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Comité National 05-04-2003 – rapport introductif

 

Cela fait maintenant deux semaines que les USA et les Britanniques ont déclenché leur guerre d’agression contre l’IRAK avec toutes ses horreurs : les morts, les blessés, les destructions. Les troupes avec les blindés envahissent le pays.

 

Les raisons de cette guerre et la position de la France :

 

Posons-nous la question : cela aurait-il eu lieu si l’URSS et les pays de l’Est existaient encore ? Si des partis communistes révolutionnaires puissants étaient encore présents en Europe et ailleurs ?

Ce qui est sûr, c’est que la disparition de l’URSS et des pays de l’Est (quels que soient leurs défauts et ils en avaient) ont été une très grave défaite pour les peuples du monde entier. Et que ce qui se passe aujourd’hui, en IRAK et dans le monde entier, en est la conséquence. A la lumière des évènements actuels on mesure encore mieux toute l’importance de la révolution d’octobre 1917, le rôle extraordinaire qu’a joué l’URSS pour l’émancipation des peuples et la défense de la paix  face à la puissance militaire des Etats impérialistes avec à leur tête les USA. Que seraient devenus le Vietnam, la Corée du Nord, Cuba et même la Chine sans l’existence de l’Union Soviétique ?

Je rappellerai qu’en 1955, à BANDUNG en INDONESIE, s’est tenue une conférence mondiale où 29 pays d’Afrique, d’Asie et d’Océanie représentant 60% de l’humanité ont condamné le colonialisme et l’impérialisme et affirmé leur volonté d’émancipation. L’Union Soviétique et la Chine ont joué un grand rôle dans la préparation de cette conférence.

De nombreux autres exemples illustrent la lutte que l’URSS et les Etats de l’Europe de l’Est, la Chine, ont menée contre l’impérialisme, contre le colonialisme et pour la Paix.

 

Depuis 1991 nous sommes entrés dans une période bien différente où le capitalisme règne sans partage sur pratiquement le monde entier, où on assiste à un nouveau partage du monde entre les groupes capitalistes mondiaux et les états à leur service. Oui la disparition des pays socialistes a été un coup terrible porté aux peuples du monde entier !

 

Dès la disparition de l’URSS les Impérialistes se sont rués sur la Yougoslavie, sur les pays de l’Est etc… Et depuis, la main-mise du capitalisme sur les peuples s’étend, sa domination se renforce.

L’agression en IRAK n’en est hélas que l’épisode le plus récent. Vous savez que l’IRAK est une position stratégique au Proche –Orient, d’abord de par ses ressources (pétrole  - hydrocarbures) mais aussi parce que l’IRAK permet la domination politique et économique de toute la région. Les USA affichent d’ailleurs leur intention de s’attaquer à tous les régimes alentour opposés à leurs intérêts, d’abord l’Iran et la Syrie, aussi la Palestine.

 

Cette volonté hégémonique des USA se manifeste aussi dans d’autres parties du monde. Par ex : leur volonté de renforcer leur domination sur toute l’Amérique, d’empêcher toute évolution au Vénézuéla, au Brésil ; leur pénétration accrue dans l’Afrique de l’Ouest pétrolière, les pressions sur l’Algérie pour l’insérer dans un accord de libre échange spécifique avec les USA.

 

C’est pourquoi aussi ils veulent profiter de la guerre en Irak pour régler à leur avantage la question de la PALESTINE. Avec l’aide de SHARON qui est leur allié  ils veulent régler un plan qui donnerait la victoire à Israël et installerait en Palestine un régime à la solde des USA.

 

Mais, pour puissants qu’ils soient, les USA n’ont pas les moyens de dominer le monde entier à eux seuls. Il y a d’autres états capitalistes, ils doivent faire face aux rivalités d’autres groupes capitalistes non américains.

Ce qui se passe aujourd’hui en Europe est éclairant. Les groupes capitalistes des états « Européens » travaillent à construire un grand ensemble, avec l’élargissement à treize nouveaux pays, les pays des Balkans ex socialistes, la Turquie, avec la mise en place d’un pouvoir politique et d’une défense commune Européenne. Mais tout cela ne se fait pas sans contradictions, sans soulever de grands problèmes entre les groupes capitalistes, entre les états de cette région. Ca ne se construit pas sans que des conflits d’intérêts apparaissent et se développent. Par ex : les ex pays socialistes se tournent vers l’Europe pour leur développement économique et vers les USA pour leur sécurité militaire (d’où leur soutien à Bush pour la guerre en Irak).

