
Comité National 12-02-2011 – rapport introductif
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Je commencerai par rappeler quelques données qu’il
est indispensable de connaître pour avoir une vision la plus exacte possible
des évènements actuels d’Egypte et de Tunisie. Les peuples des pays
du monde arabe représentaient 100 millions d’habitants en 1970 (il y a
40 ans). Il sont aujourd’hui plus de 300 millions dont près de 85 en Egypte
(19 millions en 1945), 35 en Algérie (10 en 1962), 32 au Maroc, 10,5 en
Tunisie. L’Egypte devrait atteindre 110 millions d’habitants en 2030 (dans 20
ans), c’est comme si la France était passée de 10 millions en 1945 à 185
millions aujourd’hui. Bien plus encore que la Tunisie, l’Egypte est
étroitement soumise à l’impérialisme américain. Ceci à la fois pour des
raisons stratégiques, économiques et politiques. Pays le plus peuplé des pays
arabes, il est situé au cœur de ce « grand Moyen-Orient » que
s’acharnent à créer les dirigeants US. Il est également et cela est très
important pour les raisons que vous savez, frontalier avec Israël. Revenons à la Tunisie pour rappeler que l’éviction de Ben Ali a été organisée en
concordance étroite avec les dirigeants américains, lesquels ont écarté
depuis déjà de nombreuses années leurs homologues français. C’est donc à l’ambassade
US que le départ de Ben Ali s’est préparé sur le terrain, si l’on en croit
l’information donnée par la presse française. En Tunisie, en Egypte,, au Maroc, en Algérie, on
compte 1 habitant sur 5 (20%) âgé de 15 à 24 ans et les moins de 30 ans
représentent les 2/3 de la population. En Egypte, en Algérie et en Tunisie,
20% des jeunes font des études supérieures mais le chômage frappe lourdement
la population. 1 Egyptien sur 5 ne trouve pas de travail. En Egypte comme en Tunisie, derrière des taux de
croissance économique élevés, on rencontre une misère terrible. Les
inégalités sociales sont de plus en plus flagrantes. Le revenu du capital a
augmenté de 90% ces dernières années . le peuple n’en a pas vu la couleur. 2
actifs sur 3 connaissent le sous-emploi, 4 égyptiens sur 10 doivent vivre
avec moins de 2 dollars par jour, en dessous du seuil de pauvreté. Les
investissements étrangers directs ont été multipliés par 10 en 10 ans, en
particulier dans le textile, l’équipement électrique, l’agro-alimentaire. Les
recettes du Canal de Suez rapportent 4 milliards d’euros, les aides que les
dirigeants US versent depuis les accords de Camp David (en 1979) atteignent 2
milliards d’euros par an. Combien de français savent-ils que 50% du gaz
naturel utilisé en Israël est produit en Egypte ? Faut-il rappeler que l’Egypte est l’un des rares
partenaires diplomatiques de l’Etat d’Israël surtout depuis la détérioration
des relations avec la Turquie et la Jordanie ? L’Egypte et Israël sont des
alliés de taille des USA. Ils reçoivent une aide – civile et militaire –
substantielle. C’est dire une fois de plus, à quel point ce qui se passe
actuellement en Egypte et en Tunisie est un évènement de la plus haute
importance. Tout récemment la Banque Mondiale rappelait que la
Tunisie était devenue un paradis pour les multinationales. Sarkozy affirmait
en 2008 : « l’espace des libertés progresse en Tunisie ». En
2009 le socialiste Strauss-Kahn, directeur du FMI félicitait Ben Ali en ces
termes « …La politique économique adoptée en Tunisie est une politique
