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Comité National 08-12-2007 – rapport introductif

Nous savons que N. Sarkozy a été élu pour faire avancer le programme du capital, pour qu’à terme toute l’organisation de la société française réponde aux exigences de la concurrence capitaliste.

Tout pour le capital, tel est l’enjeu. Faire baisser beaucoup plus encore le coût du travail est un impératif pour les groupes financiers capitalistes qui dirigent le pays.

 

Que se passe-t-il depuis le dernier CN. Où en sommes nous ?

Les luttes : Il y a eu la journée de grèves et de manifestations du 18 octobre qui a été très forte, avec des dizaines de milliers de travailleurs dans l’action.

A partir du 14 novembre, les salariés de la SNCF et de la RATP ont été en grève 10 jours avant de suspendre leur mouvement. Le 14 et le 20 novembre, SNCF,  RATP, EDF et GDF, les fonctionnaires, les services publics – PTT - Hôpitaux – l’équipement… les enseignants, de nombreuses entreprises privées (le 20 novembre il y a eu 500 appels à l’action dans les entreprises privées). Des manifestations très importantes ont eu lieu dans toute la France.

Grève massive à l’UNEDIC et l’ANPE le 27 novembre contre la fusion. Grève à la Sécurité Sociale ce 6 décembre sur les salaires et les conditions de travail. Grève dans 28 magasins Conforama, grève chez Darty,  pour les salaires. Grèves dans plusieurs Géant Casino contre les bas salaires, les temps partiels imposés.

On annonce d’autres actions en préparation, dans le bâtiment, les banques, chez les fonctionnaires, à la SNCF pour le 13 décembre. La CGT- RATP appelle à la  grève le 12 décembre.

Parlant des luttes dans les entreprises, nous voulons saluer ici,  la relaxe définitive des quatre militants CGT de l’équipement traduits en justice pour avoir en juin 2003 mené des actions revendicatives avec les salariés. Nous leur avons apporté notre soutien tout au long de ces années de lutte. Cette relaxe est une victoire de l’action déterminée des salariés.

Les étudiants sont en lutte depuis plusieurs semaines contre la livraison de leurs universités aux entreprises privées. Ils refusent que leur enseignement soit soumis aux exigences capitalistes, que l’avenir de la très grande majorité d’entre eux soit sacrifiés. Sarkozy a annoncé qu’il débloque 5 milliards (pour trouver cet argent il a vendu des parts d’EDF aux fonds de pensions anglo-saxons) mais précise le journal « Les Echos », le gouvernement fera porter les efforts sur des pôles « d’excellence » c'est-à-dire sur quelques campus universitaires susceptibles de devenir des Universités de réputation Européenne voire mondiale. Autrement dit ce ne sera pas pour des Universités de secteurs populaires comme par exemple Paris VIII à St Denis dans le 93.

Julliard président de l’UNEF a manigancé dans le dos des étudiants avec V. Pécresse et il a sapé leur mouvement. Il en est d’ailleurs récompensé puisqu’il sera  candidat de Delanoë maire PS de Paris, sur la liste d’union de la gauche dans le 13ème arrondissement, en position d’être élu conseiller de Paris aux élections municipales de mars 2008. Mais la lutte des étudiants n’est pas terminée.

Il y a deux semaines ont éclaté les évènements violents à Villiers-le-bel après la mort tragique de deux jeunes.

Une fois de plus avec une belle unanimité,  presque toutes les forces politiques, de droite et de gauche, ont suivi Sarkozy, lequel a déclaré : « nous avons affaire à des voyous, des dealers, des assassins, qu’il faut neutraliser. Il faut traduire aux assises ceux qui tirent sur les forces de l’ordre ».

On manipule l’opinion avec le relais des médias. Ces discours ne sont pas nouveaux, ils évitent de parler de la réalité et de devoir y répondre. Depuis 2005, la situation de ces jeunes s’est encore plus durement détériorée à tous les points de vue. On  ne peut donc pas être surpris de la violence de leur réaction à Villiers-le-bel. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. La colère couve encore plus fort que lors de l’explosion de 2005.

Le gouvernement avait promis un « plan Marshall ». Sarkozy avait promis du travail etc… Résultat : le chômage dans ces quartiers est de 41% pour les jeunes de 18 à 24 ans. Il est de 19% pour l’ensemble de leur population (2 fois plus que la moyenne nationale officielle). Un habitant sur cinq dans ces banlieues vit avec moins de 735 euros par mois (le seuil de pauvreté est à 681 euros mensuel). A Villiers-le-bel, le revenu moyen par habitant est de 540 euros mensuel. Le programme de rénovation Borloo a produit pour l’instant des démolitions (les barres détruites dans des villes) bien supérieures aux constructions. Les transports sont toujours aussi insuffisants voire inexistants. Et cerise sur le gâteau, dans le budget 2008 la « dotation de solidarité urbaine »créée pour venir en aide aux villes pauvres de banlieue a été amputée de 30 millions d’euros.

