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Comité National 07-02-2009 – rapport introductif

 L a journée du 29 janvier marque incontestablement un tournant. L’originalité du mouvement de jeudi vient de l’importance des manifestations, de la diversité des secteurs impliqués mais aussi de l’ampleur des grèves. Un nombre important d’entreprises du privé ont connu des arrêts de travail. De très nombreux salariés qui d’habitude ne participent pas étaient présents dans les cortèges. Le mécontentement est grand. 195 défilés dans toute la France ont rassemblé 2.500.000 salariés, des défilés marqués par un élargissement notoire de la participation à des couches nouvelles, des entreprises nouvelles. Avec le secteur public et les salariés de grandes entreprises du privé, on a pu voir des salariés des entreprises de sous-traitance, des salariés des grandes surfaces de vente, des cadres, des enseignants du public mais aussi des écoles privées, du personnel de la recherche ; beaucoup de jeunes…

La presse, les médias ont dû reconnaître l’ampleur inédite des manifestations, partout et singulièrement dans les villes moyennes.

L’importance de cette journée qui avait, il faut le rappeler, le soutien de 71% des Français, est l’expression de leur refus  grandissant de payer la crise capitaliste dont ils ne sont pas les responsables mais les victimes.

D’ailleurs, les revendications exprimées dans les défilés, portaient pratiquement toutes sur les salaires, le pouvoir d’achat et l’emploi. Dans le contexte de crise actuel, la revendication sur les salaires,  centrale dans les conflits du travail depuis des années, devient incontournable.

L’idée que les responsables de la crise doivent payer est devenue une idée-force.

Les salariés de la Guadeloupe sont en grève générale depuis le 20 février ! Ceux de la Martinique ont décidé la grève générale à partir de jeudi 5.

« On aurait tort de minimiser la grève générale qui se déroule actuellement en Guadeloupe, ou de penser qu’elle n’est le fait que d’une seule organisation indépendantiste. Tous les syndicats sont derrière.  Exactement comme en France le 29 » vient de déclarer Lilian Thuram, interviewé par « Le Monde » du 4 février.

En France comme aux Antilles, la réponse du gouvernement ne peut pas être une vague promesse de « dialogue ». Sarkozy ne peut pas se contenter  de brasser du vent tout en continuant sa politique.

C’est pourtant ce qu’il s’apprête à faire. Le 2 février, Fillon a donné le ton à Lyon, entouré d’une vingtaine de membre du gouvernement. Il a appelé à « une mobilisation nationale urgente » et invité « tous les Français à se serrer les coudes ». Pour faire quoi ? Il a répété qu’il gardait « le cap », toute autre politique serait « irresponsable ». Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a même ajouté : « Nous ne voulons pas sous-estimer le mouvement de jeudi dernier mais nous poursuivons les réformes ». Lundi 2 février toujours, c’est Sarkozy lui-même qui a réaffirmé sa « détermination et sa volonté de conduire le changement ». Il a d’ailleurs jugé que  la journée du 29 janvier n’avait pas de raison de l’inciter à changer de cap. « C’était très majoritairement une grève du secteur public, or c’est le secteur privé qui est touché ». A croire que ses services l’ont mal informé !  Avant de s’exprimer ce jeudi, il avait encore pris soin de dire dans le Val d’Oise deux jours avant, « Il y a des inquiétudes dans notre pays. J’aurai l’occasion d’y répondre ». Et Il a une nouvelle fois fustigé la « relance de la consommation » : « ça consiste à donner d’une main pour reprendre de l’autre. Ça a été fait deux fois en France et ça n’a servi à rien ». Le dialogue  semble mal engagé a conclu le journaliste rendant compte de l’évènement.

Son exhibition de jeudi soir à la télévision a confirmé tout ça. Rappelons rapidement qu’il confirme qu’il continuera. Son credo, c’est  de mettre tout le pays au service de la compétitivité capitaliste. Un seul moyen, abaisser en permanence le coût du travail. Tout ce qu’il a annoncé découle de ça :

-blocage du SMIC et des salaires – réduction drastique des dépenses publiques avec la poursuite du démantèlement du système d’enseignement et de santé.

