Comité
National 09-02-2008 – rapport introductif
A Lyon début décembre, des
milliers de patrons des petites et moyennes entreprises ont fait une ovation et
une haie d’honneur à leur invité Sarkozy. « Le président de la république
ce jour-là, ont écrit « Les Echos », a donné entière satisfaction à
la quasi-totalité des revendications de la CGPME (Confédération Générale des
Petites et Moyennes Entreprises). J’ajoute : et aussi des grandes, surtout
des grandes. Quelque temps plus
tard, parlant de l’action de Sarkozy, L. Parisot déclarait « le président
de la république pose des actes et énonce des principes qui à terme
structureront différemment la société française, comme nous, les entrepreneurs,
le souhaitons ».
En face, la misère s’accroît, notre
société s’appauvrit sur tous les plans : financier, industriel, santé,
éducation, au plan intellectuel et culturel. Sur l’argent encore, le paquet
fiscal est l’exemple parfait de ce que le gouvernement et les puissances
d’argent sont capables de faire en enrichissant un peu plus encore les riches
et là encore sans état d’âme. Pour chiffrer cet état de fait qui va s’aggraver,
un Français sur trois dispose de moins de 915 euros par mois et 1 sur 10 de
moins de 780 euros par mois. Une masse de la population est donc juste
au-dessus du seuil de pauvreté soit moins de 645 euros par mois, puisque nous
comptons 7 millions de pauvres dont 1 million d’enfants. 600 000 retraités sont condamnés à
vivre avec minimum vieillesse soit 621 euros par mois. Les femmes retraitées
sont particulièrement touchées 36% ( plus d’une sur trois) perçoit moins de 700
euros par mois. Au passage notons que dans le monde 80% des personnes âgées
n’ont aucune protection, aucun revenu. Des chiffres, bien sûr mais ils sont
terribles et mettent en accusation le système capitaliste.
En passant on peut relever les chiffres d’un
sondage réalisé en ex RDA où 40% des jeunes considèrent que le système
politique aujourd’hui n’est pas meilleur que celui de la RDA. Mieux même ils
seraient prêts à restreindre leur liberté individuelle pour retrouver le niveau
social en place à l’époque de la RDA.
Cette paupérisation dans notre pays (comme en
Europe) voit à l’opposé plus de 450 000 foyers encore assujettis à l’ISF
malgré les artifices pour baisser l’impact de cet impôt. Ce chiffre a augmenté
de 16% en 2007 et comme les choses sont bien faites, 245 000 d’entre eux
peuvent bénéficier du bouclier fiscal.
On y trouve Bernard Arnault qui détient 17
milliards d’euros avoués et la 500ème fortune de France qui en pèse 60, on trouve Mulliez d’Auchan
avec 14 milliards, et la trop connue Betancourt avec 12. Autre signe de cet
enrichissement sans limites, les 50 patrons les mieux payés ont perçu chacun en
2006 un salaire moyen avoué de 3.8 millions d’euros, ce qui représentait 316 années de SMIC. Ce
sont notamment ces patrons qui « négocient » avec les syndicats sur
la base du « gagnant – gagnant ». On peut constater que, eux savent
jouer !
Depuis le début de l’année, Sarkozy a amplifié et
approfondi ce qu’il appelle ses réformes. Un de ses objectifs à atteindre est
l’acceptation idéologique du système,
l’association capital -
travail est à l’ordre du jour. Fini l’affrontement classe contre classe. Il
convient pour la bourgeoisie dominante aujourd’hui de faire accepter ce recul
de société, d’intégrer les salariés et de les faire participer à leur propre
exploitation. Les forces du capital veulent revenir un siècle en arrière,
autant sur la remise en cause des acquis sociaux que sur le plan idéologique.
Par exemple la multiplication des associations pour résoudre les problèmes
généraux sous un angle personnel, ou les collectes pour les grandes causes
nationales dédouanant l’état de ses responsabilités, ou encore les œuvres
caritatives, sosies des œuvres de charité des dames patronnesses, sont des
témoins de ce recul.
