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Comité National 04-02-2006 – rapport
introductif
Les capitalistes mettent en œuvre
leur stratégie. Ils doivent aller vite et jusqu’à présent ils peuvent se le
permettre
Pourquoi ?
Aller vite, parce que c’est une course, de
plus en plus vive et rapide de la concurrence capitaliste à l’échelle mondiale.
C’est une course qui se développe aussi, à l’intérieur de l’Europe. C’est la
course pour augmenter les profits capitalistes, la course donc pour faire baisser
partout le coût de la force de travail.
Ils
peuvent se le permettre, ils en ont hélas
les moyens, au moins dans la période présente. Pour les raisons que je rappelle
rapidement : -la disparition de l’URSS et ses conséquences -la disparition
ou la transformation des partis communistes en partis sociaux-démocrates -les
très graves menaces qui pèsent sur le syndicat révolutionnaire en France.
« Il faut vendre » a pu dire publiquement la présidente du MEDEF, « le
rôle d’une entreprise, c’est de faire de l’argent ». C’est ça la stratégie capitaliste. Placer leurs capitaux là
où ils rapportent le plus, cela au détriment, des salaires, de l’emploi, du
développement industriel national, de toute l’économie nationale. Par
exemple :
La vente
par Alsthom au Norvégien Aker-Yads des
chantiers navals de l’Atlantique (alors que ceux-ci ont des commandes
importantes de navires). Par cette opération, Alsthom a triplé sa valeur. Le
groupe norvégien qui a déjà 13 chantiers dans le monde, passe de 25% de parts
de marché mondial à 40%. Tout naturellement, il veut augmenter la productivité
et la flexibilité. Chez les sous-traitants, les emplois sont déjà passés de
8000 à 3000.
Le
textile, déjà sinistré dans les années
quatre-vingt, est passé de 400.000 emplois il y a 10 ans, à moins de 3200.000
aujourd’hui. Dans la seule année 2005 il a perdu 10% de ses effectifs.
Aujourd’hui, c’est la branche entière qui est menacée de disparition.
Dans
l’électroménager, SEB N°1 mondial du petit
équipement domestique qui a acquis des usines aux Etats-Unis, au Brésil, en
Italie, vient de s’installer en Turquie et en Thaïlande, il va fermer 3 de ses
13 sites français de fabrication (890 emplois).
Le PDG de
Renault – Carlos Ghosn a tracé les
objectifs de la Firme : « privilégier la rentabilité maximum
partout ». Au nom de cette stratégie « il redécoupe la carte du
monde » écrit le journal « Les Echos ». Ce qui veut dire,
accélérer les délocalisations, les restructurations commencées par son
prédécesseur (des usines ont été installées en Amérique du Sud, au Maghreb, en
Europe de l’Est, en Turquie, en Inde mais Vilvoorde en Belgique a été fermée en
2002). Il annoncera ses décisions le 9 février. Il se dit qu’il fermerait
plusieurs usines importantes en France et même en Espagne –trop coûteux.
Et ce qui fait
la une des médias depuis le début de la semaine, l’OPA
de l’Indien MITRAL sur Arcelor, illustre
parfaitement le bras de fer entre multinationales, la course au
gigantisme. Arcelor privatisée en 1995 est devenue un groupe
Franco-Belgo-Hispano-Luxembourgeois. Il vient de racheter pour s’étendre,
le groupe canadien Dofasco. Aujourd’hui MITRAL né de la fusion de deux groupes anglo-néerlandais en 2004
avec l’américain ISG, veut l’absorber, car il ne possède que 10% des parts de
marché et aujourd’hui avec les besoins de pays comme la Chine la demande est
énorme, les prix depuis deux ans s’envolent. Arcelor entre 2003 et 2004 a
augmenté ses bénéfices de 730%. Les salariés n’en ont pas profité, 2%
d’augmentation des salaires ; par contre les actionnaires ont empoché +
71% sur leurs dividendes. MITRAL veut devenir le leader mondial.
Ces
concentrations, acquisitions, amènent à chaque fois des milliers de
suppressions d’emplois. En 2003, le groupe
canadien ALCAN réalisait une OPA sur le leader de l’aluminium PECHINEY. Deux
ans après, les fermetures et cessions de sites s’enchaînent. Il y a déjà 1000
emplois de moins.
MITTAL assure qu’il ne supprimera pas d’emploi. Or fin 2005, il a
annoncé la suppression de 46.000 emplois sur les 320.000 salariés qu’il a dans
le monde.
