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Comité
National 08-12-2007 – rapport introductif
Nous savons que N. Sarkozy a été élu pour faire
avancer le programme du capital, pour qu’à terme toute l’organisation de la
société française réponde aux exigences de la concurrence capitaliste.
Tout pour le
capital, tel est l’enjeu. Faire baisser beaucoup plus encore le coût du travail
est un impératif pour les groupes financiers capitalistes qui dirigent le pays.
Que
se passe-t-il depuis le dernier CN. Où en sommes nous ?
Les
luttes : Il y a eu la journée de grèves et de manifestations du 18
octobre qui a été très forte, avec des dizaines de milliers de travailleurs
dans l’action.
A partir du 14
novembre, les salariés de la SNCF et de la RATP ont été en grève 10 jours avant
de suspendre leur mouvement. Le 14 et le 20 novembre, SNCF, RATP, EDF et GDF, les fonctionnaires,
les services publics – PTT - Hôpitaux – l’équipement… les enseignants, de
nombreuses entreprises privées (le 20 novembre il y a eu 500 appels à l’action
dans les entreprises privées). Des manifestations très importantes ont eu lieu
dans toute la France.
Grève massive à
l’UNEDIC et l’ANPE le 27 novembre contre la fusion. Grève à la Sécurité
Sociale ce 6 décembre sur les salaires et les conditions de travail. Grève dans
28 magasins Conforama, grève chez Darty,
pour les salaires. Grèves dans plusieurs Géant Casino contre les bas
salaires, les temps partiels imposés.
On annonce d’autres
actions en préparation, dans le bâtiment, les banques, chez les fonctionnaires,
à la SNCF pour le 13 décembre. La CGT- RATP appelle à la grève le 12 décembre.
Parlant des luttes
dans les entreprises, nous voulons saluer ici, la relaxe définitive des quatre
militants CGT de l’équipement traduits en justice pour avoir en juin 2003 mené
des actions revendicatives avec les salariés. Nous leur avons apporté notre
soutien tout au long de ces années de lutte. Cette relaxe est une victoire de
l’action déterminée des salariés.
Les
étudiants sont en lutte depuis plusieurs semaines contre la livraison de leurs
universités aux entreprises privées. Ils refusent que leur enseignement soit
soumis aux exigences capitalistes, que l’avenir de la très grande majorité
d’entre eux soit sacrifiés. Sarkozy a annoncé qu’il débloque 5 milliards (pour
trouver cet argent il a vendu des parts d’EDF aux fonds de pensions
anglo-saxons) mais précise le journal « Les Echos », le gouvernement
fera porter les efforts sur des pôles « d’excellence » c'est-à-dire
sur quelques campus universitaires susceptibles de devenir des Universités de
réputation Européenne voire mondiale. Autrement dit ce ne sera pas pour des
Universités de secteurs populaires comme par exemple Paris VIII à St Denis dans
le 93.
Julliard président
de l’UNEF a manigancé dans le dos des étudiants avec V. Pécresse et il a sapé
leur mouvement. Il en est d’ailleurs récompensé puisqu’il sera candidat de Delanoë maire PS de Paris,
sur la liste d’union de la gauche dans le 13ème arrondissement, en
position d’être élu conseiller de Paris aux élections municipales de mars 2008.
Mais la lutte des étudiants n’est pas terminée.
Il y a deux
semaines ont éclaté les évènements violents à Villiers-le-bel
après
la mort tragique de deux jeunes.
Une fois de plus
avec une belle unanimité, presque
toutes les forces politiques, de droite et de gauche, ont suivi Sarkozy, lequel
a déclaré : « nous avons affaire à des voyous, des dealers, des assassins,
qu’il faut neutraliser. Il faut traduire aux assises ceux qui tirent sur les
forces de l’ordre ».
On manipule
l’opinion avec le relais des médias. Ces discours ne sont pas nouveaux, ils
évitent de parler de la réalité et de devoir y répondre. Depuis 2005, la
situation de ces jeunes s’est encore plus durement détériorée à tous les points
de vue. On ne peut donc pas être
surpris de la violence de leur réaction à Villiers-le-bel. Les mêmes causes
produisent les mêmes effets. La colère couve encore plus fort que lors de
l’explosion de 2005.
Le gouvernement
avait promis un « plan Marshall ». Sarkozy avait promis du travail
etc… Résultat : le chômage dans ces quartiers est de 41% pour les jeunes
de 18 à 24 ans. Il est de 19% pour l’ensemble de leur population (2 fois plus
que la moyenne nationale officielle). Un habitant sur cinq dans ces banlieues
vit avec moins de 735 euros par mois (le seuil de pauvreté est à 681 euros
mensuel). A Villiers-le-bel, le revenu moyen par habitant est de 540 euros
mensuel. Le programme de rénovation Borloo a produit pour l’instant des
démolitions (les barres détruites dans des villes) bien supérieures aux
constructions. Les transports sont toujours aussi insuffisants voire
inexistants. Et cerise sur le gâteau, dans le budget 2008 la « dotation de
solidarité urbaine »créée pour venir en aide aux villes pauvres de
banlieue a été amputée de 30 millions d’euros.
