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Comité National 06-12-2008 – rapport introductif

 La crise actuelle tient, comme toutes celles qui l’ont précédée à l’existence même du capitalisme, à son mode de vie. Nous savons que le moteur du capitalisme, de son développement, c’est la recherche permanente du profit maximum.

Il y a un siècle et demi que MARX l’a démontré ! Il a montré que les propriétaires du capital doivent exploiter toujours plus les travailleurs pour réaliser le profit maximum. Cette exploitation pèse sur la consommation et débouche fatalement sur des crises puisque la production ne trouve plus assez de débouchés pour assurer un taux de profit satisfaisant aux yeux du capital. D’où la crise de surproduction de marchandises solvables.

Au moment même où les besoins vitaux élémentaires d’une partie importante de la population mondiale sont loin d’être satisfaits, sur 7 milliards d’êtres humains, 2 milliards (selon les chiffres de l’ONU) vivent dans la pauvreté absolue dont un milliard qui souffrent de la faim – 48 millions de pauvres aux USA – 7 millions en France…Dans ce monde capitaliste, des milliers de milliards de dollars ne sont pas investis dans la production.

Le journal financier « l’Expansion » l’avoue : jamais autant d’argent n’a circulé sur la planète. La masse monétaire mondiale a doublé en six ans, progressant trois fois plus vite que la production. Rien qu’en 2007 il a circulé pour 596.000 milliards de dollars de produits spéculatifs – 10 fois le PIB de la planète. En 2007 en France, la capitalisation boursière représentait six fois le budget annuel de l’Etat, elle dépassait de très loin la production économique et, en un an, cela s’est encore aggravé.

C’est cette bulle financière qui est en train d’éclater. Nous n’en sommes qu’au début car il n’y a pas d’autre moyen pour le capitalisme que de « dévaloriser » ce capital « accumulé » qui ne trouve plus à s’investir dans une production de marchandises pourtant indispensables au développement de l’humanité.

La seule réponse capitaliste à la crise c’est donc le ralentissement voire le blocage de ce qu’ils appellent « l’économie réelle », c'est-à-dire celui de la production de biens matériels. On voit où cela mène aux USA, en Europe, en France et partout ailleurs.

 

La première grande crise du capitalisme a eu lieu en 1873. La surproduction capitaliste a entraîné une suraccumulation d’où une baisse de taux de profit insupportable pour le capital.

C’est sur ce fond qu’a été déclenchée la première guerre mondiale en 1914.

La crise de 1929 se déclenche à partir du développement énorme de la spéculation financière entre 1924 et 1929, avec d’un côté des capacités de production gigantesques mais de l’autre l’impossibilité pour la population de pouvoir acheter cette production. La bulle financière s’écroule, c’est le crack financier en 1929. Comme aujourd’hui, ce n’est pas le fait financier qui est la cause de la crise. Il n’en est que le facteur déclenchant à un moment donné. La vraie cause est le fonctionnement même du système capitaliste, l’exploitation des salariés par le capitalisme.

 

Je rappellerai rapidement trois choses :

1)Pour reconstituer les conditions de son fonctionnement, le capital a besoin que les salaires (nominaux et réels) soient encore réduits, que le chômage se développe, que des pans entiers de l’économie soient sacrifiés, en clair que les peuples paient.

2)Les Etats capitalistes interviennent de tout leur poids en ce sens. On nous dit aujourd’hui : c’est la première fois que les états interviennent. Faux. Roosevelt en 1930 a financé la relance par les fonds de l’Etat (le New Deal), L’Allemagne a nationalisé le secteur bancaire (qu’Hitler redonnera au privé en 1934), en France, Laval a réduit d’autorité et d’un seul coup les salaires des fonctionnaires de 10%.

Précisons que ce qui a fait sortir les Etats-Unis de la crise ce n’est pas le New-Deal de Roosevelt mais la deuxième guerre mondiale qui leur a permis de relancer leur économie et de quelle façon !

Ceci alors que l’Union Soviétique  est sortie exsangue  de cette guerre, avec 20 millions de morts. 

3)En période de crise, le capitalisme continue de faire des profits. Il peut payer. Si les salariés luttent suffisamment fort, ensemble contre lui, s’ils refusent de payer sa crise, ils peuvent le faire plier. En France en 1935 – 1936 ce sont les luttes puissantes, le front populaire qui a été imposé, qui ont permis les conquêtes sociales : congés payés, semaine de 40 heures, augmentation des salaires.

