir les Français pénaliser
les pays européens qui se sont
prononcés ».
Nous disons à celles et ceux qui ont voté NON au
référendum : « Ne votez pas pour la candidate socialiste à la
présidentielle ni au premier tour, ni au second tour si elle est
présente ».
On peut nous répondre : Fabius, lui, a voté
NON. Certes, mais pourquoi ? « Il faut relancer et réorienter le
projet européen » vient - il
de déclarer au journal « Les Echos » : « concernant
l’intégration économique, la renégociation du budget de l’Union en 2008 devra
être mise à profit pour le muscler, rouvrir le financement, l’orienter vraiment
vers la préparation de l’avenir. Enfin la défense européenne doit sortir du virtuel en
progressant vers la standardisation des équipements, l’harmonisation des
formations et la création d’unités communes. La France et l’Allemagne devraient
montrer le chemin en lançant le projet ambitieux d’une armée commune. Pour rendre ces avancées possibles, le moment est
venu de redéfinir l’organisation interne de l’Union ».
Au passage, S. Royal comme Sarkozy se félicitent
que la France ait réduit sa dette publique à moins de 3% et rentre ainsi
totalement dans les clous européens.
Qu’en est-il de notre
indépendance nationale, de l’existence de la nation française ?
Demandons aux électeurs du
NON : Est- ce pour cela que vous avez voté NON ?
Le budget militaire français s’élève à 48 milliards
d’euros, celui de l’Education Nationale à 65. Comparez. N’importe, S. Royal,
Sarkozy sont favorables au maintien de « l’effort de défense »
indique pudiquement la presse.
Nous l’avons dit à plusieurs reprises, la part du
militaire et particulièrement des dépenses liées à la prolifération d’armements
et à la recherche de nouveaux ne cesse de grandir dans le monde entier. N’oublions jamais que les rivalités les plus aiguës entre pays capitalistes ont
toujours amené la guerre. C’est encore
plus vrai aujourd’hui où la course mondiale aux armements engloutit des sommes
énormes, sans commune mesure avec le passé. Prenons bien cette dimension en
compte.
Que préparent les grandes
sociétés capitalistes, le patronat et leur MEDEF pour les mois qui
viennent ? Il suffit de s’en
tenir aux grandes lignes pour être fixés. Un sondage IPSOS paru récemment est
éclairant. 94% du patronat juge nécessaire la diminution des charges sociales,
73% l’augmentation du temps de travail, 73% l’assouplissement du droit du
travail pour l’embauche et le licenciement, 70% l’augmentation du nombre
d’années de travail pour financer les retraites. Suivent la diminution des
allocations chômage, la baisse du niveau des retraites et la possibilité
d’embaucher au-dessous du SMIC.
Comme d’habitude le gouvernement a entendu :
en 2005, 65 milliards d’euros ont été versés par l’Etat et les collectivités locales aux entreprises.
C’est plus que le budget de l’éducation Nationale, c’est l’équivalent des
dépenses hospitalières. Reposons la question : qu’ont-elles fait de ces 65
milliards ? La propagande autour d’une soi-disant baisse du chômage ne
trompe personne (les radiations administratives ont crû de 39% en
2005 – 2006).
C’est vrai les groupes industriels accroissent
leurs effectifs mais c’est dans les pays émergents et en Amérique du Nord, pas
en France ! Arcelor – Mittal suspend tous ses investissements dans les
sites français mais lance un gros projet en Inde. Le solde entre les embauches
et les départs continuera d’être négatif dans l’industrie, c’est l’INSEE qui
l’annonce. Mais les services à la personne constituent le principal gisement
d’emplois pour les années à venir : aide aux personnes âgées, repassage,
aide scolaire etc… Ajoutons qu’il
s’agit de services la plupart à temps partiel aux salaires réduits. « Les
entreprises seront prudentes sur les embauches en 2007 » annonce la
presse, on s’en doutait !
En 2002. A. Seillière avait inventé le « droit
d’ingérence » du patronat, une manière de souligner que les
entreprises veulent intervenir
directement dans tous les aspects de la vie nationale. Dans la foulée, il avait
appelé de ses vœux « une droite qui ose, une gauche qui comprenne ».
