Comité National 09-02-2008 – rapport introductif

A Lyon début décembre, des milliers de patrons des petites et moyennes entreprises ont fait une ovation et une haie d’honneur à leur invité Sarkozy. « Le président de la république ce jour-là, ont écrit « Les Echos », a donné entière satisfaction à la quasi-totalité des revendications de la CGPME (Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises). J’ajoute : et aussi des grandes, surtout des grandes.  Quelque temps plus tard, parlant de l’action de Sarkozy, L. Parisot déclarait « le président de la république pose des actes et énonce des principes qui à terme structureront différemment la société française, comme nous, les entrepreneurs, le souhaitons ».

En face, la misère s’accroît, notre société s’appauvrit sur tous les plans : financier, industriel, santé, éducation, au plan intellectuel et culturel. Sur l’argent encore, le paquet fiscal est l’exemple parfait de ce que le gouvernement et les puissances d’argent sont capables de faire en enrichissant un peu plus encore les riches et là encore sans état d’âme. Pour chiffrer cet état de fait qui va s’aggraver, un Français sur trois dispose de moins de 915 euros par mois et 1 sur 10 de moins de 780 euros par mois. Une masse de la population est donc juste au-dessus du seuil de pauvreté soit moins de 645 euros par mois, puisque nous comptons 7 millions de pauvres dont 1 million d’enfants.  600 000 retraités sont condamnés à vivre avec minimum vieillesse soit 621 euros par mois. Les femmes retraitées sont particulièrement touchées 36% ( plus d’une sur trois) perçoit moins de 700 euros par mois. Au passage notons que dans le monde 80% des personnes âgées n’ont aucune protection, aucun revenu. Des chiffres, bien sûr mais ils sont terribles et mettent en accusation le système capitaliste.

En passant on peut relever les chiffres d’un sondage réalisé en ex RDA où 40% des jeunes considèrent que le système politique aujourd’hui n’est pas meilleur que celui de la RDA. Mieux même ils seraient prêts à restreindre leur liberté individuelle pour retrouver le niveau social en place à l’époque de la RDA.

Cette paupérisation dans notre pays (comme en Europe) voit à l’opposé plus de 450 000 foyers encore assujettis à l’ISF malgré les artifices pour baisser l’impact de cet impôt. Ce chiffre a augmenté de 16% en 2007 et comme les choses sont bien faites, 245 000 d’entre eux peuvent bénéficier du bouclier fiscal.

On y trouve Bernard Arnault qui détient 17 milliards d’euros avoués et la 500ème  fortune de France qui en pèse 60, on trouve Mulliez d’Auchan avec 14 milliards, et la trop connue Betancourt avec 12. Autre signe de cet enrichissement sans limites, les 50 patrons les mieux payés ont perçu chacun en 2006 un salaire moyen avoué de 3.8 millions d’euros, ce qui  représentait 316 années de SMIC. Ce sont notamment ces patrons qui « négocient » avec les syndicats sur la base du « gagnant – gagnant ». On peut constater que, eux savent jouer !

Depuis le début de l’année, Sarkozy a amplifié et approfondi ce qu’il appelle ses réformes. Un de ses objectifs à atteindre est l’acceptation idéologique du système,  l’association  capital - travail est à l’ordre du jour. Fini l’affrontement classe contre classe. Il convient pour la bourgeoisie dominante aujourd’hui de faire accepter ce recul de société, d’intégrer les salariés et de les faire participer à leur propre exploitation. Les forces du capital veulent revenir un siècle en arrière, autant sur la remise en cause des acquis sociaux que sur le plan idéologique. Par exemple la multiplication des associations pour résoudre les problèmes généraux sous un angle personnel, ou les collectes pour les grandes causes nationales dédouanant l’état de ses responsabilités, ou encore les œuvres caritatives, sosies des œuvres de charité des dames patronnesses, sont des témoins de ce recul.