Depuis la disparition de l’URSS, le capitalisme domine le monde entier. Avec la mondialisation capitaliste, les concentrations, la création d’ensemble capitalistes (comme l’Europe), le développement capitaliste de pays émergents comme en Asie, ou le Brésil, la concurrence mondiale est rude, l’affrontement de plus en plus sévère.

La guerre économique, les guerres impérialistes pour la conquête des matières premières, des marchés, est sans merci.

Pour augmenter sa rentabilité, le capital doit baisser en permanence le coût du travail. Il fait pression sur les salaires. En France, le salaire moyen n’a pas progressé depuis 1990. Le capital développe uniquement par une concurrence sans précédent des travailleurs du monde entier : délocalisation vers les pays à bas coût – externalisation de la production – sous- traitance – précarité – suppressions massives d’emplois – chômage –immigration – tout cela élargit l’armée de réserve des travailleurs, selon le terme de Marx.

Les entreprises cherchent d’abord à répondre aux exigences immédiates des actionnaires, ce qui les conduit inévitablement à ajuster la masse salariale et les investissements productifs. La priorité absolue est donnée à la rémunération du capital sur toute autre considération. Les capacités humaines et matérielles de production sont ainsi sacrifiées pour le profit capitaliste.

Par exemple, en 2007 en France : la richesse globale supplémentaire créée (la valeur ajoutée) a été de 957 milliards d’euros, le profit brut dégagé a été de 299 milliards, les revenus, intérêts et dividendes versés aux actionnaires de 227 milliards (rappelons que le budget national est de 340 milliards).

La financiarisation de l’économie est un point d’aboutissement de la logique capitaliste dont le mot d’ordre est : tout pour le profit.

A partir de là, le système est condamné à des crises de plus en plus rapprochées et de plus en plus profondes.

Rappelons-nous :

-1987. Lundi noir à Wall-street, le dow jones chute de 22%

-1990. Crise immobilière dans le monde. De nombreux établissements financiers en Espagne, France, Suède, en Angleterre sont mis à mal.

-1994. Le Mexique est confronté à une crise monétaire et financière, le peso perd plus de 40%.

-1997. Crise dite asiatique. Les capitaux des pays émergents d’Asie, à l’exception de la Chine, s’enfuient. 1998 connaît une récession

-2000. Eclatement de la bulle internet – krack boursier, de nombreuses entreprises se désendettent durement sur le dos des salariés.

-2007. Crise des « subprimes » qui s’étend au système bancaire américain puis  européen en 2008.

Crise je le redis, plus profonde que les précédentes, car c’est le développement même du capitalisme à l’échelle mondiale qui l’a provoquée et a abouti cette fois--ci à cette nouvelle crise qui touche l’ensemble du monde capitaliste.

Le Bureau International du Travail (BIT) indique que 20 millions d’emplois seront supprimés dans le monde en 2009 (il y a aujourd’hui 190 millions de chômeurs dans le monde), 8 millions dans la zone euro, 350.000 en France.

En France, le patronat utilise la crise pour supprimer massivement des emplois, faire une pression énorme sur les salaires, les pensions et les indemnités, pour mettre des dizaines de milliers de salariés en chômage partiel appelé pudiquement «  technique »…

Le gouvernement Sarkozy active la déréglementation du code du travail : extension du recours aux CDD,  nouvelles facilités pour développer le chômage partiel en relevant le plafond autorisé de 600 à 1000 h. par an, banalisation du travail du dimanche, élévation de l’âge du départ à la retraite à 70 ans.

Il alloue 320 milliards d’euros pour sauver les banques françaises, leur apporter la garantie de l’Etat – 40 milliards pour renflouer leurs capitaux - 10,5 milliards ont déjà été versés à six banques qui, parait-il, en auraient besoin immédiatement. Il crée un fond d’investissement pour les entreprises de 20 milliards d’euros qui servira, à prêter de l’argent à des entreprises jugées « stratégiques » par le gouvernement.

Comme il fallait s’y attendre celui-ci invite les « partenaires sociaux » (les syndicats et le MEDEF) à participer à l’opération. Les centrales syndicales, CGT incluse, se réjouissent d’être associées à l’attribution et la répartition de fonds publics aux capitalistes pour gérer avec eux leur crise. Est-ce leur rôle de se comporter en « partenaires » du capital ? Le MEDEF rayonne, il  estime que « la  création de ce fonds offre de nouvelles opportunités pour l’économie française »  et  rappelle au passage que « cette approche devra être respectueuse des règles de la concurrence et des principes du marché unique européen ».

