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Comité National 12-05-2007 – rapport
introductif
Dans quel contexte social et
politique s’est déroulée l’élection présidentielle ?
Le contexte social :
Pour la grande majorité du peuple, la situation
s’est considérablement dégradée ces dernières années.
*le pouvoir d’achat a reculé. En 1995, 40% des salariés gagnaient
seulement de 1 à 1,6 SMIC, ils sont aujourd’hui 60%. 17% des salariés sont au
SMIC. 1 millions ½ de salariés ont un travail à temps partiel imposé.
*Notre pays compte 6 millions de chômeurs. Chaque
mois des milliers de suppressions d’emplois sont annoncées, Airbus-EADS 4500,
Peugeot 4800… 20% des jeunes sont au chômage, ils sont 40% chez les jeunes non
diplômés.
*La réforme Raffarin a attaqué le système des
retraites, en allongeant pour commencer la durée de cotisations donnant droit à
la retraite à taux plein de 150 à 160 trimestres, en réduisant le taux des
pensions.
6 retraités sur 10 touchent aujourd’hui moins de
900 euros nets mensuels.
*A cela s’ajoute les réformes de la Sécurité
Sociale. On sait que cette série de réformes frappe ceux qui auraient le plus
besoin d’avoir accès à des soins moins coûteux. Il y a eu le relèvement de la
CSG (mise en place par Rocard), la hausse du forfait hospitalier, le forfait de
un euro non remboursable par consultation médicale, le déremboursement de
plusieurs centaines de médicaments.
*Il y a 9 millions de mal logés, 100.000 SDF dans
notre pays.
*Près de 7 millions de français vivent avec moins de 800 euros mensuels, c’est 22% de la population
française soit près du quart, qui ont des conditions de vie difficiles, connaissent
les privations, sont touchés par la pauvreté.
On le voit, l’exploitation capitaliste
fait des ravages.
L’antagonisme capital travail
s’est considérablement approfondi.
Le contexte politique :
Rappelons que la disparition de l’URSS et des pays
socialistes de l’Est européen a amené un changement considérable du rapport des
forces dans le monde entier.
Dans notre pays, cela s’est traduit par la
disparition du parti révolutionnaire qu’était le PCF, passé au réformisme, et
par le passage au réformisme aussi du grand syndicat révolutionnaire de classe
qu’était la CGT
Le capital et ceux qui sont à son service ont
marqué des points dans leur objectif d’intégrer les forces populaires.
Le recul des idées révolutionnaires est un fait.
La propagande des partis politiques, on l’a vue
avec les candidats à l’élection présidentielle- les deux principaux mais les
autres aussi – se situe dans un cadre unique, celui du capitalisme existant,
comme seul horizon possible.
Aucun candidat n’a proposé la voie de la lutte
anticapitaliste. Il n’y a eu aucun candidat d’une force révolutionnaire.
Nous seuls avons montré que la lutte se
situait entre le capital et le
peuple. Nous ne nous sommes jamais écartés d’une analyse de classe. C’est cette
position qui a motivé notre refus de voter pour aucun des candidats au premier
comme au 2ème tour. D’où l’édition et la diffusion de notre bulletin
de vote.
L’opposition capital travail
s’est beaucoup approfondie mais elle n’est pas apparue dans la campagne
électorale sous la forme politique de lutte contre le capitalisme. Il n’y avait
pas d’opposition au capitalisme.
D’ailleurs des deux candidats restés en lice au
deuxième tour – S. Royal soutenue par tous les candidats du premier tour
unanimes, PCF – extrême gauche – J. Bové – les Verts et Sarkozy, avaient tous
deux des propositions identiques au service du capital. Il leur arrivait de
diverger mais toujours sur des détails. On a pu le constater lors du fameux
débat du 2 mai. Durant cette longue discussion de 2h.30, la seule question au
centre du débat était de comment aider les entreprises à mieux faire du profit.
Comment récupérer ces profits que les firmes
détournent chaque année, comment les utiliser au service du peuple ? Ces
questions qui conditionnent toute notre vie quotidienne et tout notre avenir
ont été soigneusement tenues à l’écart.
Pas question pour eux de s’attaquer à ces
multinationales qui règnent sur le pays. Au contraire. S. Royal voulait
« réconcilier la France et l’entreprise » et d’abord augmenter encore
l’aide publique déjà généreusement versée aux grosses sociétés capitalistes. A
sa façon Sarkozy proposait la même chose.
Sarkozy applaudit la réforme des retraites, S.
Royal ne voulait pas la supprimer. Tous les deux programment la fin de
l’éducation nationale.
Et le MEDEF, bien entendu, s’est félicité tout au
long de la campagne que « pas une semaine se soit passée sans qu’une idée
patronale ne soit reprise par les candidats » Dixit « Les
Echos ».