Cela étant le volontarisme de Sarkozy se heurte
aussi à la réalité de l’économie dans notre pays et à l’échelle mondiale. Ainsi
la croissance prévue dans le budget par la ministre des finances est constamment
revue à la baisse (moins de 2%) et bien sûr ce sont d’abord les Français
notamment les plus modestes qui vont en pâtir et subir encore plus les difficultés du quotidien. La
hausse des prix, notamment ceux de première nécessité comme
l’alimentation, n’est certes pas
une nouveauté mais elle s’accélère et touche tous les aspects de notre vie
quotidienne. Elle accroît les inégalités puisque ces dépenses incontournables
pour vivre représentent un pourcentage d’autant plus élevé que le budget est
modeste. Ainsi la consommation de 400grammes de fruits et légumes par jour
(niveau recommande par l’Organisation Mondiale de la Santé -l’OMS) représente
mensuellement, 115 euros pour une famille de 2 enfants, soit 12% du SMIC ! Autre exemple les
dépenses de transport se montent environ à 17% du budget d’un ménage modeste.
Avec la hausse des carburants de 15% en un an pendant que TOTAL a accru son
chiffre d’affaires de 46%, le
budget transport des familles explose.
La hausse du prix du gaz a pris 12.7% en un an, celle du fioul de 66% en 5
ans, la dépense de chauffage est énorme surtout en cette saison. Relevons que
ces hausses ont entraîné une baisse de la consommation de fioul de 19%. Pour un
retraité ou un ouvrier, les dépenses alimentaires qui représentent de 19 à 21%
de leur budget ont augmenté officiellement de 0.7% au mois de novembre. Dans le
panier de la ménagère de ce mois de novembre huiles et graisses +1.8%, poisson
+0.9%, lait fromage œufs +1.1%. Ajoutons que le prix du lait a doublé depuis
octobre 2006 ! Les œuvres
caritatives qui distribuent de la nourriture notent bien la forte demande en
lait pour les nourrissons et les enfants. Le logement représente pour l’INSEE
13% de la dépense des ménages, mais, dans la réalité, ce sont jusqu’à 25% des dépenses pour 3 ménages
sur 5 chez les ouvriers et les retraités.
Balayer d’un revers la question du pouvoir d’achat
et des salaires comme l’a fait Sarkozy lors de sa conférence de presse ne peut
qu’amplifier le mécontentement. D’ailleurs ce mécontentement est quantifié
puisque Sarkozy voit sa cote baisser dans tous les sondages. En tout cas cette
baisse n’est pas comme le voudraient des « spécialistes » d’abord un
désaveu de ses frasques
matrimoniales ou de la visite de Kadhafi, angle d’attaque de ceux qui ne
veulent rien dire d’autre. C’est en réalité infiniment plus sérieux.
En 2008, 10 chantiers ou
dossiers seront ouverts :
1 La 2ème réforme des
retraites, après celle de 2003, va être discutée. Un signe qui
ne trompe pas, l’exécutif dévoilera ses intentions après les municipales.
L’accès aux soins fera l’objet d’une loi à partir des préconisations de la
mission Larcher. Sera redéfini ce qui relève de la solidarité minimum et ce qui
relève de la responsabilité individuelle. Les assurances privées se préparent des lendemains qui chantent
en investissant ce terrain. Les complémentaires en place augmentent leurs
tarifs sans pour autant rembourser les franchises médicales qui sont maintenant
en place.
Les moyens existent, mais
il ne faut pas se tromper de poche comme le font toutes les organisations
syndicales.
2 Le rachat des RTT et son
impact sur le pouvoir d’achat avec examen à l’Assemblée nationale et au
Sénat. Les salariés devraient
travailler plus pour que les patrons encaissent encore plus. Et dans les petites
entreprises où il n’y a pas de RTT, le pouvoir d’achat des salariés ne bougera
pas! Preuve que c’est bien le salaire qui est à l’ordre du jour.
3 Les salaires et l’avenir des
fonctionnaires avec les rencontres de Woerth, ministre du budget
et des organisations syndicales. La prochaine est prévue le 18 février. Pour le moment et après
le 24 janvier où 6 des 8 fédérations de fonctionnaires ont appelé à une journée
d’action réussie, l’augmentation des salaires proposée aux fonctionnaires pour 2008 est de 0,5%.