Le
patronat fait pression sur les salaires. Le salaire direct : Il bloque les salaires, le gouvernement donne l’exemple : 0,5%
d’augmentation générale pour les fonctionnaires en 2006. C’est la raison de la
grève des fonctionnaires de ce 2 février. Il y a 8,5 millions de salariés au
SMIC en France, mais le SMIC gêne encore trop, patronat et gouvernement veulent
détruire le SMIC. Comme le recul de pouvoir d’achat s’accentue, ils poussent au
développement de l’intéressement, des primes (qui ne sont pas soumis à
cotisation pour les patrons) à la place de l’augmentation des salaires. Pression
sur le salaire indirect : La réforme des retraites qui se poursuit avec le recul de l’âge de départ, l’abaissement de
leur taux et parallèlement le prolongement du travail des retraités jusqu’à 65
ans et plus. La réforme de la Sécurité Sociale et du système de
santé qui n’en est qu’à ses débuts. Sa
mise en place pèse de plus en plus : recul considérable des
remboursements, parcours de soins de plus en plus coûteux pour les salariés,
réforme hospitalière qui vise à la rentabilité, augmentation des
complémentaires de santé. On installe une médecine à deux vitesses. Une
assurance annonce la création d’une super-complémentaire santé, réservée aux
plus riches et couvrant la totalité des soins non remboursés par la Sécurité
sociale.
Ils
augmentent la productivité : -par des
réductions d’emplois -par l’augmentation des horaires de travail sans
augmentation de salaires -par la remise en cause des acquis sur les conditions
de travail. Par ex. Bosch à Vénissieux qui a déjà fait passer 820 salariés de
35 à 36h. et s’apprête à faire passer les 10.500 salariés qu’il a en France à
40h. hebdomadaire. Fenwick à Vienne dans l’Isère (551 salariés) veut augmenter
le temps de travail de 3h. par semaine, sous la menace du départ de
l’entreprise en Pologne.
L. Parisot
l’a dit et répété, « on ne veut plus de la durée légal du travail ».
Dans la grande distribution, l annonce près de 10.000 suppressions.
Peugeot et Renault ont mis tous les CDD à la porte à l’automne 2005. EDF
annonce 5.000 suppressions d’emplois. Le gouvernement veut « démultiplier
la productivité des fonctionnaires » : 5.300 suppressions annoncées
pour 2006, pour commencer – 6.000 postes de moins sont offerts aux concours des
enseignants – la SNCF annonce 3.000 emplois en moins.
La
flexibilité, la précarité sont développées,
institutionnalisées, pour livrer à bon compte et sans contraintes toute la
main-d’œuvre, en particulier la jeunesse, à l’exploitation capitaliste. Il
y a eu le CNE (contrat nouvelle embauche), il
y a le CPE (contrat premier emploi) en cours
de discussion à l’Assemblée Nationale, contre lequel les jeunes et les salariés
manifesteront le 7 février.
Il y a la 3ème étape du plan Villepin, qui vise à la
déréglementation totale du marché du travail: *Avec la
fin du CDI c’est le droit pour l’entreprise,
d’embaucher comme elle veut, pour la durée qu’elle veut, c’est la liberté de
licencier sans entrave. *Au mois de juin, une réforme
globale du code du travail jugé « trop
rigide » sera présentée à l’Assemblée Nationale.
En clair,
il faut gommer tout ce qui peut encore gêner le développement maximum du
capitalisme en France, de ces grands groupes multinationaux qui s’affrontent
férocement à l’échelle de la planète. D’autant
plus que la concurrence mondiale s’exacerbe avec le développement inégal du
capitalisme
Voyons ce
qui se passe en Asie. La Chine dont le PIB a
progressé de 16,5% en 2004 est passée au 6ème rang mondial a égalité
ou presque avec la France. L’Inde suit le même chemin. A son tour l’Iran, deuxième pays producteur de l’OPEP, entend jouer un rôle
de grande puissance sur la scène internationale.
Tous ces pays sont une manne extraordinaire pour les capitaux des
multinationales les plus puissantes, 358,3 milliards de dollars (le budget de
la France est de 289 milliards d’Euros) ont été investis dans ces pays et en
même temps ils sont des concurrents de plus en plus gourmands dans cette course
à la mondialisation.
D’où toutes ces contradictions, toutes ces tensions qui apparaissent et
se développent et que les médias nous présentent comme la lutte contre les
« puissances du mal ». Nous ne cachons pas que cette guerre
économique féroce peut aller jusqu’à la guerre tout court.