Selon un sondage
CSA, 66 % des personnes interrogées jugent que le gouvernement n’apporte pas
assez d’aide aux quartiers en difficulté.
Sarkozy a réuni,
Fadela Amara, Fillon… Une réunion de crise. Pas plus que leurs prédécesseurs,
ils ne proposent – et pour cause – les solutions. D’ailleurs Sarkozy a
prévenu : il ne donnera pas un sous de plus pour les banlieues.
Un
sondage relève que 80% des Français sont inquiets pour eux, pour leurs enfants.
Ils sont inquiets et de plus en plus mécontents. Les actions, de
plus en plus diverses et importantes, montrent que le mécontentement et la
volonté d’agir se manifestent dans le pays. D’ailleurs dans un sondage national
fait à la fin de la grève SNCF – RATP, 55% des salariés interrogés disaient
qu’ils pourraient envisager de faire grève, ce qui dans le matraquage
idéologique et la conjonction des forces qui oeuvraient pour l’arrêt des grèves
en cours est plutôt intéressant.
Le journal
« Le Monde » a publié quelques messages de lecteurs qui illustrent
cet état d’esprit. Deux extraits :
-Une lettre à
Sarkozy d’une mère de famille de 3 enfants, salariée modeste qui
« l’invite à compter avec elle ses fins de mois ». Elle écrit
« … à force de tirer sur les plus faibles, ça risque d’exploser… Si
j’avais les acquis des personnels des régimes spéciaux, je serais également
dans la rue… Soutenons-les puisque eux au moins, ils se battent ».
-Un retraité
cheminot qui a fait la grève en 1968 « …Nous avons arrêté le trafic
ferroviaire pendant trois semaines… C’est l’offensive des cheminots qui fit
plier le gouvernement. Ils reprirent le travail seulement après des
négociations et non avant comme le veut Sarkozy ».
Les
conditions existent pour que l’action grandisse, s’élargisse considérablement
face à la politique du gouvernement car le
mécontentement est énorme et il grandit de plus en plus dans les entreprises,
dans la population.
Au
centre de ce mécontentement :
Les
salaires – le pouvoir d’achat.
*1/3 des Français a
moins de 915 euros de revenus par mois. La France compte près de 5 millions de
pauvres (le seuil de pauvreté est à 681 euros mensuel)
*16% des salariés
ne dépassent pas le SMIC. 66% des salariés (2 sur 3) gagnent moins de 1,6 SMIC (1600 euros nets). Par ex. un ouvrier du service de
l’équipement au bout de 23 ans de carrière, touche 1325 euros mensuels.
Selon les données
officielles, le salaire net moyen d’un ouvrier du privé est de 1326 euros.
Dans la grande distribution,
les employés ne dépassent pas 980
euros nets pour 35 h. hebdomadaire. Chez Casino, ils perçoivent 800 euros pour
30 heures. Celles qui ont 25 h. imposées perçoivent 600 euros.
On pourrait
continuer cette énumération.
Ajoutons à cela les
augmentations permanentes des prix, des produits de première nécessité – le
pain, les pommes de terre, les produits laitiers, le beefsteak qui ont fait des
bonds de 20 à 40% en 5 ans, de l’essence, les dépenses de santé, les loyers…Et
Gaz de France annonce une hausse de 6% pour les particuliers à partir de
janvier prochain, alors que ses profits sont passés de 1,75 milliards d’euros
en 2005 à 2,6 milliards en 2006. Les dividendes versés aux actionnaires sont
passés de 420 milliards d’euros en 2004 à 1.100milliards en 2006. La
privatisation leur profite bien.
La seule réponse
valable à cette question cruciale est d’abord l’augmentation des salaires.
Or, pendant
que les profits flambent un peu plus chaque année, grâce aux gains de
productivité, aux réductions massives d’emplois, aux délocalisations, aux
exonérations de cotisations accordées par l’Etat : + 71% en moyenne entre 2000
et 2005 - + 28% en 2006 sur 2005 et on annonce une progression identique pour
2007, sans oublier les patrons qui se sont accordé des augmentations jusqu’à
25% en 2006. Les salaires sont bloqués.
Un exemple :
les Monoprix, 298 magasins en France. Les prix ont augmenté en moyenne de 6,1%
depuis 2004 – le chiffre d’affaires est en augmentation constante : + 4,4%
en 2006, + 3,5% en 2007 et les profits suivent + 7,5% en 2007, les salaires
sont bloqués à 1400 euros bruts (
net : 1080 euros) pour le plein temps et la productivité augmente car ils
réduisent les emplois. Les salariés ont fait grève et manifesté deux fois en
2007.