A son tour L. Parisot continue : « Jamais nous n’abdiquerons le droit
de comprendre, de savoir, de débattre, d’avoir de l’influence ». Nous y voilà, le MEDEF s’est lancé à fond dans la bataille électorale, pour dire : en France, ça ne va pas, il faut
redresser la situation, répondre aux défis de notre époque. Comment ? En
donnant aux entreprises, elles qui sont le centre nerveux du pays, les moyens
d’intervenir de façon décisive dans la vie économique nationale et finalement
dans tous les secteurs qui comptent. Ce qui signifie qu’il faut donner au capitalisme encore
plus de pouvoirs qu’aujourd’hui.
Elle a réuni à Bercy 6000 chefs d’entreprises, leur
a demandé de participer partout au débat. Dans son livre « Besoin
d’Air », on peut lire : Il faut fluidifier le marché du travail, le
stimuler pour qu’un job soit toujours préféré à pas de job du tout… La
définition même de l’entreprise est d’être une association pour le profit.
C’est sa nature, c’est son but, c’est même son honneur… Des augmentations
significatives de revenus… passent par la levée des contraintes qui freinent
les entreprises.
p.38- Certains estiment que c’est l’organisation de
la protection des emplois qui permet de les maintenir. Nous pensons l’inverse.
C’est la mobilité de l’emploi qui apporte la véritable sécurité de l’emploi.
p.56- Le décloisonnement de la recherche publique
et de la recherche privée est un deuxième axe pour encourager l’innovation.
p.64- Il faut que les partenaires sociaux aient le courage de moderniser et d’adapter les
régimes sociaux, notamment l’assurance-chômage et les retraites.
p.65- La lourdeur des prélèvements obligatoires en
France constitue l’obstacle majeur à la compétitivité de nos entreprises, et
par là à la croissance française et par là à la création d’emplois et à la
hausse des salaires. … Il faut déclencher un mouvement de baisse de cette
pression fiscale. Les uns peuvent préférer réduire les impôts des entreprises, les
autres les cotisations sociales ; on peut aussi choisir de faire les deux
à la fois.
p.67- Moins de pression fiscale sur les entreprises
c’est prioritaire. Comme est prioritaire la suppression de la taxe
professionnelle…
Il existe une autre forme de prélèvements dont
l’augmentation fragilise chaque jour un peu plus les entreprises… Nous voulons
parler des cotisations sociales.
p.87- Nous ne pensons pas que le syndicalisme
français soit appelé à rester un syndicalisme de conflit. La voie vers un
syndicalisme réformiste est possible et souhaitable.
p.90- La démocratie sociale exige une évolution du
syndicalisme.
(Constatons au passage qu’à la CGT cette
évolution se fait à marches forcées).
p.92- En France parce que l’on confond fixité et
sécurité, on confond du même coup flexibilité et danger. Mieux vaut un CDD pour
rebondir ou mettre le pied à l’étrier qu’une situation fixe mais menacée.
p.94- L’OCDE a conçu un indicateur sur l’emploi.
Ses conclusions sont sans appel : à partir d’un certain niveau de protection,
le taux d’activité diminue, le chômage augmente. On ne pourra pas espérer
conduire notre pays vers le plein emploi sans remanier notre marché du travail
et au premier rang la durée du travail.
p.95- C’est le concept même de durée légale du
travail qu’il faut remettre en cause. Pourquoi, face à des situations
plurielles, faudrait-il laisser la loi définir la durée du travail de façon
uniforme et intangible ? Il faut sortir du cadre rigide des 35h. pour
entrer dans l’ère de la liberté contractuelle du travail.
p.99- Il faut simplifier la rupture du contrat de
travail, le but étant de parvenir à une rupture par consentement mutuel qui
ménagerait l’intérêt moral et financier des deux parties.
p.100- L’achèvement du contrat ne donnerait lieu à
aucune procédure particulière, si ce n’est sa notification au salarié. La
rupture ne pourrait pas faire l’objet d’une contestation.
p.101- Remettre à plat l’assurance-chômage.