Le plan d’urgence de relance de l’économie annoncé jeudi à Douai par Sarkozy – 26 milliards d’euros – est une nouvelle aide massive aux entreprises, rien pour les salaires. Le journal  « Les Echos » écrit : « les entreprises vont bénéficier des largesses de l’Etat, le pouvoir d’achat le grand oublié ». Le patronat salue « ces mesures ambitieuses ».

Le mot d’ordre du budget national 2009 – 340 milliards d’euros, c’est « tout pour l’entreprise ». Ce qui conduit à la réduction des dépenses sociales, à la suppression de 30.600 emplois de fonctionnaires dont plus de 10.000 dans l’enseignement, à la réduction des dépenses de santé, à la casse du système hospitalier (ils veulent le saigner de 20.000 emplois). « Tout pour l’entreprise »,   c’est entre autres 68 milliards d’euros publiques aux entreprises : dégrèvement des cotisations sociales, diminution de la taxe professionnelle.

L. Parisot approuve bruyamment « la relance de nos économies ne peut être une relance par la consommation ce qui aggraverait la situation ».

Le plan dit de relance de l’Europe n’est que la juxtaposition des plans des Etats capitalistes.

La réunion du G20 à New-York avait pour but la recherche de solutions à l’échelle mondiale. Ce fut la réunion des pays capitalistes les plus riches avec la présence renforcée des  pays émergents comme la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud… La déclaration du G20 énonce  vouloir  réguler le marché « dans le respect des principes du libre marché, le respect de la propriété privée, l’ouverture des échanges et des investissements, la concurrence entre marchés ».

Le directeur du FMI (Fond Monétaire International), le socialiste D. Strauss-Kahn, déclare – sans rire- au journal « Le Parisien » : « Le FMI n’est pas là pour sauver le système capitaliste mondial » mais il précise aussitôt après : « il faut revoir tout le système capitaliste ». On se doutait bien qu’il n’avait pas l’intention de l’abattre !

Avec cette crise, nous vérifions à quel point le capitalisme est un frein au développement de l’humanité, à quel point il bloque les possibilités gigantesques actuelles de développement social, économique, scientifique, culturel.

Quel démenti à tous ceux qui osent affirmer que le capitalisme est le seul système possible !

On voit plus clairement aujourd’hui avec cette nouvelle crise économique combien la propriété des grands moyens de production et d’échange est déterminante. Tant que les multinationales les possèderont cela produira des crises et des guerres.

Pas d’autre solution pour libérer les forces productives que d’arracher cette propriété aux capitalistes et de construire une société socialiste au service du peuple.

En France, nous sommes les seuls héritiers du mouvement révolutionnaire, les seuls qui voulons abattre le capitalisme, les seuls qui indiquons l’unique moyen d’y parvenir : la lutte des travailleurs tous ensemble, de tout le peuple rassemblé contre les forces du capital pour changer la société de fond en comble.

Car il ne s’agit pas, comme le laisse entendre toute cette gauche qui brûle de revenir au pouvoir si possible dès 2012, de changer la majorité pour changer de société. Cette alternance que nous avons vécue et qui se prépare une nouvelle fois en France, c’est à l’inverse, le moyen assuré de permettre le maintien du capitalisme. « Ils veulent construire une sorte de parti socialiste » a dit Besancenot à propos de Mélenchon, ce qui est vrai. Mais ce qui l’est aussi, c’est que le même Besancenot a répondu à la question que lui posait Drucker à la télévision, « que mettrez-vous à la place du capitalisme ? », « Je ne sais pas, tout est à inventer… Le cycle des révolutions s’est refermé dans les années 80 ».

Parler un langage différent c’est pour nous, affirmer partout et avec force, que notre but c’est l’abolition du capitalisme, ce que personne d’autre que « COMMUNISTES » ne veut.

Mais il reste que dans la période présente, notre objectif de lutte c’est le rassemblement dans l’action, en bas, dans les entreprises, les quartiers, les établissements d’enseignement.