Cela étant le volontarisme de Sarkozy se heurte aussi à la réalité de l’économie dans notre pays et à l’échelle mondiale. Ainsi la croissance prévue dans le budget par la ministre des finances est constamment revue à la baisse (moins de 2%) et bien sûr ce sont d’abord les Français notamment les plus modestes qui vont en pâtir et subir encore  plus les difficultés du quotidien. La hausse des prix, notamment ceux de première nécessité comme l’alimentation,  n’est certes pas une nouveauté mais elle s’accélère et touche tous les aspects de notre vie quotidienne. Elle accroît les inégalités puisque ces dépenses incontournables pour vivre représentent un pourcentage d’autant plus élevé que le budget est modeste. Ainsi la consommation de 400grammes de fruits et légumes par jour (niveau recommande par l’Organisation Mondiale de la Santé -l’OMS) représente mensuellement, 115 euros pour une famille de 2 enfants, soit  12% du SMIC ! Autre exemple les dépenses de transport se montent environ à 17% du budget d’un ménage modeste. Avec la hausse des carburants de 15% en un an pendant que TOTAL a accru son chiffre d’affaires de 46%,  le budget transport des familles explose.

La hausse du prix du gaz a pris 12.7%  en un an, celle du fioul de 66% en 5 ans, la dépense de chauffage est énorme surtout en cette saison. Relevons que ces hausses ont entraîné une baisse de la consommation de fioul de 19%. Pour un retraité ou un ouvrier, les dépenses alimentaires qui représentent de 19 à 21% de leur budget ont augmenté officiellement de 0.7% au mois de novembre. Dans le panier de la ménagère de ce mois de novembre huiles et graisses +1.8%, poisson +0.9%, lait fromage œufs +1.1%. Ajoutons que le prix du lait a doublé depuis octobre 2006 !  Les œuvres caritatives qui distribuent de la nourriture notent bien la forte demande en lait pour les nourrissons et les enfants. Le logement représente pour l’INSEE 13% de la dépense des ménages, mais, dans la réalité, ce sont  jusqu’à 25% des dépenses pour 3 ménages sur 5 chez les ouvriers et les retraités.

Balayer d’un revers la question du pouvoir d’achat et des salaires comme l’a fait Sarkozy lors de sa conférence de presse ne peut qu’amplifier le mécontentement. D’ailleurs ce mécontentement est quantifié puisque Sarkozy voit sa cote baisser dans tous les sondages. En tout cas cette baisse n’est pas comme le voudraient des « spécialistes » d’abord un désaveu de ses frasques  matrimoniales ou de la visite de Kadhafi, angle d’attaque de ceux qui ne veulent rien dire d’autre. C’est en réalité infiniment plus sérieux.

En 2008, 10 chantiers ou dossiers seront ouverts :

1    La 2ème réforme des retraites, après celle de 2003, va être discutée. Un signe qui ne trompe pas, l’exécutif dévoilera ses intentions après les municipales. L’accès aux soins fera l’objet d’une loi à partir des préconisations de la mission Larcher. Sera redéfini ce qui relève de la solidarité minimum et ce qui relève de la responsabilité individuelle. Les  assurances privées se préparent des lendemains qui chantent en investissant ce terrain. Les complémentaires en place augmentent leurs tarifs sans pour autant rembourser les franchises médicales qui sont maintenant en place.

    Les moyens existent, mais il ne faut pas se tromper de poche comme le font toutes les organisations syndicales.

2    Le rachat des RTT  et son impact sur le pouvoir d’achat avec examen à l’Assemblée nationale et au Sénat.  Les salariés devraient travailler plus pour que les patrons encaissent encore plus. Et dans les petites entreprises où il n’y a pas de RTT, le pouvoir d’achat des salariés ne bougera pas! Preuve que c’est bien le salaire qui est à l’ordre du jour.

3    Les salaires et l’avenir des fonctionnaires avec les rencontres de Woerth, ministre du budget et des organisations syndicales. La prochaine est prévue  le 18 février. Pour le moment et après le 24 janvier où 6 des 8 fédérations de fonctionnaires ont appelé à une journée d’action réussie, l’augmentation des salaires proposée aux  fonctionnaires pour 2008 est de  0,5%.