L’étude
de l’INSEE pour 2007 fait apparaître que depuis 1978 le revenu salarial n’a pas
augmenté, qu’il a même baissé de
0,2 à 0,5% entre 2000 et 2005, ce sont les statistiques officielles. La part des
salaires dans la valeur ajoutée (c'est-à-dire dans les richesses produites) ne
cesse de reculer. Elle a reculé de 10 points en 20 ans.
Sarkozy
a annoncé ce 29 novembre à la Télévision ses recettes pour le
Pouvoir d’achat. . Il les a abordées dans le cadre strict de
l’objectif du patronat : abaissement permanent du coût du travail.
Rien pour le
salaire direct et il continue à attaquer et à faire reculer le salaire indirect
(réduction de la Sécurité Sociale – retraites…). Toutes ces mesures, qui
peuvent pour certains salariés créer l’espoir qu’ils vont y gagner (-heures
supplémentaires – faire sauter les 35 h. -travail du dimanche…) en fait,
attaquent encore un peu plus les droits, les conventions collectives et les
statuts : durée du travail – repos dominical- salaire minimum et à terme
la conséquence sera de faire reculer encore les salaires et le pouvoir
d’achat en détruisant ce qui reste
de social.
Laurence Parisot
présidente du MEDEF ne s’y est pas trompée. Elle a « accueilli avec
intérêt et espoir cette nouvelle entorse aux 35 h. » d’autant que
Sarkozy a ouvert la porte à la revendication des patrons que la durée du
travail ne dépende plus d’une loi mais de leur bon vouloir. Le but de cette
intervention télévisée était
d’annoncer qu’il va accélérer la casse de toutes les lois sociales (j’y
reviendrai).
Un sondage le lendemain
de l’émission relevait que 51% des Français pensent que les mesures prises par
le gouvernement pour augmenter le pouvoir d’achat sont inefficaces.
Les
retraites
Le nombre d’années
de cotisations, l’âge de départ, le taux des retraites, préoccupent les
Français. Le pouvoir d’achat des retraites a reculé de 20% en 20 ans. 60% des
retraités touchent moins de 900 euros nets, une femme sur deux ne perçoit que
le minimum contributif soit 563 euros nets.
Le but de la
réforme du système des retraites, affirmé comme une nécessité par Michel Rocard
dès 1991, mise en place par ses successeurs de droite, approuvée par L. Jospin
et J. Chirac ensemble au sommet européen de Barcelone en 2002, vise, on le
sait, à faire travailler de plus en plus tard – 60 -62- 65 ans et plus, les
salariés, en augmentant le nombre d’années de cotisation 40- 41 -42 ans, à
casser le système des retraites par répartition instauré en 1945 au profit des
assurances privées.
La
Sécurité Sociale
Le budget 2008 de
la Sécurité Sociale fait payer encore plus les assurés. Après les réductions
successives de remboursement des médicaments, l’instauration de la CSG (par
Rocard- encore lui) du CRDS, du forfait hospitalier, de la franchise de 1 euro
sur chaque visite chez le médecin, le gouvernement instaure à partir de janvier
2008 une franchise sur les médicaments et le transport sanitaire. Les
complémentaires santé vont augmenter de 3 à 5% en 2008. Les mutuelles et les
assureurs indiquent : « que s’il y avait de nouveaux désengagements de
la Sécurité Sociale, ils seraient contraints de limiter leurs prestations et de
diminuer leurs garanties ».
Les exonérations de
cotisations sociales des entreprises s’élèveront en 2008 à 25 milliards
d’euros.
L’emploi
La destruction de
l’emploi se poursuit. Chaque semaine des entreprises ferment, des milliers de
suppressions d’emplois sont annoncées dans le secteur privé et dans la fonction
publique.
Louis Gallois
président d’EADS vient d’enlever
une commande de 350 Airbus en Chine. Le carnet de commandes n’a jamais été aussi plein, mais il annonce de
nouvelles délocalisations de la production et des bureaux d’études avec des
centaines de suppressions d’emplois (le plan Power 8 annoncé début 2007 prévoit
déjà la suppression de 10.000 emplois dont 4500 en France). Dassault Aviation
qui a augmenté ses profits de 46% au premier semestre 2007 annonce la
délocalisation pour janvier d’une
partie de la production et des bureaux d’étude avec des suppressions massives
d’emplois en France.
Le mécontentement
est grand et ce qui se passe montre que la volonté de lutte grandit. Les
raisons existent pour un mouvement de lutte beaucoup plus large de tous ceux
qui subissent cette politique.