Selon un sondage CSA, 66 % des personnes interrogées jugent que le gouvernement n’apporte pas assez d’aide aux quartiers en difficulté.

Sarkozy a réuni, Fadela Amara, Fillon… Une réunion de crise. Pas plus que leurs prédécesseurs, ils ne proposent – et pour cause – les solutions. D’ailleurs Sarkozy a prévenu : il ne donnera pas un sous de plus pour les banlieues.

Un sondage relève que 80% des Français sont inquiets pour eux, pour leurs enfants. Ils sont inquiets et de plus en plus mécontents. Les actions, de plus en plus diverses et importantes, montrent que le mécontentement et la volonté d’agir se manifestent dans le pays. D’ailleurs dans un sondage national fait à la fin de la grève SNCF – RATP, 55% des salariés interrogés disaient qu’ils pourraient envisager de faire grève, ce qui dans le matraquage idéologique et la conjonction des forces qui oeuvraient pour l’arrêt des grèves en cours est plutôt intéressant.

Le journal « Le Monde » a publié quelques messages de lecteurs qui illustrent cet état d’esprit. Deux extraits :

-Une lettre à Sarkozy d’une mère de famille de 3 enfants, salariée modeste qui « l’invite à compter avec elle ses fins de mois ». Elle écrit « …  à force de tirer sur les plus faibles, ça risque d’exploser… Si j’avais les acquis des personnels des régimes spéciaux, je serais également dans la rue… Soutenons-les puisque eux au moins, ils se battent ».

-Un retraité cheminot qui a fait la grève en 1968 « …Nous avons arrêté le trafic ferroviaire pendant trois semaines… C’est l’offensive des cheminots qui fit plier le gouvernement. Ils reprirent le travail seulement après des négociations et non avant comme le veut Sarkozy ».

Les conditions existent pour que l’action grandisse, s’élargisse considérablement face à la politique du gouvernement car le mécontentement est énorme et il grandit de plus en plus dans les entreprises, dans la population.

 

Au centre de ce mécontentement :

Les salaires – le pouvoir d’achat.

*1/3 des Français a moins de 915 euros de revenus par mois. La France compte près de 5 millions de pauvres (le seuil de pauvreté est à 681 euros mensuel)

*16% des salariés ne dépassent pas le SMIC. 66% des salariés  (2 sur 3) gagnent moins de 1,6 SMIC (1600 euros nets).  Par ex. un ouvrier du service de l’équipement au bout de 23 ans de carrière, touche 1325 euros mensuels.

Selon les données officielles, le salaire net moyen d’un ouvrier du privé est de 1326 euros.

Dans la grande distribution, les employés ne dépassent  pas 980 euros nets pour 35 h. hebdomadaire. Chez Casino, ils perçoivent 800 euros pour 30 heures. Celles qui ont 25 h. imposées perçoivent 600 euros.

On pourrait continuer cette énumération.

Ajoutons à cela les augmentations permanentes des prix, des produits de première nécessité – le pain, les pommes de terre, les produits laitiers, le beefsteak qui ont fait des bonds de 20 à 40% en 5 ans, de l’essence, les dépenses de santé, les loyers…Et Gaz de France annonce une hausse de 6% pour les particuliers à partir de janvier prochain, alors que ses profits sont passés de 1,75 milliards d’euros en 2005 à 2,6 milliards en 2006. Les dividendes versés aux actionnaires sont passés de 420 milliards d’euros en 2004 à 1.100milliards en 2006. La privatisation leur profite bien.

La seule réponse valable à cette question cruciale est d’abord l’augmentation des salaires.

Or, pendant que les profits flambent un peu plus chaque année, grâce aux gains de productivité, aux réductions massives d’emplois, aux délocalisations, aux exonérations de cotisations accordées par l’Etat : + 71% en moyenne entre 2000 et 2005 - + 28% en 2006 sur 2005 et on annonce une progression identique pour 2007, sans oublier les patrons qui se sont accordé des augmentations jusqu’à 25% en 2006. Les salaires sont bloqués.

Un exemple : les Monoprix, 298 magasins en France. Les prix ont augmenté en moyenne de 6,1% depuis 2004 – le chiffre d’affaires est en augmentation constante : + 4,4% en 2006, + 3,5% en 2007 et les profits suivent + 7,5% en 2007, les salaires sont bloqués à  1400 euros bruts ( net : 1080 euros) pour le plein temps et la productivité augmente car ils réduisent les emplois. Les salariés ont fait grève et manifesté deux fois en 2007.