L’aspiration au changement est
grande dans le pays, mais elle a été détournée et récupérée par Sarkozy et
Royal qui promettaient un profond changement.
On a vu une campagne électorale à l’Américaine, qui
se présente le mieux, des mots d’ordre détournés, des slogans genre « tout
sauf Sarko » qui n’apportaient aucune réponse aux problèmes que vivent les
Français.
Les médias ont largement joué le jeu de ce
détournement.
Nous l’avons dit avant le
premier tour : quel que soit le candidat élu, le résultat sera le même, le
capital peut être tranquille, il sera assuré d’une équipe au pouvoir qui
continuera à servir ses intérêts.
Mme Parisot avait d’ailleurs déclaré :
« je suis prête à travailler avec la prochaine équipe gouvernementale et
je le désire très vivement ».
Dans cette situation que
vont-ils faire ?
Ils vont aller le plus loin et
le plus vite possible dans la mise en œuvre des objectifs du capital :
Rattraper le retard de la France pour être
« compétitifs » dans la concurrence capitaliste en Europe et dans le
monde.
Faire baisser encore beaucoup plus ce qu’ils
nomment le « coût du travail ».
Le patronat veut : de nouvelles réductions de
cotisations patronales, l’augmentation du temps de travail, l’assouplissement
du droit du travail pour l’embauche et le licenciement, l’augmentation du
nombre d’années de travail pour financer les retraites, la baisse du niveau des
retraites, diminuer les allocations chômage, embaucher au-dessous du SMIC etc…
Mme Parisot l’a réaffirmé dans son livre « la
définition même de l’entreprise est d’être une association pour le profit,
c’est son but ».
« Etre compétitif » c’est le mot d’ordre
des dirigeants de l’économie, les Renault, Total, Airbus-EADS, EGF, Peugeot,
BNP- Parisbas….
Le capital va taper fort. Je l’ai dit plus haut il
n’hésite pas à supprimer des dizaines de milliers d’emplois pour accroître sa
rentabilité.
N. Sarkozy est un représentant
direct du capital. Ses premiers
chantiers annoncés dès sa prise de fonction le 16 mai sont sans surprise.
Il veut s’attaquer aux acquis sociaux, au code du
travail, aux droits et libertés des salariés, limiter en particulier le droit
de grève.
Ce qui est annoncé :
Baisse des impôts sur les sociétés – baisse des
cotisations patronales – plus de liberté pour l’embauche et les licenciements –
impossibilité pour les chômeurs de refuser plus de deux emplois sinon
suppression des indemnités – exonération des cotisations sur les heures
supplémentaires – baisse des impôts pour les plus riches (bouclier fiscal à 50%
des revenus)- réduction des dépenses publiques, 1 fonctionnaire sur 2 partant
en retraite non remplacé – poursuite de la réforme des retraites avec la
suppression des régimes spéciaux – poursuite de la réduction des dépenses de
santé – autonomie des universités, en clair accélération de l’installation des
groupes capitalistes à l’université (ce qui existe déjà à Paris Dauphine avec
AXA, Groupama, AGF, EDF) qui domineront la recherche et la formation des
étudiants pour leurs besoins de rentabilité.
Et relance du développement de
l’Europe capitaliste dont ils ont
besoin pour placer le capitalisme dans la mondialisation capitaliste. La France
présidera l’Europe en 2008. Sarkozy a annoncé sa visite à A. Merkel dès sa
prise de fonction.
Ils doivent, je le redis, adapter et vite toute la société française aux
objectifs capitalistes européens et mondiaux, pousser l’intégration de la
France dans l’Europe capitaliste.
Ils ont besoin d’intégrer les forces populaires à
la logique du capital en ancrant durablement le sentiment qu’il n’y a rien
d’autre à faire que de composer avec le capital à partir de ses objectifs...
Ils visent l’association capital – travail.
Les forces politiques sont
intégrées au capitalisme.
Quelques mots sur les recompositions politiques qui
commencent à pointer. Elles sont déjà en place dans d’autres pays : en
Italie avec le centre, les socialistes, les anciens communistes, les
démocrates-chrétiens ; en Allemagne avec les sociaux-démocrates, la
droite.
En France, ils sont en train d’en jeter les bases.
On l’avait déjà vu dans la campagne présidentielle avec Bayrou – Royal. La
confirmation de l’écroulement du PCF dégage la piste.
Le résultat de la présidentielle, l’élection de
Sarkozy, l’approche des législatives où les uns et les autres veulent le
maximum d’élus et où chaque sortant veut tâcher de se faire réélire, complique
un peu les choses pour l’instant.