La première partie de l’indemnisation serait
financée par l’Etat, lequel assurerait à tous les demandeurs d’emploi, au titre
de la solidarité collective, une couverture chômage universelle.
La deuxième partie, qui s’ajouterait naturellement
à la première, relèverait de l’Unedic et fonctionnerait comme un régime
d’indemnisation complémentaire. p.119- Consolider le système de retraites.
Ajouter au système de retraites par répartition un
système par capitalisation.
Dans la majorité des pays de l’Union Européenne,
l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 65 ans. L’Allemagne prépare un
passage progressif de 65 à 67 ans et la Grande-Bretagne de 65 à 68 ans.
Nous proposons que les retraités d’aujourd’hui
participent à l’effort.
Nous voudrions substituer au régime actuel un
régime par points, sur le mode des régimes AGIRC et ARRCO.
p.37- 120- 121- Sécurité Sociale : De tous les
enjeux actuels de politiques publiques, l’assurance maladie est probablement le
plus ardu.
L’attachement à une forme de droit illimité à des
prestations est tellement ancré chez nos concitoyens que le simple mot de
réforme s’avère impossible à prononcer.
p.125- « La logique voudrait que l’entreprise cesse d’assurer le
risque maladie et que la solidarité nationale prenne le relais ».
L. Parisot multiplie les occasions d’intervenir
dans les médias. « le Parisien Libéré » lui a offert deux pleines
pages consacrées à un entretien
avec un panel de huit personnes censées représenter la France « d’en
bas ». Courts extraits :
1-Les 35h. voulez-vous leur suppression?
*Clairement
oui… Je suis heureuse des dernières déclarations de S. Royal sur le
sujet.
2-Faut-il revoir le contrat de travail ?
*Si le droit du travail donnait aux entreprises
plus de possibilités pour licencier nous embaucherions beaucoup plus.
3-Faut-il supprimer la retraite à 60 ans et
instaurer un système à la carte ?
*C’est comme cela que j’envisage les choses. Une
erreur historique a été de ne pas mettre en place et généraliser les fonds de
pension.
4-Vais-je être obligée de travailler jusqu’à 70 ans
parce que j’ai fait des études ?
*Il est probable que vous deviez travailler plus
longtemps que vos parents mais peut-être pas plus que vos grands parents.
5-Que proposez vous pour accroître la
productivité ?
*La clef c’est le coût du travail. Nous sommes le
seul pays occidental à avoir une fiscalité sur les investissements. Je pense à
la taxe professionnelle. Il faut faire qu’elle tende vers zéro.
6- Quelle serait la première mesure à prendre le
lendemain de la présidentielle ?
* « Que le gouvernement dise qu’il
travaille avec l’entreprise ».
Ainsi le patronat fait irruption
au cœur même de cette campagne.
Lors de notre CN du 2 décembre dernier, le rapport
introductif avait bien montré qu’elles étaient les positions des différents
candidats par rapport à ce programme. Deux mois après, il n’y a rien à
modifier.
Leur position c’est : que faut-il changer pour
que rien ne change ? Tous nous enferment dans un seul choix de
société : le capitalisme.
L’UMP gouverne. Ce qui caractérise ce parti c’est son
choix confirmé : tout pour le capitalisme. C’est ce qu’il appelle la liberté
totale pour les entreprises d’abord et la liberté individuelle présentée comme
la seule manière de se faire une place dans la société. En découle la
liquidation de ce qui reste d’acquis sociaux collectifs. Avec en plus des
formules démagogiques comme « travailler plus pour gagner plus » en
exonérant les heures supplémentaires de cotisations sociales, en ouvrant tous
les commerces le dimanche, ou en abaissant l’âge autorisé pour créer une
entreprise à 16 ans, une perspective radieuse pour les jeunes des quartiers
défavorisés. La situation de chacun étant évidemment de sa seule responsabilité, ce qui blanchit
le capitalisme de l’exploitation et renforce l’individualisme.
A l’UDF F. Bayrou se déclare ni à gauche ni à droite. Il
veut une nouvelle constitution qui entre autres choses, contiendra l’obligation
d’établir chaque année un budget de l’Etat en équilibre. Pour cela il veut
faire un gouvernement rassemblant droite et gauche. Ensemble ils arriveront à relancer l’économie
nationale et améliorer la situation sociale. L’exemple à suivre c’est
celui de l’Allemagne où
socialistes et droite gouvernent ensemble. Le résultat est parait-il très
positif !