Quels
sont les obstacles ?
Les
centrales syndicales ne lancent pas d’appel à une action interprofessionnelle
pourtant nécessaire et urgente.
Bien au contraire.
Elles ont officié pour que les différentes luttes – transport – EDF –
fonctionnaires – privé… ne se rejoignent pas et qu’elles cessent le plus vite
possible. Toutes sont en train de négocier avec le gouvernement la fin des
régimes spéciaux des retraites.
La
CFDT on connaît. C’est Chérèque en 2003 qui a cassé le mouvement. Partisan
déclaré des réformes, il a appelé dès le début du mouvement des cheminots et de
la RATP en novembre, à la reprise du travail. Sur les tragiques évènements de
Villiers-le-bel, il a déclaré : « l’idée que l’économie va tout
régler est une impasse… On ne peut pas tout régler en deux ans ».
La
CGT
vient de franchir un nouveau pas dans son intégration. En annonçant la veille
de la grève du 14 novembre qu’il acceptait de négocier avec le gouvernement, B.
Thibault a porté volontairement un coup sévère au mouvement. Est-ce que c’est
le gouvernement qui compose avec la CGT comme il l’affirme dans
« l’Humanité » ou la CGT qui compose avec le gouvernement ? La
presse a titré : « B. Thibault pivot du compromis », « le
geste de la CGT permet au gouvernement d’espérer une issue rapide »… F.
Chérèque a déclaré dans une interview au « Parisien » :
« j’observe les efforts de B. Thibault pour amener la CGT dans une
démarche qui privilégie la réforme. Cela va dans le sens de la tradition
européenne des syndicats ». En effet, la CGT est tout à fait dans la ligne
d’intégration de la CES et de la nouvelle centrale syndicale internationale
qu’elle a d’ailleurs contribué à créer.
Heureusement on
compte dans les entreprises, les branches, des milliers de syndiqués CGT, élus
du personnel, responsables, qui ne sont pas disposés à accepter cette ligne de
compromission où l’on va « négocier » dans les salons ministériels ou
patronaux le niveau des reculs que les salariés devraient accepter. Ils ont
raison. Les salariés ont besoin d’un syndicalisme de classe qui défende leurs
revendications, qui les aide à organiser leurs luttes.
En janvier 2003 notre
Comité National avait discuté du syndicalisme révolutionnaire et de la menace
qui pesait déjà sur le syndicalisme de classe. Dans le document intitulé
« Syndicalisme et lutte de classes » nous donnions notre opinion. Je
vous rappelle sa conclusion : « Face à l’offensive pour casser le
syndicat révolutionnaire, des forces importantes agissent. Partout des
syndiqués, des responsables syndicaux, à tous les niveaux ne sont pas disposés
à accepter cela. Nombreux sont les membres de la CGT qui ressentent le besoin
de conserver et de développer le syndicalisme de classe. Avec eux, des
centaines de milliers de salariés luttent contre le capital. N’est-ce pas sur
tous ceux-là que le syndicalisme révolutionnaire doit s’appuyer, pour que
grandisse l’exigence d’un syndicalisme de classe ? Son existence et son
renforcement dépendent du poids que pèseront les syndiqués et les travailleurs.
C’est vers eux que nous tournons, parce que c’est d’elles et eux que dépend
l’issue de ce combat.
Les
Partis politiques dits « d’opposition » n’ont apporté aucun
soutien aux mouvements en cours. Ils ont même œuvré pour qu’ils s’arrêtent.
Pendant que les travailleurs luttaient ces partis de l’ex-gauche plurielle (PS
– PCF- Verts- MRC- MRG) mettaient en place un groupe de « liaison et
d’échanges » pour préparer… les municipales !... Rassemblement à
gauche ! Votez pour nous et on fera le reste ! On fera quoi ?
Le
PS
est pour les réformes proposées. Hollande et tous les dirigeants de ce parti
ont seulement déclaré qu’ils n’étaient pas d’accord avec la méthode employée.
Quant à Fabius, vous savez le champion du non à l’Europe, dès le début du
mouvement, il voulait la reprise du travail. D’où la proposition du PS d’un
nouveau « Grenelle » pour discuter ensemble, patronat, gouvernement
et syndicats réformistes, de la méthode qu’on pourrait employer pour imposer
aux travailleurs de nouveaux sacrifices. Rien de surprenant que la candidate PS
aux Présidentielles ait proposé à
F. Bayrou d’être premier Ministre, lequel a déclaré après l’intervention
télévisée de N. Sarkozy : « Je trouve convenables les propositions de
N. Sarkozy sur le pouvoir d’achat ». Le PS fera d’ailleurs des alliances à
la carte avec le MODEM de Bayrou pour les élections municipales.
On ne peut pas être
pour le capitalisme et défendre les revendications des salariés.