L’étude de l’INSEE pour 2007 fait apparaître que depuis 1978 le revenu salarial n’a pas augmenté,  qu’il a même baissé de 0,2 à 0,5% entre 2000 et 2005, ce sont les statistiques officielles. La part des salaires dans la valeur ajoutée (c'est-à-dire dans les richesses produites) ne cesse de reculer. Elle a reculé de 10 points en 20 ans.

Sarkozy a annoncé ce 29 novembre à la Télévision ses recettes pour le Pouvoir d’achat. . Il les a abordées dans le cadre strict de l’objectif du patronat : abaissement permanent du coût du travail.

Rien pour le salaire direct et il continue à attaquer et à faire reculer le salaire indirect (réduction de la Sécurité Sociale – retraites…). Toutes ces mesures, qui peuvent pour certains salariés créer l’espoir qu’ils vont y gagner (-heures supplémentaires – faire sauter les 35 h. -travail du dimanche…) en fait, attaquent encore un peu plus les droits, les conventions collectives et les statuts : durée du travail – repos dominical- salaire minimum et à terme la conséquence sera de faire reculer encore les salaires et le pouvoir d’achat  en détruisant ce qui reste de social.

Laurence Parisot présidente du MEDEF ne s’y est pas trompée. Elle a « accueilli avec intérêt et espoir  cette nouvelle entorse aux 35 h. » d’autant que Sarkozy a ouvert la porte à la revendication des patrons que la durée du travail ne dépende plus d’une loi mais de leur bon vouloir. Le but de cette intervention télévisée  était d’annoncer qu’il va accélérer la casse de toutes les lois sociales (j’y reviendrai).

Un sondage le lendemain de l’émission relevait que 51% des Français pensent que les mesures prises par le gouvernement pour augmenter le pouvoir d’achat sont inefficaces.

Les retraites

Le nombre d’années de cotisations, l’âge de départ, le taux des retraites, préoccupent les Français. Le pouvoir d’achat des retraites a reculé de 20% en 20 ans. 60% des retraités touchent moins de 900 euros nets, une femme sur deux ne perçoit que le minimum contributif soit 563 euros nets.

Le but de la réforme du système des retraites, affirmé comme une nécessité par Michel Rocard dès 1991, mise en place par ses successeurs de droite, approuvée par L. Jospin et J. Chirac ensemble au sommet européen de Barcelone en 2002, vise, on le sait, à faire travailler de plus en plus tard – 60 -62- 65 ans et plus, les salariés, en augmentant le nombre d’années de cotisation 40- 41 -42 ans, à casser le système des retraites par répartition instauré en 1945 au profit des assurances privées.

La Sécurité Sociale

Le budget 2008 de la Sécurité Sociale fait payer encore plus les assurés. Après les réductions successives de remboursement des médicaments, l’instauration de la CSG (par Rocard- encore lui) du CRDS, du forfait hospitalier, de la franchise de 1 euro sur chaque visite chez le médecin, le gouvernement instaure à partir de janvier 2008 une franchise sur les médicaments et le transport sanitaire. Les complémentaires santé vont augmenter de 3 à 5% en 2008. Les mutuelles et les assureurs indiquent : « que s’il y avait de nouveaux désengagements de la Sécurité Sociale, ils seraient contraints de limiter leurs prestations et de diminuer leurs garanties ».

Les exonérations de cotisations sociales des entreprises s’élèveront en 2008 à 25 milliards d’euros.

L’emploi

La destruction de l’emploi se poursuit. Chaque semaine des entreprises ferment, des milliers de suppressions d’emplois sont annoncées dans le secteur privé et dans la fonction publique.

Louis Gallois président d’EADS  vient d’enlever une commande de 350 Airbus en Chine. Le carnet de commandes n’a jamais  été aussi plein, mais il annonce de nouvelles délocalisations de la production et des bureaux d’études avec des centaines de suppressions d’emplois (le plan Power 8 annoncé début 2007 prévoit déjà la suppression de 10.000 emplois dont 4500 en France). Dassault Aviation qui a augmenté ses profits de 46% au premier semestre 2007 annonce la délocalisation  pour janvier d’une partie de la production et des bureaux d’étude avec des suppressions massives d’emplois en France.

Le mécontentement est grand et ce qui se passe montre que la volonté de lutte grandit. Les raisons existent pour un mouvement de lutte beaucoup plus large de tous ceux qui subissent cette politique.