saine et constitue la meilleure méthode à suivre pour les pays
émergents ». Sami Aouadi est membre de la direction nationale de
l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens qui comprend 600.000 membres
selon ses dirigeants. Interrogé par le journal « L’Humanité », il
répond : « Nous allons exiger une revalorisation de nos salaires et
de notre pouvoir d’achat, une amélioration de nos conditions de travail et le
respect des libertés syndicales. Nous demandons la mise en cause du modèle de
développement économique adopté par la Tunisie. Je fais référence au
consensus de Washington d’inspiration néo-libérale, qui recommandait que les
Etats se désengagent et que les marchés s’ouvrent à la concurrence étrangère ». Il y a encore peu, la Banque Mondiale (toujours
elle !) décernait à tour de bras des bons points à l’Egypte et les
politiciens français de droite et de gauche n’étaient pas en reste ! Mais, en Egypte comme en Tunisie, ce que revendique le peuple, c’est
avant tout du travail, un salaire correct, des conditions de vie décentes, un
avenir qui se soit plus bouché. Il s’agit de revendications précises, celles
des travailleurs et du peuple exploité par le capitalisme. Le peuple vient de dire NON à cette politique. Tant
que ces revendications fondamentales ne seront pas satisfaites, la lutte
durera sous une forme ou sous une autre. La lutte qui vient de s’engager n’en est qu’à ses tout débuts. Les manœuvres des uns et des
autres ne parviendront pas à la faire disparaître car il s’agit de la lutte
des peuples contre le capitalisme, une lutte qui a gagné aujourd’hui cette
région du monde. Les évènements d’Egypte et de Tunisie ont pris de
court les représentants du capitalisme international, Américains et Européens
en tête. Cependant comme il était prévisible leur réaction ne s’est pas fait
attendre. Obama a dit qu’il fallait prendre « …une décision ordonnée,
constructive et sérieuse ». Hillary Clinton, secrétaire d’Etat
américaine qui était à Munich a déclaré « Nous voulons débuter un
processus qui conduira à une transition ordonnée avec ses étapes et ses
mesures concrètes qui mènent à des élections libres et équitables ». Les
27 dirigeants européens présents à cette conférence de Munich ont dit la même
chose : « Il faut que la transition commence maintenant, a insisté
Herman Van Rompuy, le Président du Conseil Européen. Des élections libres
sont-elles la porte ouverte au fondamentalisme ? Je ne le crois
pas ». « En Egypte le pouvoir politique doit répondre par la
réforme politique » lit-on dans le texte final. Sarkozy a déclaré la
même chose : « Ce qui compte, c’est que la transition démocratique
se fasse sans tarder…mais nous laissons aux Egyptiens le soin de déterminer
qui doit la conduite et comment ». Tous parlent abondamment de « transition
démocratique », autant de discours qui se servent qu’à masquer leur
refus de satisfaire les revendications des travailleurs et du peuple en
lutte. Nous connaissons cela en France quand on nous parle de battre Sarkozy
pour établir un pouvoir soi-disant démocratique qui gèrerait bien sûr le
capitalisme mais parait-il de meilleure façon ! Ben Ali et Moubarak sont membre de l’Internationale
Socialiste. Au Parti Socialiste français cela n’a dérangé personne, du moins
jusqu’à ce que les évènements d’Egypte et de Tunisie soient déclenchés.
