
Comité National 05-11-2011 – rapport introductif
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Cher(
e)s camarades, Quel est l’état du monde capitaliste
aujourd’hui La crise mondiale du capitalisme qui
a connu une phase plus aigüe en 2008 est entrée dans une nouvelle période.
Quelles ont les principales caractéristiques ? Depuis 2009 le Produit Intérieur Brut (PIB) de tous les pays du monde a
stagné ou régressé pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale… La production mondiale a chuté de 20%. Les pays émergents, la Chine,
l’Inde, s’ils ont encore des taux de croissance importants, enregistrent eux
aussi un ralentissement réel. Les pays du Sud Est asiatique annoncent 6% de
croissance en 2011 au lieu de 7,5% en 2010. La Chine voit ses exportations
ralentir, le Brésil aussi. Le commerce mondial a ralenti. Le chômage grandit
presque partout. La crise non seulement n’a pas été réglée mais pèse de plus en plus
lourdement à la fois, sur le développement de la production mondiale, sur les
relations internationales et avant tout sur la vie et les aspirations des
peuples de la planète. La cause fondamentale nous l’avons rappelé dès 2008, c’est le
capitalisme dont le moteur est la recherche permanente du profit maximum par
l’exploitation sans cesse accrue des travailleurs et des peuples à l’échelle
mondiale. Nous devons à Marx cette découverte capitale que la crise est le mode
même d’existence du capitalisme. De nos jours, sa crise a atteint une dimension planétaire puisque le
développement du capitalisme au stade de l’impérialisme est aujourd’hui
globalisé. Dès 2008, les principaux capitalistes ont mobilisé des milliers de
milliards pour permettre aux banques et aux multinationales de repartir. Ils
se sont endettés énormément pour assurer le maintien du capitalisme et son
développement dans des conditions toujours plus compliquées. Qui a payé ? Les peuples qui doivent subir les plans
« d’austérité » que nous connaissons. Car, pour assurer leurs
profits, les capitalistes n’ont qu’un moyen, celui que Marx a découvert et
mis en évidence il y a maintenant plus d’un siècle et demi : faire
baisser le coût de la force de travail le plus possible. La spéculation est devenue de plus en plus l’élément de base du
capitalisme mondial, c’est une « industrie » florissante. Les
grandes entreprises industrielles comme les banques, les assurances spéculent
à grande échelle. En 2010, le montant du seul marché mondial des produits
dits « dérivés » c'est-à-dire spéculatifs dans des contrats
négociés de gré à gré entre organismes financiers a été de 600.000 milliards
de dollars (10 fois le PIB mondial). Les multinationales et les banques annoncent des profits en hausse. Aux
USA les profits des plus grandes entreprises ont atteint 800 milliards de
dollars en 2010, elles annoncent des hausses de 10 à 15% en 2011. En France
les entreprises du CAC40 ont affiché 83 milliards d’euros en 2010 (le double
de 2009). Au premier semestre 2011 elles annoncent des profits en hausse,
plus de 40 milliards et elles disposent de 170 milliards de trésorerie. Total
annonce 3,3 milliards d’euros de profit pour le 3ème trimestre
2011 en hausse de17%. A elles seule, 30 des plus grandes entreprises
capitalistes mondiales, dont 5 françaises, totalisent plus de 219 milliards
de dollars de profits annuel. Nous vivons une nouvelle fuite en avant devant la crise devenue
mondiale. C’est à cette nouvelle étape que le capitalisme doit faire face
aujourd’hui. C’est ce qui a été au coeur du G20qui vient de se terminer à Cannes. Le
G20 représente 85% du commerce mondial et plus de 90% du PIB mondial. La
Banque mondiale et le FMI y participent. Pour faire face à cette nouvelle
étape de sa crise, le
G20 capitaliste vient d’établir un plan de bataille contre les peuples du
monde entier. La déclaration finale demande
aux Etats de renforcer leurs plans d’austérité. Les patrons des pays du G20 –
baptisés B20- étaient à Cannes. Ils ont remis au G20 un rapport qui préconise
plus de rigueur budgétaire et plus de flexibilité du travail. Ils sont en
