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Cher(
e)s camarades,
Les
médias, le gouvernement, les partis politiques de tous bords nous abreuvent
de déclarations multiples concernant « l’affaire Cahuzac ».
Chacun fait la sienne en évitant soigneusement et volontairement d’évoquer
le fond pour détourner l’attention et manipuler l’opinion. On aura tout
entendu sur l’affaire Cahuzac : « moralisation » de la vie
publique, moralisation de la vie politique, déclaration de patrimoine pour
les élus, création d’une haute autorité de contrôle, bref j’en passe et des
meilleures. Les gérants du capital ont vite réagi pour éviter le vrai
débat.
Les
mauvais coups continuent à tomber, la situation économique et sociale
s’aggrave.
La
période est donc bien choisie pour détourner l’attention et accélérer les
politiques de casse économique et sociale pour le profit.
Tous
les partis politiques font mine d’être offusqués par l’existence de
« paradis fiscaux » et du manque de transparence sur les flux
financiers. Ce qu’ils cachent, c’est que ce sont les états capitalistes et
leurs banques qui créent ces « paradis fiscaux », les banques
étant bien sûr au service des multinationales. 170 états y ont des intérêts au travers de leurs
banques.
En
ce qui concerne la France, BNP Paribas, le Crédit agricole, la Société
Générale possèdent 527 filiales dans ces pays dont 360 pour la seule BNP
Paribas.
120 000
entreprises (chiffre certainement sous-estimé vu la complexité des circuits
financiers) y ont installé leurs sièges sociaux dont 130 françaises, 1400
filiales d’entreprise du CAC 40 y sont également installées.
Les
capitaux accumulés dans ces pays représentent entre 21 000 et
32 000 milliards de dollars soit l’équivalent du produit intérieur
brut des USA et du Japon réunis.
Les
avoirs des 50 plus grandes banques du monde sont passés de 5 400
milliards en 2005 à plus de 12 000 milliards en 2010 (plus que doublés
en 5 ans). Qui a dit qu’il y a crise ?
Pour
ce qui concerne la France, 600 milliards « dorment » dans ces
« paradis fiscaux », c’est presque deux fois l’équivalent du
budget de l’état.
Autre
mécanisme financier, ce sont les fonds spéculatifs que les capitalistes
appellent les Hedges Funds qui accumulent des masses d’argent considérables
auprès des multinationales pour les faire fructifier, spéculer sur la dette
des états, et participer à la concurrence internationale.
Ces
fameux fonds spéculatifs représentaient 1407 milliards de dollars en 2008
(année de la « crise »), ils s’élèvent en 2012 à 2252 milliards
de dollars. Ils ont augmenté de 12% par an.
Tous
ces chiffres, ces masses extraordinaires d’argent sont le résultat de
l’exploitation forcenée des peuples. Cela démontre également l’imbrication
étroite entre les états capitalistes, les multinationales et les banques
pour s’accaparer les richesses produites.
Il
n’y a pas de crise financière comme il n’y a pas de crise du capital. Non,
il y a le capital, son existence dépend de l’accumulation de profits à
n’importe quel prix, peu importent les conséquences sociales.
Que
va changer cette
« moralisation » de la vie politique que tous les partis
appellent de leurs vœux ? Ils sont tous au service du capital, les uns
hurlent plus fort que les autres mais aucun d’eux ne veut s’attaquer au
capitalisme et encore moins le supprimer.
Le
parti communiste français demande à « suspendre les travaux du
parlement pour débattre des réponses à apporter devant la situation créée
par l’affaire Cahuzac. « Il faut sauver la gauche » dit-il,
« en revenir au discours de Hollande avant son élection » Quel
programme révolutionnaire !!
Le
front de gauche condamne les « dérives » du capital mais ne le
remet pas en cause. Il parle de « coup de balai », de
« donner de l’oxygène à la république », de « créer une 6ème
république ». Pour faire quelle politique ? Le partage des
richesses ? C’est préserver le capital. Rétablir la justice
sociale ? Les socialistes au pouvoir prétendent le faire, on voit ou
cela nous mène. En système capitaliste la justice sociale est un leurre.
Le
front de gauche et le parti communiste français appellent à un
rassemblement le 5 Mai sur cette base-là, ne négligeons pas toutefois
l’écho que peut avoir cette initiative auprès de ceux qui luttent.
Pendant
ce temps-là, le Front National tire les marrons du feu
La
situation économique et sociale se dégrade à grande vitesse, chaque jour de
nouvelles suppressions d’emplois sont annoncées : Société Générale 6 à
700, Veolia 1500, Saur en vente, Arkéma 2000 qui pourraient se traduire par
la suppression de 17 à 25 000 emplois induits, Sanofi, Bosch
Vénissieux, Virgin… Des accords de compétitivité sont signés maintenant un
peu partout, c’est le cas chez Bosch à Rodez (1500 salariés équipement
auto) où les syndicats dont SUD ont approuvé la suppression de 112 emplois,
la suppression de la moitié des RTT, le gel des salaires face au chantage à
l’emploi exercé par le patron.