Depuis le PS a demandé l’exclusion de ces deux personnages avec en prime
celle de Gbagbo, membre lui aussi de l’Internationale Socialiste. Ce qui a commencé en Egypte et en Tunisie est
quelque chose d’important qui s’élargira. Les manœuvres de dévoiement
et de récupération de la lutte peuvent aboutir momentanément mais ce qui
reste c’est la lutte contre l’exploitation capitaliste elle-même qui vient de
se manifester parce qu’elle est devenue insupportable. Un processus qui peut
être long vient de s’ouvrir et se développera quels que soient les nombreux
obstacles externes et internes qu’il rencontrera. Cela dit, on mesure à quel
point l’absence d’un parti révolutionnaire dans ces pays pèse sur le
développement des luttes et sur leur orientation. En France, nous sommes une fois de plus le seul
Parti à donner une analyse de classe, une analyse révolutionnaire sur
ces évènements. On imagine l’audience que notre position rencontrerait si
nous pouvions avoir accès aux médias. On s’en rend compte quand nous
discutons de cette question avec des proches, des collègues de travail. Nous
disposons de notre site avec notre hebdo et de notre journal, utilisons-les
en priorité, pour faire connaître notre analyse partout. Nous suivons de très
près la situation et nous nous exprimons. Profitons de l’organisation
des réunions grandes ou petites, avec nos sympathisants, partout où nous
sommes présents, pour parler de ces évènements. Nous voulons redire ici toute notre
solidarité et notre soutien au peuple Tunisien et au peuple Egyptien
dans leur lutte contre le capitalisme exploiteur. Leur lutte est notre lutte. Quels sont les aspects nouveaux de la situation dans notre pays depuis notre 5ème congrès ? En 2010, en France les entreprises, surtout les
grandes, ont réalisé des profits considérables. « De mémoire de
banquiers, jamais les multinationales françaises n’ont dégagé autant de
cash » constate le Président de l’Institut des Administrateurs
bancaires. Déjà en 2009 chez Vallourec les dividendes
pour les actionnaires ont bondi de 1000% (oui, vous avez bien lu !) mais
la masse salariale elle, n’a augmenté que de 35% ! Chez France-Télécom
les dividendes ont augmenté de 462%, la masse salariale de 19%, chez
Schneider les dividendes ont progressé de 88%, la masse salariale a baissé de 6%, chez Air liquide les dividendes ont cru de 78%
mais la masse salariale à augmenté de 3%, chez Bouygues les dividendes ont
augmenté de 241% et la masse salariale de 24%, chez AXA les dividendes ont
augmenté de 51%, la masse salariale a baissé de 3%, chez Sanofi-Aventis les
dividendes ont augmenté de 100%, la masse salariale a baissé de 2%. Rappelons que 80% des augmentations de salaires
sont captées par le 1% des salariés les mieux payés. Sur les 7 dernières années, les dividendes par
action des 24 groupes du CAC40 ont plus que doublé (+110%) pendant que la
masse salariale augmentait…de 8% ! Cette situation vole aux salariés de 90 à 100 milliards d’euros pas
an ! En 10 ans les salariés des Ciments Lafarge dans le
monde ont augmenté leur productivité par personne de 56% quand les charges de
personnel par personne progressaient de 26% seulement. Chez Michelin ou à Air-Liquide
le rendement par personne croit deux fois plus vite que la masse salariale.
La rente versée aux actionnaires de TOTAL en 5 ans dépasse de 19% les sommes
dédiées à la masse salariale (49 milliards d’euros contre 41). (Notons que la masse salariale comprend, outre les
salaires, ce que l’employeur doit verser pour payer les retraites, la
Sécurité Sociale…) En 3 ans, les entreprises du CAC40 ont licencié en
France 69.000 salariés mais dans le même temps elles ont augmenté leurs
effectifs à l’étranger de 275.000, dans les pays asiatiques ) main d’œuvre
bon marché ! Les effectifs français de VEOLIA ont diminué de 11% en 4
ans (2007 – 2010) mais ils ont grandi de 38% en Asie ! Alsthom annonce 4.000 licenciements en Europe et
aux Etats-Unis, pour un mois plus tard inaugurer à Tianjin (Chine) une usine
de Turbines hydroélectriques. Le groupe Lafarge (encore lui !) affecte
80% de ses nouveaux investissements hors Europe occidentale. Saint-Gobain
consacre seulement 20% des ses investissements en France etc… Pour la cinquième année d’affilée la revalorisation