 

Il y a bien sûr des conflits pour la conquête du leadership en Europe. Qui dirigera ? Entre la France, l’Allemagne, l’Angleterre et demain la Turquie, voire d’autres, les rivalités vont s’aiguiser. Ajoutons que les Américains, par la masse énorme de leurs capitaux investis en Europe et par l’intermédiaire de l’OTAN ont une position très forte en Europe.

Les rivalités entre capitalistes mondiaux s’étendent aussi et de plus en plus, vers l’Asie. Avec la Chine qui d’ici vingt ans sera devenue une très grande puissance mondiale. Avec l’Inde en plein développement, avec l’Indonésie etc…

 

De plus en plus les capitaux sont imbriqués dans des grandes sociétés multinationales à la fois aux USA, en Europe, en France, en Asie etc… Par ex : TOTALFINAELF compte parmi ses actionnaires les grands fonds de pension anglo – américains. Dans le contrat « pétrole contre nourriture » en Irak, depuis 1998 les entreprises américaines ont passé via leurs filiales françaises des contrats pour 335 millions de dollars et des entreprises françaises vendant des produits américains ont passé pour 160,7 millions de dollars de contrats.

A l’intérieur des USA il y a 30 à 40% d’investissements étrangers. Il y a en France 40% d’investissements étrangers.

La rivalité des états capitalistes pour le partage des zones d’influence dans le monde entier est très forte. La guerre en Irak est le produit de cette rivalité. Cette bataille d’intérêts inter-impérialiste se durcit. C’est pourquoi après l’IRAK il y aura d’autres sources de conflits.

 

Vous avez remarqué qu’en Irak, la bataille pour « la reconstruction » du pays est déjà engagée entre groupes et états capitalistes. Par ex : en Irak, avant la guerre, Totalfinaelf, Alcatel, Renault pour les camions, Peugeot pour les voitures, avaient des contrats. Comme par hasard, ces jours-ci, le MEDEF tient une réunion pour étudier comment les groupes français pourraient pénétrer en Irak soi-disant pour assurer sa « reconstruction » via l’ONU. Ils ne veulent pas perdre de temps. CHIRAC a déjà déclaré : « il faudra qu’on s’associe pour réparer les dégâts…La France aura bien évidemment sa place ». Les quinze chefs d’états de l’Union Européenne, réunis le 20 mars au début de la guerre en Irak, ont adopté un texte (qui a été signé par Chirac) qui ne remet nullement en cause l’agression américaine et ne demande pas l’arrêt du conflit. Il parle de l’après guerre et de la ruée sur les richesses qui s’en suivra.

La concurrence entre les groupes capitalistes est vive, mais leurs intérêts de classe prennent le dessus quand il s’agit d’exploiter les peuples. Mais que ce soit directement comme vont le faire les USA, ou sous couvert de l’ONU comme certains états européens le veulent, l’occupation de l’IRAK n’a pas pour but la liberté et la démocratie pour le peuple. Combien de victimes, combien de destructions fera cette agression criminelle contre le peuple irakien ?

 

La lutte contre l’agression américaine a pris une grande ampleur. Partout dans le monde y compris aux Etats – Unis, des millions de femmes et d’hommes exigent l’arrêt de cette agression. Il est à noter que dans des pays comme l’Inde, le Pakistan, l’Indonésie, l’Egypte, l’Afrique du Sud… des centaines de milliers de manifestants agissent.

En France, partout où nous sommes organisés « Communistes » tient bien sa place dans ces manifestations. Nous sommes présents avec des tracts, avec nos badges, nos banderoles. Nous ferons encore plus, car la lutte pour la Paix prend une importance nouvelle pour arrêter l’agression impérialiste. La lutte pour la paix est une lutte anticapitaliste.