Pour continuer à garantir leurs intérêts, les impérialistes les plus
puissants, avec en tout premier lieu les USA, ont besoin de contrôler beaucoup
plus étroitement le monde entier. Comme le montre bien ce qui est en train de
se passer en Iran et au Moyen-Orient.
En Iran où les dirigeants US veulent placer cet Etat sous
leur domination directe, économique et politique. Rappelons que l’Iran est le 2ème
producteur de pétrole de l’OPEP. Ses réserves représentent 10% du total mondial
auxquelles il faut ajouter 15% de réserves mondiales de gaz naturel. On
comprend aussitôt pourquoi les dirigeants US qualifient l’Iran d’Etat
voyou ».
En
Palestine. Que signifie cette poussée du
Hamas ? Que veut le peuple palestinien ? Sans la moindre équivoque,
il veut l’indépendance de son pays, recouvrer les territoires perdus, le départ
des forces d’occupation. Ce peuple vient de montrer avec force qu’il veut
s’appuyer sur une organisation qui réponde mieux à ses revendications de
souveraineté nationale, d’indépendance et de paix mais quelle que soit la
suite, une chose est certaine : le peuple palestinien vient de faire un
nouveau pas en avant dans sa lutte contre l’impérialisme. Busch et les
Israéliens sont contre, les dirigeants français, européens et le grand capital
mondial le sont aussi. Les révolutionnaires, les progressistes, les démocrates
sont pour. En Palestine comme partout où les peuples luttent, c’est le combat
des mêmes contre les mêmes. Le jugement positif que nous portons sur cette
victoire électorale du Hamas n’implique absolument pas que nous soyons rangés
derrière cette organisation. Des choses fondamentales nous séparent et il n’est
pas question pour nous, de considérer le Hamas comme une organisation
révolutionnaire voire progressiste. A nous maintenant, au peuple
français et à tous les peuples du monde d’aider plus encore le peuple
palestinien dans notre combat commun pour l’indépendance des peuples.
Il n’y a
pas que dans ces parties du monde que les peuples luttent – sous une forme ou sous une autre – contre la domination
du capitalisme, identifié à la domination des Américains et de leurs proches
alliés. En Amérique Latine, à la porte même des USA, ce qui s’est passé ces toutes dernières
années, au Brésil, et au Venezuela, en Bolivie, exprime d’abord que tous
ces peuples qui subissent la misère, identifient toujours mieux quels sont les
responsables de leur misère et quels sont leurs valets dans leurs propres pays.
Sans faire dire à ces évènements plus qu’ils ne signifient, constatons que la
lutte contre la domination du capital, non seulement n’est pas éteinte, mais
qu’elle a tendance à grandir. Disons que des pays veulent se libérer le plus
possible de la tutelle américaine, assurer leur propre développement. Est-ce
pour cela que les USA disent « vouloir une nouvelle diplomatie » et
que Mme Condolozza Rice dit qu’elle « veut transformer le monde en
douceur » ?
Les dirigeants politiques avancent dans la construction de l’Europe
capitaliste. Il est vrai que ce n’est pas chose
facile pour eux. Les exemples actuels montrent que chaque dirigeant d’Etat s’oppose,
si nécessaire, à ceux qu’il perçoit comme étant des rivaux. Il faut placer
l’intervention de J. Chirac sur le nucléaire dans ce cadre. Il utilise la
puissance militaire nucléaire de la France, comme moyen de pression à
l’égard de ceux qui s’opposeraient à la domination impérialiste. Il est
d’ailleurs en parfait accord avec Bush sur ce point. C’est une politique
dangereuse qui relance la course aux armements nucléaires. Plaidant pour une
« défense européenne », il parle d’interdépendance de plus en
plus grande des pays européens ». Interdépendance où la France capitaliste
jouerait un rôle déterminant. Mais il n’est pas le seul à le vouloir ! Au
sommet de Davos la semaine dernière (réunion des
pays les plus riches de la planète) Angela Merkel a annoncé qu’elle ambitionne
de redonner à son pays un rôle de leader en Europe. Elle est « prête à
tout mettre en œuvre » pour la relance de l’Europe. Pour ce faire, elle
relance toutes les réformes (retraites, santé, fiscalité, baisse des coûts de
production…), car dit-elle, éliminer les obstacles, donner plus d’espace de
liberté (à qui ?), réorganiser les priorités pour les mettre en rapport
avec la mondialisation. Ajoutons à ce tableau, les intrigues d’un Blair, celle
des dirigeants polonais et italiens et d’autres encore, pour avoir une idée de
l’âpreté de la lutte.