4 Le financement et la
représentativité des organisations syndicales. Le financement
public est à l’ordre du jour, donc c’est l’indépendance même de ces
organisations qui est sur la sellette. Des centrales syndicales encore plus à
la botte, voilà le but recherché !
5 La formation professionnelle : là encore
une réforme discutée entre gouvernement MEDEF et organisations syndicales qui
pourrait générer des milliards d’euros d’économie. On devine bien sûr pour qui
ces économies avec cette casse de la formation professionnelle qui d’autre part
ne répondra plus qu’aux seuls besoins du patronat.
6 Un « plan Marshal »
pour les banlieues. Enième plan qui cette fois ne serait pas au
rabais parait-il, ce qui est un aveu que les autres l’étaient. Ce qui est le 3ème
et seulement le 3ème objectif de ce plan « s’attaquer au
sous-emploi des jeunes » montre bien que rien ne changera dans les
quartiers tant que l’emploi ne sera pas la seule priorité pour les banlieues
(40% de chômage). En attendant ce plan qui devait sortir il y a 15 jours à
grand renfort médiatique n’a eu droit qu’à une simple présentation. Celle-ci
fut cependant suffisamment claire pour confirmer notre appréciation globale.
Tout continuera comme avant dans les banlieues. D’ailleurs les commentaires des
jeunes et des moins jeunes dans les banlieues sont sans illusions. Chacun se
pose la question : à quand la prochaine révolte ?
7 Une loi pour relancer la
croissance, après
les travaux de la commission Attali. On peut dire que Sarkozy a fait le bon
choix avec cet ancien conseiller de Mitterrand. En fait dans les 316 mesures
proposées par cette commission composée selon Le Monde « par des
personnalités d’horizon et de sensibilités diverses » c’est plus la
relance de la croissance du capitalisme qui est envisagée. Ces mesures
« globalement libérales » toujours Le Monde, avancent des idées
lumineuses et vieilles comme l’exploitation des hommes. Liberté totale des
prix, « choix » de poursuivre une carrière sans limite d’âge,
réduction des dépenses publiques, on poursuit au hasard de ce catalogue et on
trouve l’idée par exemple « de réduire le coût du travail et de simplifier
les règles de l’emploi » ou encore « l’enrichissement n’est pas un
scandale » et comme on est de gauche, on rajoute « seule l’est la
pauvreté ». Ça ne coûte pas cher et d’ailleurs le rapport est ponctué de
ce genre de fausses bonnes idées mais de vraies mauvaises intentions. Une
vingtaine de ces propositions sont dites particulièrement sensibles : -
évaluation des enseignants – suppression totale de la carte scolaire –
développement de l’enseignement privé – conditionner les allocations familiales
aux ressources des familles – révision de l’augmentation systématique des
fonctionnaires – évaluation des services publics – allègement des charges sur
les PME par la hausse de la CSG et de la TVA – suppression des départements
etc… bref, toutes vont dans le sens voulu par le pouvoir et ses commanditaires.
Et comme le titre le Figaro « Sarkozy et Attali sont d’accord sur
l’essentiel ». Tout est dit. Enfin presque car, cerise sur le gâteau
Royal, a reçu ce rapport et Hollande, destinataire lui aussi, et y a « relevé des propositions qui
mériteraient d’être engagées comme l’ouverture à la concurrence des professions
réglementées ». Ça va faire
plaisir aux coiffeurs aux notaires et aux chauffeurs de taxi.
8 La réforme de l’état. Baptisée
RGPP. C’est la revue générale des politiques publiques. L’axe
central : ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux. En 2008 moins
22 000 postes de fonctionnaires dont 11 000 enseignants. Le tout
accompagné d’une centaine de mesures techniques dont les plus « sensibles » seront dévoilées en
mai. Elles toucheront les administrations de la santé, de la famille, de
l’emploi, de l’éducation. Bref une casse de la fonction publique au service des
citoyens, avec en projet une baisse de 150 milliards d’euros de dépenses
publiques.