 

Quels sont les obstacles ?

Les centrales syndicales ne lancent pas d’appel à une action interprofessionnelle pourtant nécessaire et urgente.

Bien au contraire. Elles ont officié pour que les différentes luttes – transport – EDF – fonctionnaires – privé… ne se rejoignent pas et qu’elles cessent le plus vite possible. Toutes sont en train de négocier avec le gouvernement la fin des régimes spéciaux des retraites.

La CFDT on connaît. C’est Chérèque en 2003 qui a cassé le mouvement. Partisan déclaré des réformes, il a appelé dès le début du mouvement des cheminots et de la RATP en novembre, à la reprise du travail. Sur les tragiques évènements de Villiers-le-bel, il a déclaré : « l’idée que l’économie va tout régler est une impasse… On ne peut pas tout régler en deux ans ».

La CGT vient de franchir un nouveau pas dans son intégration. En annonçant la veille de la grève du 14 novembre qu’il acceptait de négocier avec le gouvernement, B. Thibault a porté volontairement un coup sévère au mouvement. Est-ce que c’est le gouvernement qui compose avec la CGT comme il l’affirme dans « l’Humanité » ou la CGT qui compose avec le gouvernement ? La presse a titré : « B. Thibault pivot du compromis », « le geste de la CGT permet au gouvernement d’espérer une issue rapide »… F. Chérèque a déclaré dans une interview au « Parisien » : « j’observe les efforts de B. Thibault pour amener la CGT dans une démarche qui privilégie la réforme. Cela va dans le sens de la tradition européenne des syndicats ». En effet, la CGT est tout à fait dans la ligne d’intégration de la CES et de la nouvelle centrale syndicale internationale qu’elle a d’ailleurs contribué à créer.

Heureusement on compte dans les entreprises, les branches, des milliers de syndiqués CGT, élus du personnel, responsables, qui ne sont pas disposés à accepter cette ligne de compromission où l’on va « négocier » dans les salons ministériels ou patronaux le niveau des reculs que les salariés devraient accepter. Ils ont raison. Les salariés ont besoin d’un syndicalisme de classe qui défende leurs revendications, qui les aide à organiser leurs luttes.

En janvier 2003 notre Comité National avait discuté du syndicalisme révolutionnaire et de la menace qui pesait déjà sur le syndicalisme de classe. Dans le document intitulé « Syndicalisme et lutte de classes » nous donnions notre opinion. Je vous rappelle sa conclusion : « Face à l’offensive pour casser le syndicat révolutionnaire, des forces importantes agissent. Partout des syndiqués, des responsables syndicaux, à tous les niveaux ne sont pas disposés à accepter cela. Nombreux sont les membres de la CGT qui ressentent le besoin de conserver et de développer le syndicalisme de classe. Avec eux, des centaines de milliers de salariés luttent contre le capital. N’est-ce pas sur tous ceux-là que le syndicalisme révolutionnaire doit s’appuyer, pour que grandisse l’exigence d’un syndicalisme de classe ? Son existence et son renforcement dépendent du poids que pèseront les syndiqués et les travailleurs. C’est vers eux que nous tournons, parce que c’est d’elles et eux que dépend l’issue de ce combat.

Les Partis politiques dits « d’opposition » n’ont apporté aucun soutien aux mouvements en cours. Ils ont même œuvré pour qu’ils s’arrêtent. Pendant que les travailleurs luttaient ces partis de l’ex-gauche plurielle (PS – PCF- Verts- MRC- MRG) mettaient en place un groupe de « liaison et d’échanges » pour préparer… les municipales !... Rassemblement à gauche ! Votez pour nous et on fera le reste ! On fera quoi ?

Le PS est pour les réformes proposées. Hollande et tous les dirigeants de ce parti ont seulement déclaré qu’ils n’étaient pas d’accord avec la méthode employée. Quant à Fabius, vous savez le champion du non à l’Europe, dès le début du mouvement, il voulait la reprise du travail. D’où la proposition du PS d’un nouveau « Grenelle » pour discuter ensemble, patronat, gouvernement et syndicats réformistes, de la méthode qu’on pourrait employer pour imposer aux travailleurs de nouveaux sacrifices. Rien de surprenant que la candidate PS aux Présidentielles  ait proposé à F. Bayrou d’être premier Ministre, lequel a déclaré après l’intervention télévisée de N. Sarkozy : « Je trouve convenables les propositions de N. Sarkozy sur le pouvoir d’achat ». Le PS fera d’ailleurs des alliances à la carte avec le MODEM de Bayrou pour les élections municipales.

On ne peut pas être pour le capitalisme et défendre les revendications des salariés.