Les « tirages » qui s’annoncent au PS,
Bayrou et son « Mouvement démocrate », « l’ouverture » prônée par Sarkozy etc… Tout cela
montre qu’une certaine recomposition est en route. Les éléments manquent pour
dire quelle forme elle prendra.
En ce qui concerne les
syndicats, le capitalisme peut
désormais compter sur le concours de « partenaires sociaux » qui
s’inscrivent dans le « dialogue social » dans l’ordre capitaliste
établi.
De ce point de vue, Chérèque est avec la CFDT comme
toujours à la pointe. Quelques jours avant le 2ème tour, il déclarait aux
« Echos »:
« Il faut que les syndicats prennent leurs
responsabilités en faisant fonctionner la démocratie sociale… Le principe du
troisième tour social c’est de contester dans la rue les urnes. C’est une
démarche antidémocratique…J’insiste sur la nécessité d’avoir dès le mois de
juin, un sommet de la méthode sociale. Je rappelle que, à chaque fois qu’un
gouvernement a voulu mettre en œuvre deux réformes en même temps, il en a fait
échouer une et rendu l’autre difficile…Je vois que, pour la première fois nous
avons deux candidats qui reconnaissent l’économie de marché…La question est
donc maintenant : comment réguler cette économie de marché ? C’est
cela qui recentre le débat politique ».
Autrement dit : discutez avec nous les
réformes bonnes pour le capitalisme, nous vous dirons jusqu’où vous pourrez
aller et vous aurez la paix sociale.
F.O, la FSU … sont prêts aussi à
« négocier ».
Et B. Thibault a dit le 1er mai :
« je ne suis pas pour un 3ème tour social ». C’est la fin
du syndicat de classe qu’était la CGT.
Tous sont sur la ligne réformiste de la CES et de
la CSI qu’ils ont créée en novembre 2006.
D’ailleurs, malgré les annonces de milliers de
licenciements, de délocalisations, les luttes des salariés dans des entreprises
pour les salaires, contre les licenciements, il n’y a aucun appel des centrales
syndicales y compris la CGT à réagir, à engager des luttes.
Dans ce cadre la lutte de classe
va se poursuivre.
*Le capital et son pouvoir ont de la place pour
avancer.
*Mais le climat social c’est d’abord, un
mécontentement énorme, ce sont les luttes, entre autres, sur les salaires et
l’emploi de Citroën Aulnay à Poissy en passant par Peugeot Mulhouse, Airbus,
Ikéa, Renault Le Mans, les fonderies de Poitou, Alcatel, le groupe Faurecia,
les Monoprix, le port de Marseille et d’autres. Face à l’arrogance et aux
pressions de toutes sortes du patronat, face aux idées martelées par les
économistes, les experts de tout poil et journalistes qui expliquent que la
concurrence ne permet pas de faire autrement, les salariés ont décidé de
relever la tête et d’exiger leur dû.
Dans ce contexte vont se
dérouler les élections législatives les 10 et 17 juin prochains.
Les manœuvres politiciennes de droite et de gauche
ne vont pas manquer pour manipuler l’opinion. Les uns diront « confortez
notre majorité », les autres « il faut des contre pouvoir »,
d’autres encore– le PCF – La LCR…- appellent à « la résistance au pouvoir
de droite » alors qu’ils ont soutenu la candidate socialiste qui avait le
même programme que Sarkozy.
C’est pour avoir un outil
absolument indispensable dans la
lutte anticapitaliste que nous avons créé « COMMUNISTES ».
Nous savons que reconstruire un grand parti de la
classe ouvrière et du salariat, est une bataille longue et difficile. Nous le savions
en créant « COMMUNISTES » mais c’est indispensable.
Il s’agit de reconstruire un mouvement
révolutionnaire en France et à l’échelle mondiale. Ça prend du temps.
Comment avons-nous mené la
campagne de la présidentielle
avant le premier tour et entre les
deux tours ?
Nous avons eu une ligne claire. Nous avons montré
les objectifs du capital et que tout découlait d’abord de l’antagonisme entre
le capital et le peuple.
Face aux problèmes majeurs posés par les Français –
les salaires, l’emploi, les retraites, la santé, l’éducation, le logement, nous
avons clarifié la réponse des candidats, leur programme : vont-ils
améliorer la vie du peuple, engager une grande politique de développement
social et économique en s’attaquant aux multinationales qui règnent sur la
France ?
Nous avons dit et réaffirmé clairement qu’avec
Sarkozy ou Royal le capital pourrait continuer sa politique contre le peuple.
C’est pourquoi nous n’avons appelé à voter pour
aucun des candidats et nous avons édité un bulletin de vote pour permettre aux
électeurs d’exprimer leurs exigences.
La situation montre que nous sommes loin d’être
largement compris mais nous avons obtenu néanmoins de premiers résultats. Il y
a des gens en recherche et qui partagent notre opinion. Les camarades feront part
de leur expérience.