9 Le retour de la TVA sociale mise en sourdine à
la veille du 2ème tour des législatives. Là sur ce dossier c’est
Eric Besson, autre socialiste, qui est à la peine. Ce dernier a relancé l’idée
de la TVA payée par les consommateurs et de baisser les cotisations des patrons
pour la protection sociale. Notamment celles concernant la maladie et la
vieillesse. Besson pense qu’ « il vaut mieux taxer la production et
la consommation plutôt que le travail et... le capital. ». En clair c’est
le salarié consommateur qui va payer la facture de ces nouveaux cadeaux faits
aux PME.
10
Enfin
le dernier chantier achevé celui-là :
le marché du travail. Il aurait dû être bouclé avant la fin de l’année,
mais il a nécessité une nouvelle rencontre entre le MEDEF et les organisations
syndicales car des points posaient parait-il problème à ces dernières. Tout
s’est arrangé pour le MEDEF et la CFTC, la CFDT, la CGC et FO ont mis par leur
signature le salariat à la merci du patronat. Ainsi sous le vocable
« rupture conventionnelle » l’employeur peut licencier sans raison
valable et quasiment en toute impunité. Ensuite mise en place d’un CDD dit
contrat de mission de 18 à 36 mois pour les cadres et ingénieurs. Le temps donc
pour ces derniers de réaliser un projet et d’être licenciés! Enfin et tout ça
ressemble au CPE ou autre CNE, l’allongement de la période d’essai qui
passe :
de un
à deux mois pour les ouvriers et employés
de
deux à trois mois pour les techniciens et la maîtrise
de
trois à quatre mois pour les cadres,
le tout pouvant
être doublé par accord de branche. Quant aux moyens en contrepartie que la CGT
demandait pour assurer « la sécurisation des parcours professionnels »,
le MEDEF a si peu concédé en la matière que la CGT n’ose pas en parler. Mais si
cette dernière n’a pas signé ce n’est pas seulement à cause de cela. C’est
surtout que la confédération a craint d’aller trop vite et trop loin en regard
du risque de réaction des syndicats d’entreprise qui eux sont confrontés aux
licenciements individuels et collectifs contre lesquels beaucoup de militants
de la CGT se battent. Pour en finir avec le refus de signature de la CGT,
Raymond Soubie conseiller à l’Elysée a traduit la portée politique de la
position de la CGT en parlant d’une « non-signature non négative ».
L’ensemble de ces mesures avec la volonté affirmée
par Sarkozy et le MEDEF de supprimer les 35 heures (35 heures qui pourtant
n’avaient pas ou peu coûté au patronat) tout est en place donc et la boucle est
bouclée pour marquer une nouvelle étape vers la baisse du coût du travail. Car
c’est cela le grand objectif du capital, un capital qui continue pourtant de
réaliser des profits fabuleux. Ainsi en 7 ans, les dividendes du CAC40 ont
doublé.
(Communistes publie régulièrement les profits des
entreprises, sur le site et dans le journal).
La réalité du quotidien pour les
salariés et la population se
traduit par un mécontentement très fort. Malgré ses limites dans l’efficacité,
l’appel et la réussite du 24 janvier chez les fonctionnaires prouvent à quel
point un malaise profond existe partout et que beaucoup
n’acceptent pas cette situation sans perspective de
riposte. On l’a aussi observé avant cette
fin d’année où les actions ont été nombreuses dans des secteurs
pourtant peu organisés comme la grande distribution. Depuis, ce mouvement a
mûri pour s’exprimer très fortement. De puissants arrêts de travail se sont
déroulés le vendredi 1er février dans tous les magasins, car ces
salariés ont décidé de réagir. Ils ont créé les conditions pour que les
fédérations CGT, CFDT et FO du commerce appellent à l’action. Une journée
d’action réussie puisque la mobilisation a été jusqu’à 80% sur certains sites
en tenant compte que plus de 50 sites étaient touchés par ce mouvement.
Cette mobilisation en appelle d’autres. Les salaires, le
repos dominical et l’emploi restent les revendications de base et la
mobilisation pourrait s’élargir encore dans les jours à venir.