Le
PCF
a osé organiser, salle Japy à Paris, avec des gens du PS, de la LCR, du MRG,
des Verts, une réunion (comme cela s’est fait dans de nombreux départements)
pour demander… un référendum sur le nouveau traité européen ! Voilà qui
n’engage pas à grand-chose !
LO a tenu son congrès
le week-end dernier. Elle a décidé de rejoindre les listes d’union de la gauche
avec le PS et le PC pour les élections municipales « pour résister à la
droite ».
Quant à Besancenot
de la LCR , on
le voit beaucoup dans les médias. Sous le titre « Olivier Besancenot le
nouveau communisme à visage copain », Paris-Match lui consacre une double
page où J. Marie Rouart de l’Académie française qui l’interviewe, écrit
« O. B. incarne à gauche notre frénétique désir de romantisme sans
risque… ». Fort de sa cote actuelle, il veut lancer un nouveau parti,
anticapitaliste mais pas d’avant-garde, un parti « de la gauche qui ne
veut rien lâcher ». Avec ça on est tranquille !
Chaque jour qui
passe confirme que le peuple n’a rien à attendre des partis de gauche.
C’est « Le
Figaro » qui a écrit ces jours derniers « N. Sarkozy n’a pas
d’opposition à gauche ».
Dans
ce premier affrontement depuis son élection, Sarkozy a marqué des points, avec le concours
des partis politiques, des syndicats réformistes, avec le concours actif et
énormément puissant des médias, avec leur
martelage quotidien des thèmes de leur propagande élaborés par les dirigeants
capitalistes, le gouvernement et tout leur Etat major. Il
faut mesurer la place énorme que tient aujourd’hui la manipulation de l’opinion
publique dans la lutte des classes. L’information aujourd’hui n’est que
propagande au service du capital. Si le dossier des retraites avait été
présenté tel qu’il devait l’être, il aurait été impossible de présenter les
mesures prises contre les régimes spéciaux comme des gestes de simple
équité !
Quand on voit
« l’Humanité » après la reprise du travail, titrer « Sarkozy
s’ invente une victoire », on est perplexe.
Sarkozy, on en est
là aujourd’hui, a mis en place les 40 ans de cotisations mais il vise beaucoup
plus loin. Il vient d’entre ouvrir une porte qui mène à de nouvelles attaques
et, en particulier, à celle d’une réforme très dangereuse de tout le système
des retraites, quel qu’il soit.
C’est l’enjeu de la
période actuelle. Il n’avancera plus loin et plus vite que s’il parvient à
conserver un rapport de forces qui lui permette de le faire.
Où
veulent-ils aller ?
Leur leitmotiv, c’est
« être compétitifs ». Redisons encore qu’ils ont besoin de
restructurer toute la société française afin qu’elle réponde aux exigences du
capital dont l’enjeu permanent est : être en bonne place dans la
concurrence internationale, répondre au développement inégal du capitalisme à
l’échelle mondiale.
C’est ainsi qu’on
peut lire dans « Le Figaro » : « Toutes les décisions qui
sont prises découlent d’abord de cette réalité incontournable : N. Sarkozy
doit s’attaquer non seulement à la refonte de l’Etat mais à la refonte complète
du modèle social français. Tout témoigne de l’obsolescence du prétendu modèle
social issu de Conseil National de la Résistance (CNR). Soixante ans plus tard,
le monde a changé ».
Salaires et pouvoir
d’achat diminués, retraites, sécurité Sociale réduite, casse des statuts, du
code du travail, de toutes les règles du droit pour les salariés – durée du
travail –salaire minimum – marché du travail-, adaptation de l’enseignement et
de la recherche , régionalisation adaptée à l’Europe etc… Il faut s’attaquer à
tout ce qui fait obstacle aux visées du capitalisme
Ils
doivent aller beaucoup plus vite
dans cette direction car la course mondiale au profit capitaliste s’accélère
très fortement dans la période présente.
Sarkozy ne dit pas
autre chose quand il déclare à toute occasion : « j’ai été élu pour
faire les réformes nécessaires, je les ferai, je vais les accélérer, c’est dans
mon programme ».
Tous
les pays capitalistes du monde s’affrontent férocement dans cette course à la
surexploitation de leurs peuples. Tous les jours on peut en relever des exemples
dans le monde entier.
La situation des
salariés et des peuples ne relève pas d’une quelconque évolution naturelle,
d’un état de fait incontournable, d’une « mondialisation » à laquelle
il faudrait s’adapter. Non, ce que nous vivons découle de la loi même du
capitalisme. Quand Sarkozy dit à propos des réformes « je les ferai car
c’est dans l’intérêt de la France et des Français », c’est de l’intérêt du
capitalisme qu’il parle. L’intérêt du peuple et de la nation est totalement
opposé à ceux du capital.
