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Comité National 15-05-2004 – rapport
introductif
I - Sur la situation
1 - Côté gouvernement et MEDEF : la
semaine dernière RAFFARIN qui s’est exprimé à la Télévision l’a confirmé,
toutes les réformes restent, nous irons au bout. Pour y parvenir le plus
rapidement possible, tenant compte de l’expérience ( retraites par ex.) nous
adapterons encore plus la cadence de ces réformes à la résistance qu’éventuellement
nous rencontrerons.
*La Sécurité Sociale : échéance fixée,
fin Juillet.
S’appuyant sur le « diagnostic partagé » de
janvier dernier, approuvé unanimement par les représentants du gouvernement, du
MEDEF et hélas par tous les syndicats, l’objectif du patronat et du
gouvernement est de récupérer 244 milliards d’euros (1.600 M. de f.) de
salaire différé, en cassant le système installé en 1945, en privatisant la Sécurité
Sociale, en faisant payer les assurés uniquement.
Les attaques contre le système de Sécurité Sociale
viennent de loin. Faut-il rappeler que rien qu’entre 1975 et 1995, 17 plans
gouvernementaux ( de droite et de gauche) sous couvert de maîtrise des dépenses
de santé, ont répondu aux exigences du Patronat.
*Après la réforme des retraites, les fonds de
pension à la française, baptisés « épargne retraite » sont installés.
Les assureurs chiffrent à 1,4 millions le nombre de souscripteurs pour 2004 à
ce qu’ils nomment « le nouveau produit.
Quelle manne ! Entre 1 et 3 milliards d’euros
pour 2004.
*La réforme du code du travail : le 17
mars le MEDEF a présenté 44 propositions : réforme du SMIC, dérogation
à la durée légale du travail, pouvoir de sanctionner les chômeurs etc…
*Une nouvelle vague de privatisations est en
cours : EDF-GDF avec la transformation du statut – Air France –
la SNECMA – le Fret SNCF – achèvement de France-Télécoms.
On peut rappeler pour mémoire que depuis la
privatisation de St GOBAIN en 1986 sous MITTERAND-FABIUS, jusqu’à l’ouverture
du capital de RENAULT en 2002, 47 privatisations et cessions de capitaux ont été
opérées par les gouvernements successifs.
*De nouvelles restructurations, fermetures de
sites industriels annoncées, vont générer des milliers de suppressions d’emplois
et accentuer la désindustrialisation en France. En 2003 dans l’industrie française,
23.000 emplois net par trimestre ont été détruits.
*La réduction drastique des dépenses publiques
se poursuit. Au sommet Européen de LISBONNE en mars 2000, CHIRAC et JOSPIN
avaient mis en place cette stratégie avec les chefs d’Etats des 15.
*La suppression de la taxe professionnelle
confirmée, sera compensée par l’augmentation de taxes et des impôts locaux.
*La réforme de l’Etat se poursuit avec la décentralisation.
C’est l’adaptation de la société française à cette
Europe capitaliste, ce nouvel espace capitaliste de 450 millions d’habitants
aujourd’hui, qu’ils structurent politiquement à un rythme accéléré ( la
constitution européenne sera adoptée par les chefs d’Etat le 18 juin).
Ils organisent l’Europe militaire, avec une « Euro-armée »
intégrée.
Bien entendu, dans tous les pays européens les
objectifs sont les mêmes : retraites, sécurité sociale, durée du travail,
flexibilité etc… pour être plus « compétitifs » disent-ils.
2 - Le mécontentement grandit.
Il y a des luttes : EDF-GDF à nouveau le 27 mai,
la Chimie le 11 mai contre les fermetures et les restructurations, les
cheminots le 13, des actions dans des entreprises. La lutte des chômeurs qui a
fait reculer le gouvernement sur un point important : la durée de leurs
indemnités réduite par la réforme de l’UNEDIC. Il faut ajouter (car certains se
réjouissent comme si tout était gagné), que ce sont les contribuables – via le
budget- qui vont payer. Ce n’est pas pour rien que SEILLIERE a déclaré « ce
dossier a été traité politiquement avec intelligence ». De plus, la réforme
de l’UNEDIC reste entière. La lutte des intermittents du spectacle se poursuit
et ne faiblit pas.