phase avec les chefs d’Etats. C’est la conclusion que nous tirons de cette
réunion. Tout cela se déroule dans un monde
qui change à toute allure. En 10 ans, la part des pays capitalistes émergents dans l’accumulation
des richesses mondiales a grandi énormément. Ces pays, Chine en tête ont
accumulé 6.200 milliards de dollars de réserve. La Chine à elle seule a
2.648milliards. Dans le même temps, la dette des Etats-Unis augmentait de 8.000
milliards à 12.000 milliards de dollars. Celle de l’Europe grimpait à 4.000
milliards de dollars (3.000 milliards d’euros). Le rapport des forces se modifie. Les grands pays capitalistes
connaissent aujourd’hui un certain état de dépendance vis-à-vis des pays
émergents, la Chine, l’Inde… Par exemple, l’Europe fait appel à la Chine pour
un fond de garantie. La Chine est intéressée car l’Europe constitue un
contrepoids à l’hégémonie américaine et elle est le premier marché pour les
produits chinois (elle exporte en Europe pour 380 milliards de dollars (275
milliards d’euros) de ses produits chaque année) mais il est évident qu’elle
va demander des contreparties. La concurrence entre pays capitalistes
s’aiguise fortement. D’autres pays émergent et veulent à leur tour jouer un
rôle économique et politique. Un exemple : La Turquie – 77 millions
d’habitants – connaît une croissance de plus de 10%. Elle joue déjà un rôle
important dans tout le Moyen-Orient et le Maghreb. Nous avons eu déjà l’occasion de parler des pays d’Amérique Latine et
de la Russie. Ajoutons le Vietnam et ses 80 millions d’habitants, les pays
arabes dont nous reparlerons. Quand l’URSS et le socialisme dans
les pays de l’Est Européen ont disparu, tous les
promoteurs du capitalisme proclamaient que l’entrave au développement de
l’humanité disparue, celle-ci allait connaître une histoire nouvelle dans la
paix. 20 ans après, le constat : C’est une bataille entre géants du monde capitaliste, une exploitation
sans limite, dans le monde entier, des conflits meurtriers. *D’un côté les profits fabuleux des multinationales qui dirigent le
monde *De l’autre : -L’OIT (Organisation Internationale du Travail) estime que le monde
compte plus de 200 millions de sans- emplois dont 80 millions de jeunes. -Plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim (1 sur 7) mais
les grandes sociétés de l’agro-alimentaire contrôle 1/3 des ressources et
font des profits astronomiques. Chaque année, des centaines de milliers
d’êtres humains meurent de la famine qui leur est imposée. Pourtant les
spécialistes estiment que dans son état actuel, l’agriculture mondiale pourrait
nourrir sans problème 12 milliards d’êtres humains. C’est la concurrence capitaliste pour l’exploitation des ressources de
la planète. Aujourd’hui les ressources sous-marines sont convoitées. On voit les
grandes manœuvres en Antarctique relancées par la Russie, alors qu’en 1991 un
protocole avait été signé par 48 Etats pour protéger cette région du globe
des risques pour le climat. L’ouverture à la prospection des richesses
connaît des tensions sans limites entre les puissances capitalistes. Il faut
gagner partout, par tous les moyens de nouvelles sources de profits. C’est l’exigence du capitalisme pour son développement. Le capitalisme c’est la guerre On sait que les groupes capitalistes qui se livrent une lutte acharnée
pour la conquête des marchés, le contrôle économique, politique, ont
déclenché des guerres. On sait aussi le rôle que l’URSS et l’existence des pays socialistes de
l’Est Européen ont joué en freinant les appétits capitalistes, en apportant
un point d’appui puissant aux Mouvements de Libération Nationale et en
contribuant fortement au maintien de la paix mondiale. On sait que dès la fin de l’URSS et des pays socialistes, les pays
impérialistes sont intervenus aussitôt en Europe et ailleurs pour établir
leur domination partout où c’était possible. Aujourd’hui la rivalité capitaliste s’exerce partout, on le voit avec
ce qui se passe en Libye, en Tunisie, en Egypte, dans des pays d’Afrique. Tout est devenu la cible de l’appétit des grands groupes capitalistes