 

La position  de CHIRAC

 

C’est une position de classe. Derrière BUSH, derrière CHIRAC il y a de grands groupes capitalistes, pétroliers et autres, qui s’affrontent férocement pour mettre la main sur de nouvelles sources de profits. La querelle Chirac – Bush n’est rien d’autre qu’une querelle d’exploiteurs capitalistes. Certes les rivalités d’intérêts capitalistes sont bien réelles entre eux mais il n’y a pas de désaccord de fond.  CHIRAC, au cours d’un déjeuner avec ses amis à l’Elysée mercredi, a déclaré : « Il n’y a pas de doute sur le fait que les Américains sont nos alliés et nos amis…Français et Américains sont dans la même barque…S’il peut y avoir dans cette embarcation des « soubresauts » cela n’atteint pas l’essentiel ».

 

La position actuelle de Chirac lui permet d’espérer acquérir une position plus forte dans les pays arabes, au Proche Orient mais aussi en  Afrique. Son récent voyage en Algérie était dans ce but.

En mai se tiendra à Evian le sommet du G8 où ils se retrouveront tous ensemble, comme d’habitude.

Il faut combattre cette sorte d’union sacrée derrière Chirac, organisée par tous les partis politiques qu’ils soient de droite, de gauche ou d’extrême gauche.

 

Un mot sur le rôle des médias :

 

A propos de l’Irak, on vérifie à quel point ils sont au service du capitalisme. Que ce soit la presse écrite, la radio, la TV, aucun d’entre eux n’aborde la vraie, la seule raison de l’agression US en Irak : l’exploitation du peuple irakien, le pillage de ses richesses et derrière cela, la domination du monde. Alors qu’on massacre la population, qu’on détruit un pays, ils présentent les agresseurs américains comme des libérateurs.

 

On vérifie à quel point notre journal « COMMUNISTES » est utile et que nous devons multiplier sa diffusion. Nous devons continuer à rétablir la vérité, éclairer le fond de ce qui se passe en Irak. Nous, sommes les seuls. Il faut montrer qu’on défend l’intérêt national en défendant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le droit à l’indépendance nationale. Sur nos positions nous avons de l’écoute, nos tracts sont bien accueillis. Nous devons continuer à être présents partout.

 

La situation en France

 

RAFFARIN a confirmé jeudi 3 avril que le gouvernement ira jusqu’au bout de ses objectifs et vite : « je tiendrai le calendrier, je ferai trois réformes structurelles » a-t-il dit. J’insiste sur le mot structurel.

 

La retraite.

 

Le calendrier est fixé : conseil des ministres le 6 mai – discussion et vote au parlement terminé avant le 14 juillet. Le contenu est connu et porte très loin : liquider le système actuel et faire payer la retraite par les salariés comme une assurance privée.

Comme ils ne peuvent pas y parvenir totalement d’un seul coup, ils veulent avancer par étapes, faire le point tous les cinq ans dit RAFFARIN, mais c’est dès la première étape, l’étape actuelle qu’il veut faire sauter les garanties essentielles. Le projet du gouvernement pose les bases du changement de nature du système :

-Il confirme les modalités de la réforme Balladur jusqu’en 2020, ce qui signifie une baisse du niveau de la retraite de 20% au moment du départ. Cela permet la remise en cause effective du droit  à la retraite à 60 ans. Le taux bien trop faible ne permettra pas de partir, il faudra travailler plus longtemps pour augmenter son droit à la retraite. A cet effet il veut créer un système incitant à continuer de travailler.

-Il prévoit un système d’épargne, de capitalisation, pour « compléter » son revenu.

-Il prévoit l’alignement du régime du secteur public sur le privé d’ici 2007.

 

Jeudi 3 avril il y a eu des manifestations puissantes dans toute  la France contre les projets du gouvernement, pour défendre et améliorer le système actuel des retraites. Cela prouve la volonté de lutte. C’est un point d’appui précieux pour faire grandir l’action. Il en faudra bien plus encore pour faire reculer patronat et gouvernement. L’attaque est globale et rapide. La riposte doit être puissante et globale sans perdre un instant.

La responsabilité des organisations syndicales est engagée. La CFDT n’était pas dans l’action le 3 avril. Elle affirme que le gouvernement reprend l’essentiel des principes inscrits dans la déclaration unitaire du 6 janvier signée par toutes les organisations syndicales. Ce qui confirme s’il en était besoin, l’urgente nécessité de sortir de cette concertation – impasse dans laquelle toutes les centrales syndicales se sont engagées. Urgente nécessité aussi d’abandonner cette plate-forme minimale qui n’a fait que fortifier l’argumentation du gouvernement et ne peut qu’affaiblir la riposte.