Mais pour faire reculer le MEDEF et le gouvernement,
il faudrait un développement des luttes bien plus important, plus large, plus
fort.
Or, il faut constater que les luttes restent limitées.
Pour quelles raisons ?
La première limite est une limite politique. Les
salariés n’ont pas de perspective. Ils ne savent pas comment en sortir, changer
les choses. Le vote des élections régionales l’a bien montré. Ils sont enfermés
par les partis politiques dans le capitalisme. La seule alternative qui leur
soit offerte est l’alternance gauche-droite dans le système capitaliste. C’est
toujours le capital qui gouverne. Le mécontentement est dévoyé par les uns et
par les autres et par l’extrême droite qu’il faut se garder de sous-estimer.
Voyez la campagne des européennes, le
comportement des partis politiques. Leur seul objectif : capter des voix.
Tous sont pour l’Union Européenne. Ils brandissent l’Europe sociale, ce qui est
non seulement de la démagogie électorale mais c’est une tromperie de faire
croire qu’on pourrait imposer une Europe sociale dans les conditions actuelles.
Il n’y a pas d’Europe sociale. L’Union Européenne est faite uniquement
pour que le capitalisme augmente ses profits sur le dos des peuples.
Le numéro spécial du journal répond à ces questions
(dans la limite d’un recto-verso) et dit pourquoi on ne peut voter pour aucun
de ces partis : droite et extrême droite, PS, PCF, Verts, LO - LCR… ainsi
ce que nous préconisons.
Nous expliquons pourquoi nous n’avons pas de liste.
Nous proposons notre bulletin de vote, car nous appelons à participer jusqu’au
bout à cette bataille électorale en votant. Plus il y aura de bulletins «COMMUNISTES »
dans les urnes et plus la volonté d’un changement réel s’exprimera.
Les syndicats.
Aujourd’hui plus que jamais, une seule chose est décisive :
le rapport des forces. Le patronat et le gouvernement, je le redis, ne peuvent
reculer que si la pression les y oblige. Est-ce que c’est en « dialoguant »
avec eux dans de multiples « groupes de travail » où on noie le
poisson, qu’on va mobiliser, créer ce rapport de force ? Certainement pas.
Le comportement des syndicats nourrit et développe l’attentisme, il démobilise
au lieu de mobiliser.
La CFDT est aujourd’hui ouvertement du côté du
patronat et du gouvernement. Quant aux autres syndicats, il n’y a aucun appel
au développement d’un mouvement d’ampleur pour faire reculer le gouvernement et
comme je l’ai dit, ils participent tous et de plus en plus à ces fameuses « négociations »
dans les Ministères et avec le MEDEF alors que les objectifs et souvent le
contenu même de ces « réformes » sont déjà archi-connus.
C’est vrai aussi de la CGT. Une journée de
mobilisation ultra décentralisée, est prévue pour le dimanche 6 juin. Certains
syndicats s’y rallient, la FSU, l’UNSA. Ce n’est pas le cas de FO qui préfère
attendre, ni de la CFDT que pourtant B.THIBAULT rencontre lundi. Notons que
jusqu’à présent la CGT ne donne aucune explication sur le rôle de la CFDT ralliée
au capital. B. THIBAULT a répété : « Notre ambition n’est pas de
se préparer à rejeter éventuellement des propositions qui seraient jugées négatives.
Notre ambition, c’est de faire intervenir les salariés sur ce qu’ils attendent,
sur ce qu’ils revendiquent sur l’avenir de la Sécurité Sociale ». La CGT n’a-t-elle
pas de proposition s à présenter aux salariés ? C’est pourtant simple. Il
faut s’attaquer à la cause de la situation, la politique du capital. Nous, nous
répétons qu’il y a les moyens de faire vivre et développer la sécurité sociale.
Un seul exemple : DOUSTE-BLAZY annonce 14 milliards d’euros de déficit
pour 2004, mais dans le même temps le patronat est exonéré de 20 milliards d’euros.
Il y a de quoi payer combler une fois et demie le « trou » avec cette
seule somme.