Que les responsables de la crise en supportent les conséquences ! S’unir, se rassembler, oui absolument, oui mais attention, surtout pas pour cautionner les manœuvres de cette gauche qui ne pense qu’à revenir aux affaires. Appliquons cette formule héritée  de l’ancien parti révolutionnaire de notre pays : « l’union est un combat ».

Ces dernières semaines, nous avons tous noté que la colère monte, que la contestation s’étend, que la situation devient de plus en plus insupportable pour les salariés et pour le peuple. Le nombre de luttes grandit dans des entreprises diverses, des ouvriers aux postiers, aux enseignants (  Renault Sandouville, Faurécia, Hewlet-Packard, les cheminots, l’ONF, Goodyear, l’équipement, les Enseignants, la poste etc…). Travaillons pour que le mot d’ordre « que les responsables de la crise la paient » gagne du terrain. Expliquons quelles sont la nature de la crise et ses causes réelles. Montrons que les entreprises peuvent payer, et tout de suite, qu’on peut préserver l’emploi, faire tourner notre industrie et nos services. Montrons qu’on peut augmenter les salaires, les retraites, les indemnités, qu’il y a de l’argent pour ça. Montrons qu’on doit augmenter le pouvoir d’achat pour relancer  la consommation, que la relance de la consommation est un puissant facteur de relance de la croissance économique.

Si les entreprises cotées en Bourse (CAC 40) voient leur valeur baisser, elles continuent à faire des profits, de gros profits, à payer de substantiels dividendes aux actionnaires, à faire des OPA sur d’autres entreprises…En 2008, elles ont déjà réalisé 99 milliards d’euros de profits, c’est + 12% sur 2007 à la même date.

Un exemple : Arcelor Mittal supprime 9000 emplois dans le monde, 6000 en Europe, 1500 en France. A Fos-sur-Meril a déjà licencié 250 CDD, mis 400 intérimaires au chômage, il ferme ses deux hauts-fourneaux jusqu’au 31 janvier, alors que pour 2008 son bénéfice net est de 10,5 milliards d’euros soit + 39,4% sur 2007. Marcel Genest, consultant spécialiste des marchés d’acier explique la stratégie de Mittal : « depuis des années il a multiplié les acquisitions pour avoir un poids suffisant sur les marchés. Ces usines acquises avaient besoin d’être rationalisé (entendez, restructurées avec réductions d’emplois). Ce n’était pas possible politiquement et socialement dans la conjoncture précédente. Aujourd’hui c’est l’occasion. Les entreprises resteront significativement bénéficiaires ».

Cette stratégie, c’est celle de toutes les entreprises et du gouvernement.

« Les Echos » ce journal économique au service du capital, écrit à propos des milliers de suppressions d’emplois et de la remontée du chômage : «  les entreprises se donnent ainsi les moyens de traverser la tempête ».

Chez Renault, la CGT explique que 1% des dividendes versés aux actionnaires permettrait le maintien de 100% du salaire des 20.000 salariés concernés par le chômage technique.

Le PDG de la BNP-Paribas, Baudouin Prot, dans une interview à la revue « Capital » annonce que pour les neuf premier mois de 2008, la banque a réalisé 4,4 milliards d’euros de profits. Il confirme le rachat de la banque Fortis en Belgique et au Luxembourg, il explique qu’il va profiter de l’opportunité offerte par la crise pour acheter des banques en difficultés dans la partie ouest des USA. 

A la question : « pourquoi alors avoir recours aux 2,5 milliards d’euros d’aide de l’Etat ? », réponse : « ils se substituent temporairement au marché interbancaire auquel nous faisons appel habituellement », et il précise « dans l’ensemble les entreprises abordent cette période de ralentissement avec des situations financières solides ».

 

L’action est encore loin d’être suffisante pour bloquer cette politique, pour repousser les régressions énormes qu’ils voudraient imposer. Elle est encore insuffisante pour bousculer ceux qui s’opposent au développement de la lutte.

Les centrales syndicales se sont réunies lundi 24 novembre. Selon leur déclaration, elles ont décidé  de « préparer une mobilisation pour faire aboutir leurs revendications sur l’emploi, le pouvoir d’achat, les garanties collectives, les protections sociales, les conditions d’une relance économique ». On a une idée de leur volonté d’engager rapidement l’action quand on lit dans leur communiqué qu’elles sont convenues de se réunir à nouveau les 15 décembre et 5 janvier pour « en préciser le contenu et arrêter les modalités ». D’ici là ?...