4    Le financement et la représentativité des organisations syndicales. Le financement public est à l’ordre du jour, donc c’est l’indépendance même de ces organisations qui est sur la sellette. Des centrales syndicales encore plus à la botte, voilà le but recherché !

5    La formation professionnelle : là encore une réforme discutée entre gouvernement MEDEF et organisations syndicales qui pourrait générer des milliards d’euros d’économie. On devine bien sûr pour qui ces économies avec cette casse de la formation professionnelle qui d’autre part ne répondra plus qu’aux seuls besoins du patronat.

6    Un « plan Marshal » pour les banlieues. Enième plan qui cette fois ne serait pas au rabais parait-il, ce qui est un aveu que les autres l’étaient. Ce qui est le 3ème et seulement le 3ème objectif de ce plan « s’attaquer au sous-emploi des jeunes » montre bien que rien ne changera dans les quartiers tant que l’emploi ne sera pas la seule priorité pour les banlieues (40% de chômage). En attendant ce plan qui devait sortir il y a 15 jours à grand renfort médiatique n’a eu droit qu’à une simple présentation. Celle-ci fut cependant suffisamment claire pour confirmer notre appréciation globale. Tout continuera comme avant dans les banlieues. D’ailleurs les commentaires des jeunes et des moins jeunes dans les banlieues sont sans illusions. Chacun se pose la question : à quand la prochaine révolte ?

7    Une loi pour relancer la croissance,  après les travaux de la commission Attali. On peut dire que Sarkozy a fait le bon choix avec cet ancien conseiller de Mitterrand. En fait dans les 316 mesures proposées par cette commission composée selon Le Monde « par des personnalités d’horizon et de sensibilités diverses » c’est plus la relance de la croissance du capitalisme qui est envisagée. Ces mesures « globalement libérales » toujours Le Monde, avancent des idées lumineuses et vieilles comme l’exploitation des hommes. Liberté totale des prix, « choix » de poursuivre une carrière sans limite d’âge, réduction des dépenses publiques, on poursuit au hasard de ce catalogue et on trouve l’idée par exemple « de réduire le coût du travail et de simplifier les règles de l’emploi » ou encore « l’enrichissement n’est pas un scandale » et comme on est de gauche, on rajoute « seule l’est la pauvreté ». Ça ne coûte pas cher et d’ailleurs le rapport est ponctué de ce genre de fausses bonnes idées mais de vraies mauvaises intentions. Une vingtaine de ces propositions sont dites particulièrement sensibles : - évaluation des enseignants – suppression totale de la carte scolaire – développement de l’enseignement privé – conditionner les allocations familiales aux ressources des familles – révision de l’augmentation systématique des fonctionnaires – évaluation des services publics – allègement des charges sur les PME par la hausse de la CSG et de la TVA – suppression des départements etc… bref, toutes vont dans le sens voulu par le pouvoir et ses commanditaires. Et comme le titre le Figaro « Sarkozy et Attali sont d’accord sur l’essentiel ». Tout est dit. Enfin presque car, cerise sur le gâteau Royal, a reçu ce rapport et Hollande, destinataire lui aussi, et  y a « relevé des propositions qui mériteraient d’être engagées comme l’ouverture à la concurrence des professions réglementées ». Ça va faire  plaisir aux coiffeurs aux notaires et aux chauffeurs de taxi.

8    La réforme de l’état. Baptisée RGPP. C’est la revue générale des politiques publiques. L’axe central : ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux. En 2008 moins 22 000 postes de fonctionnaires dont 11 000 enseignants. Le tout accompagné d’une centaine de mesures techniques  dont les plus « sensibles » seront dévoilées en mai. Elles toucheront les administrations de la santé, de la famille, de l’emploi, de l’éducation. Bref une casse de la fonction publique au service des citoyens, avec en projet une baisse de 150 milliards d’euros de dépenses publiques.