et de leurs Etats. Tout –la conquête des marchés, l’exploitation et le transport des
ressources, les fonds marins, l’eau, les réseaux informatiques etc… - devient
de plus en plus la source de différends énormes pouvant aller jusqu’à un
nouveau conflit mondial. Un exemple : les USA installent leur bouclier
antimissiles aux portes de la Russie et de l’Asie. Ils ont donné à leur
croisade contre l’Iran un tour carrément agressif. La Turquie vient de donner
son accord à un dépôt du bouclier antimissiles sur son territoire. Des armes nouvelles de plus en plus sophistiquées sont utilisées dans
les guerres dites « locales ». On a vu l’utilisation des drones en
particulier en Libye. 90 pays dont la France en sont équipés. A elle seule
l’armée américaine en détient 7.000. Il y a dans ce qu’on nomme le cyberespace, les attaques informatiques
capables de prendre le contrôle de systèmes stratégiques. Il existe plus de 25.000 armes nucléaires dans le monde. Selon l’étude
de deux instituts indépendants, les 9 pays qui possèdent l’arme nucléaire – Les USA, la Russie, la Grande
Bretagne, la France, la Chine, Israël, l’Inde et le Pakistan, dépenseront pour leur entretien 1.000 milliards de dollars auquel il
faut ajouter les dépenses pour le renouvellement. Actuellement les USA
dépensent chaque année 61 milliards de dollars, la France 6 milliards. Rappelons que les budgets de la défense sont, aux USA de 722 milliards
de dollars, en Chine de 135 milliards, en France de 43 milliards, en
Allemagne de 42 milliards Les ventes d’armes ont atteint 401 milliards de dollars (297 milliards
d’euros) en 2011. Elles ont progressé de 59% entre 2002 et 2010. La France
est le 4ème pays exportateur. Partout dans le monde les dangers de guerre ont grandit. Mais en même temps l’opposition des
peuples à l’exploitation capitaliste grandit dans le monde entier. A l’origine de ce qui se passe dans les pays du Maghreb et du Moyen
Orient, il y a d’abord la lutte des populations pour leurs revendications
sociales et pour l’exigence d’une autre politique qui les satisfasse. Dès le
déclenchement nous avons dit qu’il s’agissait d’une lutte qui n’en est qu’à
ses tout débuts. On peut voir aujourd’hui toutes les tentatives de
récupération et de détournement qui sont à l’œuvre. On peut constater que partout dans le monde les salariés et les peuples
agissent pour les salaires, les conditions de vie. Que ce soit en Chine, en
Inde, en Thaïlande au Bangladesh, au Viet Nam et même aux USA. Dans les pays européens notons d’abord la lutte du peuple grec auquel
nous disons toute notre solidarité. On lutte aussi en Espagne, en Angleterre,
en France et dans d’autres pays. Des luttes qui pourraient être bien plus
fortes si le syndicalisme européen ne les freinait pas en se comportant comme
un partenaire « loyal » du capitalisme européen. Elles seraient
bien plus fortes si les partis politiques ne jouaient pas à fond le jeu de
l’alternance dans le capitalisme que ce soit en France, en Italie, en Grèce
et ailleurs. Le mouvement des « indignés » a manifesté le 15 octobre dans
plus de 1.000 villes de 65 pays. La jeunesse qui lutte pour un emploi, contre
la pauvreté, pour un niveau de vie décent et des libertés démocratiques était
très présente. Qu’adviendra-t-il de ce mouvement ? Pour le moment il est
aisément « récupéré » par les partis de la bourgeoisie. Qu’en
sera-t-il demain ? Il y a la lutte du peuple palestinien, qui vient d’obtenir son
admission à l’UNESCO, pour un état indépendant Il y a les évolutions dans des pays d’Amérique Latine pour le progrès
social et l’indépendance vis-à-vis des USA. Il y a l’existence de Cuba qui se bat pour le développement de son pays
en toute indépendance. Avec toutes ces luttes dans le monde
entier, nous en sommes au tout début d’une phase nouvelle de la lutte des
classes à l’échelle mondiale. Cette lutte ne peut que se développer, que
continuer à s’élargir. C’est une lutte qui sera longue, avec des succès mais aussi des échecs.