Un mot
encore à propos de l’Europe. Ceux qui
disaient que la victoire du NON dit « de gauche » allait
changer le cours de cette Europe, avancer vers l’Europe sociale, bernaient
l’opinion et ils le savaient. Ils se sont d’ailleurs bien gardés de proposer un
NON comme le nôtre, le seul totalement opposé à l’Europe du capital.
Partout
dans le monde capitaliste, c’est la même course à la baisse du prix de la force
de travail avec partout les mêmes effets.
J’ai parlé des objectifs d’A. Merkel en Allemagne. Au nom de la grande coalition droite-socialistes, le
Ministre du travail (socialiste) parle de la mise en œuvre d’un salaire
combiné : si le chômeur accepte un emploi faiblement rémunéré, l’Etat verse
un revenu complémentaire. Pour les seniors, dans le contexte du report de l’âge
de la retraite à 67 ans, pour « alléger les entreprises du paiement de
droits d’ancienneté trop coûteux » l’Etat verserait une compensation au
salarié qui accepterait un travail moins bien payé que son salaire actuel.
En
Angleterre où un ménage sur quatre est
surendetté, ceux-ci sont confrontés au problème de la retraite car ils n’ont
pas les moyens d’épargner et les retraites versées sont trop basses. Les jeunes
qui ont fait des études sont surendettés dès leur sortie de l’Université de 10
à 15.000 livres (près de 23.000 euros) car les bourses ont été remplacées par
des prêts universitaires. Aux USA, les retraites sont payées par les fonds de pension des entreprises
(la part publique alimentée par une cotisation obligatoire est infime). Les
grandes entreprises, IBM, Packard, Général Motors… ont annoncé qu’elles ne
paieraient plus la retraite mensuelle de leurs salariés. IBM estime que cela
lui économisera 600.000 dollars par an. Ford pour augmenter la productivité et
réduire ses frais, annonce la fermeture de 14 de ses usines, 30.000 ouvriers
sur un total de 90.000. Damler-Chrysler (groupe germano-américain) qui a déjà
supprimé 14.500 emplois depuis l’automne, parle d’en supprimer 22.000 de plus
d’ici 2009.
Pour en
revenir, à la France, quelques mots sur
le MEDEF, ses objectifs. Il a tenu son
assemblée générale le 17 janvier. Sa présidente, L. Parisot a annoncé la
couleur : Le MEDEF soutient la politique du gouvernement, mais il en veut
plus. « Nous voulons une France plus lisible » dit L. Parisot. Pour
arriver à cela elle annonce sa « feuille de route » : -Les charges des entreprises sont encore trop lourdes, il faut
les baisser. -Il faut supprimer la loi sur le SMIC. La fixation du
salaire est du ressort des entreprises. -Il faut réduire le coût des heures
supplémentaires -Il faut remettre en cause la durée légale du travail, c’est un
concept qui n’est plus valide
-Il faut modifier le code du travail, il faut un dispositif nouveau qui
implique que l’ancien doit disparaître.
Et enfin le MEDEF se place en intervenant direct pour peser sur la
présidentielle de 2007. Il prépare un livre blanc.
Dans cette
situation, que faire ?
Il n’y a que la lutte pied à pied qui peut faire bouger quelque chose.
D’abord la lutte sociale pour faire reculer patronat et gouvernement,
pour imposer des revendications. La lutte politique pour changer.
Nous le savons, jusqu’à présent les salariés ne sont pas parvenus à
développer les luttes au niveau nécessaire pour faire reculer le patronat et le
gouvernement à l’échelle nationale.
Cependant, dans des entreprises, des salariés luttent avec
détermination contre les fermetures, les licenciements, comme chez Marti dans
le Doubs, chez Nestlé à Marseille. On peut d’ailleurs constater que la lutte
déterminée peut faire reculer, y compris une multinationale. Chez Marti
sous-traitant de Peugeot, ils ont obtenu le redémarrage déjà pour un an ce qui
permet de continuer la bataille et chez Nestlé ils ont empêché la fermeture du
site. Il y a des luttes pour les salaires. Il y a eu la journée de grève de
l’équipement contre la réorganisation et la casse du statut. Il y a eu certains
rassemblements le 31 janvier. Il y a eu la grève des fonctionnaires ce 2
février pour les salaires.