Nous voulons l’union et le
rassemblement. Nous savons que le
succès des luttes l’exige et que c’est indispensable au développement de notre
action pour combattre le capital, jusqu’au changement de société.
Nous voulons l’union mais l’union mais sur la base
de la lutte contre le capital. On ne peut pas faire n’importe quoi sous
prétexte d’être plus nombreux. Composer un tant soi peu, se laisser détourner
de la lutte anticapitaliste, brouillerait les idées, mènerait à la stérilisation
des forces populaires, engagerait dans une impasse, à la sclérose de l’action.
Revenons à la campagne des
élections législatives du 10 juin.
Pour la première fois nous
aurons des candidats. C’est encore
loin d’être le cas dans toutes les circonscriptions mais c’est un évènement
important. Nous allons nous adresser avec la circulaire à plusieurs millions de
personnes, présenter notre parti, notre politique.
Partout où a déjà eu lieu une présentation à la
presse, les articles publiés montrent bien qu’un nouveau parti révolutionnaire
qui appelle à développer la lutte anticapitaliste, prend place dans le paysage
politique français et qu’il va falloir compter avec lui à l’avenir.
Nous allons nous présenter à tous ces électeurs et
électrices, dire pourquoi nous sommes là et quel est notre but.
Nous allons montrer les objectifs du capital et du
gouvernement. Nous expliquerons, comme nous l’avons fait pour la
présidentielle, que les moyens existent pour augmenter les salaires, payer les
retraites, créer des millions d’emplois, développer une politique de santé, d’éducation et de
formation, pour engager une grande politique sociale et
de développement économique qui réponde aux besoins du peuple.
Nous expliquerons que pour cela il faut récupérer
ces centaines de milliards de profits que les firmes détournent chaque année,
enlever le pouvoir aux multinationales, dire NON à l’Europe capitaliste, avoir
une politique d’indépendance nationale, de coopération et de paix.
Nous dirons aussi comment nous pensons qu’il faut
faire pour se défendre contre le programme du MEDEF et de son gouvernement.
Bouger les choses par la lutte, la lutte de classe anticapitaliste.
Car il en a toujours été comme cela dans l’histoire
de notre pays. Chaque fois qu’il y en eu des conquêtes sociales, cela a été le
résultat de la lutte, une lutte massive, déterminée : en 1936, en 1945, en
1968.
Il en sera toujours ainsi tant que le capitalisme
existera.
Nos candidats seront porteurs de
ces idées, ces propositions, ces valeurs. Ils seront porteurs de la seule
perspective qui vaille aujourd’hui : la lutte anticapitaliste.
Aucun autre candidat ne tiendra un tel langage.
Soyons-en sûrs !
Là où nous n’avons pas de
candidat nous adresserons à tous ceux
qui souffrent de la politique actuelle (nous éditerons un bulletin
« COMMUNISTES » à mettre dans l’urne).
Nous les appellerons tous à
lutter avec nous.
Nous leur dirons que nous avons
besoin d’eux pour élargir la lutte, comme ils ont besoin de nous.
Ils peuvent compter sur nous,
c’est ensemble que nous avancerons.
Concrètement, comment mener la
campagne ?
Là où nous avons des
candidats (es), outre la
circulaire, nous organiserons des
points de rencontre dans les entreprises, les quartiers, les établissements,
les établissements scolaires, les marchés, nous établirons des listes de
soutien à nos candidats… Nous distribuerons du matériel.
Là où nous n’avons pas de
candidat nous diffuserons aussi notre
matériel, nous irons à la rencontre, nous proposerons le bulletin de vote
« COMMUNISTES ».
Cette période politique est favorable aux prises de
contacts.
Le journal sera expédié partout le 21, il pourra
être reproduit et distribué. Il contiendra la liste de toutes les
circonscriptions où nous présentons un (e) candidat (e).
Nous publierons sur le site des informations, des articles qui
alimenteront la campagne.
Nous avons fait quelques adhésions dans la campagne
présidentielle, nous proposons à tous celles et ceux qui veulent se battre avec
nous d’adhérer à « COMMUNISTES ». C’est le moment.
Bien entendu, il faut beaucoup
d’argent. Nous en collectons déjà et
nous disons un grand merci à celles et ceux qui nous aident car nous n’avons
que l’argent des travailleurs. Le seul matériel officiel pour une circonscription
revient aux alentours de 3000 euros et il y a tout le reste de la propagande.
Il est donc impératif de faire appel largement partout au soutien financier.
Dès après le 2ème tour des législatives
du 17 juin, un supplément au journal sortira.
Recommander
ce rapport à un(e) ami(e)
http://www.sitecommunistes.org