Nous sommes au tout début d’un mouvement qui grandira. Il grandira jusqu’à
libérer les forces productives, abattre le système capitaliste qui est un
obstacle au développement de l’humanité et construire une société socialiste
au service du peuple. Mais nous savons tous ici, que beaucoup de temps
passera avant que cela se réalise. Des luttes quotidiennes anticapitalistes des peuples, partout dans le
monde sont indispensables. D’abord pour faire reculer le capital et ensuite
pour préparer des luttes plus grandes. Permettez- moi de rappeler ce qu’en disait MARX dans « salaire,
prix et profit » en 1865 : « si la classe ouvrière lâchait
pied dans son conflit quotidien avec le capital, elle se priverait
certainement elle-même de la possibilité d’entreprendre tel ou tel mouvement
de plus grande envergure ». Voyons l’exemple des travailleurs et le peuple grec. Par lutte résolue
contre les conditions de vie qui leur sont faites, ils ont contraint le 1er
Ministre socialiste à décider qu’un référendum aurait lieu. C’est une
victoire importante, à mettre à l’actif de leur action de masse, une action
de masse très puissante qui a fait plier le gouvernement et tous ceux qui le
soutiennent. Le Parti Communiste de Grèce joue un rôle important dans cette
lutte. Les dirigeants capitalistes du G20 sont intervenus avec toute la force
qu’on leur connaît pour annuler cette décision. C’est maintenant chose faite
et Papandréou appelle à la formation d’un gouvernement gauche droite dit
d’union nationale, pour imposer au peuple le plan d’austérité. Ce qui reste,
c’est que le peuple grec continue de lutter contre le capital et les
conditions qu’on veut lui imposer. Notre CN continuera à lui témoigner notre entière solidarité dans sa
lutte contre le capital. Une délégation de notre parti doit rencontrer le
Parti Communiste grec prochainement. En France Où la crise s’aggrave très vite, le capital parle de baisser encore
plus le coût de la force de travail comme d’un « impératif
catégorique » à réaliser absolument le plus vite possible. C’est un
impératif en France comme dans tous les pays européens. Au sommet européen de
Bruxelles la semaine dernière, les chefs d’Etats Socialistes comme de Droite
se sont entendu pour accélérer les plans d’austérité. Le gouvernement veut donc prendre des mesures pour répondre à cet
impératif. Comme par hasard, c’est la direction que lui ont indiquée les
agences de notations qui menacent de rétrograder sa note. Un mot sur ces agences de notations. Ce sont des instruments à la solde des sociétés capitalistes
multinationales – créées par elles- qui exercent une pression permanente sur
les gouvernements mais surtout sur les peuples. Trois d’entre elles, 1 US –
1Franco – US, 1 Britannique, sont les représentantes de 90% du marché
capitaliste. L’agence Moodis vient d’avertir le gouvernement français et derrière
lui la France entière : peut mieux faire ! Ecoutez ce qu’en dit le
journal financier « Les Echos » : « Il faut l’écouter car
il rejoint celui de nos créanciers. On ne peut l’ignorer sachant que 60% de
notre dette est détenue par les investisseurs étrangers. Or, pour eux, nous
avons déjà perdu notre triple A ! l’Etat français n’offre plus les
meilleures garanties : il s’endette à 3% sur 10 ans contre 2% pour les
Etats-Unis qui ont été dégradés d’un cran et 1% pour le Japon qui l’a été de
quatre. Quant à l’Etat Britannique plus lourdement déficitaire mais
bénéficiant de la même note que la France, il trouve à s’endetter à seulement
de 2,5% » En lisant cela on se rend mieux compte du rôle éminent que jouent ces
agences au service du capital. Dans ce cas précis c’est l’agence Moodis qui
répand la directive « austérité et sacrifice » dans le pays avec
toute l’autorité d’un organisme hyper-sérieux ! La lutte idéologique
fait rage, ne l’oublions pas ! Austérité, sacrifice, pas de déficit au- dessous de 3% etc… Comme par
hasard on retrouve là un argument essentiel de Sarkozy et de Hollande. Sarkozy et son gouvernement ont fait voter le budget 2012 de l’Etat et