Il y a quelques
jours, un colloque organisé par le centre d’analyse stratégique faisait
ressortir, que l’Union Européenne affiche trop de faiblesse face à la
mondialisation. Pour obtenir une place de choix dans les échanges mondiaux,
elle doit renoncer à ses modèles sociaux, élever l’âge de la retraite, réformer
le système de santé, privatiser, développer la productivité du travail, bloquer
les salaires, « libérer le marché du travail », c'est-à-dire faire
disparaître les lois et garanties qui protègent les salariés. Elle doit créer
des structures qui, seules, lui permettront d’avancer. Tous les gouvernements
européens qu’ils soient de droite ou socialistes ou qu’ils gouvernent ensemble,
partagent ce même objectif.
Nous
vivons l’époque des grands changements dans l’équilibre du monde capitaliste avec l’irruption
en particulier de l’Asie, de la Chine d’abord, de l’Inde, qui rend la
concurrence d’autant plus féroce.
Une étude du
cabinet de conseil BCG (Boston Consulting Group) a classé les 100 premiers groupes des pays du Sud qui
bousculent les champions américains. Parmi eux 41 entreprises chinoises et 20
indiennes. Le chiffre d’affaires global de ces « 100 multinationales qui
changent la donne » titre « Le Monde » s’est élevé à 1.200
milliards de dollars (818 milliards d’euros) entre 2004 et 2006, en croissance
annuelle de 29%. Le numéro un chinois de l’acier – Baosteel est prêt à lancer
200 milliards de dollars pour
racheter l’anglo-australien Rio-Tinto
La Chine
d’aujourd’hui développe considérablement ses capacités techniques,
scientifiques, sa force militaire. Elle se situe au deuxième rang mondial pour
les moyens affectés à la recherche, juste derrière les USA. Début 2007, le pays
comptait un million de chercheurs pour 1,3 millions aux USA. Elle se place
partout dans la concurrence mondiale, en Asie, en Afrique, en Amérique Latine.
Son grand atout, c’est d’être un pays où la main-d’œuvre est à très bas coût,
en même temps qu’elle est devenue un pays de productions à haute valeur
ajoutée.
L’Inde, la Russie,
le Brésil et d’autres pèsent de plus en plus lourd sur la scène mondiale et les
pays capitalistes avancés en tiennent le plus grand compte.
C’était évidemment
cet impératif qui a guidé le voyage de Sarkozy en Chine
La guerre
économique voire la guerre tout court pour la domination des marchés et
l’exploitation des matières premières s’accentue rapidement dans le monde.
François Hasbourg, président de l’Institut International d’Etudes stratégiques
(IISS) vient d’écrire dans le journal financier
« l’Expansion » : « Les évolutions du monde,
l’affaiblissement international des USA, la difficulté croissante de
l’hégémonie sur le monde, l’enlisement en Afghanistan – en Irak… L’irruption de
l’Iran avec le nucléaire et les menaces de frapper ce pays, fait monter le
péril de la guerre nucléaire au Moyen-Orient ’.
Bush essaie en même
temps de donner à penser qu’il veut faire avancer la paix dans la région en
organisant le spectacle médiatique d’Annapolis, où il a fait se rencontrer
Olmert et Mahmoud Abbas du Fatah pour soi-disant négocier un nouveau plan
débouchant sur un traité de paix avant la fin 2008. Laissons un expert
israélien – Yassi Alpher décripter lui-même les résultats de cette rencontre.
Dans une interview au « Figaro » il dit : « Dans leurs
déclarations les trois principaux acteurs, G. Bush, Olmert et Abbas ont
soigneusement évité de s’attaquer aux problèmes les plus épineux. A Annapolis,
ils ont étalé leurs bonnes intentions. Cependant ils n’ont pas laissé entrevoir
le moindre élément permettant d’imaginer à quoi ressemblerait un accord ni
comment y parvenir ».
Tout est dit. La
condition de la paix est qu’Israël évacue la Palestine, qu’on permette au
peuple palestinien de créer un état indépendant, de décider librement de son
avenir. Rappelons ce que nous avons dit à ce sujet : « la France a le
pouvoir de jouer un rôle pour contraindre Israël, elle doit rompre ses
relations avec l’Etat d’Israël jusqu’à ce qu’il accepte la création d’un Etat
palestinien ».
Rappelons aussi que
la lutte des peuples se développe.
Nous avons
déjà souligné les évolutions en
Amérique Latine qui expriment la volonté des peuples de se libérer de la
tutelle américaine, de se développer en toute indépendance et de vivre mieux,
le rôle de Cuba.