En vieux routier de la politique Le Pen fait beaucoup de bruit pour se présenter comme
l’homme neuf qui n’a jamais été essayé, qui n’a jamais dirigé le gouvernement
(le FN a eu des députés en 1986 et il a des députés européens, ils ont toujours
voté avec la droite). Il dit vouloir tout balayer mais en tout cas pas le
capitalisme. Le FN fait partie intégrante des partis au service du capital
comme le prouve son programme. Quelques rappels :
*Il a soutenu jusqu’au bout le CPE. *Il préconise
l’augmentation sans limite de la durée du travail, le recul de l’âge du droit à
la retraite jusqu’à 67 ans et plus. *Il est contre l’augmentation des salaires.
*Il veut éliminer les représentants des salariés de la gestion de la Sécurité
Sociale. *Il est pour la limitation du droit de grève, pour l’instauration et
la généralisation du service minimum. *Mais pour le patronat il veut la
suppression de ce qu’il nomme les contraintes administratives et fiscales qui
pèsent sur lui, l’allègement de l’impôt sur les sociétés, la baisse des plus
values de cession des entreprises. *Pour les grandes fortunes il préconise la
diminution de l’impôt sur le revenu, réduit à 15 et 20% en attendant sa
suppression totale. Il veut la suppression de l’impôt sur la fortune.*Il est
maintenant pour l’Europe. *Il est pour l’augmentation du budget militaire.
A Gauche
S. Royal veut battre Sarkozy. Pour faire quoi, sur quel
programme ? C’est la vraie question mais c’est justement celle-là que le
PS et sa candidate se gardent bien d’aborder. Aucune proposition pour changer
la société française en profondeur et pour cause puisque le PS ne veut pas la
changer. Il n’envisage nullement de frapper ceux qui détiennent le pouvoir
économique, les grands groupes industriels qui règnent sur notre pays. Il est,
faut-il le rappeler, pour le développement de l’Europe capitaliste et bien
entendu pour s’insérer dans la mondialisation capitaliste.
Le 11 février S. Royal rendra public son programme
électoral mais déjà les déclarations qu’elle a faites confirment ce que nous
savons. Elle veut « donner de l’agilité aux entreprises, notamment celles
qui sont confrontées à la concurrence mondiale » et « réconcilier les
Français avec l’entreprise ». Elle aussi poursuivra sans relâche la
réduction de la dette publique. De son côté F. Hollande est tombé d’accord avec
Mme Alliot Marie pour éliminer les régimes spéciaux des retraites. « Je me
réjouis qu’il fasse preuve d’un certain courage en nous rejoignant » a
déclaré celle-ci.
Le capital peut être tranquille, avec S. Royal ou
avec la droite il sera assuré d’une équipe au pouvoir qui continuera à servir
ses intérêts pendant cinq ans.
Les places sont de plus en plus chères. D. Voynet va tenter de récupérer une partie de ceux qui
auraient voté pour N. Hulot. J. Bové qui
démarre entend jouer un rôle non négligeable voire important.
Il devient de plus en plus difficile pour le PCF de s’affirmer prééminent à la gauche du PS. Son
programme ? Quel qu’il soit, on sait déjà qu’il se désistera sans
condition au deuxième tour pour le PS, moyennant la possibilité lors des
législatives qui suivront et des municipales de 2008, que le même PS leur permette
de sauver quelques députés, maires et autres élus.
Besancenot lui aussi se désistera « la LCR n’a jamais
pratiqué la politique du pire et notre adversaire dans cette campagne c’est la
droite » a-t-il déclaré. A Metz lors d’une réunion A. Laguiller a dit à peu près la même chose : « il
s’agit de chasser la droite du pouvoir, ce qui dans les circonstances actuelles
ne pourra se faire qu’en ramenant la gauche aux affaires même si l’on sait
qu’on n’a rien à en attendre ».