9    Le retour de la TVA sociale mise en sourdine à la veille du 2ème tour des législatives. Là sur ce dossier c’est Eric Besson, autre socialiste, qui est à la peine. Ce dernier a relancé l’idée de la TVA payée par les consommateurs et de baisser les cotisations des patrons pour la protection sociale. Notamment celles concernant la maladie et la vieillesse. Besson pense qu’ « il vaut mieux taxer la production et la consommation plutôt que le travail et... le capital. ». En clair c’est le salarié consommateur qui va payer la facture de ces nouveaux cadeaux faits aux PME.

10                Enfin le dernier chantier achevé celui-là : le marché du travail. Il aurait dû être bouclé avant la fin de l’année, mais il a nécessité une nouvelle rencontre entre le MEDEF et les organisations syndicales car des points posaient parait-il problème à ces dernières. Tout s’est arrangé pour le MEDEF et la CFTC, la CFDT, la CGC et FO ont mis par leur signature le salariat à la merci du patronat. Ainsi sous le vocable « rupture conventionnelle » l’employeur peut licencier sans raison valable et quasiment en toute impunité. Ensuite mise en place d’un CDD dit contrat de mission de 18 à 36 mois pour les cadres et ingénieurs. Le temps donc pour ces derniers de réaliser un projet et d’être licenciés! Enfin et tout ça ressemble au CPE ou autre CNE, l’allongement de la période d’essai qui passe : 

de un à deux mois pour les ouvriers et employés

de deux à trois mois pour les techniciens et la maîtrise

de trois à quatre mois pour les cadres,

le tout pouvant être doublé par accord de branche. Quant aux moyens en contrepartie que la CGT demandait pour assurer « la sécurisation des parcours professionnels », le MEDEF a si peu concédé en la matière que la CGT n’ose pas en parler. Mais si cette dernière n’a pas signé ce n’est pas seulement à cause de cela. C’est surtout que la confédération a craint d’aller trop vite et trop loin en regard du risque de réaction des syndicats d’entreprise qui eux sont confrontés aux licenciements individuels et collectifs contre lesquels beaucoup de militants de la CGT se battent. Pour en finir avec le refus de signature de la CGT, Raymond Soubie conseiller à l’Elysée a traduit la portée politique de la position de la CGT en parlant d’une « non-signature non négative ».

L’ensemble de ces mesures avec la volonté affirmée par Sarkozy et le MEDEF de supprimer les 35 heures (35 heures qui pourtant n’avaient pas ou peu coûté au patronat) tout est en place donc et la boucle est bouclée pour marquer une nouvelle étape vers la baisse du coût du travail. Car c’est cela le grand objectif du capital, un capital qui continue pourtant de réaliser des profits fabuleux. Ainsi en 7 ans, les dividendes du CAC40 ont doublé.

(Communistes publie régulièrement les profits des entreprises, sur le site et dans le journal).

La réalité du quotidien pour les salariés et la population  se traduit par un mécontentement très fort. Malgré ses limites dans l’efficacité, l’appel et la réussite du 24 janvier chez les fonctionnaires prouvent à quel point un malaise profond existe partout et que beaucoup n’acceptent pas cette situation sans perspective de riposte. On l’a aussi observé avant cette fin d’année où les actions ont été nombreuses dans des secteurs pourtant peu organisés comme la grande distribution. Depuis, ce mouvement a mûri pour s’exprimer très fortement. De puissants arrêts de travail se sont déroulés le vendredi 1er février dans tous les magasins, car ces salariés ont décidé de réagir. Ils ont créé les conditions pour que les fédérations CGT, CFDT et FO du commerce appellent à l’action. Une journée d’action réussie puisque la mobilisation a été jusqu’à 80% sur certains sites en tenant compte que plus de 50 sites étaient touchés par ce mouvement.
Cette mobilisation en appelle d’autres. Les salaires, le repos dominical et l’emploi restent les revendications de base et la mobilisation pourrait s’élargir encore dans les jours à venir.