Un mot sur le
référendum de dimanche dernier au Vénézuela. Toute la classe politique bien
pensante de droite comme de gauche se réjouit « La défaite de Chavez – de
peu – 51%- mais il a été battu titrent les médias ». On retrouve
l’union sacrée de tous ceux qui sont pour le capitalisme. Il faut rappeler
qu’il y a eu au Vénézuela, la création des missions sociales, santé, éducation,
alimentation, logement… en 2003 puis il y a eu les nationalisations du pétrole,
de l’électricité, des télécommunications. Les forces réactionnaires qui
continuent de contrôler la plupart des grands médias y diffusent leur haine du peuple et leur haine de tout ce
qui touche à leurs intérêts. Si
des progrès très importants ont été accomplis pour le peuple, les structures de
l’économie du pays sont toujours capitalistes et limitent les progrès. Les
capitalistes et leurs soutiens à
l’intérieur et à l’extérieur mènent une lutte de classe sans merci. Continuer d’avancer dans les progrès de
la société, vers le socialisme
ainsi que l’annonce H. Chavez est un rude combat pour le peuple.
En
Europe, ces dernières semaines des luttes importantes se sont développées dans
de nombreux pays contre les reculs
sociaux que les gouvernements veulent imposer.
En
Allemagne, les conducteurs de la Bundesbahn après plusieurs semaines de grève
ont obtenu de 8 à 13% d’augmentation de salaires.
Au
Portugal depuis deux ans, les grèves se succèdent pour les salaires, contre la
réforme des retraites, les privatisations, la casse des conventions
collectives.
En
Italie le 9 novembre, grève et manifestation contre la refonte du système
des retraites et la précarisation de l’emploi dans l’éducation.
En
Grande-Bretagne plusieurs mois de conflit sur les salaires,
l’emploi, les retraites.
En
Finlande luttes pour les salaires, dans le secteur de la santé à la suite desquelles le salaire des infirmières a
été augmenté de 25%.
En
Hongrie grève des conducteurs et employés des chemins de fer pour protester
contre la fermeture de lignes. Action des employés de la santé, de l’éducation,
de l’énergie, des aéroports, contre les privatisations et la réforme du régime
des retraites prévue pour 2008.
En
Slovénie arrêt de travail et manifestation le 17 novembre pour les salaires.
En
Bulgarie grève des enseignants pour les salaires et la révision du budget de
l’enseignement.
L’opposition
capital – travail est la même dans tous les pays et irréductible.
Nous sommes pour
que la solidarité de lutte de tous les travailleurs se développe dans les pays
européens comme dans le monde entier.
« Prolétaires
de tous les pays, unissez-vous » écrivaient Marx et Engels en 1848. Rien
de plus actuel.
Soit on combat le capitalisme jusqu’au
bout, soit on le défend ou – ce qui au bout du compte revient au même - on s’en
accommode quitte à « l’amender ». Mais aujourd’hui en France, les
« amendements » sont impossibles. La lutte des classes est au cœur de
la société capitaliste. Il n’y a pas de troisième voie.
S’il
est vrai que Sarkozy a créé une situation qui ouvre une porte vers une nouvelle
étape des réformes voulues par le capital, il reste que rien n’est réglé pour
autant. La mise en œuvre de tels changements, avec toutes leurs conséquences
sur le peuple, implique un véritable recul de civilisation. C’est pourquoi le
mécontentement et la colère ne peuvent que se développer.
Et ça, Sarkozy le
sait. Il cherche par tous les moyens à décourager ce mécontentement. Il y est
même parvenu dans une certaine mesure, on a vu par quels moyens, par la
capitulation des organisations syndicales en particulier. Il s’est encore
permis d’affirmer le 29 novembre « je sais où je vais, je ne reculerai
pas. Ça a bien marché pour les régimes spéciaux et l’Université, ça peut
continuer ».
D’autres
que lui avaient déclaré qu’ils ne reculeraient pas et pourtant ils ont dû le
faire. L’action unie, puissante des salariés et du peuple les y a contraints. Ce qui vient de se
passer ces dernières semaines montre que le mécontentement et la colère
grandissent dans le pays et pas seulement dans la classe ouvrière. Quand des
corporations entières d’employés, quand les jeunes, les enseignants, des cadres
mêmes entrent dans l’action, à leur tour et à leur façon, quand les dirigeants
syndicaux réformistes sont contraints de multiplier les manœuvres pour
camoufler leur trahison, cela veut dire que quelque chose est en train de se
passer au plus profond des couches populaires. Il n’est surtout pas question
d’évoquer un automatisme qui ferait que plus le peuple est exploité et plus il
lutte. Rien de positif n’est possible sans l’intervention
politiquement consciente des masses. C’est de cela que nous sommes responsables
en tant que parti révolutionnaire.