Nous sommes loin du compte. On sait que Chérèque est opposé à toute grève d’envergure et que d’après lui « la crise exige l’effort de tous », des patrons comme de leurs salariés. On sait qu’il freine des quatre fers mais il n’est pas le seul. Les dirigeants des autres centrales n’ont pas encore appelé une seule fois à une action d’envergure dans la période présente.

Comme des centaines de milliers de salariés nous voulons que la CGT redevienne ce grand syndicat de lutte de classe qui manque tant à notre pays. Des dizaines de milliers de syndiqués CGT agissent dans le même sens que nous dans leur entreprise et à tous les niveaux. Ensemble, ils représentent une force énorme avec laquelle les dirigeants doivent déjà et devront de plus en plus compter. C’est à ces travailleurs que va toute notre solidarité parce que nous menons le même combat.

Nous sommes fondamentalement opposés à ceux qui, sous couvert de ranimer « la lutte des classes » dans la CGT ne visent consciemment ou non, qu’à dévier le combat de classe, qu’à en faire un syndicat entièrement réformiste  de plus entièrement à la remorque de la gauche et de ses divers groupuscules.

Mercredi se sont déroulées les élections prud’homales.  74,5% des salariés inscrits se sont abstenus soit 7,2% de plus qu’en 2002. Seulement 4.800.000 salariés  sur 18.600.000 inscrits sont allés voter. Ce désintérêt prouve la difficulté qu’ont les salariés à s’y retrouver.

Sur 2002, La CFDT perd 310.000 voix, FO en perd 225.000 et la CGT 120.000. En pourcentage, la CGT avec 33,8% gagne 1,6%, la CFDT avec 22,1% perd 3% et FO avec 15,9% perd 2,3%.

 

Venons-en aux partis politiques

« Qu’on ne vienne pas me dire que je change de politique » vient de répéter Sarkozy. Dont acte !

Mais du côté de la gauche beaucoup de choses viennent de se passer en peu de temps et les évènements s’enchaînent rapidement. Dégageons les lignes de forces qui sont à l’origine de ce remue-ménage.

Dans cette période de crise du capitalisme, le mécontentement, la contestation contre les conséquences de plus en plus dures qu’en supporte le peuple, ne trouvent pas d’écho dans le comportement des partis de gauche qui sont donc sacrément secoués.

Il y a d’abord le mécontentement d’une partie croissante des gens influencés par le PS, à la recherche d’une issue aux difficultés actuelles. Nombre de ces électeurs ne rencontrent pas dans ce parti, et pour cause, une ligne politique dans laquelle ils puissent se retrouver. D’où le spectacle affligeant du congrès du PS où tout a tourné autour de l’élection de la future secrétaire ! C’est  dire que les affrontements au sein de ce parti vont encore gagner en ampleur dès demain.

Le PCF pour sa part continue de décliner à une allure qui s’accélère. En prévision du congrès qui a lieu la semaine prochaine, les dirigeants s’affrontent autour de trois motions, fondamentalement aussi nulles les unes que les autres. R. Hue démissionne de la direction nationale, en laissant entendre qu’il quittera ce parti, etc…etc…

Cette gauche en est arrivée à un tel point que même le gouvernement s’en inquiète. Après Fillon qui réclame une gauche forte, le secrétaire général de l’UMP Devedjian vient de déclarer à son tour : « la France a besoin d’une opposition, d’un vrai parti socialiste ». Sarkozy lui-même est intervenu dans le même sens pour dire qu’il ne se réjouissait pas de ce qui se passait au PS.

Pourquoi de telles déclarations venant de personnages aussi haut placés ? Elles résument parfaitement la stratégie même du capital pour la France. L’alternance entre la droite et la gauche reste aujourd’hui plus que jamais le seul moyen de poursuivre la même politique.

A gauche comme à droite, on appelle ça la démocratie !

On comprend que  ces dirigeants politiques de droite ou de gauche, aient accueilli l’élection d’Obama avec un concert de louanges unanimes,  ils apprécient  que   l’alternance aux USA soit de même type que celle connue en France, sans risque pour le capital : changer pour que rien ne change.

En France, les manœuvres vont donc se poursuivre, à gauche surtout. Dans quel sens ?