Le PCF a osé organiser, salle Japy à Paris, avec des gens du PS, de la LCR, du MRG, des Verts, une réunion (comme cela s’est fait dans de nombreux départements) pour demander… un référendum sur le nouveau traité européen ! Voilà qui n’engage pas à grand-chose !

LO a tenu son congrès le week-end dernier. Elle a décidé de rejoindre les listes d’union de la gauche avec le PS et le PC pour les élections municipales « pour résister à la droite ».

Quant à Besancenot de la LCR ,  on le voit beaucoup dans les médias. Sous le titre « Olivier Besancenot le nouveau communisme à visage copain », Paris-Match lui consacre une double page où J. Marie Rouart de l’Académie française qui l’interviewe, écrit « O. B. incarne à gauche notre frénétique désir de romantisme sans risque… ». Fort de sa cote actuelle, il veut lancer un nouveau parti, anticapitaliste mais pas d’avant-garde, un parti « de la gauche qui ne veut rien lâcher ». Avec ça on est tranquille !

Chaque jour qui passe confirme que le peuple n’a rien à attendre des partis de gauche.

C’est « Le Figaro » qui a écrit ces jours derniers « N. Sarkozy n’a pas d’opposition à gauche ».

 

Dans ce premier affrontement depuis son élection, Sarkozy a marqué des points, avec le concours des partis politiques, des syndicats réformistes, avec le concours actif et énormément puissant des médias, avec leur martelage quotidien des thèmes de leur propagande élaborés par les dirigeants capitalistes, le gouvernement et tout leur Etat major. Il faut mesurer la place énorme que tient aujourd’hui la manipulation de l’opinion publique dans la lutte des classes. L’information aujourd’hui n’est que propagande au service du capital. Si le dossier des retraites avait été présenté tel qu’il devait l’être, il aurait été impossible de présenter les mesures prises contre les régimes spéciaux comme des gestes de simple équité !

Quand on voit « l’Humanité » après la reprise du travail, titrer « Sarkozy s’ invente une victoire », on est perplexe.

Sarkozy, on en est là aujourd’hui, a mis en place les 40 ans de cotisations mais il vise beaucoup plus loin. Il vient d’entre ouvrir une porte qui mène à de nouvelles attaques et, en particulier, à celle d’une réforme très dangereuse de tout le système des retraites, quel qu’il soit.

C’est l’enjeu de la période actuelle. Il n’avancera plus loin et plus vite que s’il parvient à conserver un rapport de forces qui lui permette de le faire.

 

Où veulent-ils aller ?

Leur leitmotiv, c’est « être compétitifs ». Redisons encore qu’ils ont besoin de restructurer toute la société française afin qu’elle réponde aux exigences du capital dont l’enjeu permanent est : être en bonne place dans la concurrence internationale, répondre au développement inégal du capitalisme à l’échelle mondiale.

C’est ainsi qu’on peut lire dans « Le Figaro » : « Toutes les décisions qui sont prises découlent d’abord de cette réalité incontournable : N. Sarkozy doit s’attaquer non seulement à la refonte de l’Etat mais à la refonte complète du modèle social français. Tout témoigne de l’obsolescence du prétendu modèle social issu de Conseil National de la Résistance (CNR). Soixante ans plus tard, le monde a changé ».

Salaires et pouvoir d’achat diminués, retraites, sécurité Sociale réduite, casse des statuts, du code du travail, de toutes les règles du droit pour les salariés – durée du travail –salaire minimum – marché du travail-, adaptation de l’enseignement et de la recherche , régionalisation adaptée à l’Europe etc… Il faut s’attaquer à tout ce qui fait obstacle aux visées du capitalisme

Ils doivent aller beaucoup plus  vite dans cette direction car la course mondiale au profit capitaliste s’accélère très fortement dans la période présente.

Sarkozy ne dit pas autre chose quand il déclare à toute occasion : « j’ai été élu pour faire les réformes nécessaires, je les ferai, je vais les accélérer, c’est dans mon programme ».

Tous les pays capitalistes du monde s’affrontent férocement dans cette course à la surexploitation de leurs peuples. Tous les jours on peut en relever des exemples dans le monde entier.

La situation des salariés et des peuples ne relève pas d’une quelconque évolution naturelle, d’un état de fait incontournable, d’une « mondialisation » à laquelle il faudrait s’adapter. Non, ce que nous vivons découle de la loi même du capitalisme. Quand Sarkozy dit à propos des réformes «  je les ferai car c’est dans l’intérêt de la France et des Français », c’est de l’intérêt du capitalisme qu’il parle. L’intérêt du peuple et de la nation est totalement opposé à ceux du capital.