Nous leur apportons notre soutien et nous
souhaitons que ce mouvement entraîne encore plus de monde sur une revendication
exigée partout, dans le privé comme dans le public, pour une véritable
revalorisation des salaires.
L’accord salarial soumis à la signature jusqu’au 9
février est jugé insuffisant par les syndicats qui contestent en particulier
une « grille des salaires débutant au-dessous du SMIC et qui veulent
discuter des ouvertures dominicales, « l’un des éléments majeurs qui
suscitent la colère des salariés du secteur ». Ces syndicats persistent à
vouloir « discuter » et n’envisagent pas d’action avant le 24 mars,
ce qui n’est pas étonnant. Mais il reste qu’ils sont contraints de tenir
compte, certes dans une certaine mesure seulement, de ce qui se passe en bas
dans les entreprises, dans une catégorie de salariés qui entre à son tour dans
l’action.
Actions aussi
à Air France au moment des fêtes. Un peu partout dans le pays des
actions sont initiées sur la question des salaires. Chez Renault par exemple,
ce besoin est fixé à 300 euros de plus par mois. Revendication partagée par une
grande partie du personnel, les actions de débrayages ont été très largement
suivies, jusqu’à 80% du personnel sur un site.
Mais si le pouvoir d’achat est une réelle
préoccupation, elle n’est pas la seule. L’emploi et les conditions de travail
qui se dégradent toujours plus en font également partie. Que ce soient les
salariés de Mittal à Gandrange contre la fermeture de leur site ou ceux du
Doubs qui occupent le leur pour s’opposer au déménagement des matières
premières, la détermination est présente.
A Paris des centaines de suppressions d’emplois
sont annoncées par la direction de la Poste. A Paris 8, 111 emplois
disparaîtraient soit 1/3 des effectifs. Les agents de Paris8 après 3 jours de
grève en janvier à l’appel des syndicats CGT-SUD-CFDT-FO ont contraint la
direction à un premier recul : 44 emplois sont maintenus. La CGT des
services postaux de Paris a tenu un meeting le 16 janvier pour proposer un
mouvement d’ampleur contre cette attaque sans précédent.
On parle pour le 4 mars d’une journée de
mobilisation et d’action sur la reconnaissance de la pénibilité du travail. Les
Fédérations de la Chimie et de la Construction ont décidé d’appeler leurs
syndicats à se faire entendre ce jour-là, jour de négociation avec le MEDEF sur
cette importante question.
Depuis cet appel, les Fédérations des Transports,
du Textile Habillement et Cuir, du Verre et Céramique ont décidé de mobiliser
les salariés de leur secteur. D’autres fédérations, notamment la Métallurgie,
la Santé et les Ports et Docks ont mis en débat dans leurs instances une
journée de mobilisation pour le 4 mars.
Souhaitons que cette mobilisation soit le plus
large possible et qu’une grande manifestation soit organisée devant le MEDEF, pour
dire haut et fort, cela suffit, il est temps de négocier sur nos revendications
et non sur celles eu patronat et du gouvernement.
Les médias sont toujours aussi discrets sur les
luttes. Un seul exemple à RVI Blainville dans le Calvados (3000 salariés) :
4 débrayages de 6 à 8000 salariés ont eu lieu ces deux dernières semaines avec
une revendication portant sur les salaires, cela en toute discrétion
médiatique.
Toutes les conditions semblent
réunies pour une grande journée de mobilisation interprofessionnelle sur les salaires, l’emploi et les
conditions de travail. Pourquoi attendre et attendre quoi ?
Ne pas appeler partout à la
lutte c’est laisser les mains libres au pouvoir.
Le « tous ensemble » n’est qu’un
slogan ! L’offensive généralisée du MEDEF et du gouvernement devrait pourtant permettre de concrétiser ce
slogan.
Ce qui est nouveau dans cette situation, c’est
qu’il devient moins facile aux dirigeants des centrales syndicales de pratiquer
leur collaboration de classe aussi ouvertement. C’est un élément que les
camarades qui militent dans les organisations syndicales doivent prendre en
compte.