Ces
accords s’appuient sur l’accord national interprofessionnel du 11 Janvier
dernier, signé par la CFDT et le MEDEF, qui vient d’être voté à l’assemblée
nationale avec la complicité de la droite. La CFDT et le MEDEF se
réjouissent du « travail du parlement qui n’a pas dénaturé le texte
initial ».
Moscovici
déclare qu’ « il faudra trouver entre 15 et 20 milliards d’euros
de redressement en 2014 pour parvenir à l’objectif de 3% du PIB »
Les
négociations sur la retraite qui étaient prévues initialement en fin
d’année sont avancées en Juin, l’âge
de départ va être repoussé et le nombre d’annuités à atteindre pour
prétendre à une retraite pleine va encore augmenter.
Tous
les budgets sociaux sont attaqués ou en passe de l’être : allocations
familiales, prestations familiales, logement, indemnisation du chômage.
Les
collectivités territoriales, les hôpitaux voient leur budget réduit.
Conséquences : arrêt des investissements, privatisation des services.
Montebourg
déclare mettre à l’étude la poursuite de la privatisation des entreprises
publiques, le discours tenu devant les salariés d’Arcelor a fait long feu.
Le
patron de l’UIMM (métallurgie) candidat à la présidence du MEDEF demande 100
milliards de réduction de dépense publique. Ce personnage (Frédéric de
Saint Geours) qui gagne 44 000 euros net par mois a été directeur de
cabinet du socialiste Henri Emmanuelli lorsqu’il était ministre du budget
entre 1984 et 1986. La collusion entre patrons et pouvoir ne date pas
d’aujourd’hui, elle existe depuis la naissance du capitalisme.
Najat
Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement a fait très fort dans un
entretien au journal « Les Echos ». Elle déclare tout son
dévouement à l’égard du capital « la gauche n’est pas l’ennemie des
entrepreneurs », on le savait mais pour le prouver, elle rappelle le
pacte de
Compétitivité,
l’accord du 11 Janvier sur le marché du travail, le crédit d’impôts, la
banque publique d’investissement, et elle termine en disant « oui
notre gouvernement aime les entreprises » !! Un tel niveau de
compromission avoué avec une telle sincérité mérite d’être souligné !
Les
travailleurs qui subissent chaque jour des coups de plus en plus durs sont
évidemment les grands oubliés de la porte-parole du gouvernement, mais qui
s’en étonne ?
Du
côté des syndicats, tous participent au débat actuel sur la moralisation de
la vie politique et la transparence financière, CFDT en tête.
La
CGT vient de tenir son 50ème congrès, les délégués d’entreprises
ont mis en avant la nécessité de lutter, de coordonner les luttes, de
défendre des revendications claires sur les salaires et l’emploi. Les
débats ont été vifs sur ces questions, mais la direction confédérale
maintien sa politique de « dialogue social » et de
« syndicalisme rassemblé », ce qui démontre une nouvelle fois
l’écart grandissant entre les syndicats d’entreprises et les dirigeants. La
direction de la centrale a dû toutefois tenir compte du mécontentement et a
proposé d’entrée l’initiative du 9 Avril dernier, ce qui n’a pas calmé les
délégués. Les dirigeants de la CFDT ont refusé de participer à cette
journée d’action. Au nom du « syndicalisme rassemblé » ?
Malgré les obstacles, 120 000 travailleurs se sont rassemblés dans
toute la France pour manifester leur mécontentement.
Y aller plus fort
C’est
dans cette voie qu’il faut continuer, car il est urgent d’engager des
luttes bien plus fortes contre les forces du capital et le gouvernement à
leur service.
Il
faut surtout mener la lutte politique contre le régime capitaliste et tous
ceux qui le servent. Notre parti est le seul qui propose une perspective
réelle. Les moyens d’une autre politique existent à condition d’enlever le
pouvoir aux capitalistes. Nous avons créé avec « Communistes »,
un parti révolutionnaire pour mener ce combat.
La
volonté de lutter existe, le mécontentement est fort et va continuer à
s’amplifier, les luttes ne peuvent que se développer parce qu’il n’y a pas
d’autre choix.
Nous
avons un rôle important à jouer dans leur développement. Soyons présents
partout dans les prochaines manifestations du 1er Mai. Nous
distribuerons un tract très offensif, montrant que les moyens existent mais
qu’il faut lutter ensemble et partout pour les arracher des poches du
capital et satisfaire les revendications.