Il y a quelques jours, un colloque organisé par le centre d’analyse stratégique faisait ressortir, que l’Union Européenne affiche trop de faiblesse face à la mondialisation. Pour obtenir une place de choix dans les échanges mondiaux, elle doit renoncer à ses modèles sociaux, élever l’âge de la retraite, réformer le système de santé, privatiser, développer la productivité du travail, bloquer les salaires, « libérer le marché du travail », c'est-à-dire faire disparaître les lois et garanties qui protègent les salariés. Elle doit créer des structures qui, seules, lui permettront d’avancer. Tous les gouvernements européens qu’ils soient de droite ou socialistes ou qu’ils gouvernent ensemble, partagent ce même objectif.

 

Nous vivons l’époque des grands changements dans l’équilibre du monde capitaliste avec l’irruption en particulier de l’Asie, de la Chine d’abord, de l’Inde, qui rend la concurrence d’autant plus féroce.

Une étude du cabinet de conseil BCG (Boston Consulting Group)  a classé les 100 premiers groupes des pays du Sud qui bousculent les champions américains. Parmi eux 41 entreprises chinoises et 20 indiennes. Le chiffre d’affaires global de ces « 100 multinationales qui changent la donne » titre « Le Monde » s’est élevé à 1.200 milliards de dollars (818 milliards d’euros) entre 2004 et 2006, en croissance annuelle de 29%. Le numéro un chinois de l’acier – Baosteel est prêt à lancer 200 milliards de dollars pour  racheter l’anglo-australien Rio-Tinto

La Chine d’aujourd’hui développe considérablement ses capacités techniques, scientifiques, sa force militaire. Elle se situe au deuxième rang mondial pour les moyens affectés à la recherche, juste derrière les USA. Début 2007, le pays comptait un million de chercheurs pour 1,3 millions aux USA. Elle se place partout dans la concurrence mondiale, en Asie, en Afrique, en Amérique Latine. Son grand atout, c’est d’être un pays où la main-d’œuvre est à très bas coût, en même temps qu’elle est devenue un pays de productions à haute valeur ajoutée.

L’Inde, la Russie, le Brésil et d’autres pèsent de plus en plus lourd sur la scène mondiale et les pays capitalistes avancés en tiennent le plus grand compte.

C’était évidemment cet impératif qui a guidé le voyage de Sarkozy en Chine

La guerre économique voire la guerre tout court pour la domination des marchés et l’exploitation des matières premières s’accentue rapidement dans le monde. François Hasbourg, président de l’Institut International d’Etudes stratégiques (IISS) vient d’écrire dans le journal financier « l’Expansion » : « Les évolutions du monde, l’affaiblissement international des USA, la difficulté croissante de l’hégémonie sur le monde, l’enlisement en Afghanistan – en Irak… L’irruption de l’Iran avec le nucléaire et les menaces de frapper ce pays, fait monter le péril de la guerre nucléaire au Moyen-Orient ’.

Bush essaie en même temps de donner à penser qu’il veut faire avancer la paix dans la région en organisant le spectacle médiatique d’Annapolis, où il a fait se rencontrer Olmert et Mahmoud Abbas du Fatah pour soi-disant négocier un nouveau plan débouchant sur un traité de paix avant la fin 2008. Laissons un expert israélien – Yassi Alpher décripter lui-même les résultats de cette rencontre. Dans une interview au « Figaro » il dit : « Dans leurs déclarations les trois principaux acteurs, G. Bush, Olmert et Abbas ont soigneusement évité de s’attaquer aux problèmes les plus épineux. A Annapolis, ils ont étalé leurs bonnes intentions. Cependant ils n’ont pas laissé entrevoir le moindre élément permettant d’imaginer à quoi ressemblerait un accord ni comment y parvenir ».

Tout est dit. La condition de la paix est qu’Israël évacue la Palestine, qu’on permette au peuple palestinien de créer un état indépendant, de décider librement de son avenir. Rappelons ce que nous avons dit à ce sujet : « la France a le pouvoir de jouer un rôle pour contraindre Israël, elle doit rompre ses relations avec l’Etat d’Israël jusqu’à ce qu’il accepte la création d’un Etat palestinien ».

Rappelons aussi que la  lutte des peuples se développe.

Nous avons déjà  souligné les évolutions en Amérique Latine qui expriment la volonté des peuples de se libérer de la tutelle américaine, de se développer en toute indépendance et de vivre mieux, le rôle de Cuba.