A gauche, à part quelques déclarations ronflantes,
aucune formation politique n’a pris position de façon sérieuse, contre les
forces du capital.
Dans cette période électorale
tout sera fait pour que les vraies questions et leurs solutions ne soient pas
abordées.
On l’a vu le patronat capitaliste veut liquider les
acquis sociaux fondamentaux, ce qui nous ramènerait des dizaines d’années en
arrière. Ceci au nom de la liberté individuelle opposée aux conquêtes sociales
collectives. Ceci au nom des sacrifices nécessaires pour que la France puisse
progresser. Sacrifices indispensables mais qui seront équitablement
partagés nous dit-on.
C’est ce que répète la droite, Le Pen y compris.
Mais c’est aussi ce qu’on entend à gauche, au PS en particulier qui affirme que
les Français auront un vrai choix à faire « entre la responsabilité dans
un effort justement partagé et la démagogie dans un nuage d’injustices et
d’inefficacité » (Michel Sapin, Président PS de la région Centre, ancien
Ministre de l’Economie). Si les partis d’extrême – gauche avancent des
revendications conformes aux besoins populaires, ils n’en appelleront pas moins
à voter PS au deuxième tour s’il y a lieu. S’il arrive qu’on en rencontre
également dans ce que propose le PCF, il reste, comme nous l’avons déjà
souligné que celui-ci sait dès maintenant qu’il passera des alliances avec le
PS et éventuellement avec d’autres, tel Bové par exemple. Ce n’est pas pour
nous surprendre. Nous savons d’expérience que la phrase pseudo-révolutionnaire
est le propre des réformistes de gauche.
Nous ne perdrons pas de temps à les suivre dans
leurs méandres politiciens.
Pendant ces quatre mois nous
mènerons une campagne de classe, en nous plaçant toujours du point de vue de la
classe ouvrière et du peuple, de leurs besoins, de leur lutte contre le capitalisme.
Nous serons les seuls à le faire. Nous serons les seuls à proposer autre chose,
à faire entendre une voix différente.
Une campagne de classe c’est une
campagne de la plus large union à la base,
dans les entreprises, les services, les bureaux, les établissements
d’enseignement, dans les quartiers. Elle s’adresse à tous ceux qui subissent
les méfaits de cette politique, c'est-à-dire la grande masse des citoyens et
des habitants de notre pays. Nous voulons contacter le plus de monde possible,
sans nous fixer à priori d’autre limite que celle de notre capacité à le faire.
Nous allons montrer qui sont les réels maîtres du
pays, ces grands groupes financiers qui dominent toute l’économie nationale,
qui contrôlent les grands moyens d’information et tout le reste. Nous
expliquerons ce qu’ils sont en train de préparer contre le peuple dès le
lendemain de ces élections. Et surtout nous dirons qu’une autre politique est possible mais à
condition que le peuple l’impose.
Une masse d’électeurs veut s’abstenir car ce que
proposent les différents candidats ne répond pas à ce qu’ils veulent. Une masse
d’autres s’apprête à aller voter, à gauche comme ils disent, mais sans
conviction, en quelque sorte par défaut. D’autres encore, à la recherche d’une
nouvelle solution, s’apprêtent à voter pour un nouveau candidat de diversion
comme Bové. Il y a aussi ces habitants des banlieues ouvrières, qui suivent
malheureusement le FN.
A tous ceux-là nous disons que
cette campagne électorale doit être l’occasion de manifester la force qu’ils
représentent quand ils sont unis, une force dont les capitalistes et leur
personnel politique devront tenir compte.
Nous avons vocation à rassembler mais sur une base
de classe, pas autour d’un conglomérat sans principe dont le seul but est de procéder
à des changements… pour que rien ne change.
Nous serons les seuls à répondre publiquement aux
vraies questions que se posent les travailleurs et le peuple pour que ça change
vraiment. C’est notre grand
objectif pour que la conscience politique révolutionnaire fasse un
nouveau pas dans notre pays.
En même temps que nous soutenons
les revendications populaires, montrons que les moyens existent de les
satisfaire immédiatement.
*En 10 ans les profits ont progressé de 74% mais
les salaires de 8%, la hausse des prix a été de 30%.