du SMIC est au dessous de l’inflation. Le gouvernement l’a augmenté de 1,6%
au premier janvier : 21 euros bruts mensuels. Selon le rapport du
Ministère du travail sorti le 30 novembre dernier : 44,9% des salariés
au SMIC ou au voisinage (0,8 à 1,1 SMIC) le sont toujours trois ans plus tard
et 13% le sont encore au bout de 13 ans. En 2010, la hausse du salaire réel n’a été que de
0,3%, ce qui, compte tenu de l’inflation équivaut à sa baisse. Du jamais vu
depuis 10 ans ! Les profits d’envolent, les rémunérations des dirigeants
d’entreprises battent des records, les inégalités se creusent profondément et
de plus en plus vite. Nous avons souligné lors de notre 5ème congrès que le capital et le
pouvoir voulaient aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite. Etre « compétitifs », c’est l’axe autour duquel tourne toute
la politique du pouvoir. C’est devenu un impératif absolu pour le
développement du profit capitaliste en France comme ailleurs. C’est pour être « compétitif » que le
pouvoir veut conduire rapidement à leur terme toutes les
« réformes » qui sont engagées, en même temps qu’il en entreprend
de nouvelles. Après la réforme des retraites le pouvoir va accélérer l’attaque
contre notre Sécurité Sociale et notre système de santé. La réduction
drastique des dépenses publiques et sociale, le gel des salaires, des
suppressions massives d’emplois sont programmés. C’est la réforme de
l’enseignement avec dans le supérieur l’autonomie totale des universités,
c’est la réforme des collectivités territoriales avec en ligne de mire la
création de grandes régions sous la coupe directe de l’Europe capitaliste. « Le Figaro » du 9 février, sous le titre
« compétitivité : le tableau sombre du MEDEF » donne une page
au MEDEF qui vient de publier « cartes sur table », diagnostic de
l’Economie française réalisé tous les 2 ans par l’organisation
patronale. Laurence Parisot affirme à propos de ce diagnostic :
« il doit être à la base de tous les débats, toutes les idées, toutes
les réflexions qui pourront être présentées en 2010 ». Le diagnostic : « Les entreprises
françaises souffrent structurellement d’un manque de compétitivité. La France
est le seul pays où les rémunérations augmentent plus vite que la production,
ce qui n’est pas soutenable ». Laurence Parisot juge donc urgent de
revenir à une « compétitivité équitable » Philippe Varin est le Président de PSA Peugeot-Citroën. C’est donc quelqu’un qui
compte dans les sphères du pouvoir. Il s’est exprimé récemment dans le
quotidien financier « Les Echos ». Il appelle « un nouveau
pacte social pour sauver notre industrie ». Que propose-t-il ? Que
la France « ait le courage de remettre à plat, sans préjugés, le mode de
financement de son modèle social ». il regrette que « le poids des
cotisations sociales se soit accru en France, représentant aujourd’hui 83% du
salaire net, contre 47% en Allemagne ». Il ajoute : « le
levier prioritaire est la baisse des cotisations sociale qui pèsent sur le
coût du travail. Compétitivité et fiscalité sont intrinsèquement
liées ». Coût du travail, compétitivité, les mots sont lâchés ! Il
poursuit « Aujourd’hui, à la tête de PSA Peugeot Citroën, il est de ma
responsabilité d’appeler à un nouveau pacte social pour remettre l’industrie
au cœur de la croissance française. Louis Gallois est le Président de EADS depuis 2006, après avoir été PDG
d’Aérospatiale puis de la SNCF. C’est dire que lui aussi a l’oreille du
pouvoir. « Les Echos » du 24 janvier l’interviewent sur la compétitivité
en Allemagne et en France. Réponse : « L’Allemagne a mené une
politique de compétitivité qui a fonctionné. Ils ont privilégié l’emploi aux
salaires. Les charges sociales ont été pour partie transférées des
entreprises vers la fiscalité. En dix ans, les cotisations sociales pesant
sur les entreprises ont baissé de près de 2 points de PIB. En France on ne
pourra pas durablement bénéficier d’un système de protection sociale financé
à ce point sur les salaires. Il est temps de mettre en œuvre une réforme
fiscale de grande ampleur ». Le bien connu Serge Dassault est aussi propriétaire du « Figaro » dans lequel il nous a
adressé ses vœux : « Comment améliorer notre compétitivité ?