Un mot sur le référendum de dimanche dernier au Vénézuela. Toute la classe politique bien pensante de droite comme de gauche se réjouit « La défaite de Chavez – de peu – 51%- mais il a été battu  titrent les médias ». On retrouve l’union sacrée de tous ceux qui sont pour le capitalisme. Il faut rappeler qu’il y a eu au Vénézuela, la création des missions sociales, santé, éducation, alimentation, logement… en 2003 puis il y a eu les nationalisations du pétrole, de l’électricité, des télécommunications. Les forces réactionnaires qui continuent de contrôler la plupart des grands médias  y diffusent leur haine du peuple et leur haine de tout ce qui touche à leurs intérêts.  Si des progrès très importants ont été accomplis pour le peuple, les structures de l’économie du pays sont toujours capitalistes et limitent les progrès. Les capitalistes  et leurs soutiens à l’intérieur et à l’extérieur mènent une lutte de classe sans merci.  Continuer d’avancer dans les progrès de la société, vers le socialisme  ainsi que l’annonce H. Chavez est un rude combat pour le peuple.

En Europe, ces dernières semaines des luttes importantes se sont développées dans de nombreux pays  contre les reculs sociaux que les gouvernements veulent imposer.

 

En Allemagne, les conducteurs de la Bundesbahn après plusieurs semaines de grève ont obtenu de 8 à 13% d’augmentation de salaires.

Au Portugal depuis deux ans, les grèves se succèdent pour les salaires, contre la réforme des retraites, les privatisations, la casse des conventions collectives.

En Italie le 9 novembre, grève et manifestation contre la refonte du système des retraites et la précarisation de l’emploi dans l’éducation.

En Grande-Bretagne plusieurs mois de conflit sur les salaires, l’emploi, les retraites.

En Finlande luttes pour les salaires, dans le secteur de la santé à la suite  desquelles le salaire des infirmières a été augmenté de 25%.

En Hongrie grève des conducteurs et employés des chemins de fer pour protester contre la fermeture de lignes. Action des employés de la santé, de l’éducation, de l’énergie, des aéroports, contre les privatisations et la réforme du régime des retraites prévue pour 2008.

En Slovénie arrêt de travail et manifestation le 17 novembre pour les salaires.

En Bulgarie grève des enseignants pour les salaires et la révision du budget de l’enseignement.

L’opposition capital – travail est la même dans tous les pays et irréductible.

Nous sommes pour que la solidarité de lutte de tous les travailleurs se développe dans les pays européens comme dans le monde entier.

« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » écrivaient Marx et Engels en 1848. Rien de plus actuel.

 Soit on combat le capitalisme jusqu’au bout, soit on le défend ou – ce qui au bout du compte revient au même - on s’en accommode quitte à « l’amender ». Mais aujourd’hui en France, les « amendements » sont impossibles. La lutte des classes est au cœur de la société capitaliste. Il n’y a pas de troisième voie.

 

S’il est vrai que Sarkozy a créé une situation qui ouvre une porte vers une nouvelle étape des réformes voulues par le capital, il reste que rien n’est réglé pour autant. La mise en œuvre de tels changements, avec toutes leurs conséquences sur le peuple, implique un véritable recul de civilisation. C’est pourquoi le mécontentement et la colère ne peuvent que se développer.

Et ça, Sarkozy le sait. Il cherche par tous les moyens à décourager ce mécontentement. Il y est même parvenu dans une certaine mesure, on a vu par quels moyens, par la capitulation des organisations syndicales en particulier. Il s’est encore permis d’affirmer le 29 novembre « je sais où je vais, je ne reculerai pas. Ça a bien marché pour les régimes spéciaux et l’Université, ça peut continuer ».

D’autres que lui avaient déclaré qu’ils ne reculeraient pas et pourtant ils ont dû le faire. L’action unie, puissante des salariés et du peuple les y a contraints. Ce qui vient de se passer ces dernières semaines montre que le mécontentement et la colère grandissent dans le pays et pas seulement dans la classe ouvrière. Quand des corporations entières d’employés, quand les jeunes, les enseignants, des cadres mêmes entrent dans l’action, à leur tour et à leur façon, quand les dirigeants syndicaux réformistes sont contraints de multiplier les manœuvres pour camoufler leur trahison, cela veut dire que quelque chose est en train de se passer au plus profond des couches populaires. Il n’est surtout pas question d’évoquer un automatisme qui ferait que plus le peuple est exploité et plus il lutte. Rien de positif n’est possible sans l’intervention politiquement consciente des masses. C’est de cela que nous sommes responsables en tant que parti révolutionnaire.