Rendons ces richesses au peuple qui les a créées.
Rendons les lui pour :
*Augmenter les salaires et porter le SMIC à 1500
euros nets mensuels dès aujourd’hui. L’augmentation des salaires c’est
l’augmentation de la consommation populaire dans tous les domaines.
*Créer des emplois, d’abord pour les jeunes, et
assurer le développement économique du pays. Un exemple : la firme TOTAL,
de restructurations en fermetures et en abandons d’activités de production au
mépris du devenir industriel, a supprimé 6000 emplois pour multiplier ses
profits. Avec 9 milliards d’euros (à peine plus que ses profits du 1er
semestre 2005) elle couvrirait l’embauche de 4000 salariés et en assurerait
leur rémunération pendant 10 ans.
Il faut interdire les licenciements, les
délocalisations.
*Combler, et largement, le déficit de la Sécurité
Sociale, évalué à 10,3 milliards d’euros en 2006. Sur le budget de la France,
le gouvernement a fait cadeau de 25 milliards d’euros de cotisations sociales
au patronat. Ramener la part de cotisation patronale à ce qu’elle était en 1980
c’est-à-dire à 50%, permettrait une grande politique de développement de la
santé publique en France.
*Assurer et développer un grand service public
nationalisé au service de tous les Français en arrêtant les privatisations, en
gardant la maîtrise de tous les grands secteurs, en se réappropriant ceux qui
ont été privatisés.
*Doter la France d’un grand service public
d’enseignement, de recherche et de formation à la hauteur des besoins
d’aujourd’hui.
*Taxer les plus- values boursières rapporterait 20
milliards d’euros. Taxer à 1% les actifs financiers qui ont augmenté de 107% en
10 ans, rapporterait 35 milliards d’euros. Ces dernières années le patronat a
empoché 400 milliards d’euros d’allègements de cotisations fiscales et
sociales. Cette somme correspond à près de deux fois le budget de la France
pour 2007. Où est-elle passée ? Pas dans l’appareil productif en
France !
*Ajoutons qu’un gouvernement peut baisser les prix
des carburants à la pompe en limitant la part exorbitante des majors pétroliers
et en revoyant la fiscalité sur les produits pétroliers pour réduire les taxes
(71% du prix).
*La France consacre 48 milliards d’euros au budget
militaire qui est en augmentation constante. Elle participe à la course aux
armements nucléaires. Une politique de paix irait dans le sens d’un monde sans
guerre et libérerait des milliards pour notre peuple.
Rappelons aussi nos propositions concernant la fiscalité :
*Elever le rendement de l’impôt sur les sociétés
qui devrait alimenter la majorité du budget de l’Etat.
*imposer beaucoup plus fortement la tranche la plus
élevée de l’impôt sur le revenu et assurer l’augmentation du rendement de
l’impôt solidarité sur la fortune.
*Diminution de la TVA comme première mesure
*Suppression de la CSG et du RDS
Si ces mesures étaient prises elles se traduiraient
aussitôt par l’augmentation de milliards de dépenses populaires actuellement
insatisfaites et pourtant indispensables. Ce qui amènerait le développement de
l’industrie et des services de l’ensemble de l’économie.
*Il y a dans notre pays près de 100.000 SDF et neuf
millions de mal-logés. Près de 70% des personnes vivant en France remplissent
les critères pour accéder aux logements sociaux. Ce n’est pas le droit d’intervenir devant les
tribunaux administratifs qui permettra la construction des 800.000 logements
sociaux manquants. C’est au gouvernement à développer
d’urgence la construction sociale en France. Et qu’attend-on pour pénaliser Neuilly dont Sarkozy est le maire, qui
plafonne à 2,6% de logement sociaux au lieu des 20% fixés par la loi ?
Qu’attend-on pour déclarer inéligibles les maires qui ne respectent pas la
loi ? La construction rapide de centaines de milliers de logements sociaux
doit devenir un objectif national prioritaire qui répondra à un besoin
populaire essentiel et qui, du même coup, créera des centaines de milliers
d’emplois dans le pays.