Sur le plan européen, la CES s’est réunie le matin du
sommet de BRUXELLES avec le patronat et la commission européenne. Dans une déclaration
commune ils se prononcent « pour l’application des directives européennes
pour l’emploi ». Ce qui fait que le sommet de Bruxelles dans son relevé de
conclusions, félicite la CES en soulignant, je cite : « le
sommet tripartite associe étroitement et dans un esprit constructif, les
partenaires sociaux au niveau de l’Union Européenne ». Tous les syndicats
français sont adhérents à la CES et élaborent cette ligne de compromis.
La CGT aussi. La direction de la CGT accentue
rapidement sa démarche réformiste. Bien entendu, nous l’avons dit, des
syndicalistes, des militants veulent conserver et développer leur syndicat de
classe. Ils se battent pour cela, ils ont raison. L’avenir n’est pas joué.
Seule l’exigence majoritaire d’un syndicat de lutte au service des travailleurs
pourra changer les choses.
La situation confirme combien est déterminante la bataille politique et
idéologique. C’est notre tâche première, c’est pour cela que nous avons créé et
travaillons à développer un parti révolutionnaire
Cela m’amène au 2ème point :
II - La préparation du congrès.
D’abord, continuons à tenir le maximum de réunions
dans les entreprises, les localités, les réunions départementales. De
nombreuses réunions ont eu lieu, d’autres sont fixées. Le quatre pages pour
aider à la discussion est apprécié. Je rappelle qu’il n’est surtout pas
limitatif !
Continuons d’examiner comment développer notre
influence, comment passer à la vitesse supérieure sur le plan politique et d’organisation.
Continuons de faire le point d’où nous en sommes à partir de ce qui a
bougé depuis deux ans.
Le congrès rassemblera cette réflexion, il la poursuivra en prenant des
décisions qui impulseront l’activité de tout le parti.
Veillons bien à avoir de nombreux délégués issus des entreprises, en
particulier des ouvriers, des camarades des quartiers populaires, des jeunes,
des femmes.
Le congrès se prépare dans l’action. Après les régionales
et cantonales, il y a les européennes. Le numéro spécial de « COMMUNISTES »
est sorti. Des initiatives sont prises vers les entreprises, dans les localités.
Multiplions les partout où c’est possible.
Faisons le point maintenant de ce qui a bougé depuis
notre congrès il y a deux ans. Quelle appréciation porte le Comité National ?
Rappelez-vous le congrès constitutif. On ne partait
pas de rien, on avait travaillé pour arriver à créer le parti mais on avait
tout à formaliser : notre ligne, notre base fondamentale, notre
organisation. En un mot nous avions à nous imposer comme parti révolutionnaire.
Mesurons le chemin parcouru depuis deux ans. Nous
sommes plus solides, tant du point de vue politique que d’organisation. Voyons
là où nous devons porter nos efforts si nous voulons avancer plus vite.
Dans quel contexte avons-nous décidé de créer « COMMUNISTES » :
la disparition de l’URSS et des pays socialistes de l’Est, le capitalisme qui
domine le monde, la disparition ou la transformation en partis réformistes de
presque tous les partis communistes. La transformation du PC français. Le recul
des idées révolutionnaires, le poids du réformisme etc…
Le coup subi par le mouvement ouvrier pèse très
lourd, tant de gens sont déçus, désorientés, désabusés. On construit dans un
combat de classe très rude, personne ne veut d’un parti révolutionnaire en France.
Ce que nous avons dit au départ reste entier : c’est
un combat long et difficile, il y en a pour des années (doit-on dire des
dizaines d’années ?), on progressera pas à pas dans un dur combat.
Nous n’en sommes qu’au début.
La question qu’on doit se poser et à laquelle on doit
répondre à l’ouverture de notre deuxième congrès est : Est-ce qu’on a progressé, est-ce qu’on est dans la
bonne direction, est-ce qu’on a des possibilités de progresser plus vite dans
le développement du parti ? Le Bureau National répond oui. Bien entendu
nous devons mesurer tout ce qu’il y a à faire et voir comment le faire.
Nous avons avancé de quel point de vue ?
1 - Du point de vue idéologique, fondamental. Nous
avons approfondi, poli notre analyse et nos décisions sur une base marxiste. L’unité
du parti est bien plus forte comparée à celle d’il y a deux ans. Souvenez-vous,
certains camarades étaient en désaccord sur des questions d’orientation et d’ailleurs
l’exprimaient, comme il est normal. Ils voulaient qu’on s’unisse avec différents
groupes qui n’ont rien à voir avec notre politique, pour « être plus forts
et donc aller plus vite ». Il était normal que, plus notre ligne s’affirmait
et plus certains camarades aient pris leurs distances. C’est dommage, mais c’est
ainsi que les choses se passent.