Nous
réunirons d’ici le 1er Mai les adhérents, les sympathisants,
nous multiplierons la distribution de notre tract, nos contacts dans les
entreprises, les quartiers.
Partout,
la classe ouvrière résiste, partout les luttes se développent, certes de
manière inégale, mais elles ne faiblissent pas. Au Portugal, les grèves
massives, les nombreuses manifestations ont contraint la cour
constitutionnelle du pays à annuler les dispositions du dernier plan
d’austérité.
En
Grèce, en Italie, en Espagne, les nombreux mouvements sociaux mettent les
gouvernements en grande difficulté. Bien sûr nous sommes encore loin d’un
mouvement de nature révolutionnaire, mais ce qu’il faut retenir, c’est que
les luttes ne s’arrêtent pas.
La
lutte des classes ne peut ne peut que s’amplifier parce que le capital n’a
pas d’autre choix que la course aux profits. Cette course aux profits
aiguise la concurrence entre multinationales, avive les tensions sur toute
la planète. Cette concurrence internationale suscite de nombreux conflits
armés, de vives tensions sur tous les continents. Au Moyen-Orient, en
Afrique, en Asie où les impérialistes capitalistes américain et européen veulent dominer les
peuples et s’emparer des richesses nombreuses et souvent inexploitées de
ces pays. A propos de l’Asie, la situation conflictuelle dans cette
région orchestrée par les Etats Unis
devient dangereuse et peut déboucher à tout moment sur un conflit armé dont
on ne peut mesurer les conséquences. Nous sommes les seuls à dénoncer les
provocations régulières des Etats Unis qui n’ont jamais accepté la lutte du
peuple Nord-Coréen pour obtenir son indépendance.
On
mesure mieux aujourd’hui, nous l’avons déjà dit mais répétons –le, les
conséquences de la disparition de l’URSS dans les rapports de forces
internationaux.
Au
Moyen-Orient, la situation est catastrophique pour les peuples d’Irak,
d’Afghanistan, de Lybie, de Syrie ou les gouvernements français et anglais
veulent armer ceux qu’ils appellent « les rebelles », mais qui
sont les mêmes qu’ils combattent au Mali et qu’ils appellent « les
terroristes ». Il suffit de passer quelques frontières pour changer de
statut et devenir soit le gentil, soit le méchant. On voit bien que les
objectifs poursuivis par le gouvernement français n’ont rien à voir avec la
libération des peuples malien et syrien.
Le
retrait annoncé des troupes françaises n’est qu’une manipulation
supplémentaire pour donner du crédit à la « libération » du
peuple malien. « 1000 soldats resteront en permanence sur place pour
faire face aux difficultés éventuelles » a annoncé Hollande au cours
de son dernier entretien télévisé.
Le
capital n’a pas de limite dans sa recherche de profits nouveaux, il emploie
tous les moyens, peu importent les conséquences. Il n’y a que les luttes
qui peuvent le stopper et le détruire.
Les
profits réalisés, les richesses créées, les centaines de milliards qui
circulent et qui ne servent qu’à la spéculation doivent revenir au peuple.
Abolir
le capital, lutter pour y parvenir, n’est pas une mince affaire, il faut
rassembler celles et ceux qui veulent lutter et ils sont nombreux, nous
sommes les seuls à proposer cette voie.
Déployer
notre activité dans les départements ne dépend que de nous, de notre force
militante. Les occasions ne manquent pas, j’ai parlé du 1er Mai,
des dizaines de millier de tracts diffusés dans les manifestations, les
quartiers, mais c’est aussi l’opportunité pour lancer en grand notre
souscription nationale.
La
question des finances a été abordée lors de notre dernier congrès, elle a
fait l’objet de débats au dernier Comité National. Il faut pousser plus
loin cette question, nous avons besoin de beaucoup d’argent nous le savons.
La souscription nationale va nous permettre de nous adresser très largement
à nos amis, aux salariés, aux habitants
mais il faut s’inscrire dans la durée. Le Comité National à cette
responsabilité.
Partout,
il faut engager sans tarder cette souscription, établir des plans de
travail, assurer un suivi régulier, réfléchir aux initiatives possibles,
dresser des listes de sympathisants, syndicalistes, collègues de travail,
amis, famille. C’est le sens de la lettre du secrétariat adressée à chaque
membre du Comité National. Il faut la diffuser aux adhérents. Les billets
de souscription sont prêts, ils sont à votre disposition.
Les
membres du Bureau National aideront les camarades des départements à suivre
l’évolution de la souscription. Nous ferons un point à chaque bureau et une
communication sera faite à chaque Comité National.
Chers
camarades, donnez votre avis sur la situation, sur l’activité de notre
parti, sur toutes les questions évoquées dans le rapport.
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