Nous leur apportons notre soutien et nous souhaitons que ce mouvement entraîne encore plus de monde sur une revendication exigée partout, dans le privé comme dans le public, pour une véritable revalorisation des salaires.

L’accord salarial soumis à la signature jusqu’au 9 février est jugé insuffisant par les syndicats qui contestent en particulier une « grille des salaires débutant au-dessous du SMIC et qui veulent discuter des ouvertures dominicales, « l’un des éléments majeurs qui suscitent la colère des salariés du secteur ». Ces syndicats persistent à vouloir « discuter » et n’envisagent pas d’action avant le 24 mars, ce qui n’est pas étonnant. Mais il reste qu’ils sont contraints de tenir compte, certes dans une certaine mesure seulement, de ce qui se passe en bas dans les entreprises, dans une catégorie de salariés qui entre à son tour dans l’action.

Actions aussi  à Air France au moment des fêtes. Un peu partout dans le pays des actions sont initiées sur la question des salaires. Chez Renault par exemple, ce besoin est fixé à 300 euros de plus par mois. Revendication partagée par une grande partie du personnel, les actions de débrayages ont été très largement suivies, jusqu’à 80% du personnel sur un site.

Mais si le pouvoir d’achat est une réelle préoccupation, elle n’est pas la seule. L’emploi et les conditions de travail qui se dégradent toujours plus en font également partie. Que ce soient les salariés de Mittal à Gandrange contre la fermeture de leur site ou ceux du Doubs qui occupent le leur pour s’opposer au déménagement des matières premières, la détermination est présente.

A Paris des centaines de suppressions d’emplois sont annoncées par la direction de la Poste. A Paris 8, 111 emplois disparaîtraient soit 1/3 des effectifs. Les agents de Paris8 après 3 jours de grève en janvier à l’appel des syndicats CGT-SUD-CFDT-FO ont contraint la direction à un premier recul : 44 emplois sont maintenus. La CGT des services postaux de Paris a tenu un meeting le 16 janvier pour proposer un mouvement d’ampleur contre cette attaque sans précédent.

On parle pour le 4 mars d’une journée de mobilisation et d’action sur la reconnaissance de la pénibilité du travail. Les Fédérations de la Chimie et de la Construction ont décidé d’appeler leurs syndicats à se faire entendre ce jour-là, jour de négociation avec le MEDEF sur cette importante question.

Depuis cet appel, les Fédérations des Transports, du Textile Habillement et Cuir, du Verre et Céramique ont décidé de mobiliser les salariés de leur secteur. D’autres fédérations, notamment la Métallurgie, la Santé et les Ports et Docks ont mis en débat dans leurs instances une journée de mobilisation pour le 4 mars.

Souhaitons que cette mobilisation soit le plus large possible et qu’une grande manifestation soit organisée devant le MEDEF, pour dire haut et fort, cela suffit, il est temps de négocier sur nos revendications et non sur celles eu patronat et du gouvernement.

Les médias sont toujours aussi discrets sur les luttes. Un seul exemple à RVI Blainville dans le Calvados (3000 salariés) : 4 débrayages de 6 à 8000 salariés ont eu lieu ces deux dernières semaines avec une revendication portant sur les salaires, cela en toute discrétion médiatique.

Toutes les conditions semblent réunies pour une grande journée de mobilisation  interprofessionnelle sur les salaires, l’emploi et les conditions de travail. Pourquoi attendre et attendre quoi ?

Ne pas appeler partout à la lutte c’est laisser les mains libres au pouvoir.

Le « tous ensemble » n’est qu’un slogan ! L’offensive généralisée du MEDEF et du gouvernement devrait  pourtant permettre de concrétiser ce slogan.

Ce qui est nouveau dans cette situation, c’est qu’il devient moins facile aux dirigeants des centrales syndicales de pratiquer leur collaboration de classe aussi ouvertement. C’est un élément que les camarades qui militent dans les organisations syndicales doivent prendre en compte.