Après la révolte des banlieues contre cette société qui bouche leur
avenir, les jeunes refusent la précarité que le gouvernement veut imposer avec
le CPE. Ils manifesteront avec les salariés le 7 à l’appel de leurs
organisations et des organisations syndicales. Nous y serons et nous appelons
partout à en faire une grande journée qui devrait être le point de départ
d’autres actions pour la défense de l’emploi, des emplois stables et bien
rémunérés.
Mais pour les empêcher de porter de nouveaux coups, obtenir des
revendications, il faut que l’action, plus ample, plus déterminée, se
développe. Il faut que des millions de salariés, des jeunes, des retraités, des
privés d’emploi y participent.
Quels sont
les obstacles à ce développement ? La première difficulté à surmonter, c’est un affaiblissement très
visible, historique même, de la lutte des salariés contre le patronat, privé et
public et les gouvernements à leur service, en France et dans d’autres
pays. Nous sommes revenus plusieurs fois sur les causes de cette
situation. Les principales étant la défaite de l’URSS et la disparition des
partis communistes qui l’a suivie, le recul considérable du syndicalisme
révolutionnaire. Mais aujourd’hui, l’heure n’est plus à la simple constatation
de cet état de choses. La grande question qui nous préoccupe
tous et à laquelle nous devons répondre c’est : modifier cette situation
est-ce possible ?
Côté
syndical, une fois rappelé le rôle particulièrement néfaste de la CFDT et
derrière elle de toutes les organisations syndicales de collaboration de
classe, l’unique question qui nous préoccupe est la suivante :
où en est la CGT, l’organisation syndicale dans
laquelle militent la plupart d’entre nous ? Peut-elle être un jour en
mesure de reprendre le flambeau de la lutte contre le capitalisme ?
Peut-elle être un jour en mesure d’élargir le nombre de salariés qui entreront
dans la lutte et entreprendront de grands mouvements revendicatifs ?
Sera-t-il possible d’y parvenir ? A quelles conditions ? Le projet de
résolution d’orientation qui sera soumis au 48ème congrès qui se
tiendra à Lille du 24 au 28 avril, communique parfois clairement, parfois
à mots couverts, ce que pensent les dirigeants de cette organisation. A
partir des difficultés que connaît actuellement l’action revendicative en
France, difficultés que nous ne nions surtout pas, deux attitudes sont
possibles. La première c’est, quelles que
soient les difficultés, de ne pas lâcher pied, de continuer le combat de classe
et de l’élargir. La seconde, c’est de reculer de plus en plus face aux attaques
croissantes des forces du capital. Le projet de résolution d’orientation
de la CGT, prouve que c’est cette voie qui sera poursuivie et amplifiée.
Tout sera
loin d’être joué le lendemain du 48ème congrès. L’orientation future de la CGT dépendra de l’influence que
les syndicalistes révolutionnaires pourront conquérir dans leur organisation
syndicale. Ce sera une lutte de longue haleine. Pour les syndicalistes, pas
d’autre voie que de continuer à se battre partout dans les entreprises pour
faire avancer l’action et développer l’exigence d’un syndicat de classe. Dans
cette lutte, nous pouvons compter sur des forces importantes. Nombreux sont les
membres de la CGT qui ressentent le besoin de conserver et développer le syndicalisme
de classe. Des centaines de milliers de salariés luttent contre le capital.
C’est vers eux que nous nous tournons parce que, finalement, c’est d’eux que
dépend l’issue de ce combat.
Il y a des
obstacles politiques. La seule
perspective que proposent les partis politiques de droite et de gauche, c’est
l’alternance gauche-droite, l’une à la place de l’autre ou ensemble comme
rêvent certains, pour continuer à gérer le capitalisme. Cette alternance, elle
fonctionne déjà dans de nombreux pays européens, elle est en tain de se
construire dans les autres. 2007 est le grand objectif des partis politiques
français. Qui l’emportera ? Qui ralliera une majorité, même très
restreinte, de l’opinion ?
L’UDF vient de tenir son congrès. On peut résumer en une phrase.
Bayrou cherche la meilleure place. Il critique Chirac et Villepin, il promet
même de « changer la vie ! » Il rêve, pourquoi pas, d’un centre
UDF- Parti socialiste, pour gouverner comme en Allemagne droite –
sociaux-démocrates si c’est possible.
A l’extrême
droite, Le Pen continue de préparer sa
campagne et de creuser son sillon. Il est aidé par la situation sociale qui se
dégrade. Il faut continuer de montrer clairement que sa politique est celle du
capital contre le peuple car il est très dangereux.