Les partis politiques de
l’opposition officielle n’ont eux qu’une préoccupation celle des
municipales et des cantonales en propageant l’illusion que ces élections
peuvent changer les choses pour les Français. En réalité c’est la situation des
élus ou réélus qui sera différente. L’exemple des conseils régionaux avec la
quasi-totalité de leur changement de majorité à gauche il y a 3 ans démontre
les limites politiques de ces élections locales. Si ce n’est le poids électoral
de chaque parti rien n’a changé sur le fond ni sur la forme. En attendant les
batailles internes entre les dirigeants PS vont bon train pour s’emparer des commandes. Quant au fond
leur opposition politique interne se borne à la vitesse à laquelle le PS doit
se transformer, mais tous sont d’accord sur sa transformation. Kouchner et ses amis au gouvernement
n’ont fait que prendre de l’avance. Le PCF lui se débat dans ses problèmes de survie et aussi de sa transformation
en tant que parti, en se raccrochant à l’espoir d’un rassemblement à gauche qui
sauverait les municipalités qui lui restent.
Besancenot, lui vient de créer avec 80¨% de ses
adhérents un nouveau parti anti-capitaliste, anti-libéral, etc... un nouveau
parti à la gauche de la gauche, bref il veut occuper un espace laissé
libre, mais il n’oublie pas
« de tendre une main fraternelle au PS ».
Tout ça mijote dans son jus alors que le
gouvernement poursuit son offensive comme on l’a vu plus haut sans rencontrer
d’opposition politique réelle sinon sur les broutilles qui ne changent rien au
système.
Les
médias eux jouent leur partition en nous offrant les diversions nécessaires
pour faire oublier l’essentiel. De divorce en remariage, de voyage en notation
des ministres tout est bon. Ou encore autre jeu plus subtil, à partir d’un vrai
scandale comme l’attribution des HLM à loyer défiant toute concurrence, les
médias justifient et préparent l’opinion à la casse progressive des logements
sociaux par leur vente (premier lot annoncé 40 000) alors que pour
beaucoup cet éventuel achat serait synonyme de surendettement (USA, GB). Autre
sale coup sur ce sujet c’est la mise en place de surloyers exorbitants.
Avant d’évoquer trop rapidement
la situation internationale un évènement pas si anecdotique que cela est
l’acceptation par Sarkozy de la charge de chanoine honoraire de ST Jean de
Latran liée à son élection. Par 3 fois, il est revenu sur le sujet des
religions. C’est plus que symbolique du rôle que le pouvoir veut faire jouer
aux églises pour manipuler les
consciences et faire passer des
choix de classe. Quand Sarkozy en appelle aux religions pour combattre
contre le matérialisme » ou quand il disserte sur « le désert spirituel
des banlieues », on
voit bien où il veut en venir. L’église a toujours joué son rôle pour faire
passer des choix de classes. Elle a toujours ainsi choisi le camp des puissants du capital. Ces choix, par leur nature,
les religions, toutes les religions, les maintiennent. Tant que la lutte des classes existera,
les religions seront utilisées
comme l’opium du peuple. Aujourd’hui Sarkozy les appelle à lutter plus
fortement contre le peuple, le capital en a besoin.
Pour en revenir à la situation internationale on note
globalement une dominante. De partout les problèmes surgissent, des conflits
armés latents ou déclarés existent dans toutes régions du monde. Que ce soit au
Liban ou en Iran là comme partout tout est bon pour le capital pour imposer sa
présence comme en Irak ou en Afghanistan, pour exploiter les peuples et leurs
richesses ou encore s’affronter entre impérialismes. Ainsi en Afrique ce qui se
passe au Kenya et au Tchad, c’est en toile de fond la domination dans cette
partie du monde où tout se tient, tout est interdépendant. Le Darfour n’est pas
loin avec son pétrole et le Kenya
possède des richesses énormes. C’est assez pour voir s’affronter des
grandes puissances capitalistes sous couvert de «guerres ethniques ». La
possession des richesses d’un pays vaut bien quelques centaines ou milliers de morts pour le capital. On
le voit encore aujourd’hui en Irak et on voit aussi dans cette région la
tension avec l’Iran toujours aussi
vive. Sous la pression des USA et de ses alliés, les incidents se multiplient
et la logique de guerre est présente. Souvenons-nous des déclarations de
Kouchner !