Mélenchon a quitté le PS avec Dolez député du Nord et quelques autres, il a créé un parti de la gauche. Il a quitté le groupe socialiste au Sénat pour adhérer au groupe communiste. Il prépare avec le PCF un front commun de la gauche pour les européennes de 2009 (il faut penser à avoir des élus) et il rencontre le NPA de Besancenot.

Du PS au NPA en passant par le PCF et le nouveau parti de gauche de Mélenchon, tous sont pour l’union de la gauche, tous s’agitent beaucoup pour y jouer un rôle décisif. Assurer l’alternance, si possible dès 2012, dans les conditions politiques d’aujourd’hui, voilà l’objectif que les uns et les autres se sont fixés. C’est dans ce cadre que s’inscrivent toutes les manœuvres actuelles.

Le NPA de Besancenot qui sera créé en janvier, espère récupérer une partie de ceux qui quittent le PS ou le PCF. Le discours se veut anticapitaliste mais propose-t-il de l’abattre , de créer une société socialiste ? Surtout pas. C’est lui qui répète : « je ne suis pas pour le tout ou rien, je propose au PS et au PCF de s’unir contre Sarkozy ».

Mélenchon entend chasser sur le même territoire. Les coups bas, les magouilles vont se succéder, tout ça au nom de l’union !

 

Nous sommes les seuls sur le terrain de la lutte pour abattre le capitalisme.

Examinons la situation avec réalisme. Besancenot ou Mélenchon peuvent, dans la période présente, attirer vers eux certains de ceux qui sont à la recherche d’une issue.

Mais ce qui est pour nous l’essentiel, c’est qu’il y a, on le constate tous les jours sur le terrain, de la place pour notre parti dans cette situation. Une place nouvelle, plus grande qu’avant la crise.

Nous devons réfléchir à la question : que devons-nous, que pouvons-nous changer dans notre activité pour être plus proches de ceux qui sont prêts à nous rejoindre ?

Les camarades le disent : quand on discute avec les salariés, avec les gens, quand on dresse le constat de la situation, c’est simple, on est rapidement tous d’accord mais après, les coups sont tellement rudes, comment faire ? Au mieux on essaie de lutter sans trop d’espoir de s’en sortir. Cependant, quand on explique les raisons de la situation, les solutions qu’on préconise, que si nous luttons tous ensemble, les choses peuvent changer, on fait renaître l’espoir. Quand on donne la clé pour comprendre, on change la donne.

En janvier, fixons-nous comme objectif d’organiser des rencontres avec nos camarades de travail, nos voisins… Que janvier 2009 marque le début d’une activité de masse nouvelle de notre parti, plus étroitement liée aux salariés et à tout le peuple. Ces réunions de janvier, préparons les dès demain, établissons des listes de participants possibles, voyons quelles démarches nous allons entreprendre pour les inviter.

Nous, Comité National, prenons les dispositions nécessaires,  pour aider les cellules à atteindre cet objectif.

Ces réunions et leur préparation seront ainsi l’occasion de recueillir les sommes indispensables qui vont nous permettre de faire de nouveaux progrès.

J’ai parlé des listes de participants à nos réunions, mais surtout, apportons une attention particulière à contacter individuellement, patiemment, celles et ceux qui se sentent proches de « COMMUNISTES ». La période est propice à leur adhésion.

Déjà des choses ont été réalisées dans ce sens par des cellules, y compris par des camarades seuls,  convaincus des possibilités actuelles. Faites part au CN de toutes ces expériences et de leurs résultats. Car il s’agit maintenant d’élargir systématiquement cette démarche. Elle doit devenir quelque chose d’essentiel et de suivi dans notre activité militante.

Le CN devra jouer un rôle capital pour impulser et développer cette campagne d’adhésion pour qu’elle devienne permanente.

Cher (e) s camarades, donnez votre opinion, faites des propositions. Engageons le débat.

Je le répète, nous sommes les seuls à tenir un langage différent. C’est un atout énorme. A nous de développer notre activité de propagande sous toutes les formes que nous pouvons utiliser. De ce point de vue, si nous sommes encore loin du compte, il n’en reste pas moins que nous avons fait de gros progrès. Mettons à profit, encore une fois, la préparation de nos réunions de janvier pour en faire de nouveaux encore.

 

Nous sommes pour l’union et le rassemblement dans l’action. Pas pour le regroupement de partis politiques qui nous conduirait une fois de plus à l’échec. Nous voulons l’action pour lutter contre le capital, le faire reculer, obtenir des résultats. C’est la seule voie  possible.