-suppression de la taxe professionnelle pour les entreprises, 8 milliards d’euros de cadeaux supplémentaires aux entreprises.

Toutes ses réformes seront poursuivies a-t-il répété.

C’est sur cette base qu’il va convoquer les dirigeants syndicaux  le 18 février.

Il n’y a rien à attendre de ce genre de réunion.

Ce discours confirme que seule l’action de plus en plus forte fera reculer le pouvoir. Sarkozy l’a d’ailleurs confirmé à sa façon en déclarant : « j’écoute ceux qui manifestent mais j’écoute surtout ceux qui ne manifestent pas » (Rappelons-lui au passage que 71% des Français ont soutenu l’action du 29 janvier et que 61% veulent continuer).

Où en sommes nous dans le mouvement syndical ?

Les huit centrales syndicales qui ont appelé en France à la journée du 29 janvier se sont réunies lundi dernier dans un contexte nouveau marqué par la puissance de la      journée du 29 janvier. Un contexte contraignant qu’il est difficile d’écarter d’un revers de main. Les dirigeants syndicaux doivent tenir compte de ce qui vient de se passer, ce qui rend  leurs manœuvres dilatoires plus compliquées. Mais pour autant ils n’y renoncent pas, Chérèque en tête comme d’habitude.

C’est Chérèque qui s’est empressé de déclarer juste avant la réunion des centrales syndicales : « on ne va pas faire des manifestations tous les 15 jours ! ». La CFDT estime une fois de plus qu’un nouvel espace de dialogue vient de s’ouvrir et qu’il ne faut pas le bouder » Mais aujourd’hui cette attitude risque d’être plus difficile que d’habitude à gérer en interne. La journée du 29 pèse lourd.

Derrière leur communiqué il y a, une fois de plus mais cette fois c’est plus difficile, la volonté d’ouvrir à nouveau une discussion avec le gouvernement et le patronat, derrière le dos des travailleurs en lutte.

« On n’est pas dans un sprint mais dans une course de fond » a déclaré Marcel Grignard, dirigeant national de la CFDT. « C’est une position de bon sens » lui a répondu le conseiller de Sarkozy, Raymond Soubie qui, a-t-il dit « maintient les contacts » en vue de la réunion prévue pour déterminer l’agenda social 2009 et les réformes à conduire !

Reste que le communiqué syndical commun d’avant l’intervention de Sarkozy déclarait : « on veut l’annonce de mesures concrètes sur le pouvoir d’achat, la protection de l’emploi, sinon… » . Sarkozy leur a répondu jeudi soir.

Nul besoin d’attendre ce qu’il devait annoncer  puisqu’on le savait par avance !

Les dirigeants syndicaux se réuniront lundi 9 février, la seule réponse valable  c’est l’appel au développement de l’action

Vous le savez les manœuvres de diversions, syndicales et politiques vont se poursuivre mais la journée du 29 janvier a montré que quelque chose de nouveau était en train de se développer. La crise frappe encore plus fort mais les travailleurs luttent  contre de plus en plus fort. Ils ressentent de plus en plus fortement le besoin d’agir contre cette politique. Dans un sondage CSA L’Humanité sur les suites du 29 janvier, 61% des personnes interrogées souhaitent que les syndicats poursuivent la mobilisation. Elles sont prêtes à continuer.

On lutte dans de nombreuses entreprises en particulier pour l’emploi et aussi les salaires. Un exemple : Les salariés de l’entreprise de messagerie DHL en Seine St Denis ont fait 6 jours de grève dans la foulée du 29, ils ont obtenu des augmentations de salaires de 5,5% pour les manutentionnaires et de 9,2% pour les employés, ceci pour l’ensemble des 820 salariés du groupe.