Les partis politiques de l’opposition officielle n’ont eux qu’une préoccupation celle des municipales et des cantonales en propageant l’illusion que ces élections peuvent changer les choses pour les Français. En réalité c’est la situation des élus ou réélus qui sera différente. L’exemple des conseils régionaux avec la quasi-totalité de leur changement de majorité à gauche il y a 3 ans démontre les limites politiques de ces élections locales. Si ce n’est le poids électoral de chaque parti rien n’a changé sur le fond ni sur la forme. En attendant les batailles internes entre les dirigeants PS  vont bon train pour s’emparer des commandes. Quant au fond leur opposition politique interne se borne à la vitesse à laquelle le PS doit se transformer, mais tous sont d’accord sur sa transformation.  Kouchner et ses amis au gouvernement n’ont fait que prendre de l’avance. Le PCF lui se débat dans ses problèmes  de survie et aussi de sa transformation en tant que parti, en se raccrochant à l’espoir d’un rassemblement à gauche qui sauverait les municipalités qui lui restent.

Besancenot, lui vient de créer avec 80¨% de ses adhérents un nouveau parti anti-capitaliste, anti-libéral, etc... un nouveau parti à la gauche de la gauche, bref il veut occuper un espace laissé libre,  mais il n’oublie pas « de tendre une main fraternelle au PS ».

Tout ça mijote dans son jus alors que le gouvernement poursuit son offensive comme on l’a vu plus haut sans rencontrer d’opposition politique réelle sinon sur les broutilles qui ne changent rien au système.

 Les médias eux jouent leur partition en nous offrant les diversions nécessaires pour faire oublier l’essentiel. De divorce en remariage, de voyage en notation des ministres tout est bon. Ou encore autre jeu plus subtil, à partir d’un vrai scandale comme l’attribution des HLM à loyer défiant toute concurrence, les médias justifient et préparent l’opinion à la casse progressive des logements sociaux par leur vente (premier lot annoncé 40 000) alors que pour beaucoup cet éventuel achat serait synonyme de surendettement (USA, GB). Autre sale coup sur ce sujet c’est la mise en place de surloyers exorbitants.

Avant d’évoquer trop rapidement la situation internationale un évènement pas si anecdotique que cela est l’acceptation par Sarkozy de la charge de chanoine honoraire de ST Jean de Latran liée à son élection. Par 3 fois, il est revenu sur le sujet des religions. C’est plus que symbolique du rôle que le pouvoir veut faire jouer aux églises pour manipuler  les consciences et  faire passer des choix de classe. Quand Sarkozy  en appelle aux religions  pour combattre contre le matérialisme » ou quand il disserte sur « le désert spirituel des banlieues »,   on voit bien où il veut en venir. L’église a toujours joué son rôle pour faire passer des choix de classes. Elle a toujours ainsi choisi le camp des puissants  du capital. Ces choix, par leur nature, les religions, toutes les religions, les maintiennent.  Tant que la lutte des classes existera, les religions seront  utilisées comme l’opium du peuple. Aujourd’hui Sarkozy les appelle à lutter plus fortement contre le peuple, le capital en a besoin.

Pour en revenir à la situation internationale on note globalement une dominante. De partout les problèmes surgissent, des conflits armés latents ou déclarés existent dans toutes régions du monde. Que ce soit au Liban ou en Iran là comme partout tout est bon pour le capital pour imposer sa présence comme en Irak ou en Afghanistan, pour exploiter les peuples et leurs richesses ou encore s’affronter entre impérialismes. Ainsi en Afrique ce qui se passe au Kenya et au Tchad, c’est en toile de fond la domination dans cette partie du monde où tout se tient, tout est interdépendant. Le Darfour n’est pas loin avec son pétrole et le Kenya  possède des richesses énormes. C’est assez pour voir s’affronter des grandes puissances capitalistes sous couvert de «guerres ethniques ». La possession des richesses d’un pays vaut bien  quelques centaines ou milliers de morts pour le capital. On le voit encore aujourd’hui en Irak et on voit aussi dans cette région la tension avec l’Iran  toujours aussi vive. Sous la pression des USA et de ses alliés, les incidents se multiplient et la logique de guerre est présente. Souvenons-nous des déclarations de Kouchner !