* Nous sommes contre l’Europe capitaliste qui se
construit sous la houlette des multinationales. Cette Europe qui se construit
contre nos peuples avec la casse de l’emploi, les délocalisations, la casse du
système des retraites et de sécurité sociale. Nous n’admettons pas que l’Union
Européenne aggrave encore plus durement la situation du peuple français. Ces
deux dernières années, 200 milliards d’euros ont été dilapidés par les groupes
européens de l’énergie dans des
fusions – acquisitions, sans qu’un seul centime aille à l’investissement à la
recherche, à la construction de nouvelles capacités de production. Les richesses
énormes, produit du travail des salariés français sont confisquées par les
groupes industriels et les puissances financières qui en disposent à leur
guise.
Notre opposition à cette Europe
capitaliste est absolue. C’est NON.
Nous sommes pour le développement de notre nation comme de toutes les autres
nations, nous sommes pour la coopération entre les peuples sur une base qui ne
sera plus la recherche du profit mais le progrès, l’augmentation du niveau de
vie et le développement économique et social.
Seule la lutte pourra imposer une telle
orientation.
Redisons que pour développer une
politique de progrès social, pour utiliser l’argent autrement, il faut se
placer sur une ligne anticapitaliste.
Il faut gagner les gens sur des
idées-forces, avancer pas à pas. Nous ne proposons pas un programme bien ficelé
destiné à exister dès 2007. Nous proposons des objectifs de lutte. C’est autour d’eux que nous travaillons à
rassembler, sans à priori, ceux et celles qui les approuvent et qui veulent
agir.
A part nous, aucun parti politique ne souscrit à de
tels engagements qui nécessitent de s’attaquer clairement au capital, à ses
privilèges. Nous sommes les seuls qui proposons de changer réellement la vie,
les seuls qui ne proposons pas de vagues raccommodages sans conséquence
présentés comme des changements fondamentaux.
Nous sommes les seuls, nous le savions quand nous
avons créé COMMUNISTES.
Mais nous savons que ce que nous
proposons, c’est ce à quoi aspirent des millions d’hommes et de femmes dont les
conditions de vie se dégradent chaque jour. Pour nous, c’est cela qui est
essentiel.
Nous avons conscience de nos limites mais en même
temps nous pensons que cette campagne électorale va nous permettre de faire un
nouveau pas important en avant. Cette période qui s’ouvre nous fournit
l’occasion de nous rapprocher encore plus de ceux et celles qui devraient nous
rejoindre.
Nous ne partons pas de rien. Partout où nous
engageons le dialogue, on trouve des syndicalistes, des salariés, des jeunes,
des collègues, des voisins qui partagent ou sont intéressés par nos analyses,
nos idées.
La discussion d’aujourd’hui de
notre CN nous permettra, à partir de ce rapport d’introduction, de préciser les
lignes de force de notre argumentation,
elle nous permettra de dégager les revendications que nous estimons
prioritaires, elle nous permettra de mieux mettre en évidence l’idée que les
moyens de les satisfaire dès maintenant existent mais qu’à partir de là nous
retombons sur la grande question politique : comment y parvenir ? A
cette question nous devons
répondre de façon argumentée. De grands changements comme ceux du Front
Populaire ou de la libération et, dans une moindre mesure celui de 1968, ont
résulté de l’action des grandes masses populaires, unies pour faire aboutir
leurs revendications.
Bien entendu nous n’en sommes pas là aujourd’hui
mais il reste que la seule force qui dans les conditions actuelles empêchera la
progression de la politique capitaliste c’est, comme par le passé, celle des
travailleurs et du peuple. Nous le vivons d’ailleurs tous les jours quand nous
apprenons que dans telle entreprise, sur tel chantier, dans tel établissement
scolaire, des revendications ont été arrachées et des attaques patronales
tenues en échec. Profitons de l’occasion qui nous est donnée pour dire plus
fort que nous menons un combat de classe contre le capitalisme et que ses
représentants nous trouveront toujours en face d’eux. Nous le dirons dans l’urne avec notre bulletin « COMMUNISTES ».