Dans l’Université et la Recherche, la lutte se développe contre la loi qui vise à liquider les universités  et les établissements de recherche publics et contre la mise en cause du statut des enseignants et chercheurs. Les grèves s’étendent, des manifestations se sont tenues jeudi dans toutes les villes universitaires, une grande manifestation nationale aura lieu le 10 février.  Les Etudiants  savent que leur avenir est mis en cause par ces réformes ; « Le 29 janvier a changé la donne » disent les responsables de l’UNEF et du SNESup. A leur tour les étudiants ont décidé d’entrer dans la lutte avec leurs professeurs.

La crise n’en est qu’à son début. Christine Lagarde, Ministre de l’Economie a confirmé l’augmentation de 45.800 chômeurs en décembre 2008 et a annoncé pour la mi-février une révision à la baisse de ses prévisions de croissance pour 2009. « Je serais très étonnée qu’on ait une croissance positive en 2009… La commission européenne nous met à 1,8%, le FMI ( Fond Monétaire International) à 1,9%, donc il ne faut pas se bercer d’illusions » a-t-elle déclaré.

218.000 sans-emploi de plus en 2008, dont 160.000 les trois dernier mois (chiffres officiels !), chez les jeunes l’augmentation a atteint 27,8% sur un an. Des dizaines de milliers d’emplois sont supprimés dans tous les secteurs. L’Insee annonce 241.000 les suppressions de postes dans le secteur marchand sur les 6 premiers mois de cette année.

Le Bureau International du travail estime qu’en France il pourra y avoir 350.000 chômeurs  de plus en 2009 ! – 8 millions de plus dans la zone euros – 20 millions de plus dans le monde qui compte déjà 190 millions de chômeurs.

Des milliers de salariés sont mis en chômage technique en particulier dans l’automobile et voient leurs salaires amputés de plusieurs centaines d’euros – 25 à 30%  chaque mois.

Le pouvoir d’achat continue de reculer. Officiellement 30% des Français ont moins de 1.000 euros par mois pour vivre. La pauvreté s’étend, on compte 7 millions de pauvres en France, mais à l’autre bout, on engrange des profits fabuleux.

Le gouvernement trouve des milliards pour protéger les intérêts des groupes capitalistes et de leurs actionnaires. Les dispositifs d’aide de l’Etat aux banques et entreprises atteignent déjà le total de 428 milliards d’euros.

« Le Figaro » titre à propos des entreprises du CAC 40 « Moins de bénéfices prévus pour 2008 ». Tout de même les profits avoués prévus sont de 84,6 milliards d’euros ! Toutes réalisent des profits, y compris Renault 1 milliard 350 millions d’euros, Peugeot 276 millions d’euros, la BNP 3 milliards 649 millions. La firme TOTAL avec 13 milliards 886 millions d’euros voit ses profits augmenter de 5,35% !, Schneider-Electric avec 1 milliard 671 millions d’euros + 5,57%, la Société Générale avec 2 milliards 6 millions double ses profits. Des dividendes seront versés aux actionnaires. Certaines entreprises, écrit « Le Figaro » seront moins généreuses, d’autres le seront autant ou même plus: France-Télécom, EDF, Total, GDF-Suez…

C’est le moment pour notre parti  d’intervenir partout où nous le pouvons, de toutes les façons possibles : réunions, discussions individuelles, distribution de matériel. Montrons que le moment n’est pas à la discussion avec le gouvernement  et les patrons. Ce qu’il est urgent de faire c’est d’agir, agir ensemble pour créer un rapport de forces qui nous permette de les faire reculer. C’est seulement par la lutte que nous y parviendrons, comme en 1936 ou en 1968.

Les déclarations de gauche hostiles au gouvernement fleurissent un peu partout. Les élections européennes ont lieu en juin, les élections régionales l’année prochaine et en 2012 c’est la présidentielle. D’où la fébrilité avec laquelle les partis et organisations de cette gauche se démènent aujourd’hui. Non pas pour combattre le capital et l’abattre mais uniquement pour revenir aux commandes. Ce qui n’est d’ailleurs pas pour effrayer le capital qui s’accommode fort bien de cette alternance droite – gauche dans la mesure où ses intérêts ne sont pas menacés. Une sorte d’union sacrée derrière le capital.