« Le Figaro » écrivait la semaine dernière : « Ce qui inquiète le gouvernement c’est la propagation du mécontentement. Si la crise économique s’installe et que le chômage augmente, la contestation peut vite se propager à l’ensemble de l’économie et être difficile à gérer ».

Nous sommes entrés dans une nouvelle période où notre parti a un rôle important à jouer. Une période propice au développement de « COMMUNISTES », de son audience, de son implantation. Occupons la place le plus largement possible pour gagner à la lutte anticapitaliste, faire progresser les idées révolutionnaires.

Comment être beaucoup plus et mieux présents avec nos militants, notre propagande sur le terrain, là où sont les salariés, les jeunes, la population, dans les entreprises, les établissements d’enseignement, les quartiers populaires ?

Comment être plus réactifs partout où il se passe quelque chose, où des luttes se déroulent ou se préparent ?

Certes nos possibilités matérielles sont encore limitées, mais il reste que ces réflexes, ce comportement ne sont pas assez au centre de notre réflexion.

Il n’y a pas de petite et grande initiative, il y a l’initiative. Aller à une entreprise, dans un rassemblement, distribuer 100 – 200- ou 2000 tracts selon nos forces et l’ampleur de l’action, contacter tel ou tel, organiser une discussion, une rencontre, tout est important, tout compte. De nombreux camarades en ont fait l’expérience ces dernières semaines.

Comment ne rien négliger pour élargir l’audience des idées révolutionnaires, renforcer notre parti ?

Discutons, échangeons nos points de vue.

Comment dans le parti, faire beaucoup plus pour que chaque adhérent participe à la réflexion politique sur la situation dans nos réunions de cellules, participe à l’action militante, porte notre politique à l’extérieur ?

L’exigence de la situation actuelle nous fait mesurer combien l’étude des bases de la théorie révolutionnaire, du marxisme-léninisme est indispensable à chacun de nous, pour toutes celles et ceux qui adhèrent à notre parti. Elle nous permet de donner une analyse des évènements, de la situation, à partir d’une base de classe et de prendre les initiatives nécessaires. Organiser des stages éducatifs pour nos adhérents doit faire partie de notre plan de travail actuel.

Vous avez aujourd’hui des affichettes qui sont un support de propagande qui compte pour nous faire connaître.

Notre site  prendra de plus en plus d’importance. De ce point de vue, nous sommes encore en retard, mais nous sommes aujourd’hui en mesure de le combler. Déjà, nous alimentons notre site, mais nous allons faire mieux, le plus régulièrement possible. Le Bureau National vous propose une initiative qui devrait permettre de mieux l’utiliser et de le rendre plus efficace, puisqu’il s’agit d’aller à la rencontre de celles et ceux qui peuvent être intéressés plutôt que d’attendre qu’ils visitent notre site. En clair : régulièrement, des articles seront envoyés par courriel à plusieurs milliers de personnes – syndicalistes – militants d’associations- sympathisants – personnes intéressées par tel ou tel sujet. Nous invitons tous nos camarades et amis, à nous transmettre des listes et coordonnées de personnes de leur entourage qui peuvent être contactées (1)

 

Le développement de notre activité nous a fait mesurer à quel point nous avons besoin d’argent.

Nous avons comme l’an dernier, lancé une souscription avec récompenses, qui se terminera fin décembre. Partout où la diffusion est organisée, partout où on propose des bons, ils se vendent bien. Il s’agit donc d’accélérer la diffusion dans les deux semaines qui restent car ensuite en janvier, nous lancerons la souscription pour les élections.

Notre prochain Comité National décidera de notre position pour les élections Européennes qui auront lieu le 7 juin 2009.

 Bien entendu, il faut veiller à la mise à jour des cotisations.

 

Cher (e) s camarades,

La période est favorable pour développer notre influence.

Avec nos assemblées de remise des cartes, janvier sera la prochaine activité de notre parti qui nous mobilisera tous.

Les gens veulent autre chose que cette société sans avenir. Allons vers eux avec audace. C’est nous et nous seuls qui leur proposons l’unique perspective qui vaille aujourd’hui : lutter ensemble pour changer de société.

 

Le Comité National se réunira : samedi 7 février 2009 à 9h.30

 

(1) Envoyez les adresses E’mail de celles et ceux qui pourront recevoir nos articles à : communistes.hebdo@wanadoo.fr          

  

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