Aux USA l’élection présidentielle verra un changement de président et
seulement de président, la politique restera la même. D’ailleurs devant cette
alternance de partis et d’hommes au pouvoir, sans changement de politique, on
ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec la situation en France, notamment
avec l’élection présidentielle. Chez nous comme aux USA (et en Europe) les
différences de fond sont inexistantes. Un journaliste l’autre jour commentant
le résultat des primaires comparait les démocrates au PS et les républicains à
l’UMP. Il reste qu’aujourd’hui chez nous cette alternance sans risque pour le
capital est devenue une réalité politique. Elle marque bien l’absence de
perspective de changements politiques fondamentaux. Pour en revenir à la
situation internationale des rencontres entre Israël et les palestiniens ont
lieu. Dès le lendemain de ces discussions qui se sont déroulées aux USA, les Israéliens ont repris les
implantations, preuve de leur volonté de chasser les palestiniens de leur
terre. L’exigence de « Communistes » de rupture des relations
diplomatiques avec Israël prend toute sa signification devant cette situation.
On notera le cynisme du « Monde » qui enregistre en 2007 la mort de
seulement 373 femmes enfants et hommes palestiniens alors qu’ils étaient 657
victimes en 2006. « Le Monde » en conclut que « le conflit a
donc été moins sanglant » !
Dans
cette situation internationale, on doit bien sûr évoquer la
crise financière mondiale qui se déroule
depuis 6 mois. La France s’est particulièrement distinguée avec la Société
Générale. Chacun y va de son avis, admoneste (gentiment) les dirigeants
imprudents et prétend moraliser la finance ! Comme si le capitalisme était
porteur d’une morale. Mais à aucun moment ces experts, économistes ou
politiques de tout bord ne remettent en cause le système économique, et comme
le dit Parisot « la France a besoin du capitalisme financier ». Ce
capitalisme financier qui casse des branches d’industrie, d’activités, qui
affame des populations et au besoin provoquent des guerres pour simplement
s’enrichir encore plus. Mais la concurrence devient de plus en plus rude. Les pays dits émergents occupent
une place toujours plus grande. La Chine par exemple avec ses 11.5% de
croissance s’implante dans toutes les parties du monde, et c’est un capitaliste
indien qui détient la sidérurgie française. C’est dans ce contexte agité que
s’est tenu le sommet de Davos qui réunit tout le gratin du capitalisme
flamboyant. Chefs d’états et dirigeants économiques ont d’ailleurs placé leurs
discussions sur ce fantastique rééquilibrage économique du monde capitaliste.
Et malgré leur concurrence nationale ce qui l’a bien sûr emporté c’est la
nécessité pour eux d’assurer la meilleure rentabilité des capitaux. C’est
d’ailleurs la même logique qui a prévalu dans la rencontre des quatre Européens
(France, Allemagne, GB et Italie) mais là il faut aussi placer le capitalisme
européen dans la concurrence mondiale.
Et puisqu’on évoque l’Europe la
ratification du traité de constitution prend forme dans un silence
assourdissant. Ainsi on mesure bien aujourd’hui à quel point tous les partis
politiques en France étaient de fait d’accord avec la construction de l’Europe
capitaliste. Les fines nuances autour d’un peu, pas trop ou beaucoup de social
des uns et des autres, n’avaient
pourtant pas convaincu la majorité des Français le 29 mai 2005. A noter
la pitrerie du PS qui s’abstient à
Versailles et vote POUR le traité à l’Assemblée nationale.
J’en arrive maintenant à notre
parti « Communistes ».
Notre tâche centrale est d’élargir encore plus
notre bataille politique, partout pour contribuer à développer la lutte
anticapitaliste dans notre pays, de prendre toutes les initiatives pour
développer notre parti, nous implanter partout.