« Le parti socialiste demande au président de réunir sans délai toutes les forces vives du pays pour définir enfin un plan de relance adapté aux graves difficultés que rencontre notre pays » a déclaré Martine Aubry dans un communiqué cosigné par le secrétaire national à l’emploi, Alain Vidalies.

Une opération de grande envergure est engagée pour « récupérer » le mouvement social qui se développe dans le pays et l’utiliser comme une force d’appoint au service des visées électorales des réformistes de tous crins.

Le PS s’applique à surmonter ses difficultés internes. M. Aubry espère que son parti restera la principale formation de gauche

Besancenot qui tient en ce moment le congrès de création du NPA, se présente comme anticapitaliste. Il vient de déclarer : « il est temps de tourner la page du vieux mouvement ouvrier pour écrire une nouvelle page vierge ». Pour y mettre quoi ? Il ne le dit pas. Il ne faut cependant pas s’étonner que ce genre de propos rencontre un certain écho. Dans les conditions actuelles, marquées par l’absence d’un grand parti révolutionnaire influent, cela n’a rien de surprenant.

A son tour Mélenchon y va aussi de son parti de gauche – à gauche du PS bien évidemment. La rivalité entre ce nouveau parti  et celui de Besancenot va aller en se développant. Tous deux chassent sur les mêmes terres et chacun aspire à devenir le parti dirigeant d’une nouvelle mouture de l’union de la gauche (une de plus).

Une combinaison où le PS et à plus forte raison le PCF ne joueraient plus qu’un rôle subalterne. Belles empoignades, coups bas, manœuvres etc… en perspective. Mais qu’en est-il des intérêts des salariés dans tout ça ?..

Dès après le 29 janvier, nous avons eu droit à un « texte commun » de la gauche signé par douze partis – dont le PS, le PCF, le PG, le NPA et LO- « Cela fait très longtemps que nous n’avions pas réussi à nous retrouver tous ensemble » s’est félicitée M.G. Buffet.

Il est évident que toutes ces manœuvres ne visent pas à abattre le capitalisme mais au contraire à s’organiser dans le système lui-même.

Nombre de ceux qui peuvent se laisser séduire par la phrase de gauche,  sont loin de soupçonner ce qui se cache derrière ces propos ronflants, relayés, comme par hasard, par tous les grands médias.

Nous devons patiemment les aider à prendre conscience que la solution n’est pas de ce côté. Je dis patiemment car cela ne va pas de soi, au moins dans la période présente. Comment le faire ? J’évoquerai cette question dans la suite de ce rapport.

Surtout, que ces difficultés prévisibles ne nous empêchent pas de voir que dès à présent des milliers de salariés manuels et intellectuels, des centaines d’étudiants sont prêts à adhérer à notre parti. Prenons les dispositions pour qu’ils puissent le faire sans difficulté. Nous savons que la reconstruction d’un parti révolutionnaire en France prendra du temps. Pour nous, chaque petit pas en avant compte beaucoup. Il n’y a pas de raccourci, nous le savons.

La crise frappe tous les peuples dans le monde entier. Aux USA, 3,5 millions d’emplois ont été détruits en 2008. En Australie où le pays prend la de plein fouet 44.000 emplois ont été supprimés rien qu’en décembre, ce qui correspondrait en France à 132.000 ! En Russie, la hausse des prix devrait dépasser 14% cette année. L’Allemagne a détruit 56.000 emplois en janvier après 33.000 en décembre. La Grande-Bretagne qui était la championne du plein emploi n’a pas mis longtemps à renouer avec le chômage de masse, elle compte 140.000 destructions d’emplois depuis l’été dernier, 3.000 chaque jour et 200 ménages voient leur maison saisie chaque jour.