D’abord, revenir aux 39 heures comme l’ensemble des pays européens, ce qui nous
économiserait près de 30 milliards annuels. Ensuite ont peut agir sur les
charges qui pèsent sur les salaires en les diminuant jusqu’à leur suppression
totale. Nous vivons dans un univers de plus en plus compétitif, où notre
place est contestée et nous devons nous battre pour la conserver ». Les objectifs économiques et politiques du capital
et de son gouvernement sont clairement affirmés. Ils ne nient surtout pas les
difficultés qui assaillent le peuple, comment pourraient-ils faire
autrement ? Ils disent carrément que ces difficultés
proviennent de la « compétitivité » inévitable selon eux, qui
oppose les Etats en Europe et dans le monde. Ce constat établi, ils affirment
que pour changer la situation en France il n’existe qu’une seule solution :
être plus « compétitif », ce qui suppose avant toute chose, de
baisser le coût du travail. Pour y parvenir, des sacrifices sont donc
indispensables. Puisqu’ils sont indispensables faisons en sorte qu’ils soient
équitables ! Sur cette base disent-ils, il est possible d’aboutir à ce
« pacte social » dont ils parlent tous et qui n’est rien d’autre
que l’association capital-travail, vieille comme le capitalisme lui – même
mais mise au goût du jour. Ce « pacte social » c’est la meilleure
façon pour le capitalisme de maintenir sa domination dans les conditions
d’aujourd’hui. Qu’en pense le Parti Socialiste ? Lui aussi pense que des « sacrifices »
sont inévitables. M. Aubry l’a exprimé ainsi : « la situation est
difficile, il y aura des efforts, des sacrifices à faire mais il faut
garantir qu’ils soient équitablement répartis ». Elle a proclamé
mercredi dernier à Dakar, qu’elle veut un monde solidaire. Solidaire avec
qui, avec le capital international ? Le FMI de Strauss-Kahn vient
d’appeler les pays à réduire les dépenses que devrait entraîner le
vieillissement de la population. Il déclare : « certains pays, par
exemple la France et l’Italie, ont fait des pas dans cette direction mais
davantage pourrait être fait ». Dans le même temps un élu socialiste
proche du même Strauss-Kahn estime cyniquement que « si une réforme est
appliquée avant 2012 ce sera toujours ça de moins à faire si nous revenons au
pouvoir ». Le PS est égal à lui-même. Il s’inscrit dans le
système capitaliste, le meilleur système selon lui. Qu’il soit dans
l’opposition ou au pouvoir, il ne fait que gérer les affaires du capital, on
l’a vu encore récemment au moment de la réforme des retraites où il s’est
prononcé pour une réforme et a approuvé l’allongement des années de
cotisations. Quant aux autres formations politiques de gauche,
de Mélenchon au PCF, du NPA aux Verts etc… elles sont prêtes à s’allier avec
lui au 2ème tour des élections cantonales et
surtout en 2012. Battre Sarkozy pour faire quelle politique ? C’est à cette question
qu’il faut répondre. Mais tous, absolument tous restent dans le vague parce qu’ils ne
veulent surtout pas s’attaquer au capitalisme ni en France ni ailleurs. Ils
veulent uniquement « négocier » avec le capital les reculs que
celui-ci imposera au peuple avec leur aide. Non ! une victoire éventuelle du PS et de ses alliés en 2012, ne
sera pas celle des forces de progrès ! Nous sommes à quelques mois de la Présidentielle et
à quelques semaines des cantonales. Ce serait donc le moment de dire très
fort qu’il est indispensable d’augmenter les salaires, de créer des emplois
en particulier pour les jeunes, d’élever le niveau de vie du peuple, de
donner des moyens à l’enseignement à une véritable politique de santé etc….