Le 9 mars aura lieu le 1er
tour des élections municipales et cantonales.
On sait que le PS et les partis de gauche vont
utiliser les élections municipales et cantonales comme un moyen de redorer leur
blason. Nous savons que leur opposition ne peut être que verbale.
Qu’allons nous dire aux électeurs :
COMMENT CHANGER ?
Le mécontentement est énorme, les revendications de
salaires s’expriment de plus en plus dans tout le pays. C’est ce que redoute la
droite. C’est aussi ce qui effraie le Parti Socialiste dont la grande crainte
est d’être « dépassé » par les travailleurs en lutte.
La Droite poursuit son
chemin, le PS le sien, ils ont l’air de s’opposer, mais en fait
ils se rejoignent. Normal, puisque
l’une et l’autre, chacun à sa façon, sont au service du capital. Ces deux
formations se relaient depuis des années au gouvernement pour faire la même politique avec le même résultat
pour le peuple. Dans plusieurs pays européens , ils gouvernent ensemble.
Le PCF, qui prêche avec
persévérance l’union avec les socialistes, a gouverné avec eux, il le fait à
chaque occasion, on connaît les résultats.
La LCR de Besancenot, LO et les
« antilibéraux » de toutes sortes, multiplient les proclamations pour
finalement eux aussi s’allier avec le PS.
Comme d’habitude les uns et les autres vous font
des promesses mais dès le lendemain de
l’élection, ils vous abandonnent. Ce n’est pas avec eux qu’on pourra
changer.
POUR QUE CA CHANGE, VOUS N’AVEZ
QU’UN MOYEN
C’est de voter pour
« COMMUNISTES »
Pour que ça change, il faut agir ensemble contre le
capital et ceux qui le représentent. C’est le but de COMMUNISTES. Ensemble,
nous représentons la force qui permettra que ça change.
Voter COMMUNISTES c’est le moyen de
dire que vous n’êtes pas dupes de toutes ces promesses et ces combinaisons politiciennes, que
vous exigez une autre politique.
Plus il y aura de voix pour COMMUNISTES plus cela
pèsera pour modifier la situation.
Dans les cantons où nous n’aurons pas de
candidat (e) les électeurs auront à leur disposition un bulletin de vote
COMMUNISTES. Il sera inclus dans le journal de février.
Pour cette campagne électorale,
pour nos candidats, nous devons collecter des sommes importantes. Dès aujourd’hui
vous avez des bons de souscription qui permettront de s’adresser largement
partout aux camarades, aux amis, aux collègues à toutes celles et ceux qui
pensent que notre action est utile. Nous pouvons ramasser beaucoup d’argent,
les sommes importantes que nous avons collectées pour les élections
législatives et avec la souscription que nous avons organisée au dernier
trimestre 2007 montrent que nous pouvons beaucoup si nous nous y mettons.
Bien entendu il faut continuer à veiller au
paiement régulier des cotisations qui est un moyen régulier important de nos
finances.
Dans cette bataille politique,
dans les luttes, nous pouvons faire encore de nouvelles adhésions en nous adressant
largement aux salariés, à tous ceux qui sont d’accord avec notre politique. Les
adhésions faites, ces derniers mois, montrent que nous avons des
possibilités.
Janvier est bien sûr le mois de la remise des
cartes. C’est l’occasion d’une réunion d’adhérents élargie qui permet de
discuter avec des sympathisants. En tout cas cette année commence bien, 2007 a été un bon cru pour Communistes.
Nous devons poursuivre, car se renforcer est primordial.
C’est dans l’action, dans ce
déploiement d’activité que nous allons préparer notre 4ème congrès.
Il se déroulera le vendredi 5 et samedi 6 juin.
Début avril les organisations du parti auront le document politique pour les discussions préparatoires au
congrès. Dès maintenant il nous faut examiner la participation des camarades
d’entreprises, des quartiers populaires, les jeunes, les femmes.
Il sera un évènement important six ans après notre
création. Il discutera de la situation, fixera nos orientations et nos
objectifs pour les deux ans à venir.
Voilà ce que j’étais chargé de vous rapporter.
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