 

Pour porter la riposte au niveau exigé par cette attaque d’envergure, il faut appeler partout à l’action et au rassemblement sur des mots d’ordre qui expriment les revendications des salariés et les défendre sans compromis aucun vis à vis des représentants de l’état ou du patronat.

 

La réforme du Système de Sécurité Sociale :

 

Elle doit venir dans la foulée. Elle doit être achevée pour la fin de l’année. Là aussi, ils veulent que les gens paient eux-mêmes pour se soigner par le biais des assurances privées et des mutuelles, de plus en plus alignées sur ces assurances. Ils vont encore réduire les remboursements. Là aussi l’attaque est d’envergure.

 

La décentralisation de l’état est mise en route :

 

La modification de la constitution a été votée par le Parlement. Les lois d’application qui en découlent sont en préparation. Ils prévoient le transfert des pouvoirs économiques vers les régions qui gèreront les finances en liaison avec les fonds européens, l’emploi, la santé, l’éducation, la formation, la culture etc…

Le transfert des fonctionnaires vers les régions facilitera la casse des statuts nationaux et permettra de réduire considérablement les effectifs. L’objectif de RAFFARIN est de ne remplacer qu’un  sur deux  des départs en retraite (40% des fonctionnaires partiront en retraite d’ici 2010).

Les pouvoirs politiques des régions seront évidemment renforcés.

 

Rappelons que les élections européennes de 2004 se feront par région qui pourraient être regroupées. Leur objectif est d’arriver à sept régions plus une pour les DOM. Huit régions rattachées à l’Europe et dépendant d’elle de plus en plus, en attendant d’en dépendre exclusivement. C’est la casse de la nation qui est en route.

Rappelons aussi que le mode de scrutin pour les élections régionales de 2004, à deux tours avec l’obligation de 10% des suffrages exprimés au 1er tour pour se maintenir au second, a pour but d’éliminer la contestation démocratique, de favoriser l’alternance sans risque pour le capital et que nous devons donc développer la campagne pour le scrutin proportionnel.

 

Par ailleurs, les privatisations des grandes entreprises publiques se poursuivent : EDF-GDF, la SNCF, la Poste, Air-France etc…

 

Le gouvernement opère des coupes énormes dans les dépenses publiques sauf pour les budgets de l’armement et de la police, et en même temps RAFFARIN a confirmé qu’il allait encore donner des milliards de nouveaux cadeaux au patronat par le biais des allègements d’impôts et de charges sociales.

 

L’emploi continue de reculer. Les fermetures d’entreprises, les licenciements, les réductions massives, les plans sociaux s’accumulent. Le chômage est en augmentation et la précarité du travail se développe.

 

Le pouvoir d’achat continue de reculer. Le gouvernement donne l’exemple en n’augmentant pas les salaires. Il veut continuer avec le patronat à baisser de qu’ils appellent « le coût du travail ».     

 

On va vers une exploitation accrue, vers une aggravation considérable de la situation du peuple. Seule la  lutte résolue du plus grand nombre peut les faire reculer et imposer des revendications. Ces dernières semaines il y a eu des luttes : les retraites, les cheminots, les enseignants, des luttes dans des entreprises, de la métallurgie comme dans le Nord - pas-de-calais, dans d’autres secteurs, pour l’emploi, les salaires.

 

J’en viens au congrès de la CGT

 

Le coup très rude  porté au mouvement révolutionnaire dans le monde avec la disparition de l’URSS, avec celle des partis communistes révolutionnaires dans le monde, la disparition du PCF comme parti révolutionnaire en France, ont eu comme conséquences que le terrain de la collaboration de classe s’est élargi, que le réformisme a grandi.

Le capitalisme s’appuie sur le recul de la conscience de classe de la classe ouvrière et des salariés. Il a besoin pour atteindre ses objectifs d’achever de casser ou d’intégrer tout ce qui peut subsister d’organisation révolutionnaire. Il a besoin en France, d’intégrer l’ensemble du syndicalisme. Sans aller jusqu’à dire qu’il est arrivé à ses fins, il nous faut bien constater que depuis ces dernières années, il avance dans cette direction..

 

Le poids de la CGT dans la syndicalisation a  reculé (elle annonce 685.000 adhérents, la CFDT en annonce 800.000) en même temps qu’elle s’adapte à l’évolution du capitalisme. Ce n’est plus l’époque où la CGT, premier syndicat et de loin comptait 2.500.000 adhérents !