Aux USA l’élection présidentielle  verra un changement de président et seulement de président, la politique restera la même. D’ailleurs devant cette alternance de partis et d’hommes au pouvoir, sans changement de politique, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec la situation en France, notamment avec l’élection présidentielle. Chez nous comme aux USA (et en Europe) les différences de fond sont inexistantes. Un journaliste l’autre jour commentant le résultat des primaires comparait les démocrates au PS et les républicains à l’UMP. Il reste qu’aujourd’hui chez nous cette alternance sans risque pour le capital est devenue une réalité politique. Elle marque bien l’absence de perspective de changements politiques fondamentaux. Pour en revenir à la situation internationale des rencontres entre Israël et les palestiniens ont lieu. Dès le lendemain de ces discussions qui se sont déroulées aux USA,  les Israéliens ont repris les implantations, preuve de leur volonté de chasser les palestiniens de leur terre. L’exigence de « Communistes » de rupture des relations diplomatiques avec Israël prend toute sa signification devant cette situation. On notera le cynisme du « Monde » qui enregistre en 2007 la mort de seulement 373 femmes enfants et hommes palestiniens alors qu’ils étaient 657 victimes en 2006. « Le Monde » en conclut que « le conflit a donc été moins sanglant » !

 Dans cette situation internationale, on doit bien sûr évoquer la crise financière mondiale qui se déroule depuis 6 mois. La France s’est particulièrement distinguée avec la Société Générale. Chacun y va de son avis, admoneste (gentiment) les dirigeants imprudents et prétend moraliser la finance ! Comme si le capitalisme était porteur d’une morale. Mais à aucun moment ces experts, économistes ou politiques de tout bord ne remettent en cause le système économique, et comme le dit Parisot « la France a besoin du capitalisme financier ». Ce capitalisme financier qui casse des branches d’industrie, d’activités, qui affame des populations et au besoin provoquent des guerres pour simplement s’enrichir encore plus. Mais la concurrence devient de plus en plus  rude. Les pays dits émergents occupent une place toujours plus grande. La Chine par exemple avec ses 11.5% de croissance s’implante dans toutes les parties du monde, et c’est un capitaliste indien qui détient la sidérurgie française. C’est dans ce contexte agité que s’est tenu le sommet de Davos qui réunit tout le gratin du capitalisme flamboyant. Chefs d’états et dirigeants économiques ont d’ailleurs placé leurs discussions sur ce fantastique rééquilibrage économique du monde capitaliste. Et malgré leur concurrence nationale ce qui l’a bien sûr emporté c’est la nécessité pour eux d’assurer la meilleure rentabilité des capitaux. C’est d’ailleurs la même logique qui a prévalu dans la rencontre des quatre Européens (France, Allemagne, GB et Italie) mais là il faut aussi placer le capitalisme européen dans la concurrence mondiale.

Et puisqu’on évoque l’Europe la ratification du traité de constitution prend forme dans un silence assourdissant. Ainsi on mesure bien aujourd’hui à quel point tous les partis politiques en France étaient de fait d’accord avec la construction de l’Europe capitaliste. Les fines nuances autour d’un peu, pas trop ou beaucoup de social des uns et des autres, n’avaient  pourtant pas convaincu la majorité des Français le 29 mai 2005. A noter la  pitrerie du PS qui s’abstient à Versailles et vote POUR le traité à l’Assemblée nationale.

J’en arrive maintenant à notre parti « Communistes ».

Notre tâche centrale est d’élargir encore plus notre bataille politique, partout pour contribuer à développer la lutte anticapitaliste dans notre pays, de prendre toutes les initiatives pour développer notre parti, nous implanter partout.