 

Faisons le point sur la situation de « COMMUNISTES » cinq ans après sa création. Nous l’avons dit à plusieurs reprises et c’est aujourd’hui acquis, notre unité de pensée sur une base marxiste-léniniste nous permet plus que jamais de faire face à tous les évènements qui se succèdent, comme ceux, par exemple, de la période actuelle. Ce n’était pas acquis d’avance quand on se remémore où en était le mouvement révolutionnaire en France après le lamentable effondrement du PCF. Cela dit, nous devons maintenant nous atteler à une autre étape du développement du parti révolutionnaire en France. Grandir, nous implanter partout où la situation l’exige et finalement le permet.

Comment développer l’influence révolutionnaire en France aujourd’hui ?  Tournons toute notre activité dans cette direction.

-Contactons de façon méthodique et suivie, tous ceux et celles dont nous nous rendons compte qu’ils sont sensibles à nos arguments, à notre comportement dans la vie quotidienne. Ne pourrions-nous pas d’ici à notre congrès engager tout le parti dans une grande campagne de renforcement ?

-Comment élargir notre activité de propagande ? C’est absolument indispensable, c’est pour nous une question vitale compte tenu du poids actuel de tous les médias, qui tous, à des détails près, sont à la solde du pouvoir capitaliste. Que pensez-vous de la proposition de consacrer une partie d’une prochaine réunion du CN à examiner plus à fond la question du développement de notre propagande ?

Nous faisons déjà beaucoup dans les entreprises, nous sommes sur le terrain des luttes, dans les manifestations, mais il nous faut faire beaucoup plus, aller dans de nouvelles entreprises, dans les établissements scolaires, les cités populaires. Comment par exemple nous faire connaître dans ces cités de banlieues ?

Comment améliorer notre site, en faire un journal d’informations politiques qui compte, consulté par nombre de syndicalistes, de travailleurs, de jeunes ? Nous avons besoin de discuter de ces questions.

En mars prochain   auront lieu les élections municipales et les élections cantonales (la moitié des cantons est renouvelable). Nous serons évidemment dans cette bataille politique.

Présenter des candidats aux élections législatives nous a permis de nous faire connaître, de renforcer notre parti. Les résultats – encourageants- ont montré qu’il y a des gens souvent plus nombreux qu’on ne l’imagine, qui approuvent nos analyses et sont d’accord avec la lutte que nous menons.

Présentons le maximum de candidats aux élections cantonales – en sachant que la loi modifiée en 2004, exige pour les candidatures : 1 titulaire et 1 suppléant qui ne soient pas du même sexe, c'est-à-dire obligatoire femme et homme.

 

Plus nous avançons, plus l’exigence politique est grande et plus il faut d’argent.

Pour développer notre propagande, nos initiatives, présenter de nombreux candidats et candidates aux cantonales, nous devons collecter beaucoup plus.

Les campagnes électorales coûtent cher. Nous avons pu présenter des candidats dans des départements, des circonscriptions où nous n’étions pas encore organisés parce que nous y avons consacré les sommes nécessaires.

Fin septembre nous avons lancé une souscription avec récompenses qui ira jusqu’au 20 décembre. La diffusion des bons s’organise. Des départements, des cellules ont de très bons résultats. Quand on s’adresse très largement autour de nous, dans les entreprises, les quartiers, les manifestations, des salariés, des gens, qui pensent que nous faisons un travail utile, qui partagent nos convictions, sans être adhérents, nous apportent leur soutien financier.

C’est la première fois que nous prenons une initiative de ce genre. Maintenant elle est bien lancée, il faut accélérer partout, utiliser les 15 jours qui restent pour diffuser des bons.

Dès janvier ,  nous reprendrons la souscription permanente et en février et mars une autre souscription pour les élections cantonales.

Il faut également veiller en cette fin d’année à la mise à jour des cotisations pour tous les adhérents.

Pour la remise des cartes comme chaque année nous allons organiser des réunions amicales, des rencontres non seulement avec nos adhérents, leur famille mais inviter des sympathisants. Ce sera l’occasion de débats, de discussions sur la situation, l’occasion de proposer largement l’adhésion à notre parti.

Nous devons également continuer à faire des stages, des écoles, à organiser la formation des adhérents.

 

Enfin, comme vous le savez, nos statuts stipulent que la réunion du congrès a lieu au moins tous les deux ans.

Nous devons donc tenir notre congrès en 2008.

Compte – tenu du calendrier, des élections municipales et cantonales, le Bureau National vous propose de le tenir vendredi soir 6 juin à partir de 18 h. et samedi 7 juin toute la journée.

Le Comité National adoptera le texte politique destiné à sa préparation dans les départements.

Voilà chers (es) camarades ce que j’étais chargée de vous rapporter.

 

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