Ce serait le moment de dire que c’est possible. Et surtout ce serait le
moment d’expliquer comment y parvenir, en combattant le capital. Au lieu de
cela nous entendons parler des vacances de Fillon, de Mme Alliot Marie et
d’une foule d’autres choses qui nous éloignent des vraies questions. Tout cela fait le jeu du Front National. Sa
présidente multiplie les envolées contre « le règne de l’argent
roi » ou « l’ultralibéralisme » incarné par D. Strauss-Kahn et
N. Sarkozy. Elle parle même de Jaurès, trahi par la gauche, du FMI et des
beaux quartiers. Que répond M. Aubry ? « le problème face à Marine
Le Pen qui avance des idées simplistes, c’est que nous sommes obligés d’être
dans la complexité ». La « complexité » Mme Aubry, c’est que
vous évitez soigneusement de dire, comment faire aboutir les
revendications populaires, ce qui en effet impossible pour vous. L’élection présidentielle de 2012 s’annonce
difficile pour Sarkozy. Au cas où son remplacement s’avérerait indispensable,
les capitalistes qui dirigent réellement la France préparent activement sa
relève. De quelle façon ? D’une part en lançant un autre candidat issu lui
aussi de la droite classique de l’UMP et Cie. Les candidats ne manqueront
pas. D’une autre, la possibilité de l’élection d’un
socialiste soutenu par ses alliés de la gauche plurielle est également
envisagée. Avec Strauss-Kahn, Aubry ou Hollande etc… comme président,
le capital ne court aucun risque puisqu’il aura la garantie que la même
politique sera poursuivie à son service. C’est ce que font les socialistes
dans les pays d’Europe où ils sont présidents. C’est ce qu’ont fait
Mitterrand et Jospin et leur gauche plurielle dans notre pays. Reste également l’utilisation du Front National
comme épouvantail (souvenez- vous de 2002) ou éventuellement comme allié,
comme c’est le cas dans plusieurs pays européens. Changer l’étiquette pourvu que le contenu du flacon
reste le même, le capitalisme est coutumier du fait partout en Europe et dans
le monde. Ainsi en France pour assurer la continuité de sa domination, le
capital tient 3 fers au feu. Il sait pouvoir utiliser la droite, de l’UMP aux centristes, le
Parti socialiste et ses alliés et même le Front National. C’est de cette
façon qu’il prépare l’élection présidentielle de l’an prochain. Nous le savons, le remplacement de la droite par le
PS et ses alliés non seulement ne changera rien mais surtout conduira
inévitablement à l’aggravation des difficultés du peuple. Pour que les choses changent dans le bon sens, il
n’y a pas d’autre solution que de s’attaquer aux forces du capital. Nous
savons bien que le rapport des forces ne nous permet pas d’en finir
aujourd’hui une bonne fois pour toutes avec le régime capitaliste. Mais nous
savons surtout, que nous pouvons l’obliger à des reculs important dès
maintenant. A une condition : que les travailleurs et le peuple les
imposent. S’ils se rassemblent dans la lutte contre le
capitalisme et ceux qui le représentent, nous avancerons. Mais pour que ce rassemblement se développe nous
devons, plus que jamais faire la clarté sur tous ceux qui préparent une
alternance sans risque pour le capital, une fois de plus. Tous ceux là sont conduits à
mener la même politique que leurs prédécesseurs. Leur refus d’envisager la
disparition du capitalisme comme une étape obligatoire du progrès de la
société, conduit inévitablement à cette attitude. On comprend ce que
représenterait pour un Strauss-Kahn par exemple la fin du capitalisme !
C’est pourquoi tous les individus de son genre, à quelque niveau qu’ils
soient dans la société (et bien d’autres avant eux) affirment que c’est
uniquement par des « réformes » successives qu’on assurera le
progrès de la société. Ces « théories » réformistes sont
naturellement mises au goût du jour pour être rendues plus comestibles. Par
exemple, de « débat citoyen » en « débat citoyen »
on conduit inévitablement au renforcement de l’exploitation
capitaliste. On connaît le résultat des palabres permanentes que mènent
les dirigeants de la CFDT avec le gouvernement et le MEDEF (il arrive aux
dirigeants de la CGT de participer). Quand on regarde l’évolution de l’opinion dans
notre pays, on constate que l’absence d’une perspective claire permettant de
sortir du marasme actuel, pèse très lourdement. Un pourcentage élevé
d’électeurs ne veut voter ni pour les uns ni pour les autres. Pour d’autres,
le Front National apparaît comme une solution possible. On note que ces
tendances sont marquées dans la classe ouvrière et les employés. Ce n’est pas
pour nous étonner car ce sont eux qui subissent le plus durement
l’exploitation capitaliste. En même temps nous avons tous constaté que l’audience de notre parti
grandissait dans des proportions certes limitées mais bien réelles. Partout où nous sommes en
contact avec les travailleurs dans des entreprises, à l’Université, dans
certains quartiers populaires, avec des jeunes… Partout où nous sommes
connus, où nous agissons régulièrement, nous faisons la même
constatation : un contact politique s’est établi, un contact
solide et qui va s’élargissant. Les résultats de « Communistes aux élections
cantonales devraient confirmer cette tendance. Nous le devons à une position politique totalement
différente de tous les autres, une position contraire à tout ce qu’affirment la
droite, le PS et tous ses alliés, le Front National. Nous disons à ceux et à
celles qui sont à la recherche d’une solution que, jusque là, ils n’ont pas
trouvée : le seul moyen d’en sortir c’est de vous qu’il dépend.