L’Espagne, l’exemple de la croissance, a détruit près de 200.000 emplois en janvier seulement. Le nombre de chômeurs (officiels) atteint 3,3 millions de  personnes. Au Japon, le nombre de véhicules neufs vendus en janvier a reculé de 28%, niveau le plus faible depuis 1968 ! Le Ministre de la gestion publique considère que les conditions d’emploi se dégradent à une vitesse sans précédent. L’impact de la crise actuelle sur l’emploi est d’une brutalité inouïe ». Les manifestations de chômeurs attirent de plus en plus de monde écrit la presse. Les demandes d’aides sociales ont crû de 32% en décembre. 2009 est une année d’élections législatives, la gauche pense gagner. Cela ne vous rappelle rien ?

La faim dans le monde progresse. De 900 millions de personnes qui avaient faim au début de l’année 2008, on est passé à plus de 1 milliard début 2009.

Ces quelques exemples ne donnent qu’une idée bien partielle de la crise qui frappe le monde entier, tous les continents.

Revenons aux profits capitalistes qui continuent. Les fusions acquisitions se poursuivent dans le Monde. En France, il y a Air France-KLM et Alitalia, la BNP et Naxitis, Total qui a lancé une OPA sur le Canadien UTS Energie (Le Canada est la 2ème réserve mondiale de pétrole) etc…

David Banoux, éditorialiste des « Echos » écrit à propos des fusions acquisitions : « on découvre finalement que les patrons ont de l’appétit en ce début 2009. La crise offre effectivement des opportunités que les PDG auraient tort d’ignorer.

Il est bien vrai que tous les peuples ont le même ennemi : le capitalisme, le même intérêt à lutter contre ce capitalisme. On peut rappeler l’appel de Marx, il y a 160 ans : « prolétaires de tous les pays unissez-vous ».

En France, toutes les réformes continuent : enseignement, recherche, formation professionnelle, hôpital, retraite et Sécurité sociale etc… toutes  s’inscrivant dans la logique de l’adaptation de la société aux exigences du capital , de l’objectif de baisse du coût du travail.

Une propagande intense martèle l’idée qu’il n’y a pas d’autre solution.

Je le redis, la solution n’est pas l’arrivée au gouvernement d’une gauche modifiée, du genre de celle qu’on nous prépare. La seule solution c’est la lutte de la masse des travailleurs et du peuple, la lutte contre le capital, c’est elle et elle seule qui imposera la satisfaction de nos revendications.

Je résume ce que nous avons dit au congrès. Il faut :

-augmenter le SMIC à 1600 euros nets pas mois – augmenter les salaires, les pensions, les indemnités – défendre et développer l’emploi en développant une véritable politique industrielle et d’investissements utiles – assurer une sécurité sociale pour tous – le maintien du droit à la retraite après 37ans1/2 de travail - construire 600.000logements sociaux urgents – maintenir et développer un grand service public d’enseignement, de formation et de recherche etc…

C’est comme ça qu’on sortira de la crise. Mais pour engager une telle politique, utiliser l’argent autrement, il faut se placer résolument sur une ligne anticapitaliste, il faut avoir la volonté de s’attaquer aux puissances financières qui nous gouvernent.

La seule solution c’est la lutte. Cette lutte, il faut la mener en permanence car, dès qu’elle ralentit, le capital réoccupe le terrain. Il en sera ainsi jusqu’à ce que le peuple établisse le socialisme mais nous n’en sommes pas là.

C’est tout de suite qu’il faut préparer une action encore plus forte que celle du 29, qu’il faut travailler à l’élargir.

Répétons-le les centrales syndicales qui se réunissent lundi 9,  n’ont aucune raison de tergiverser.

Nous savons d’expérience que le seul moyen de bousculer ceux qui ne veulent pas d’action ou veulent la ralentir, c’est que les salariés, les retraités, les sans emplois, interviennent massivement pour l’imposer à ceux des dirigeants syndicaux qui traînent les pieds.