le budget de la Sécurité Sociale, caractérisés par un premier plan
d’austérité, qui après la réforme des retraites, les réductions successives
des dépenses de santé, des dépenses publiques et sociales, les suppressions
massives d’emplois dans la fonction publique, le blocage des salaires,
tranchait à nouveau sérieusement dans les dépenses publiques, augmentait les
taxes des mutuelles, continuait à casser le système de santé etc… La baisse
de la prévision pour 2012, ramenée de 1,75% à 1%, ce qui représente une
baisse de 44%, Sarkozy a annoncé aussitôt un nouveau plan d’austérité, qui
pèsera encore plus lourdement sur le financement de la protection sociale,
les retraites ; des augmentations de la TVA qui vont réduire le pouvoir
d’achat etc… D’autre part tous les spécialistes du capital sont en train de préparer
un nouveau train de mesures pour baisser à nouveau le coût de la force de
travail. Jetons un coup d’œil maintenant du
côté de Hollande et du PS. Ce que l’on sait déjà du programme du candidat Hollande ressemble de
très près à celui de Sarkozy, ce qui n’est pas pour nous étonner. Il s’est
engagé à réduire le déficit à moins de 3% pour 2012. Dès sa désignation comme
candidat, son adjoint M. Sapin précisait « avec la crise qui s’aggrave,
le programme de F. Hollande ne peut pas être celui du PS (qui était pourtant
inoffensif pour le capital). Un autre adjoint P. Moscovici précisait
« le programme du PS est amené à être adapté. F. Hollande lui-même
déclarait à France2 après l’intervention de Sarkozy « si je suis élu, je
vais hériter du fardeau que va nous laisser N. Sarkozy… Ce que nous allons faire
en 2012 sera hypothéqué par son héritage ». C’est clair. Ce lundi, le socialiste Jérôme Cahuzac, président de la commission des
finances à l’Assemblée Nationale, a confirmé que « F. Hollande puisera
dans le programme du PS mais ne pourra réaliser la totalité car tout
simplement les moyens du pays ne le permettront pas ». On parle beaucoup de « La charge que représente la
dette »…Hollande comme Sarkozy veulent la faire supporter au peuple. De
quoi s’agit-il ? Rappelons d’abord que le déficit public qui s’accumule depuis 30 ans a
pour cause, les centaines de milliards de réductions de cotisations sociales
et autres cadeaux fiscaux aux entreprises, aux banques et autres sociétés
financières chaque année, une politique qui sacrifie l’investissement
productif, les privatisations, les reculs des acquis sociaux, qui ont pour
conséquence le recul de la croissance. De plus, le traité de Lisbonne (en 2001) reprend la directive de
Maastricht qui interdit aux Etats signataires (donc à la France) de se
financer directement à taux 0 auprès de la Banque de France et de la Banque
Centrale Européenne (BCE). Résultat : la BCE prête à un taux de 1% aux
banques privées qui, elles, prêtent à 3%, 5%, 10% aux Etats, quand ce n’est
pas pour atteindre des taux usuraires. Le niveau record à 2 ans des
« aides » accordées à la Grèce a culminé en Juin à 27,55%. C’est
ainsi que dans notre pays, la « charge de la dette » c'est-à-dire
les intérêts payés aux financiers : 48,8 milliards d’euros pour la seule
année 201, deviendra le premier poste budgétaire devant l’éducation
nationale. Voilà ce que Hollande et les siens approuvent ! Voilà ce à quoi
Hollande et les siens se soumettent ! On sait donc d’où vient la dette, comment elle s’accroît, ce qui en est
la cause, qui est responsable. Tout cela est archi connu des responsables
politiques ou d’organisations. On connaît aussi la seule alternative à cette
politique, la lutte anticapitaliste. Alors, la création d’un collectif avec
ATTAC, des associations, des syndicats pour « mettre en place un audit
pour comprendre ce qu’est la dette et construire des alternatives aux plans
d’austérité » est une vaste opération politicienne. Au profit de
qui ? La rigueur, appliquons-la à ceux qui s’accaparent des dizaines de
milliards sur le dos du peuple. Le géant TOTAL vient d’annoncer un bénéfice
net de 3,3 milliards pour le seul 3ème trimestre soit une hausse
de 17%. La direction du groupe se dit très confiante sur les résultats à