Faisons
le point sur la situation de « COMMUNISTES » cinq ans après sa
création. Nous l’avons dit à plusieurs reprises et c’est aujourd’hui acquis,
notre unité de pensée sur une base marxiste-léniniste nous permet plus que
jamais de faire face à tous les évènements qui se succèdent, comme ceux, par
exemple, de la période actuelle. Ce n’était pas acquis d’avance quand on se
remémore où en était le mouvement révolutionnaire en France après le lamentable
effondrement du PCF. Cela dit, nous devons maintenant nous atteler à une autre
étape du développement du parti révolutionnaire en France. Grandir, nous
implanter partout où la situation l’exige et finalement le permet.
Comment
développer l’influence révolutionnaire en France aujourd’hui ? Tournons toute notre activité dans cette
direction.
-Contactons de
façon méthodique et suivie, tous ceux et celles dont nous nous rendons compte
qu’ils sont sensibles à nos arguments, à notre comportement dans la vie
quotidienne. Ne pourrions-nous pas d’ici à
notre congrès engager tout le parti dans une grande campagne de
renforcement ?
-Comment élargir
notre activité de propagande ? C’est absolument indispensable, c’est pour
nous une question vitale compte tenu du poids actuel de tous les médias, qui
tous, à des détails près, sont à la solde du pouvoir capitaliste. Que
pensez-vous de la proposition de consacrer une partie d’une prochaine réunion
du CN à examiner plus à fond la question du développement de notre
propagande ?
Nous faisons déjà
beaucoup dans les entreprises, nous sommes sur le terrain des luttes, dans les
manifestations, mais il nous faut faire beaucoup
plus, aller dans de nouvelles entreprises, dans les établissements scolaires,
les cités populaires. Comment par exemple nous faire connaître dans ces
cités de banlieues ?
Comment améliorer
notre site, en faire un journal d’informations politiques qui compte, consulté
par nombre de syndicalistes, de travailleurs, de jeunes ? Nous avons
besoin de discuter de ces questions.
En
mars prochain auront lieu les
élections municipales et les élections cantonales (la moitié des
cantons est renouvelable). Nous serons évidemment dans cette bataille
politique.
Présenter des
candidats aux élections législatives nous a permis de nous faire connaître, de
renforcer notre parti. Les résultats – encourageants- ont montré qu’il y a des
gens souvent plus nombreux qu’on ne l’imagine, qui approuvent nos analyses et
sont d’accord avec la lutte que nous menons.
Présentons
le maximum de candidats aux élections cantonales – en sachant que la
loi modifiée en 2004, exige pour les candidatures : 1 titulaire et 1
suppléant qui ne soient pas du même sexe, c'est-à-dire obligatoire femme et
homme.
Plus
nous avançons, plus l’exigence politique est grande et plus il faut d’argent.
Pour développer notre
propagande, nos initiatives, présenter de nombreux candidats et candidates aux
cantonales, nous devons collecter beaucoup plus.
Les campagnes
électorales coûtent cher. Nous avons pu présenter des candidats dans des
départements, des circonscriptions où nous n’étions pas encore organisés parce
que nous y avons consacré les sommes nécessaires.
Fin septembre nous
avons lancé une souscription avec
récompenses qui ira jusqu’au 20 décembre. La diffusion des
bons s’organise. Des départements, des cellules ont de très bons résultats.
Quand on s’adresse très largement autour de nous, dans les entreprises, les
quartiers, les manifestations, des salariés, des gens, qui pensent que
nous faisons un travail utile, qui partagent nos convictions, sans être adhérents,
nous apportent leur soutien financier.
C’est
la première fois que nous prenons une initiative de ce genre. Maintenant elle
est bien lancée, il faut accélérer partout, utiliser les 15 jours qui restent pour
diffuser des bons.
Dès
janvier , nous reprendrons la
souscription permanente et en février et mars une autre souscription pour les
élections cantonales.
Il faut également
veiller en cette fin d’année à la mise à jour des cotisations
pour tous les adhérents.
Pour
la remise des cartes comme chaque année nous allons organiser des
réunions amicales, des rencontres non seulement avec nos adhérents, leur
famille mais inviter des sympathisants. Ce sera l’occasion de débats, de
discussions sur la situation, l’occasion de proposer largement l’adhésion à
notre parti.
Nous devons
également continuer à faire des stages, des écoles, à organiser la formation
des adhérents.
Enfin, comme vous
le savez, nos statuts stipulent que la réunion du congrès a lieu au moins tous
les deux ans.
Nous
devons donc tenir notre congrès en 2008.
Compte – tenu du
calendrier, des élections municipales et cantonales, le Bureau National vous
propose de le tenir vendredi soir 6 juin à partir de
18 h. et samedi 7 juin toute la journée.
Le Comité National
adoptera le texte politique destiné à sa préparation dans les départements.
Voilà chers (es)
camarades ce que j’étais chargée de vous rapporter.
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