Avant d’aborder l’activité du parti,

Revenons rapidement sur le cas Obama. C’est l’exemple typique de ce que s’efforcent ou vont s’efforcer de faire les capitalistes, eux qui détiennent le pouvoir réel dans presque  tous      les pays du monde. Aujourd’hui avec la crise le besoin de changer les équipes politiques dirigeantes se fait plus pressant. Tout ça bien sûr, pour que rien de fondamental ne change.

Un professeur américain qui se réclame du marxisme et qui dit-il envisage la société d’un point de vue de classe, dépeint Obama de la façon suivante : « Obama est une bénédiction pour le capitalisme. Il va réaliser des merveilles pour aider à légitimer le système capitaliste dans un moment de grand danger pour celui-ci. Les gens seront déçus. Déjà l’on est en train de dire à ceux qui ont montré le plus d’espoir ces derniers mois – pauvres, travailleurs, jeunes- qu’ils doivent être patients ». Obama a déjà annoncé que le « désastre » va s’aggraver les prochaines années et que le chômage va continuer de s’étendre.

En Bolivie, un référendum sur la nouvelle constitution élaborée par le gouvernement d’Evo Moralès a eu lieu à la mi-janvier. 61,96% des électeurs ont dit oui à la nouvelle constitution. C’est très important. Le texte reconnaît à tout le peuple les mêmes droits civils, politiques, sociaux. Il met fin à un système d’apartheid ethnique et social qui marginalisait les peuples indigènes. Il affirme tout une série de droits sociaux : enseignement et santé gratuits, la sécurité sociale, la retraite, l’accès à l’eau courante… Il confirme la propriété sociale du peuple sur le gaz et le pétrole. C’est évidemment une victoire importante que nous saluons car la lutte de classe est très rude et pas terminée. Prochaine étape : les élections présidentielles et législatives en décembre.

Cuba fête les 50 ans de la révolution. Nous voulons redire ici, toute notre solidarité au peuple cubain et au parti communiste cubain dans leur lutte pour continuer à construire le socialisme dans leur pays.

Concernant la Palestine, nous avons appelé à toutes les manifestations pour contraindre Israël à stopper son agression et pour exiger des sanctions contre le gouvernement israélien jusqu’à ce qu’il libère la Palestine et qu’on créé les conditions de la création d’un état palestinien.

Nous nous sommes exprimés sur le site et dans notre matériel de propagande.

Aujourd’hui, Israël a arrêté l’agression mais continue à encercler Gaza. Déjà il a bombardé deux fois le sud de Gaza. Les occidentaux continuent à laisser faire. Obama comme son prédécesseur ne règlera rien car il veut que les USA dominent le grand Moyen-Orient.

La seule issue, redisons-le, c’est la liberté et l’indépendance pour la Palestine, un état palestinien souverain.

L’agression israélienne contre Gaza a soulevé l’indignation des peuples des pays arabes, d’Afrique et du Moyen-Orient. Il devient plus difficile aux dirigeants de ces pays, tels l’Egypte, le Maroc, les Emirats, etc… de continuer à soutenir le maître américain comme ils l’ont fait jusque-là. L’agression israélienne s’est soldée par un échec politique. La cause palestinienne est largement soutenue dans le monde. En France, les manifestations auxquelles nous avons participé étaient importantes.

Nous continuerons à agir pour contraindre les gouvernements occidentaux, la France en particulier à prendre les sanctions nécessaires contre Israël et à engager un véritable processus pour aboutir à un état palestinien.

J’en reviens à Communistes.

Nous sommes allés dans des centaines d’entreprises, des universités, sur les marchés, à la rencontre des salariés, avec nos tracts pour préparer la journée du 29 janvier

Nous avons  distribué des dizaines de milliers de tracts dans les manifestations.

Cela nous a permis non seulement de faire connaître notre opinion, de  faire connaître « Communistes », cela nous a permis d’avoir des discussions, de prendre des contacts.