venir. Hollande avait là une belle occasion de dire que c’était ceux-là qu’il
traiterait avec « rigueur ». Pas un mot ! Encore un rappel : *En 2010 les grandes entreprises (non financières) ont versé 210
milliards d’euros à leurs actionnaires, ce qui représente un tiers de la
totalité de la masse salariale versée à leurs salariés. *170 milliards d’exonérations fiscales et sociales, ainsi que
différentes aides ont été versées aux entreprises la même année. *Les actionnaires du CAC40 ont reçu 40 milliards en 2010 et ils en
recevront au moins 10% de plus en 2011. Sur 950 milliards d’euros de richesses
produites par le travail des salariés, 242 milliards sont allés aux
actionnaires. Mais de cela Hollande et les siens n’en parlent jamais ! Tout
simplement parce qu’ils refusent de s’attaquer à la politique des banques et
du crédit, parce qu’ils refusent de s’attaquer aux moyens financiers et
monétaires énormes dont les grands groupes capitalistes disposent, de
s’attaquer au système capitaliste. En 1890 dans une préface à une nouvelle édition du manifeste du parti
communiste parue après la disparition de Marx, Engels écrit : «- d’un côté, les révolutionnaires, -d’un autre côté, les charlatans sociaux de tout acabit qui veulent, à
l’aide d’un tas de panacées et avec toutes sortes de rapiéçages, supprimer
les misères sociales, sans faire le moindre tort au capital et au
profit ». Très actuel, non ? Qu’en est-il de L’extrême-droite avec
le FN ? M. Le Pen affirme qu’elle sera intraitable sur la dette, qu’elle fera
la chasse aux fraudeurs (dans les cités). La cause de la crise c’est… l’immigration.
Elle défend le capitalisme mais, précise-t-elle, un capitalisme rationnel.
Voudrait-elle nous faire croire qu’elle ne sait pas encore que le capitalisme
s’est internationalisé depuis quelque temps ? Quelques mots sur Le
Front de Gauche et le PCF Le Front de Gauche, d’abord Mélenchon, dénonce les milliards détournés
par les sociétés financières. Il parle même de les récupérer en forçant les
groupes financiers « à rendre gorge ». Très bien mais que
propose-t-il pour y parvenir ? L’union avec les socialistes puisqu’il
appellera à voter PS au 2° tour de la présidentielle. Il est d’ailleurs prêt
à participer à un gouvernement socialiste….à condition qu’il mène une
politique dans l’intérêt du peuple. Comme si c’était possible ! La
phrase de gauche vole au secours d’une politique de droite comme d’habitude. De son côté le PCF, rallié à Mélenchon est plus soucieux de conserver
les élus qui lui restent que d’autre chose. Les Verts ? Ils sont pour la sortie du nucléaire mais pas pour la sortie du capitalisme. Oui, le capital a bien trois fers au feu : la droite, le PS et si
besoin est le FN. Les trois sont à son service. Avant d’en venir à l’activité de notre parti, encore quelques mots
concernant Les syndicats Le mécontentement des salariés est de plus en plus grand, même s’il ne
parvient pas encore à se manifester plus puissamment. Il y a de très
nombreuses luttes dans les entreprises dans tous les secteurs, pour les
salaires, l’emploi, les conditions de travail. Pourtant, pour le moment on n’a pas vu une mobilisation
interprofessionnelle de grande ampleur. La journée du 11 octobre a été
limitée – 250.000 manifestants et peu de grèves. Quels sont les obstacles que rencontrent les travailleurs ? Ils sont pour une part politiques. L’échéance de l’élection présidentielle
est vue comme un enjeu assez important par un nombre non négligeable de
salariés qui peuvent penser – sans se faire trop d’illusions – que la
victoire de la gauche peut se traduire par quelques inflexions avantageuses
pour eux, ou que ce sera « moins pire ». Mais l’obstacle principal, c’est que les syndicats ont fait le choix
d’abandonner le terrain de la lutte de classe. Ils confirment ainsi qu’il n’y
a qu’un seul système possible : le capitalisme. Il faut donc faire avec,
c'est-à-dire « négocier » avec le pouvoir, le patronat, à partir
des décisions que ceux-ci prennent. En pointe on trouve évidemment la CFDT qui freine des quatre fers.