A gauche : comment s’entendre pour tâcher de dégager une majorité
pour gouverner. Mais évidemment chacun veut la meilleure place possible. Que
proposent-ils ? Tous comptent sur l’usure d’un gouvernement exclusivement
dévoué aux forces du capital. L’alternance n’est-elle pas prévue pour remplacer
une équipe démonétarisée ?
Le PS est de loin le
plus apte à la pratiquer. Il n’est que de voir comment il cultive cette fausse
opposition avec la droite à propos de n’importe quoi.
Prenons ses propositions à la place du CPE : récréer les emplois
jeunes (autrement dit revenir à la formule des emplois précaires crées par
Jospin) et pour les entreprises qui embauchent, de nouveaux allègements de
cotisations, modulés en fonction de la « nature et de la durée du
contrat ». Autrement dit : rien pour l’emploi stable, tout pour
l’entreprise. Faut-il rappeler encore que Fabius « le candidat du NON de
gauche » au référendum a dit bravo à l’intervention de Chirac sur le
nucléaire. Strauss-Kahn aussi d’ailleurs. Enfin réconciliés ! Etaient-il
vraiment fâchés ?
Les partis de « la gauche plurielle », plus le MDC de
Chevènement, se réunissent ce 8 février en sommet. Ordre du jour : 2007. Le
PS étant le plus fort, il veut donc
ficeler les accords. Il a des arguments – sensibles – aux autres partis :
« si vous voulez avoir suffisamment de députés pour faire un groupe
parlementaire, vous avez besoin du soutien du PS, alors soutenez le candidat PS
à la Présidentielle ». Comme dit Henri Emmanuelli, « un parti qui
veut exister, c’est un parti qui veut des élus… ».
Le PCF, comme les Verts, crie au « chantage » mais il fait tout pour que cette union
de la gauche se réalise. M. G. Buffet dans une déclaration (solennelle !)
vient encore de sommer chacun de laisser ses petites querelles car « il faut
se rassembler pour battre la droite en 2007 ». C’est l’objet de ces
forums du « NON de gauche » qu’il a organisé un peu partout avec des
PS, LCR, alter mondialistes etc…. Ce parti tiendra son congrès fin mars. Sept
textes d’orientation sont en présences – sur lesquels les adhérents
votent ces jours-ci, comme au PS. Ces textes ont en commun qu’ils pensent que
le PCF redeviendra – grâce à eux- révolutionnaire. Sans commentaires !
La LCR veut aussi avoir sa place dans ce concert de gauche tout en
gardant sont image « d’opposition » pour tâcher de garder ses voix de
2002. Elle a tenu son congrès qui n’a pas décidé si elle aurait un candidat ou
non. Décision en Juin. Elle affirme ne pas vouloir gouverner avec le PS, ce qui
ne l’empêche pas de s’allier avec lui et d’autres dont le PCF. Remarquons que
quand le PCF était révolutionnaire, il n’était pas fréquentable, c’était même
l’ennemi public N° 1. Aujourd’hui qu’il est devenu un parti réformiste c’est
l’inverse.
Inutile de
s’appesantir sur les programmes des uns et des autres. Leur trait commun c’est
qu’ils proposent deux pseudo versions de la gestion du capital :
-une
gestion de droite -une gestion de gauche. Cherchez la différence !
Les médias dans la bataille idéologique, font des ravages. Il y a une
énorme machine médiatique (télés, radios, journaux) qui produit une information
mixée, faite pour conditionner les esprits, les unifier, dans une vision
officielle, unique de la situation du monde. La réalité qu’ils décrivent serait
la seule réalité, leurs solutions les seules solutions possibles. Le but étant
de faire que les gens « s’adaptent » à la logique capitaliste, à ses
exigences, qu’il y ait le moins possible de luttes. Avec les
concentrations, les rachats, tous les moyens d’informations sont
aux mains des capitalistes (Presse – télés - radios). Rotchild, Dassault,
Lagardère, Bouygues etc… C’est la promotion de leur stratégie, le règne
de leur « pensée unique » qui est développée chaque jour.
Le gouvernement a même lancé en décembre une chaîne d’information
internationale, une chaîne de droit privé où le capital est majoritaire. L’Etat
paye, 70 millions d’Euros annuels.