Une constatation : tous ceux qui rejoignent »COMMUNISTES »
aujourd’hui le font, et particulièrement les jeunes, parce que précisément nous
avons une base fondamentale et une ligne politique claire. Ils le disent et
avant de s’engager ils s’en assurent. Ils veulent s’engager politiquement pour
construire un parti vraiment révolutionnaire.
2 - Reconstruire un parti révolutionnaire c’est non
seulement déterminer une base fondamentale, une ligne politique (de ce point de
vue on n'a pas tout à inventer, il y a tous ceux qui ont élaboré bien avant
nous : MARX, ENGELS, LENINE, et il y a les leçons à tirer de l’expérience)
mais encore faut-il agir en fonction de ce qu’est le monde aujourd’hui, la
situation et ses développements. Et ça, les maîtres du marxisme ne peuvent pas
le faire à notre place. C’est de notre capacité collective et individuelle que
l’avenir dépend.
Reconstruire, c’est aussi repartir à zéro pour toute
l’activité :
*créer des bases, recruter. C’est chercher des
contacts dans les départements un à un, expliquer qui on est, ce qu’on fait, réserver
le temps qu’il faut pour convaincre, c’est trouver celui ou celle qui peut
animer l’activité.
*c’est recréer et développer le militantisme, s’organiser
à tous les échelons pour diriger, assumer les tâches
*c’est au départ, pas d’argent, pas de politique
financière, pas de locaux, pas de moyens techniques pour l’activité, pour réaliser
et faire parvenir le journal dans tout le pays, recréer tous les moyens de
propagande, écrire, réaliser etc…
Même si heureusement on a démarré avec un certain
nombre de militants d’expérience, il a fallu et il faut encore tout mettre sur
pied.
Nous avons bien avancé depuis sur toutes ces
questions.
Notre journal s’est amélioré, il joue un rôle
politique et d’organisation précieux. Nous avons des lecteurs dans 90 départements.
Notre site est de plus en plus lu. Nous constatons qu’il
devient un moyen appréciable pour nous faire connaître, des lecteurs
prennent contacts avec nous. Nous avons des projets pour le développer.
Nous avons été capables de présenter 21 candidats aux
cantonales, c’est un premier pas mais cela n’allait pas de soit au départ.
Cette initiative nous a permis là où il y avait un candidat, de nous faire
connaître, de nous imposer comme parti qui a sa propre politique, de mesurer
les possibilités que nous avons de rencontrer l’opinion, avec des gens en phase
avec notre politique, d’établir de nouveaux contacts, de faire des adhésions… C’est
parce que nous avons avancé en capacité d’organisation que nous avons pu faire
ce nouveau pas.
3 - Les directions, les collectifs s’organisent
mieux, dans des entreprises et dans les départements avec davantage de
camarades qui participent à notre travail, à nos actions. La préparation du
congrès va permettre d’améliorer encore cela.
Concernant l’éducation des adhérents nous avons rédigé
cinq cours pour commencer l’organisation d’écoles, de stages. Petit à petit des
militants s’affirment.
Mais cela ne doit pas nous éloigner de l’idée que nous sommes loin du
compte, très loin. C’est un petit début, nous devons beaucoup améliorer pour
aller beaucoup plus loin. Aujourd’hui nous le pouvons.
L’expérience acquise, le chemin parcouru depuis 2002 confirme que nous
devons continuer dans la direction que nous avons prise.
Nous devons travailler à nous implanter partout sur
la base de la ligne de « COMMUNISTES ». On ne peut, je le répète
avancer, que dans la clarté politique.
Nous avançons, nous sommes capables de mesurer notre
capacité à avancer, de mesurer qu’il y a place pour un parti révolutionnaire
dans ce pays, tout en sachant que c’est un chemin long et difficile, pas linéaire,
que tout reste à faire.
Toutes ces questions seront l’objet du débat au congrès
qui fixera nos orientations pour les prochaines années.
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