Continuons à développer ce travail de masse dans les entreprises, les quartiers, avec nos explications, pour contribuer à l’élargissement de l’action à son intensification, à la bonne orientation contre le capitalisme.

Je l’ai dit plus haut, il faut développer l’exigence et l’on sait que l’action n’est pas automatique. Des salariés approuvent mais ne sont pas encore dans la lutte, il nous faut donc beaucoup, beaucoup nous expliquer. Nous sommes les seuls à dire  « c’est la crise du capitalisme – le capitalisme ne peut produire que cela car son credo est le profit maximum et l’exploitation des peuples son moyen d’existence– il faut lutter contre le capitalisme chaque jour pour le faire reculer- lutter contre le capitalisme jusqu’à l’abolir ». Tous les autres – peu ou prou –veulent le réformer, l’aménager.

Nous le savons, tout le monde ne peut pas nous entendre dès maintenant. La tentation de regarder vers cette nouvelle gauche est réelle. Mais, nous avons tous vérifié qu’il y a déjà des milliers de travailleurs, d’étudiants et bien d’autres qui suivent ce que nous faisons avec intérêt. Demandons-leur de nos rejoindre.

Des cellules préparent des réunions, des rencontres. Elles invitent largement et constatent que ceux et celles intéressés sont plus nombreux. Nous devons donc continuer à organiser partout ces rencontres, ces discussions, à prendre des contacts dans les entreprises, les quartiers.

Utilisons au maximum nos moyens de propagande, notre journal, nos tracts, notre site. A propos du site, l’hebdo a été lancé. Le but est de ne pas attendre que le lecteur vienne sur le site mais d’aller à lui en lui proposant régulièrement, deux ou 3 articles. Il a déjà été envoyé à plusieurs centaines de personnes et, nous en avons eu des échos. Continuons à l’étendre.Il suffit d’envoyer des adresses internet de collègues, de syndicalistes, de responsables d’associations, d’amis à : communistes.hebdo@wanadoo.fr. C’est un outil très intéressant que nous devons développer.

Le 7 juin auront lieu les élections européennes.

Tous les autres partis politiques sont pour l’Europe capitaliste et son développement : la droite – le PS – les autres, PC, Parti de Gauche, NPA… tous ceux qui ont appelé au NON de gauche en 2005 pour une Europe sociale, sont sur la même ligne.

Nous serons là encore, les seuls à dire clairement, l’Europe est capitaliste, on ne peut pas la réformer, il faut la combattre. C’est NON à l’Europe capitaliste.

Nous discuterons plus en détail de notre campagne au prochain Comité National. Nous mènerons la campagne politique avec le maximum de candidats dans les 7 régions.

J’ajoute que nous serons les seuls dont les listes auront l’intitulé « Communistes » puisque le PC s’est fondu dans un « front de gauche européen ».

Nous devons dès maintenant, préparer nos listes de candidats et candidates (la loi impose la parité- 1 femme, 1 homme…) dans chaque département, pour être prêts à lancer une grande campagne.

Pour mener une grande campagne, il nous faut beaucoup d’argent.

Nous en avons collecté pas mal pour les campagnes précédentes.   Il en faut beaucoup, beaucoup plus cette fois - ci.

Nous avons lancé la souscription. Nous ne pouvons compter que sur l’aide des salariés, des gens autour de nous. Nous devons donc nous adresser largement partout à ceux-là et leur dire que nous avons besoin de leur soutien financier pour nos candidats et la campagne.

Nous ferons le point sur nos finances au prochain CN.

La remise des cartes 2009 est en train de se faire partout. Il est important de bien voir tous nos adhérents un par un.

Nous devons continuer à développer  la réflexion politique indispensable des adhérents, en organisant la discussion la plus large dans les réunions de cellules et à faire des stages d’éducation pour permettre à chacune et chacun de bien maîtriser les bases de la théorie marxiste.

Voilà ce que j’étais chargée de vous dire pour ouvrir notre discussion.   

 

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