 

Le congrès de la CGT s’est tenu dans cette situation qu’il faut avoir présente à l’esprit.

 

Le résultat est sans surprise

La direction a fait faire au syndicat un pas de plus, un pas important vers la collaboration de classe. Dès l’ouverture, le rapport de B. THIBAULT a situé l’orientation : on n’y trouve aucune analyse de la situation économique, sociale, politique. Aucune analyse des causes de la situation actuelle et des responsabilités du capitalisme et des gouvernements. Pas une seule fois les mots : capitalisme – exploitation – lutte de classe. Pas un mot sur les salaires. Il intègre la CGT à l’Europe capitaliste. D’ailleurs un de ses dirigeants deviendra membre du secrétariat de la CES le mois prochain au congrès de cette organisation qui se tiendra à Prague.

L’absence de débat général de fond, remplacé par des résolutions qui morcelaient les questions et, dans le déroulement même du congrès le débat stoppé dès qu’il surgissait à partir des réalités (épargne salariale, CES, statut du salarié…) confirment  la volonté d’accentuer l’orientation réformiste.

 

Après le congrès, il y a d’un côté la direction qui s’appuie sur le recul de la conscience de classe chez les salariés et donc aussi chez les syndiqués CGT. Mais il y a aussi et c’est très important, des syndiqués et au-delà des travailleurs, qui n’admettent pas cela, des syndiqués et des travailleurs qui veulent se battre et qui veulent un syndicat qui soit un outil à leur service pour leur permettre de lutter efficacement contre le patronat. On a pu s’en rendre compte pendant le congrès, bien que l’essentiel des délégués aient été triés sur le volet. Ex: les 25% qui n’ont pas voté les trois premières résolutions et le rapport d’activité, les débats amorcés sur l’épargne salariale, le statut du salarié, la CES…, l’appel pour le 3 avril même si le contenu contourne des questions telles que les régimes particuliers ou les 37 ans ½.

Il y a une avant-garde qui a compris ce qui se passe. C’est sur cette avant-garde que nous voulons nous appuyer. C’est une bataille de longue haleine dont nous ne connaissons pas l’issue.

 

Comment voir la suite du combat ?

 

Il faut parler à tous ceux là qui constituent l’avant-garde, à tous ceux qui veulent lutter efficacement et au-delà d’eux au plus grand nombre de travailleurs.

La question : est-ce qu’on accepte notre situation ou est-ce qu’on lutte pour la changer ? Se pose dans la réalité quotidienne. C’est parce qu’on subit l’exploitation capitaliste qu’on est amené à agir contre. C’est à partir d’elle que la conscience de classe se forme et grandit, c’est à partir d’elle que le besoin d’une CGT de lutte de classe apparaît.

Dans ce combat, il y a bien sûr la responsabilité des militants syndicaux dans leurs organisations.

Mais il y a notre responsabilité comme parti politique. Nous devons donner notre avis, prendre position chaque fois que nous pensons qu’il est nécessaire de le faire. Nous le faisons, nous, continuerons de le faire, guidés par le seul souci que la conscience de classe grandisse chez les salariés. Car c’est de la masse des salariés que dépend l’issue du combat que nous avons engagé.

 

Quelques mots à propos du gauchisme.

 

Sur le terrain politique, cet opportunisme de gauche a récupéré une partie du terrain de la contestation laissée libre par le PCF. LO, LRC et PT ont fait 11,5% au premier tout des présidentielles. (nous reviendrons ultérieurement sur cette question mais je voudrais me limiter aujourd’hui à aborder celle de leur rôle dans la CGT). S’implanter solidement dans le syndicalisme les intéresse au plus haut point. Ils dirigent des syndicats FO, à la FSU, ils ont créé SUD etc… Ils se sont organisés de plus en plus à la CGT et agissent pour occuper des postes dirigeants. Ils bénéficient d’appuis occultes ou déclarés très importants, dans le PS en particulier, dans les médias (toute la presse, la TV, radio… sont truffés de gauchistes). Ils sont présents dans de nombreuses organisations.