Le 9 mars aura lieu le 1er tour des élections municipales et cantonales.

On sait que le PS et les partis de gauche vont utiliser les élections municipales et cantonales comme un moyen de redorer leur blason. Nous savons que leur opposition ne peut être que verbale.

Qu’allons nous dire aux électeurs :

COMMENT CHANGER ?

Le mécontentement est énorme, les revendications de salaires s’expriment de plus en plus dans tout le pays. C’est ce que redoute la droite. C’est aussi ce qui effraie le Parti Socialiste dont la grande crainte est d’être « dépassé » par les travailleurs en lutte.

La Droite poursuit son chemin, le PS le sien, ils ont l’air de s’opposer, mais en fait ils se rejoignent.  Normal, puisque l’une et l’autre, chacun à sa façon, sont au service du capital. Ces deux formations se relaient depuis des années au gouvernement pour faire  la même politique avec le même résultat pour le peuple. Dans plusieurs pays européens ,  ils gouvernent ensemble.

Le PCF, qui prêche avec persévérance l’union avec les socialistes, a gouverné avec eux, il le fait à chaque occasion, on connaît les résultats.

La LCR de Besancenot, LO et les « antilibéraux » de toutes sortes, multiplient les proclamations pour finalement eux aussi s’allier avec le PS.

Comme d’habitude les uns et les autres vous font des promesses mais dès le lendemain de  l’élection, ils vous abandonnent. Ce n’est pas avec eux qu’on pourra changer.

POUR QUE CA CHANGE, VOUS N’AVEZ QU’UN MOYEN

C’est de voter pour « COMMUNISTES »

Pour que ça change, il faut agir ensemble contre le capital et ceux qui le représentent. C’est le but de COMMUNISTES. Ensemble, nous représentons la force qui permettra que ça change.

Voter COMMUNISTES c’est le moyen de dire que vous n’êtes pas dupes de toutes ces promesses  et ces combinaisons politiciennes, que vous exigez une autre politique.

Plus il y aura de voix pour COMMUNISTES plus cela pèsera pour modifier la situation.

Dans les cantons où nous n’aurons pas de candidat (e) les électeurs auront à leur disposition un bulletin de vote COMMUNISTES. Il sera inclus dans le journal de février.

Pour cette campagne électorale, pour nos candidats, nous devons collecter des sommes importantes. Dès aujourd’hui vous avez des bons de souscription qui permettront de s’adresser largement partout aux camarades, aux amis, aux collègues à toutes celles et ceux qui pensent que notre action est utile. Nous pouvons ramasser beaucoup d’argent, les sommes importantes que nous avons collectées pour les élections législatives et avec la souscription que nous avons organisée au dernier trimestre 2007 montrent que nous pouvons beaucoup si nous nous y mettons.

Bien entendu il faut continuer à veiller au paiement régulier des cotisations qui est un moyen régulier important de nos finances.

Dans cette bataille politique, dans les luttes, nous pouvons faire encore de nouvelles adhésions en nous adressant largement aux salariés, à tous ceux qui sont d’accord avec notre politique. Les adhésions faites, ces derniers mois, montrent que nous avons des possibilités. 

Janvier est bien sûr le mois de la remise des cartes. C’est l’occasion d’une réunion d’adhérents élargie qui permet de discuter avec des sympathisants. En tout cas cette année commence bien,  2007 a été un bon cru pour Communistes. Nous devons poursuivre, car se renforcer est primordial.

C’est dans l’action, dans ce déploiement d’activité que nous allons préparer notre 4ème congrès.

Il se déroulera le vendredi 5 et samedi 6 juin. Début avril les organisations du parti auront le document politique  pour les discussions préparatoires au congrès. Dès maintenant il nous faut examiner la participation des camarades d’entreprises, des quartiers populaires, les jeunes, les femmes.

Il sera un évènement important six ans après notre création. Il discutera de la situation, fixera nos orientations et nos objectifs pour les deux ans à venir.

Voilà ce que j’étais chargé de vous rapporter.

 

 

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