Uniquement de vous. Le 1er tour des élections cantonales aura lieu le 20 Mars, pour renouveler la moitié des
conseillers généraux, ceux élus en 2004. C’est le dernier scrutin de ce type
avant la mise en place en 2014 des conseillers territoriaux qui siègeront à
la fois au département et à la région. Ces élections vont donc donner lieu à une bataille politique intense. Tous les partis politiques de
droite, extrême droite, le PS, le Front de Gauche… veulent en faire un
tremplin pour la présidentielle de 2012. Notre parti mènera partout cette bataille
politique. Nous expliquerons qu’on peut faire une autre politique, en France
et dans les départements, que les moyens existent mais qu’il faut pour cela
lutter contre le capital et le faire reculer. Nous dirons qu’il faut balayer Sarkozy, balayer le
Front National. Nous dirons aussi qu’il n’y a rien à attendre du
PS, de ses alliés du PCF, du Front de gauche, des Verts du NPA….Le PS et ses
alliés dirigent 58% des départements, 25 des 26 régions. Cela n’a rien changé
pour les gens, leur vie a continué de se dégrader, les impôts locaux ont
augmenté. Tout comme la droite ils subventionnent le patronat, ils
livrent des secteurs au privé etc…. Les accusations réciproques du PS et la
droite sur la gestion des collectivités locales n’est qu’un rideau de fumée
pour masquer leur accord sur le fond : faire toujours payer les mêmes
pour augmenter toujours plus les profits du capital. Le seul vote qui permettra de dire qu’on exige une autre politique,
c’est le vote pour « Communistes ». Partout où nous présentons des candidats, les
électeurs auront la possibilité de voter contre le capital car ce
seront les seuls candidats révolutionnaires. Nous nous adresserons à tous les
électeurs. Déjà les conférences de Presse qui se sont tenues ont eu un large écho
dans la presse régionale. Là où nous n’avons pas la possibilité d’avoir un
candidat, nous serons sur le terrain, nous mèneront la campagne avec nos
explications. Dans notre prochain journal et sur notre site nous mettrons à
la disposition des électeurs, un bulletin qu’ils pourront mettre dans l’urne
pour dire leur exigence de changement de politique avec
« Communistes ». Ce sera un vote de lutte. La preuve est maintenant archi faite que nous
rencontrons un écho important partout où nous sommes présents. Redisons-le
fortement encore aujourd’hui : nous
devons passer, nous allons passer à une nouvelle étape de notre
développement. Portons tous nos efforts dans cette direction. Nous l’avons souligné dans la
discussion de notre 5ème congrès : l’essentiel va dépendre de notre
volonté à tous les niveaux, depuis la cellule jusqu’au Comité National. Prendre contact avec tel ou tel camarade de
travail, tel salarié d’une entreprise que nous connaissons, tel camarade
d’étude, tel ou tel de nos amis, de nos voisins, de nos parents…au point où
nous en sommes aujourd’hui, cela est très important. Dans les départements,
des camarades sont impliqués dans ce travail militant, leurs résultats sont
probants, de nouveaux adhérents ont ainsi rejoint notre parti. Inspirons-nous
de ce qu’ils son en train de faire. Entreprenons cela partout à un niveau
collectif, celui d’une cellule, d’une section, d’un département. Examinons à
chacun de ces niveaux comment développer notre parti, son activité, son
organisation. Etablissons une sorte de plan de travail que nous nous
efforcerons de suivre, en faisant appel à l’aide du CN si nécessaire. Venons-en à l’activité de notre Comité National.