Ils ont depuis longtemps constaté l’abandon progressif des positions de lutte de classe de la CGT et ils veulent parvenir à occuper des postes clés dans ce syndicat. Ne nous y trompons pas, ce n’est pas dans le but de garder à la CGT son caractère révolutionnaire. Sous des formules ultra – gauche on retrouve la collaboration de classe mise au goût du jour. A ce propos, nous savons que les critiques qui se sont manifestées au congrès de la CGT ne sont pas toutes de même nature, qu’elles en sont même parfois très loin. Nous ne sommes pas dupes et nous suivrons notre chemin : lutter pour qu’il y ait en France un syndicat révolutionnaire. Je redis avec force qu’il ne saurait être question de nous allier avec n’importe qui pour faire n’importe quoi.

N’oublions pas que sous le verbiage révolutionnaire de ceux là il y a l’opportunisme. LENINE disait à leur propos : « il faut se méfier de la phrase révolutionnaire ».

 

Notre document : syndicalisme et lutte de classe, est un élément fort de ce combat. C’est un document de référence, fait pour les années à venir. Reprenons une 2ème étape de sa diffusion et organisons des discussions, des rencontres autour de cette question.

Bien entendu il est essentiel que vous donniez votre avis sur ces questions.

 

Un mot court sur les partis politiques

 

Le PS tiendra son congrès en mai. Celui du PCF se tient en ce moment. Sur le fond, ils cherchent chacun à leur manière à reprendre l’initiative pour préparer l’alternance sans changer de politique, lors des prochaines élections. C’est le cas aussi des Verts, de la LRC qui cherche à se placer comme opposant officiel tout en cherchant des alliances en vue des élections. Un mot sur les groupes dits « opposants » à l’intérieur du PCF. Vous l’aurez constaté, ils sont intégrés avec  leur place y compris dans la direction. Le PCF a instauré les tendances de fait. On mesure combien on a bien fait de ne pas perdre de temps à s’agglutiner avec tout ça.

 

 

Le Front National va tenir son congrès.

Il faut constater qu’il continue à développer son influence en s’appuyant sur la situation sociale. Il prépare les élections de 2004 et il espère tirer profit du mode de scrutin là où il a des forces. Il est dangereux. Nous devons continuer en permanence à le dénoncer en montrant que c’est une organisation du capital. Par ex : sur la retraite, le journal a expliqué que Le Pen est d’accord avec le MEDEF et le gouvernement.

 

 

« COMMUNISTES » dans cette situation :

 

Le 17 mai lors de notre réunion publique nous parlerons de toutes les questions que je viens d’évoquer, de grandes questions politiques qui concernent de près tous les travailleurs. Des camarades, des sympathisants de toutes les régions se retrouveront pour échanger leurs expériences.

Ce sera notre première réunion nationale, une réunion qui doit, faire date.

Beaucoup d’échos très intéressants montrent que ça se prépare, qu’on s’apprête à venir. Vous direz ce que vous en pensez, comment ça se prépare. Ce sera un succès. Qu’il soit plus ou moins grand dépend de chacun de nous. C’est notre tâche première jusqu’au 17 mai.

 

En même temps, nous devons intervenir de plus en plus sur les questions politiques. Il faut tenir tous les créneaux, l’IRAK, la situation en France.

J’ai parlé du rôle des médias, des idées véhiculées par les partis politiques. La bataille politique et idéologique est capitale, c’est notre tâche essentielle si nous voulons contribuer au développement des luttes.

Des gens sont en phase avec nous. On le voit partout, où l’on s’exprime. Il y a de la place pour nous. Nous devons améliorer encore, en faisant plus de textes pour les camarades, à mettre sur notre site, avec le journal.

 

Nous devons également continuer à nous structurer, à prendre des contacts dans les entreprises, les quartiers, pour tenir de mieux en mieux notre place dans la vie nationale. Quand nous persévérons ça finit toujours par payer, il y a des adhésions, vous en parlerez. On crée de nouvelles bases comme dans l’Oise dans une entreprise de la Chimie et aux alentours, avec plus de 20 camarades.

Dans beaucoup d’endroits nous avons une activité plus régulière sur tous les plans et ça donne des résultats.

 

On avance pas à pas dans une bataille intense mais on avance.

 

Des militants se forgent dans l’activité politique. Certains départements ont commencé des initiatives d’éducation. Le Bureau National a discuté de l’éducation. A la rentrée nous aborderons cette question lors d’un CN.

 

Voilà, chers camarades, les questions que j’étais chargée d’aborder.

 

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