Partenaire privilégiée du patronat et du gouvernement, elle collabore
étroitement avec la direction du PS pour préparer l’élection présidentielle.
L’ex. N°2 de la CFDT, J. Bontemps et un actuel cédétiste M. Deluzat ont été
embauchés par F. Hollande pour animer sa « cellule de réflexion
sociale ». F.O. tout en faisant des déclarations tonitruantes, n’appelle pas à la
lutte et négocie avec le patronat et le gouvernement. C’est la même chose pour la CGC et la CFTC qui sont dans leur rôle de
réformistes. Quant à la direction de la CGT, elle abandonne de plus en plus le
terrain des luttes. Ceci, au moment même où, dans de nombreuses entreprises
les militants agissent. Au nom de l’unité elle se range au niveau de la CFDT. B. Thibault a décliné l’invitation à déjeuner adressée par Sarkozy aux
syndicats à la veille du G20, car dit-il justement, les questions sociales dans
le cadre du G20 ne peuvent être traitées uniquement entre français. Cela
étant dit-il, « il laisse à la délégation syndicale de la CSI
(Confédération Syndicale Internationale) le soin de porter les revendications
de l’ensemble du mouvement syndical international que la CGT partage ».
Quand on sait que la CSI pratique une collaboration de classe totale avec les
pouvoirs capitalistes, il ne peut rien sortir de bon d’une telle réunion. On apprend d’ailleurs, que la CSI et le patronat (B20) ont présenté ensemble
une plateforme commune au G20 « pour sortir efficacement et
équitablement de la crise ». F. Chérèque et J.C. Mailly en sont les
animateurs pour la France. F. Chérèque s’est félicité du dialogue social
patronat syndicats. Tout ce qui se passe actuellement, confirme que nous sommes encore loin
de retrouver en France un syndicalisme révolutionnaire. C’est un lourd
handicap au développement des luttes que nous devons affronter au quotidien
dans la période présente. J’en viens à l’activité de notre
parti Mesurons bien tout ce qui repose sur nous dans la période présente. Ce
que nous allons dire et faire, sera fondamentalement différent de tout ce qui
se dira et se fera, que cela vienne de Droite, de Gauche, du Centre ou du FN. Nous serons les seuls dans la campagne électorale à mener un combat
anticapitaliste qui nous conduira à prendre position sur tous les évènements
d’importance nationaux et internationaux. Nous serons les seuls à donner un éclairage marxiste de la situation,
à proposer les seules solutions qui permettent une issue positive à la
situation actuelle. Nous devrons combattre toutes les fausses solutions et
leurs promoteurs quels qu’ils soient. Cela dit, ne perdons surtout pas de vue que cette campagne va
nous permettre d’élargir notre audience, d’accentuer notre implantations mais
tout cela dans une mesure que nous savons limitée car nous savons bien
que nous ne pourrons pas dans la période actuelle, modifier le rapport des
forces qui existe dans notre pays ! Soyons donc bien convaincus que ce qui comptera avant tout pour nous dans cette campagne
de l’élection présidentielle ainsi que pour les législatives qui suivront, ce
sera ce que nous serons capables de faire en bas, dans les entreprises, les
lycées, les facultés, les localités, les quartiers populaires. Une fois de plus, tout cela va dépendre de notre capacité d’initiative.