Nous pouvons nous féliciter encore une fois d’être devenus l’organisme
dirigeant d’un parti révolutionnaire dont toutes les positions, toutes les
déclarations reposent sur une analyse marxiste de la situation et de son
évolution. Nous sommes maintenant engagés nous aussi dans une
étape nouvelle de notre développement. Je rappellerai les trois directions principales de notre travail. Nous devons et pouvons améliorer considérablement
notre activité de propagande et de
communication. D’abord
nous devons nous donner les moyens de nous exprimer le plus régulièrement
possible dans les entreprises, les quartiers populaires, les facultés. Dire
cela soulève aussitôt d’énormes problèmes que nous devons nous attaquer à
résoudre petit à petit mais sans les écarter sous le prétexte que nous
n’en aurions pas les moyens. Il serait bien que le CN suive de près les résultats
obtenus. Si vous êtes d’accord nous pourrions en prendre la décision. Le précédent Comité National avait décidé la
création de trois collectifs de travail, concernant la propagande, le
recrutement, les finances. Nous vous proposons si vous êtes d’accord de les
confirmer. Le mercredi 30 mars, le groupe de travail du Bureau
National examinera de façon détaillée ce qu’il est indispensable d’améliorer
dans la production de notre site, dans le fonctionnement de la propagande et
de sa diffusion. La question du renforcement de notre parti et celle de l’amélioration
de notre activité financière sera étudiée de la même façon par les groupes travail chargés de les
impulser. Il serait bien que vous donniez aujourd’hui votre avis sur ces
trois questions. Il faudrait que d’ici l’été nous soyons en mesure de faire
le point de nos avancées. Après la lutte contre la réforme des retraites, l’action des salariés
continue. Grève et
Manifestation Nationale à la Sécu, grève nationale des enseignants du primaire
et du secondaire contre les suppressions de postes, action chez l’OREAL, au
Crédit Lyonnais, dans des bureaux de postes, dans de nombreuses entreprises,
sur l’emploi, les salaires. Rappelons ce qui vient de se passer aux
ports et docks : les salariés avaient obtenu que le patronat signe un
accord permettant à plus de 5000 ouvriers de partir en retraite de 2 à 5 ans
avant l’âge légal en reconnaissance de la pénibilité du métier. Le patronat
par ailleurs s’engageait à remplacer les départs par des embauches en nombre
égal. Le gouvernement prétend interdire l’application de cet accord ai nom de
la réforme des retraites. Les organisations syndicales internationales
de dockers ont appelé les travailleurs des ports européens des autres pays à
refuser de décharger les navires détournés des ports français. C’st un bel
exemple de solidarité ouvrière. C’est à ce moment que Chérèque est intervenu
pour soutenir le gouvernement ! Il a dénoncé au « Grand
rendez-vous- Europe 1- Le Parisien – aujourd’hui en France» : « un
corporatisme qui met en difficulté les bassins économiques ». La lutte
continue, des négociations s’ouvriront mardi prochain, la CGT a appelé a
suspendre le mouvement en attendant le résultat. « Le climat social est à l’exaspération »
a rappelé le CCN de la CGT qui s’est réuni la semaine dernière. L’offensive
sur le coût du travail qui serait excessif en France a lieu dans un climat
revendicatif fort, avec des conflits en particulier sur les salaires dans de
nombreuses entreprises. A notre avis, il est grand temps que la direction de
la CGT appelle les travailleurs à l’action. Se retrouver une fois de plus aux
côtés de la CFDT, sur des positions qui refusent tout affrontement de classe
contre le capital, c’est une fois de plus lui laisser la voie libre. Et tout
ça au nom de l’unité, c’est inadmissible ! Les camarades de notre CN qui
militent dans les organisations syndicales nous donneront leur sentiment. Voilà, cher (es) camarades l’ensemble des
questions que j’étais chargé de vous rapporter. A vous la parole. .
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