Ce sera le seul vote anticapitaliste et qui sera
perçu comme tel par l’ennemi de classe. Le vote « COMMUNISTES » n’est pas un vote par
défaut, c’est au contraire un vote profondément politique. Un vote qui comptera bien qu’encore beaucoup trop
limité. Nous ne recherchons pas fébrilement des alliances politiques passagères
sous prétexte de « peser » plus lourd. L’union que nous recherchons
c’est celle des travailleurs et du peuple contre la politique capitaliste et
pour une autre société. Nous savons qu’elle sera longue à réaliser et que nous avancerons
pas à pas. Nous sommes prêts à le faire parce que c’est la seule voie.
Mettons à profit cette période électorale pour
faire un pas de plus, le plus important possible. Quand un sondage annonce que
70% des électeurs ne croient ni à la droite ni à la gauche, redisons qu’il y a
de la place pour que nous soyons entendus, même s’il est vrai que le moment
venu une bonne part de cet électorat ira voter … à droite ou à gauche.
Cette période va nous permettre de faire connaître
notre parti de façon très importante bien qu’encore limitée. Pour la
présidentielle, nous éditerons, ainsi que notre CN l’a décidé, un Bulletin de
vote. Il contiendra un appel dont il sera utile aujourd’hui de préciser le
contenu, destiné à
être distribué à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires. Il sera inséré dans les numéros de
« COMMUNISTES » qui paraîtront fin février et fin mars. Ceci
indépendamment du matériel que rédigeront les départements, les entreprises et
localités.
Aux élections législatives nous aurons des candidats dans le plus de
circonscriptions possibles. Il sera utile dans la discussion de préciser encore
ce que nous attendons d’eux. Chaque candidat disposera d’une circulaire
expédiée à tous les électeurs, ce qui nous permettra de nous adresser
directement à environ 5.000.000 de foyers. Pour les circonscriptions
qui n’auront pas de candidats et qui seront encore cette fois les plus
nombreuses, nous mettrons à la disposition des camarades un bulletin de vote
« COMMUNISTES » avec un texte, qui pourra être distribué partout.
Cette période sera favorable à des prises de
contacts que nous organiserons dans des entreprises, des quartiers, des
établissements scolaires, sur les marchés et partout où cela sera possible. De même on pourra multiplier ces
points de rencontres où l’on discute et diffuse notre matériel de propagande,
où l’on propose l’adhésion.
Rencontres, débats. Il serait bien de tenir une ou
deux rencontres avec des jeunes dans une entreprise, à l’Université, dans une
cité…
Chaque cellule pourrait aussi dresser la liste des
personnes que l’on contacterait pour discuter avec elles. Naturellement ce
travail pourrait être poursuivi après les élections et repris à la rentrée de
septembre.
Cette période devrait être mise à profit pour
organiser un plan de recrutement.
Donnez nous votre avis.
Le NET est en passe de devenir un média de masse
qui déjà s’avère indispensable pour notre combat. Prenons la mesure du rôle
qu’il va jouer – qu’il joue déjà – dans les élections qui arrivent. Nous ne
sommes pas encore parvenus à commenter les évènements assez rapidement.
Réfléchissons-y ensemble. Comment améliorer ?
Cette période doit être aussi l’occasion pour notre
parti d’organiser des études collectives, des écoles portant sur l’analyse
marxiste de la situation actuelle.Elles permettront de très riches discussions
et aideront beaucoup à élever le niveau politique et idéologique des adhérents.
Le CN apportera toute son aide pour que de telles initiatives se tiennent
partout.
Cette campagne électorale va nous coûter autour de
150.000 euros. Nous sommes loin aujourd’hui de disposer d’une telle somme.
Partout nous devons trouver cet argent très rapidement. Nous le trouverons mais
à condition de prendre dès maintenant les initiatives financières qui
s’imposent. Outre le paiement des cotisations, pensons à la souscription
Nationale, au versement des camarades, de leurs familles des proches. Pensons
aux sympathisants, aux amis, aux collègues, à tous ceux qui sont prêts à nous
aider. Des initiatives bien préparées rapporteront beaucoup.
Voilà, chers camarades ce que j’étais chargé de
vous dire pour ouvrir notre discussion.
Pour
obtenir ce texte en fichier « .doc » (format Word) cliquer ICI
Recommander
ce rapport à un ami