Notre
Parti dans cette situation :
Lors de notre congrès, le moment sera venu de faire le point de notre
activité depuis deux ans, de mesurer les résultats obtenus, de tracer les
grandes lignes de notre activité à venir. S’il est
un premier point très positif à constater, c’est bien celui de l’unité de notre
parti qui s’est fortement confirmée. Nous
nous souvenons que, dès la création de notre Parti nous avions insisté sur
l’idée que COMMUNISTES n’était pas et ne serait jamais un vague regroupement de
mécontents de tous ordres et que nous ne gaspillerions pas notre temps ni notre
énergie à engager d’interminables palabres à propos de questions qui, comme par
hasard, n’avaient rien ou pas grande chose à voir avec l’action
révolutionnaire. Jamais nous n’avons cédé à ceux qui proposaient cela sous le
fallacieux prétexte d’être plus nombreux donc supposés plus forts. Avec le
recul, on voit encore mieux que céder si peu que ce soit à ces appels, à ces
sollicitations, nous conduisait à nous enfoncer dans un conglomérat sans
principe de révolutionnaires de la phrase. COMMUNISTES est maintenant un
parti révolutionnaire marxiste-léniniste et rien ne nous fera dévier de la voie
que nous nous sommes tracée.
Quels sont
nos objectifs immédiats : Développer la
lutte anticapitaliste pour faire reculer le capitalisme.
COMMUNISTES a des idées. Par exemple :Utiliser
l’argent autrement. Utiliser le
budget de la France (289 milliards d’Euros) au service de la justice sociale et
du développement économique :
*supprimer les 22 milliards de cadeaux au patronat (de quoi payer le
trou de la S. Sociale- 12 milliards en 2005) etc… On peut annuler les premiers
dégrèvements de la taxe professionnelle – 1 milliard et demi, supprimer les
allègements fiscaux des plus riches – 1,2 milliards, limiter les dépenses
d’armement – 48 milliards cette année -à la force de défense de la France au
lieu de développer la course aux armements nucléaires. Voilà des sommes qui
peuvent aller à l’éducation, aux quartiers en difficulté…
*utiliser une part des profits énormes des grandes entreprises
allant – de 1,5 à 15 milliards d’Euros chacune- soit un total de plus de 80
milliards !- pour les 40 plus importantes en 2005, profits qui
ne cessent de grandir (+23,4% sur 2004), pour augmenter les salaires, créer des
emplois.
*stopper les délocalisations, les fermetures d’entreprises
*arrêter les privatisations, rendre le capital d’un grand secteur
Public à la nation.
*investir dans la recherche, le développement industriel, l’emploi et
la formation
*développer la démocratie – en premier lieu, rétablir le système à la
proportionnelle dans toutes les élections.
Ce ne sont que quelques exemples.
Pour utiliser
l’argent autrement, il faut se placer sur une ligne anticapitaliste.
Il faut
gagner les gens sur des idées-forces, avancer
pas à pas, partout où le rapport des forces le permet. Nous ne proposons pas un
programme bien ficelé destiné à exister dès 2007. Nous
proposons des objectifs de lutte, dont nous savons qu’ils ne seront
pas connus et approuvés par tout le monde. Nous ne gagnerons pas tout le monde
mais il y a beaucoup de monde à gagner. Nous
avons pu vérifier que là où nous allons, où nous engageons le dialogue, on
trouve des syndicalistes, des salariés, des jeunes, des voisins, des collègues
qui partagent ou sont intéressés par nos analyses, nos idées.
On ne peut
gagner et avancer que sur une opposition irréductible au capitalisme. Rien ne
peut faire l’économie de cette bataille. Nous le redisons sans cesse et l’expérience ne fait que le confirmer.
Il n’y a pas de raccourci dans cette lutte, serait-ce celui…de 2007. Relevons
au passage que nous sommes en 2006 et que c’est tous les jours que le pouvoir
met en œuvre sa politique. Cette façon de fixer les échéances dites
« sérieuses » à 2007 conduit à l’attentisme le plus plat.
La devise
« prolétaires de tous les pays unissez – vous » est plus que jamais
nôtre. Plus que jamais nous sommes
solidaires partout dans le monde de ceux qui mènent la lutte contre
l’exploitation, la lutte anticapitaliste, solidaires de Cuba, du peuple
Palestinien, des employés de métro New-Yorkais qui luttent pour leur
retraite.
Notre
tâche première reste donc de continuer à nous développer, à créer notre Parti
dans le plus d’endroits possibles pour
développer l’influence de nos idées, en premier lieu dans les entreprises, les
établissements d’enseignement, dans les cités.
Développer
notre Parti est une bataille de classe pied
à pied, qu’il faut mener sur la distance avec persévérance. Faire de
COMMUNISTES un grand parti national prendra forcément beaucoup de temps.