Nous n’en manquons pas. Chaque fois qu’une initiative est prise, nous
obtenons des résultats. Je me limiterai à citer deux initiatives
récentes ; celle de nos camarades de Loire Atlantique qui ont organisé
un repas suivi par une discussion qui finalement a duré toute la
journée : 30 présents, 20 sympathisants. Je citerai aussi celle de nos
camarades de la Sarthe qui ont assuré pour la deuxième fois la participation
de Communistes à la « 25ème heure du livre », une grande
initiative organisée par la mairie du Mans. Cela nous a permis de contacter
des centaines de personnes et de faire un débat avec une quinzaine de
participants. Dès demain nous allons lancer une grande campagne de propagande avec
notre site et son hebdo et avec notre journal Avant d’en venir précisément au plan de travail, je veux aborder la
décision du CN de présenter un candidat de notre parti à l’élection présidentielle. Chers camarades, vous le savez nous sommes contre le principe de
l’élection présidentielle. Elle dessaisit complètement le peuple en
personnalisant le pouvoir. Elle est complètement antidémocratique, pousse à
la bipolarisation. Le Président peut être élu avec 20% des électeurs qui ont
voté au 1er tour. De plus il faut 500 parrainages de maires,
députés…de 30 départements différents pour valider un candidat. Mais telle qu’elle est, cette élection est une bataille politique très
importante et il n’est pas question pour nous de négliger quoi que ce soit. Comment donner à nos électeurs le moyen d’exprimer
leur opinion ? C’est pour cela que nous présentons un candidat. Le Bureau National vous propose comme candidat un dirigeant de notre
parti :
Bien entendu nous nous adressons à des milliers de maires et autres
élus pour leur demander leur parrainage pour Christophe, puisque la loi nous
y oblige. Nous faisons un communiqué de presse pour annoncer notre candidat à
tous les médias et agences de presse. D’ici la présidentielle et les législatives, c’est 7 mois de bataille
politique pour montrer qu’il y a une autre perspective que celle qu’on offre
à notre peuple. Ce qui sera essentiel, c’est ce que chacun(e) de nos adhérents sera
capable de faire pour contacter des collègues, des amis, des proches, des
voisins. Le
moyen d’obtenir les meilleurs résultats c’est que chacune de nos
organisations établisse un plan de travail allant jusqu’à la fin de la
période électorale, c'est-à-dire pratiquement
jusqu’à fin juin 2012. Ce plan de travail devrait
comprendre : *l’établissement d’une liste de personnes auxquelles nous nous
adresserons en priorité chaque fois que la cellule prendra une initiative,
qu’elle organisera une rencontre, un débat, un repas par exemple. *Ce sont à ces sympathisants que nous demanderons, par une démarche
individuelle auprès de chacun d’eux, de nous aider financièrement car il va
nous falloir recueillir beaucoup d’argent pour défendre nos idées pendant ces
7 mois de campagne et aussi pour nos candidats. Veillons aussi à combler le
retard de cotisations que nous pouvons avoir. *Dans cette liste de sympathisants, réservons le plus de temps possible
à celles et ceux que nous sentons les plus proches d’adhérer à notre parti.
C’est presque toujours à la suite de discussions individuelles avec l’un(e)
d’entre nous, que des sympathisants rejoignent « Communistes ». *Dans son plan de travail, la cellule accordera une grande importance à
la diffusion du matériel de propagande, le journal, les tracts, dans les
entreprises, les établissements d’enseignements dans les quartiers. Pensons à faire signer des appels à soutenir notre candidat à la
présidentielle et nos candidats aux élections législatives. La plupart des
cellules ont déjà désigné leurs candidats aux législatives. Là où ce n’est
pas fait, c’est le moment. Dans toute cette activité, proposons à tous celles et ceux que nous
contactons de leur expédier chaque semaine par internet notre hebdo qui les
tiendra au courant de l’actualité, de nos analyses, nos propositions. Notre BN tiendra les adhérents de notre parti au courant des
initiatives qui seront prises, celles des cellules jusqu’à celles du CN. Cet
échange d’expériences sera très utile à tous. Le CN apportera aux
organisations du parti une aide la plus efficace possible dans tous les
domaines. Nous allons préparer le journal expédié partout, dès cette semaine. Il
est important que les cellules se réunissent pour faire le compte- rendu du
CN, faire le point de la situation politique et établir le plan de travail. Voilà ce que j’étais chargée de vous rapporter. . Lire, enregistrer
et/ou imprimer ce document au format PDF (10 pages) .
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