Après la disparition de l’URSS et des pays socialistes de l’Est
Européen, on ne veut surtout que l’idée d’un changement de société puisse se
redévelopper à nouveau.
Un épisode
récent au niveau européen est révélateur. Le président du Conseil de l’Europe (organisme non élu qui comprend
des parlementaires désignés de 49 pays, donc les ex-pays socialistes) a pu
proposer à cette Assemblée le 25 janvier dernier, un projet de résolution
« condamnant le communisme comme régime et invitant les gouvernements à
prendre les mesures qui en découlent vis-à-vis de ceux qui s’y réfèrent ou
oeuvrent pour changer de société et instaurer le socialisme ». Outre les
propos infamants qu’on connaît assimilant communisme et nazisme, les propos
d’un député UMP français, Jacques Legendre, déclarant « ce n’est pas parce
que l’URSS a vaincu le nazisme qu’on n’a pas le droit de condamner les crimes
du communisme » ou de cet autre UMP Bernard Schreiner « le communisme
n’a jamais été condamné à la différence du nazisme, pourtant l’ampleur de ses
crimes n’a rien à lui envier », le fond de leur résolution tenait en une
phrase : « le socialisme a supprimé la propriété privée, il est
contre les liberté » il ne faut plus jamais qu’il revienne. Il s’est
trouvé 99 titulaires sur 317 pour voter cette résolution. C’est éclairant du
niveau de la lutte de classe.
Continuons
de construire le parti révolutionnaire que nous avons créé, sans chercher à
contourner les difficultés mais au contraire en les affrontant.
Partout où nous sommes actifs, nous constatons que nombre de salariés,
de syndicalistes sont d’accord avec le discours franc et clair que nous tenons,
nombre d’entre eux sont en phase. Tenons le maximum de réunions, de
débats, en invitant largement et en proposant l’adhésion, à prendre des
contacts partout où nous le pouvons pour créer une base de notre parti.
Améliorons notre propagande. Notre journal dont on peut étendre encore la diffusion. Les tracts
que nous éditons, notre affiche. Notre site est devenu un outil précieux. Le secteur propagande s’est
engagé à ce que début mars au plus tard, on franchisse un nouveau pas :
chaque semaine un hebdo paraîtra avec, un édito et différents articles. Un
collectif se met en place pour cette réalisation. Le congrès pourra juger des
premiers résultats.
Un
fascicule comprenant les 5 cours
théoriques de base sera prêt avant le congrès. Un cycle de formation devrait
être organisé dans les départements.
En ce début d’année et de remise des cartes, il est important de
veiller au paiement des cotisations et de réfléchir à élargir les initiatives
financières. D’autant que, dans un an, les campagnes électorales s’ouvriront,
dont celle des législatives avec nos propres candidats. A ce propos, nous avons
commencé à étudier avec les départements quels candidats et candidates on
sollicite. Nous devons, c’est très important, avoir le maximum de candidats
comme en a décidé le CN, pour mener la bataille politique et proposer aux
électeurs, de voter pour notre Parti. Ce sera l’occasion de faire connaître
COMMUNISTES dans le plus grand nombre de départements.
Notre
congrès se tiendra les 9 juin à partir de 19h. et le 10 juin toute la journée (au même lieu que le 2ème congrès). Concernant
sa préparation, le Bureau National vous propose :
1-l’objectif
du congrès.
Sur la base de notre ligne fondamentale, de notre politique confirmée
par nos précédents congrès :
Comment développer la mise en œuvre de notre politique, continuer à
développer notre influence, nous implanter plus largement.
2-les
délégués.
Le rôle politique des délégués est important. Ils décideront de notre
ligne, des objectifs, éliront la direction. Il faut donc veiller à avoir une
représentation politique, des adhérents d’entreprises, d’établissements
scolaires, de quartiers populaires en veillant à la participation des femmes,
des jeunes.
3-La
préparation dans les départements
Pour aider à la préparation, à la réflexion, nous proposons un
document de quatre pages qui présentera
les idées essentielles. Il sera, si nous sommes d’accord, discuté et adopté au
Comité National début avril.
Il faudra, réunir les adhérents, bien organiser la discussion
politique, élire les collectifs de direction, désigner les délégués.
Partout où l’on peut, on organisera des réunions ouvertes, des débats.
4-les
cadres
Les départements feront leurs propositions pour le futur Comité
National.
Le Comité National dans une réunion en mai, fera le point des cadres.
5 Les
finances
Un bilan financier sera présenté au congrès.
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